‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 196 sur 199 · LE NIL · texte numérisé non relu

LE NIL

Dahbieh. — Le choisir avec soin. Le prendre verni à neuf ; cela sent mauvais, mais on évite les insectes. Ne pas croire à la promesse qu’on vous fait de couler la cange afin de noyer les insectes ; cela se dit, et cela ne s’exécute jamais ; le Reiss se borne à mouiller les parois qui gardent tous leurs habitants. Veiller à ce que le plafond de la cabine soit assez élevé pour qu’on puisse se tenir debout.

Meubler le DalAeh. — C'est-à-dire ; garnir le divan de coussins, les parois de tablettes et de clous à vis. Il faut résoudre ce pro-

POUR LE VOYAGE

bl^me : faire tenir le plus grand nombre d'objets dans le plus petit espace possible. Établir sur le pont une cuisine avec son four, une vaste cruche de Keneh à filtrer l'eau ; deux kafass, ou caisses en nervures de feuilles de palmiers, dans lesquelles se place la vaisselle, et bien d'autres etc. auxquels veille le drogman.

Les dépenses d'appropriation et de provisions pour le voyage du Nil se sont élevées, pour nous, à mille francs, à peu près. Là dedans ne sont pas comprises les dépenses courantes de chaque jour : lait, beuVre, charbon , etc. , etc.

ün prend le dahbich à la course ou au mois. — A la course il coûte un peu davantage ; mais on se rattrappe en épargnant du temps, l'équipage étant intéressé à marcher vite pour faire un second voyage ; tandis qu'au mois , il prolonge , cherchant à garder le plus longtemps possible ses voyageurs une fois qu'il les tient.

Tous les contrats doivent se passer au consulat. On paye d'avance une partie du prix arreté, en ayant soin d'avertir le Reiss qu'à part les bakschichs', il ne recevra plus une piastre avant le retour.

Notre dahbieh, — huit hommes d'équipage, plus le Reiss et le pilote, — demande 3,000 piastres — 750 fr.— par mois. A la course ; 7,000 piastres — 1,750 fr. — du Caire à la première Cataracte et revenir ; 8,000 piastres — 2,000 fr. — du Caire à la seconde cataracte et revenir.

Nous avons droit à douze jours pleins pour visiter les antiquités; cela est stipulé dans le contrat. Ces jours se calculent par heures. On en tient une note exacte. Les arrêts par suite d'achats de provisions dans les villages, du pain que fait l'équipage, ou de calme plat, ne comptent pas dans les douze jours.

1 00 piastres, — 25 fr. — par jour qu'on prendrait outre les douze. Un talari au Reiss chaque dimanche, à la condition qu'il ne laisse pas travailler son équipage ce jour-là.

Le prix du passage de la première Cataracte, montée et descente comprise, est de 400 piastres — 100 fr. ; — il se paye en sus. Le Reiss s'engage à procurer les moyens de passer.

Il faut, si l'on veut pousser jusqu'en Nubie, que le dahbieh ou eange puisse franchir la première Cataracte. On assure, au Caire, qu'il y a à Assouan des dahbiehs qu'on prend si le dahbieh du Caire est trop grand pour franchir la Cataracte ; nous n'en avons pas vu un seul, ni à Assouan, ni à Chalai, ni à Ouadi Alfa.

DISPOSITIONS PRATIQUES

On donne un bakscliidi à l’équipage devant chaque viHe en remonlant le Nil : deux piastres par matelot, quatre au Reiss, quatre au pilote.

En redescendant , on donne au Reiss de la Cataracte pour lui et pour sa troupe un bakscbicb de deux talaris.

En redescendant le Nil , deux bakschichs en tout à l'équipage.

Au Caire ; un talari ü rhaque matelot, trois au Reiss, deux au pilote; dix piastres en sus à chacun des matelots qui accompagnent dans les excursions pédestres.

Tout le long du Nil, on prend des &nes pour aller voir les antiquités; c’est le drogman qui en arrête le prix.

C'est lui qui achète, de village en village, les provisions supplémentaires: lait, charbon, beurre, volaille, etc., etc.

Cuisinier. — On le paye sur le Nil : 50 fr. par mois avec des éirennes considérables.

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