‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 63 sur 199 · SI · texte numérisé non relu

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esl plus désolé que jamais. Vers midi, nous arrivons sur un plateau ; quelques brins d’Iierbe y poussent, mais il sont jaunes, on dirait une lande que le printemps n’a pas encore verdie. Un peu à notre gauche serpente le lit d’un torrent pierreux, de l’autre côté du torrent, une berge jaune comme le plateau, Embarrak s’écrie : Birscebuhl — Béerscébah.

Nous quittons la caravane, nous traversons le lit du torrent, nous montons la berge, et nous nous arrêtons devant un puits; peut-être, probablement le puits d' Abraham.

Ce puits est en pierres taillées, bordé d’une margelle; les cordes qui glissent le long de ses parois depuis des milliers d’années ont cannelé la pierre, le temps l’a polie comme le marbre. Nous nous baissons: il y a tout au fond une eau limpide; elle est fraîche, douce, nous en buvons avec respect. Autour du puits, nous voyons rangés de petits bassins: grosses roches creusées dans l’cnfance de l’art. Chacun de ces bassins, placés là pour abreuver les troupeaux, repose sur un pavé de cailloux. Deux de ces pavés manquent de bassins ; en comptant les deux places vides , on trouve sept bassins. — Béerscébah signifie puits du serment, puits des sept. Il appartenait à Abraham; les serviteurs d’Abimélec l’avaient pris par violence: Abraham s’en plaignit à leur maître; celui-ci reconnut le droit d’ Abraham, ils firent tous deux alliance là; puis Abraham, mettant sept jeunes

LE PUITS d'abraham.

brebis à part : » Tu prendras ces sepl jeunes brebis de ma main, afin qu’elles me servent de témoignage que j’ai creusé ce puits*. » Les sept bassins n’ont-ils pas été taillés, posés autour du puits, en commémo ration de celte alliance?

Un peu plus loin nous trouvons un autre puits bien plus grand ; il devait être entouré de douze bassins, dont il reste dix.

Au delà, un troisième puits, mais sans bassins.

Le sol, la colline sont ici couverts de ruines; chaque pas s’y heurte contre des pierres taillées; on reconnaît distinctement la place des maisons. Des enceintes semi-circulaires rappellent la forme des églises primitives.

Isaac vint de Guérar en Béer-Scébah ; ses serviteurs déblayèrent le puits d' Abraham ; il y bâtit un . autel, il y dressa ses tentes, et cet Abimélec qui lui avait tourné visage, fit de nouveau alliance avec lui, « parce que, dit-il, nous avons vu clairement que l’Éternol est avec toi. » Isaac donnait aux puits qu’il creusait, les mêmes noms desquels son père les avait appelés. Il nomma celui-ci Scibak. « C’est pour cela, dit la Genèse, que la ville a été nommée Béer- Scébah jusqu’à ce jour *. »

Les ruines que nous foulons reposent sur l’emplacement de l’antique Béer-Scébah. Il ne reste plus

> Genèse, XXI. — « Ibid. XXVI.

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