‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 85 sur 199 · III. li · texte numérisé non relu

III. li

de ses ailes rempliront la largeur de ton pays, ô Emmanuel! » — Hélas! n’avons-nous pas, nous aussi, méprisé les eaux qui coulent doucement dans une coupe couronnée des fleurs des prés? et voici, les grosses eaux du fleuve arrivent en grondant.

Je ne sais si c’est vers la source ou au village même, que s’écroula la tour: « Pensez vous que ces dix-huit sur qui la tour de Siloé est tombée, et qu’elle a tués, fussent plus coupables que tous les habitants de Jérusalem ’ »

La fontaine de Marie, qui correspond par un canal avec le réservoir, pourrait être le vrai Siloé ; cependant l’Écriture parle d’un réservoir, et la fontaine de Marie n’en est pas un. Ce matin, les pèlerines y descendent et s’y plongent, pliées dans leurs longs voiles; elles remplissent des urnes qu'elles emporteront avec elles. — Cette eau purifie des péchés l...

Il m’en coûte de me traîner ainsi, mes notes à la main, au travers de ces lieux si chers. Hélas! je dois le dire, il m’en a beaucoup coûté de les parcourir en voyageuse. Il le fallait, le jour de demain ne nous appartient pas , nous sommes obligés de voir au plus vite, et le plus vite possible. Eh bien, »ofr, est à Jérusalem une chose contre nature, qui froisse, qui étouffe les émotions à mesure qu’elles naissent. J’aurais voulu pouvoir me rendre seule

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