LA FOOTAINE DE SILOÉ
Le torrent de Cédron a coulé neuf jours au mois de février; toute la population : Musulmans, Chrétiens, Juifs, accouraient sur ses bords en habits de fête.
Le village de Siloé — Silvaan — avec ses maisons grises et ses grottes percées dans le rocher, s’accroche à la pente raide du mont du Scandale; vis-à-vis, séparée de Silvaan par la profonde vallée de Josaphat, coule la fontaine de Siloé. Elle sort d’un petit canal, se répand au milieu de la route qui lui sert de bassin, et va se perdre dans les jardins des Rois. Ce malin , quelques femmes vêtues de robes éclatantes étaient assises sur ses bords ; de beaux petits enfants jouaient avec ses eaux, les vaches y buvaient, les chevaux s’y baignaient, les vieillards à longue barbe regardaient, les hommes dans la vigueur de l’âge remplissaient leurs outres ou menaient boire leurs troupeaux; il y avait là un luxe de couleurs, de souvenirs et de beauté qui émerveillait les regards. — Au-dessus du ruisseau, la source; elle coule toujours doucement ', dans un petit réservoir entouré d’une guirlande de mauves, de renoncules rouges et de marguerites. « Parce que ce peuple a rejeté les eaux
de Siloé qui vont doucement voici, le Seigneur
s’en va faire venir sur eux les eaux du fleuve, fortes et grosses... Et ce fleuve débordera et passera tellement qu’il atteindra jusqu’au cou, et les étendues
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