‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 87 sur 199 · LA VALLÉE DE JOSAPIIAT · texte numérisé non relu

LA VALLÉE DE JOSAPIIAT

vallée; mais rÉterncl, dit Zacharie, « se tiendra debout sur la montagne des Oliviers, qui est visà-vis de Jérusalem, du côté d’Orient, et la montagne sera fendue par le milieu, vers l’Orient et vers l’Occident, de sorte qu’il y aura une très grande vallée, et la moitié de la montagne se retirera vers l’Aquilon, et l’autre moitié vers le Midi... Alors, l’Éternel mon Dieu viendra, et tous les saints seront avec toi » — La grande vallée s’ouvrira d’Orienl à l’Occident, perpendiculairement au Cédron. La voit-on, large, immense, se dérouler jusqu’à la mer Morte, au milieu de ces entassements de rochers? Voit-on Christ triomphant au milieu de l’armée de ses rachetés, et les flots étonnés des ressuscités, qui inontenl des sépulcres de toute la terre?

Le mont des Oliviers, continuation du mont du Scandale, forme comme lui le mur occidental de la vallée de Josaphat.

Quatre monuments, le quatrième presque enterré, tous quatre taillés dans le roc*, s’adossent au mont des Oliviers. La tradition leur a donné le nom de : tombeau de Zacharie, yrolie des Apôtres, tombeau d’Ab~ sulom, et tombeau de Josaphat. La grotte où se cachèrent les apôtres n’existe que dans la tradition;

< Zacharie, XIV.

» « Va, entre chez ce tréosrier, chez Scbna, maître d’hûtcl , et lui dis :

Qii'as-tu à faire ici? et qui est ici qui t’apparticuuc, que tu te sois taillé ici un siipuicre? 11 taille un lieu éminent pour son sépulcre, et se creuse une demeure dans un rocher, (lisaïe XXII, 15 cl 10.)

LKS TOMBEAUX TAILLÉS DANS LE HOC. H'i

l’Écriture nous npprend que les apùtros s’enfuirent; rien de plus, rien de moins.

Ces trois sépulcres ont un caractère étrange. Le premier et le deuxième, — celui de Zacharie ctd’Absalom, — ne ressemblent à aucun monument connu; ce sont deux blocs énormes, carrés, l’un coiffé d’une espèce de pyramide, l’autre d’un chapeau à long tube. Le premier rappelle de loin l’Égypte; le second, celui d’Absalom, rappelle, — j’ose à peine le dire, — les chapeaux Vaudois à cheminée, ou bien encore le couvert d’une des vieilles tours d’Orbe, au canton de Vaud.

Le sépulcre de Josapbat, la soi-disant grotte des Apôtres étonnent moins. Cellc-ci est creusée dans le roc, avec un fronton droit et des colonnes. De l’autre, on ne voit qu’un fronton triangulaire. « Ils prirent Absalom et le jetèrent dans la forêt d’Éphraïm, dans dans une grande fosse, et ils mirent sur lui un fort grand monceau de pierres; mais tout Israël s’enfuit chacun dans sa tente. Or, Absalom avait pris pendant sa vie une statue et se l'était fait dresser dans la vallée du Roi; car il disait : Je n’ai point de fils pour laisser la mémoire de mon nom; et il nomma cette statuc-là de son nom, et jusqu’à ce jour on l’appelle la place d’Absalom*. * Rien dans le monument qui porte aujourd’hui le nom d’Absalom, n’indique la place d’une .statue.

*2 Samuel XVIII, 17, 18.

GKTIISÉMA^'É

Je laisse Yarbre sous lequel Ésaïe fut scié avec une scie de bo's; c’est la tradition qui parle, — la Bible se tait — je laisse le tombeau de Marie, la grotte où le Seigneur se retira durant les veilles de Gethsémané; — la Bible se tait sur le tombeau comme sur la grotte. —

Nous sommes en Gethsémané! De vieux oliviers croissent devant nous; les Latins ont bâti une muraille autour de quelques-uns d’entre eux : c’est le terrain renfermé de la sorte qu’on appelle Gethsémané; mais les oliviers séculaires qui étendent leurs branches en dehors de l’enceinte font aussi bien que les autres, partie du jardin.

Le Seigneur venait de manger la dernière Pâque; il descendait probablement par ce chemin qui, après avoir suivi la pente du mont de Morijah, traverse ici le Cédron ; il s’arrêta sous ces arbres, au pied des collines de Jérusalem, au bas de la montagne des Oliviers, et il commença à être fort triste, et dans une amère douleur.

« Mon âme est saisie de tristesse jusqu’à la mort'! » — Jésus, si dans ce moment tu sentais les combats qui agitent notre cœur contentieux, ennemi; si par-dessus ces douleurs, la malédiction du Père, l’épouvantable solitude d’une âme condamnée pesaient sur toi; oh! alors, il me semble que je comprends ton angoisse surhumaine, il me semblé

■ Malthieu, XXVI.

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