‹ Journal d'un voyage aux mers polaires [microforme]Chapitre 10 sur 53 · XXI . JOSEPH-RENÉ BELLOT · texte numérisé non relu

XXI . JOSEPH-RENÉ BELLOT

tout de suite, ce charmant garçon, que je n'ai vu que deux où M Vouleztrois heures, » me disait Janin en me racontant le fait. ractéristiq

Puisque aussi bien je tiens cette lettre assez longue du M courir, (a 10 mai. écrite à un ami, on me permettra sans doute de faire NW de voyage une légère digression pour en citer quelques passages ct É dont il est donner ici un spécimen des pensées et du style familier de M ces élévatid Bellot. Nature poétique et sensible, le jeune officier français M raffermir sq avait emporté avec lui, outre ses ouvrages de science, quel- : «Tout n ques livres de littérature. Il se présente à la douane, et voici ce ! montais la 4 qui lui advient : « Des agents de la douane, dit-il, s'emparent D toi, le ciel t de mes effets et les transportent à Custom-House pour les ; suis allé à visiter. En voyant ma malle plus remplie de livres et de pa- ë lamment fa piers que de linge, on m'a sans doute pris pour un contre- è CA quelle « bandier de brochures prohibées; car en un clin d'œil je vis combien il v mes pauvres bouquins passer de main en main; des paroles F lant pour ne échangées à voix basse m'inquiétèrent, et je supposai qu’un “+ par dispositi de mes compagnons de voyage m'avait glissé furtivement M produit chez une marchandise interdite, d'autant plus qu'à distance je Mgénéralemen voyais un certain nombre de mes livres mis à l’écart, tandis Mme révolte cc que le reste était jeté dans une balance. Hélas! le pauvre Mimpuissance |

ron, que j'emportais pour me réchauffer sous les zone au contraire. ylaciales, avait été changé en nourrice ; ii avait le grand torBisions, à la rm d’avoir été imprimé à Paris et de venir faire ainsi concurMouverte, »

rence aux enfants légitimes de l'imprimerie anglaise. J'étanlf Voyez à qu convaineu, je l'avoue. et battu, quoiqu” peu content. Enicombien elle : vain j'offrais de payer une amende convenable : toute pritrbataille de Ja était inutile. Quant au reste, mathématiques, littérature ieux, non po poésie, ce n’était que du français imprimé légalement efésignation, m France, et ce n'était estimé qu'au poids du papier et du car˰1 bien douées ton : 7 shillings 6 pence, ce qu'auait coûté de droits d’entréM l'idée du ch: le même nombre de volumes de Paul de Kock, du ParfulBperspective de Cuisinier ou de l'Art de la correspondance... » { Navez-vous |

Le

JOSEPIT-RENÉ BELLOT. uit

lex où Voulez-vous voir, dans un antre fragment non moins cait. " ractéristique, le jeune homme, heureux d'avoir vu tout congue du : courir, tant à Londres qu'à Paris. au succès de son entreprise de voyage arctique, manifester à sa facon la reconnaissance ages et M dont il est pénétré, et préluder, par un trait remarquable, à ailier de M ces élévations religieuses par lesquelles il aimera souvent à francais è raffermir son âme pendant ses deux périlleuses expéditions ? ce, quel- «Tout me réussissait, vient-il &e dire à son ami, et je retvoici ce M montais la gamme des couleurs veïs le elair et le rose. Aide- »mparent toi, le ciel t'aidera! » Et plus loin, il ajoute : « Dimanche. je pour Les ps et de pa- M lamment fait mon cicerone me dit d'un air si naturel : n contre- M «A quelle église irons-nous? » que je n'osai pas lui dire œil je vis 2. combien il y avait de temps que je n'allais pas à la messe. et.

de faire

suis allé à l’église protestante; l'officier qui s'est bienveil-

es paroles F4 tant pour ne pas lui donner mauvaise opinion de moi que osai qu’un M par disposition réelle, je m'y suis rendu. D'ailleurs. il se rtivement DM produit chez moi un effet opposé à celui que l’on observe istanee |e : généralement : dans l'affliction ou la simple contrariété, je art, tandis Mme révolte contre la verge qui châtie. et me venge de mon le pauvre impuissance par la protestation et ia négation; le bonheur, les zoneMau contraire, dispose l'âme chez moi aux salutaires impressions, à la reconnaissance, et je baise la main qui s’est jouverie. »

Voyez à quel point cette âme était née pour la lutte, et ombien elle avait de chances de vaincre dans cette grande ute prièrt Mbataille de la vie! Elle cherchait dars les sentiments reliittérature Mieux, non point, comme tant d’autres, la consolation ct la lement alfésignation, mais la force et l'enconragement. Ames grandes et du car bien douées celles qui se révultent au lieu de s’effrayer s d’entréli l'idée du châtiment, ci se raffermissent, s'exaltent à la u Parfuliperspective de la récompense!

M Savez-vous par quel mot Bellot termine la lettre qu'il

grand ton &] CONCUIÉ se. J'étanll ntent. El

XXXVI JOSEPH-RENÉ BELLOT

. . Q æ 9 av S reécrit à sa famille le même jour 10 mai 1851 ? « Je vou écr

N aucun dés É ut M Ans mmande le couvage plus que la résignation. » Il est to UU deux à co L] | + il simple ligne. détails tier dans cette sim] ee RUE | a re, écrite Six semaines après, en mer, le arctique Dans une autre lettre, écrite PV eTE s TRE irable commentaire de ce passage ; | que sur 28 juin, je trouve un admira ti il craint que sa famille ne soit encore trop facilement acces- point n 1 cran! . 1 € de ÿ “à ible à l'inquiétude, et il lui adresse cette admirable page 7 vous di, SiDIe : | 4 À : on ., É ; ir respirer, mes bons amis, et j'en hs quables « Je commence à pouvoir resp che M à eu avec vous; car, croyez-le E soixante rofite pour venir causer un p | «, À Es s êtes ma pensée constante, et le bonheur que j k de 18929 ien, vous à Dre "0 mets lors du revoir est une des espérances qui me croyez-ve ne DO : . ne € À S 2 : ü idront et me donneront un immense courage Le M 4 buter..…. soutiendr è RTE VAE et bien À TM peutes difficultés. Il ne faut rien s’exagérer, du reste, Qu'on

d h I 8 , ds 1l e » V 4 D] lous {r ou ons , Ï | Le D ( 9 EL ) u uile es d D À | e OI e à av:

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lails intir lières et « intrépide, sériau, da M. de la R séance gén vembre sui le studieux Connaître | laisser parl voir passer vie, sa pre le lrince- À) et Vous verr mois, n’ont Faut-il rat l'accueil ent parler M. de Le 7 oct

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JOSEPH-RENÉ BELLOT

XAXVII

aucun fondement d'mquiétude sérieuse, dussiez-vous rester

deux ans sans nouvelles de moi. .…. » Puis, après quelques

détails sur les ressources que peuvent offrir les contrées arctiques, 1l ajoute : « J'insiste beaucoup, car ie vous assure que sur le brillant horizon de cette campagne. il n'est qu'un point noir. c'est la pensée que vous serez inquiets. Si je vous disais, cependant, qu'un des hommes les plus remarquables de la marine anglaise, sir John Ross, qui est là, a soixante-dix-huit ans; qu'il a été rotenu dans ces contrées de 1829 à 1835. Eh bien! s'il y avait d'immenses périls. croyez-vous que l'aventure n'eût pas été faite pour le rebuter..… »

Qu'on ne me reproche pas d’avoir tant insisté sur des délails mtimes, d'avoir multiplié les citations de lettres familières et d’avoir un peu négligé les faits relatifs à l’oflicier intrépide, laborieux et savant. D’autres biographes, M. Chassériau, dans son article du Moniteur du 16 octobre 1855. M. de la Roquette, dans une très-remarquable notice, lue à la séance générale de la Société de géographie de Paris du 25 déembre suivant, ont dignementapprécié le marin, le voyageur, le studieux géographe: moi, j'ai tenu surtout à étudier, à faire connaître l'homme, et, pour cela, je n'ai eu souvent qu'à le laisser parlre lui-même. On ne s’étonnera done pas de me voir passer rapidement sur cette époque importante de sa vie, sa première expédition aux mers polaires, sur la goëlette le ’rince-Albert. Lisez attentivement son Journal de voyage, et vous verrez que l’action et la pensée. pendant ces dix-sept mois, n’ont pas un instant démenti son noble caractère.

Faut:1l raconter maintenant son retour en Angleterre et l'accueil enthousiaste qui lui fut fait à-son passage ? Laissons parler M. de la Roquette :

« Le 7 octobre 1852, dit-il, Le Prince Albert-entra dans le

JOSEPH-RENÉ BELLOT

XANVIII port d'Aberdeen. Le capitaine Kennedy, ainsi que tous les . marins du l’rince-Albert, parlaient avec tant d'admiration : des services rendus par Bellot et de sa conduite exemplaire 4 pendant la durée de l'expédition, qu’on l'accueillit partout : en Angleterre avec un véritable enthousiasme. Le gouverne- 4 ment britannique fit connaitre officiellement au gouverne- à ment français combien il était satisfait du concours plein de # dévouement et d'intelligence du jeune officier, et lady 1 Franklin lui exprima personnellement sa gratitude dans les : termes les plus touchants. De son côté, ia Société géogra- d phique de Londres, corps illustre qui a déjà rendu tant de " ï

services à la science, lui conlia le titre de membre correspondant étranger, faveur qui acquit encore plus de prix à ses: 3 veux par les paroles flatteuses du président, sir Roderick | Murchison, et par la présence et l'approbation des personnages les plus distingués de l'Angleterre. « Grande fut ma « surprise, m'écrivait à cette occasion, de Woolwich, le mo- « deste Bellot, car je n'avais d’antre droit que celui de me «trouver le premier Français ayant passé l'hiver et fait une «exploration dans cette partie des mers polaires. »

« Le 3 février 1852, c’est-à-dire pendant qu'il parcourait les régions arctiques, Bellot, qui n’était qu’enseigne au moment de son départ, et dont le mérite avait frappé singuliè- M rement M. Ducos, ministre de la marine, fut nommé lieute- PA nant de vaisseau. Ce ministre, ayant pris connaissance du rapport que lui adressa Bellot dès son retour en Angleterre. décida que, afin de lui donner les moyens de mettre en ordre ses notes et de compléter son travail, il serait considéré comme appelé en mission à Paris, à dater de son retour en | France, et que tout le temps qu'il avait passé sur le Prince: Albert lui serait compté comme service de mer. » à

C'est pendant ce séjour à Paris que j'eus occasion de faire ra

conna comm les eir bien ec il s'est Ceux qu et aimal

'étai avec l’ar fut suivi la nuit.

NOUS arp voli, qui des Mille,

entendre

sions dans où le pass d'un venu Tout cela € el avec si ‘agissait d dant qu'il e tentivement dieuse, la ta

navigateur:

Sä démarche aCCuSés, les | volonté déda avait quelqud front toujours

Os h Jussi

us les ration plaire artout 'erneerneein de L ladv ns les Éogrant de >sponà Ses derick ersonfut ma e mode me it une

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nce du eterre.

ordre sidéré our el Prince-

le faire

“ fut suivi d'une promen

JOSEPIL-RENÉ BELLOT.

Connaissance avec Be commun, M. Dupré,

NAXIX

Hot, qui me fut présenté par

un ami à titre de COMpatriote. En me rappelant les circonstances, les détails de

notre première entre bien compris, depuis, les succè il s'est présenté, les bons souve Ceux qui l'ont connu. Bellot é et aimables qui Commandent tout d'abord |

C'était vers la fin d'octobre 1852: nou avec l'ami qui nous avait pr

vue, j'ai S qu'il a obtenus Partout où nirs qu'ont gardés de lui tous

tait une de ces nalures franches

à SYmpathie.

S dinâmes ensemble, ésentés l'un à l'autr ade qui se prolonge la nuit. Longtemps aprés que notre ami NOUS eut quittés. Nous arpentions, Bellot et moi, le trottoir de la rue de Rivoli, qui longe la terrasse des Tuileries. Comme le prince des Mille et une Nuits bien d'autres encore à entendre ces r eu des glaces, d'excursions dans ce de la terre de où le le vol d'un oise

e, et le diner à aSs€z avant dans

J'en aurais passé écits de voyages au mili S neiges perpétuelles Passage d’un ours blane, d'un renard, sont des incidents d'une Tout cela était Conté avec tant de grâce, el avec si peu de prétention.

Somerset, au, Ja piste grande importance.

d'esprit, de charme,

qu'on aurait Pu penser qu'il s'agissait du récit de la plus simple partie de plaisir, Et pendant qu'il contait ainsi,

Je me rappelle que d'une pleine lune, e mais bien prise, de Plaisais à chercher

je considérais atelle nuit-R fort race brave et résolu el à trouver dans S traits énergiquement

tenlivement, à la clarté dieuse, la taille Courte, navigateur; que je me Sa démarche fière et franche, dans se accusés, les caractères de l'intrépidité entreprenante, de la volonté dédaigneuse du péril et de la Souffrance. Oui, avait quelque chose qui signalait l'homme d'é front toujours levé, qui faisait songer

Os homini sublime Jussit, et crectos

il y lite dans ce AUX vers d'Ovide :

dedit, Cœlumque tuer

ad sidera tollere vultus !

\L JOSEPI-RENÉ BELLOT.

dans ces veux noirs au regard profond, dans ce nez un peu fort, à Ja narine ouverte. aux ailes mobiles, dens cette bouche aux lèvres épaisses au milieu, mais singulièrement fines vers les coins. dans le son même de cette voix très-nette et trèsclaire, quoiqu'un long usage de la langue sxglaise eut fait perdre au jeune officier du Prince-Albert l'habitude, la familiarité de sa langue maternelle, et que la difficulté de retrouver certaines locutions gallicanes se trahit parfois par des temps d'arrêt, des hésitations; sur l’ensemble de cette physionomie éclairée par le rayonnement de l’ardent foyer intérieur, on pouvait lire presque à première vue : franchise, audace, fermeté, intelligence, spontanéité, élan! Après deux ou trois rencontres, en observant la douceur de cet œil noir. en écoutant ces chaleureuses paroles d'admiration pour ce qui est beau, grand et bon, de réprobation pour ce qui est mauvais, bas et laid, ces tendres ressouvenirs de la première jeunesse, ces fréquentes saillies inspirées par une sorte d'humour anglaise, avivées par le petillement de l'esprit français. j'avais reconnu qu’on pouvait ajouter à ce premier inventaire des trésors de cette riche nature : probité, désintéressement. poésie, tendresse, amour de la science, facilité, variété d’esprit. Aussi ceux-là que sa physionomie avait attirés et séduits. comme sa parole, sa pensée, ses sentiments, savaient les retenir! Combien avec lui la sympathie était prompte à se changer en amitié !

Un jour, je m'en souviens, et j'ai du reste retrouvé ce sentiment dans son journal de voyage, il s'était pris, en causant avec mot, à déplorer son ignorance de tant de choses que. disait-1l, 1l aurait voulu et dû savoir. Et alors, tout en me r2contant ses curiosités inassouvies en présence d’une foule d'animaux, de picrres, de coquillages, de substances minérales.

de végétaux, de phénomènes physiques, il me disait que pour Ms

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livres qui mencer à du reste, { ses lettres et lui en à plaires.

plans, à P SION, aux { 17 janvier Compléter

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bien \ el nat reche rence, liers d de don cune d étudier tions à peintur les scie; chercha de Byror lui avait J'avais d'une de linitiatiy polaires.

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JOSEPH-RENÉ BELLOT. xLI bien voyager il faudrait posséder toutes les sciences physiques et naturelles, que plus d’une fois pendant ses excursions, ses recherches dans ces régions polaires, si pauvres en apparence, il avait gémi de son impuissance en tronvant des milliers d'êtres et d'objets auxquels 1l n'était pas même capable de donner un nom, et alors, se reprochant la perte de chaune des minutes de sa vie qui n'avaient pas été employées à étudier, 1l ajoutait : « Quand je me trouvais dans ces dispositions à bord, quand je me disais surtout que dans les arts, la peinture, la musique, je n'étais guère plus avancé que dans les sciences, alors je m'enfermais dans ma chambre et je cherchais des consolations dans la lecture de Shakspeare et de Byron ! (IE avait sans doute remplacé à Londres celui que lui avait pris la douane anglaise.)

J'avais parlé de Bellot à un de mes confrères, rédacteur d'une de nos plus importantes revues, et celui-ei avait pris l'initiative de lui demander un travail sur son voyage aux mers polaires. Bellot approchait de la réalisation d'un de ses vœux les plus chers. car il avait dit dans son journal : Je ferai des livres qui seront des dots pour mes sœurs ‘, et il allait commencer à écrire les premières pages de ces livres. IL était, du reste, fort encouragé par lady Franklin, qui prédisait dans ses lettres le plus grand succès à la relation de son voyage, et lui en rétenait à l'avance pour elle-même dorze exemplaires.

En même temps qu’il travaillait au Dépôt des cartes et plans, à Paris. où il était considéré comme appelé en mission, aux termes de la lettre du ministre de la marine, du 17 janvier, afin, dit la dépéche, « de le mettre à même de compléter le travail dont il avait recueilli les documents

* Jourxal d'un voyage aux mers polaires, page 117.

NAT JOSEPH-RENÉ BELLOT

pendant sa campagne dans les mers du Nord, » Bellot préparait aussi les matériaux d'un ouvrage plus spécialement destiné au publie. Cependant la pensée de retourner dans les régions arctiques, l'idée d'aller lui-même chercher sir John Franklin dans des parages non encore explorés, où il croyait pouvoir espérer des résultats plus positifs que ceux qu'on avait obtenus jusqu'alors, la perspective surtout de prendre une part encore plus large aux nobles efforts de lady Franklin. voilà quels étaient les objets de ses préoceupations les plus constantes. S'il avait refusé les propositions que lui faisait le capitaine américain, M. Kane, de commander en second une expédition destinée à visiter le détroit de Smith et à explorer les terres qui avoisinent le pôle nord, c’est qu'il espérait encore que la France se déciderait, à soWtour, à envoyer un navire dans ces parages déjà visités par les Anglais, les Américains et les Russes, et que naturellement il serait appelé à en faire partie. Depuis son séjour en France, il avait, à ce sujet, lancé çà et là quelques mots qu'il appelait ses ballons d'essai ; mais on ne lui avait répondu que d'une façon très-évasive, et l'on paraissait peu disposé à seconder ses projets. C'est au moins ce qui résulte de la lettre très-particulière et confidentielle qu'il écrivait à lady Franklin, le 4 février 4853, où il parle du peu de chance de succès de ses démarches, et surtout de la crainte qu'il aurait, en demandant catégoriquement l'envoi d’une expédition française dans les mers du Nord. qu'on ne l’accusât de prétentions ambitieuses ou intéressées.

Je n'ai pas besoin de faire ressortir l'extrême délicatesse de ce sentiment, non plus que la superbe hauteur d'âme de lady Franklin. qui lui répond par le retour du courrier, le

7 du même mois en lui proposant le commandement et à 2

propr lemer la mé le con les or savez VOUS [ serez | cela ve ou trois Quant quelqu fuite pa Bello extrême vais effe Franklin celle- ei 1 les marn «Ils ont d'admira pose est du mond Après modestie oflicier fra ministre « dans laque lueusemer «1° Le (à la rech:

endroits où

| prément dans er sir où il » CEUX ut de efforts le ses es pro- Kane, à visiavoisi- France ces pales Ruspartie.

‘6 çà el ais on l'on pamoins ce lle qu'il k du peu it de la t l'enà Nord. intéres-

icatesse âme de vier, Île bnt et là

JOSEPH-RENÉ BELLOT

\LHE

propriété de l'Isabelle, steamer qu'elle fait préparer spécralement pour une expédition dans le détroit de Behring. Dans la même lettre, elle lui annonce que le capitaine Kennedy. le commandant du Prince-Albert, est disposé à servir sous les ordres de celui qui fut son lieutenant, et ajoute : « Vous savez que l'équipage du Prince-Albert est prêt à aller avec vous partout où vous voudrez le conduire; cependant vous serez libre de choisir vous-même vos hommes, et même, si cela vous convient, d'emmener dans cette expédition deux ou trois de vos compatriotes en qui vous aurez conliance. » Quant aux frais, la noble et courageuse femme réunissait quelques débris de sa fortune au produit d'une souscription faite par les colons de Van-Diemen.

Bellot refusa encore, dans la crainte. disait-1l, que cette extrême confiance témoignée à un Français ne produisit mauvais effet en Angleterre, et n'attiédit les sympathies que lady Franklin inspirait à ses compatriotes. Ce fut en vain qüe celle-ci insista et fit tout son possible pour lui démontrer que les marins anglais ne concevraient pour lui aucune jalousie. QIls ont pour vous, ajoutait-elle, autant d'attachement que l'admiration, et tous trouveront que ce que je vous propose est la chose la plus naturelle et la plus convenable du monde. »

Après ces divers refus, qui témoignent hautement de sa modestie délicate et de son rare désintéressement, le jeune officier français voulut faire une nouvelle tentative auprès du ministre de la marine. ct il luiadressa, le 20 mars. une lettre dans laquelle 1 lui demande « la liberté d'appeler respeclueusement son attention sur les points suivants :

«4° Les diverses expéditions envoyées jusqu'à ce jour (à la recherche de Franklin) n'ont servi qu'à reconnaitre les endroits où Franklin n’est point allé, et de l'année dernière

LI JOSEPH-RENÉ BELLOT, seulement on connait la direction probable qu'il a dû M tastrophe 1 ; 4

Û nt. 142 prendre"; 0! ques vesti

, , n , , . , , t°4 «2° Le temps qui s'est écoulé depuis son départ n'est M 4 Trois

point un argument irréfutable contre l'existence de ses équi- celle qui s pages, puisqu'il ÿ a des précédents de même nature, dont le ME 4e Pañlin

dénoûment à été heureux ; % qu'au norc » 9° On sait qu'il se trouve dans les pays les plus au nord lie. ce

1Q W'LINTN W LIN € ini LIN 1Q 1Q i dpi LIN Ce. des ressources matérielles dont les hommes énergiques D Done:

peuvent tirer parti; la durée des provisions emportées Ù it, il n'y

d'Angleterre même s'est d'ailleurs augmentée par les vides M «1 courager

que la mort à nécessairement créés dans ces nombreux té prise p équipages. DE qu'il n'y ai

« Ainsi, continue-t-1l, la question, en ce qui concerne À , Franklin et ses hommes, se réduit à savoir où 1ls peuvent se M trouver en ce moment. Or, aujourd'hui, on n'est encore À qu'au seuil des découvertes où il s’engageait, et 11 y a une étendue de terrain non exploré intiniment plus considérable que ce qui a été parcouru jusqu'à présent. Mes vues particulières, qui concordent du reste avec celles de lady Franklin, el s'étayent de l'opinion de plusieurs savants, sont que l'amiral a pénétré dans le Bassin polaire, et que, dans des circonstances favorables qui ne se sont pas représentées depuis, il à peut-être atteint un point à l'ouest du détroit de Behring, et qu'il s’y trouve dans l'impossibilité de revenir, soit que ses navires aient fait naufrage, ou qu'ils soient retenus d'une façon irremédiable par les glaces du Nord. L’expérience de ces mers reponsse d'ailleurs l’idée d'une ca-

méme poin ploration as Y être mené

lantes : des des études I

« Vous sa part, tout est sie, et que, pécheries am da reconnaiss:

le notre mar noi pour la q [ue nous pou:

nammifores (

Une exp:

Paintenant tr Mations de rec ile d'utiliser dpOn, soit au ant pousser

! Il vésulle d’un document publié, il y a peu de jours, par le Moniteur de la flotte, qu'il a élé dépensé, depuis 1845 jusqu'à 185%, plus de dix-neuf millions de

francs pour les expédilions envoyées à la recherche de sir John Franklin. Voili

jusqu'où peut s'élever le sentiment de l'humanité chez un peuple commerçant el libre! Ce fait suflirait à prouver que l'Angleterre est une grande nation!

À dû

n'est équimnt le

nord ques ortées vides breux

ncerne ent se encore | aune \érable yarticuanklin, que l'ales cir- ‘es deroit de evenir, at rete- . L'ex-

ne Ca-

eur de lu illions de in. Voilà erçant el !

JOSEPH-RENÉ BELLOT. NA tastrophe qui aurait tout englouti sans laisser au moins quelques vestiges.

« Trois routes existent pour arriver au Bassin polaire, celle qui se bifurque au Spitzberg à l'est et à l'ouest, la mer. de Baflin et le détroit de Behring. Franklin n'a été cherché qu'au nord de l'Amérique, et il est peut-être au nord de l'Asie ; ce que je propose, &’est la dernière recherche.

«Dans une entreprise qui intéresse la science et l'huma-

Luité, il n'y a point d'efforts sans valeur, s'ils sont utilement

el courageusement dirigés. Mais comme la dernière route a été prise par d'autres, je crois devoir la mettre de côté, afin qu'il n'y ait pas de concentration inutile d'efforts sur un même point. Je me rallierais d'ailleurs plus volontiers à l'exploration asiatique, parce que la recherche de Franklin peut y ètre menée de front avec deux autres questions importantes : des découvertes d'un haut intérêt géographique et des études peut-être riches d'avenir sur la pêche.

« Vous savez en effet, monsieur le ministre, que, d'une part, tout est inconnu au nord du continent d'Europe et d'Asie, et que, de l'autre, dans les cinq dernières années, les pêcheries américaines ont triplé de valeur, par le seul fait de

Alareconnaissance de nouveaux terrains de pêche. Des officiers

le notre marine, ayant, par leur position, plus qualité que noi pour la question, ont du reste déja montré tout le parti [ue nous pourrions tirer de la pêche du phoque et des autres nammifères dont les mers du Nord fourmillent.

Une expédition par le détroit de Behring y arriverait

Maintenant trop tard pour commencer cette année ses 0 pé-

ations de recherches et de découvertes, mais il lui serait faile d'utiliser son temps jusqu'à l'époque favorable, soit au 4pon, soit au milieu de nos baleiniers. Une expédition deant pousser au nord entre le . pitzberg et la Nouvelle-

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