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dans la voie qui nous était ouverte au nord, de nombreux germes de puissance maritime et de richesse commerciale.
« Jene me permettrai pas d'insister davantage. monsieur le ministre, sur les différents côtés d'une question que je soumets, à votre appréciation éclairée, Si le principe d'une expédition était une fois admis, je me tiendrais prêt à vous fournir tous les renseignements que vous me feriez l'honneur de me demander, »
Onze jours après l'envoi de cette lettre, Bellot, qui tenait absolument à ne pas laisser passer la saison de 1853 sans retourner dans les contrées arctiques, écrivait de nouveau au ministre de la marine, à la date du 51 mars, pour solliciter de lui l'autorisation d'embarquer à bord du Phœnix, commandé par le capitaine Inglelield. Presque aussitôt il partait pour Londres, et le 10 mai il était à Woolwich, à bord du Phœnix.
Quand on aura lu le journal du premier voyage fait par Bellot dans les mers polaires, à bord du Prince-Albert, journal où le jeune oflicier semble partout accepter en se jouant les souffrances, les privations les plus dures et les dangers les plus terribles, quand on l'aura vu tour à tour se familia-
L'iser avec des températures dont nous avons peine à nous lire une idée, avec la chasse à l'ours blane, avec les courses
sur les glaçons, les tourbillons de neige, les cruelles ophthalntes causées par la réfraction, enfin avec la privation d'aliments, ceux-là qui pensent qu'il y eut quelque courage à courir spontanément ainsi au-devant de ces épreuves encore inconnues jugeront comme moi qu'il y avait un vér'table
Lhéroïsme à aller les chercher de nouveau après les avoir une
première fois affrontées. L'ardeur d'une imagination passionnée pour les voyages, avide d'inconnu, peut à la rigueur expliquer la première démarche ; la seconde et les insistances
XLVII JOSEPH-RENÉ BELLOT
dont elle fut accompagnée ne s'expliquent que par un dévouement exalté pour une sainte cause, que par la plus louable de toutes les ambitions. O sociétés modernes ! à nations civilisées! souhaitez d'enfanter beaucoup d’ambitieux de ce caractère, de cette trempe éprouvée, qui, dégagés de toute vue personnelle, savent, avec ce noble désintéressement, donner leur vie pour Le seul bien de la science et de l'humanité.
Je touche au dénoûment de cette belle existence, sitôt brisée. Bellot est à bord du Phænix, qui l'emporte loin de l'Europe, où il ne doit pas le ramener! Il écrit le 14 juin 1855 à son ami M. Luneau une lettre d'une gaieté charmante. mais dont les premières lignes empruntent à l'événement qui à suivi un caractère bien touchani : ’
« Nous sommes, lui dit-il. presque en vue du cap Farewell l'extrémité sud du Groënlard. et je ne ferai pas à un linguiste l'injure d'expliquer que c’est le cap des adieux, et que c’est la besogne du moment à bord du navire de S. M. Britannique le Phæœnix. Je commence done par vous faire mes adieux. pour me conformer à l'usage. » Puis 1l raconte avec une modestie, une verve et une facilité d'esprit admirables, et le triomphe qu'il a obtenu le jour de sa présentation à la Société géographique de Londres, et les impressions du séjour qu'il vient de faire en Irlande. La lecture de cette lettre, une des dernières qu'il devait écrire, de cette lettre si pleime de joie du présent et d'espérance en l'avenir, a quelque chose
de navrant.
plus.
Sa dernié seigne de :
ple de Bello:
dans les mc de guerre x le la baie Er partit le 19 mort.
Le comma D veille, pour a depuis un mec baie Erebus e:
relour, d'avis à Belcher les dép À était un des 0 | Phœnix, Or. | à après le départ
| porlance de la
! jours prét à cou D devancer le ret à Pitaine Pullen, À 12 août en con À de trois matelot | de cacutchouc.
On supposait
à Canal Wellingto : fe côté que la p B OMentale du cans mpé le premie
à les cinq hommes
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sitôt in de nante.
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nique dieux.
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ine de chose
JOSEPH-RENÉ BELLOT. ALIX le navrant. Elle est comme l'écho du rire d'un ami qui n'est plus.
Sa dernière lettre fut adressée à M. Emile de Bray, enseigne de vaisseau de la marine française, qui. à l'exemple de Bellot, avait demandé à faire partie d’une expédition dans les mers glaciales et se trauvait à bord d’un navire de guerre anglais. le Resolute; cite est datée du 8 août, de la baie Ercbus et Terror. C'e:t de cette baie que Bellet partit le 12 août pour l'excursion où il devait trouver la mort.
Le commandant Inglefield avait quitté le Phœnix l'avantveille, pour aller à la recherche du capitaine Pullen, séparé depuis un mois de son navire le North-Star, arrêté dans la baie Erebus et Terror ; son intention était, aussitôt après son retour, d'aviser aux moyens de faire parvenir à sir Edouard ielcher les dépêches de l'Amirauté; la remise de ces dépêches était un des objets spéciaux et urgents de la mission du Phœnix. Or, le capitaine Pullen ayant reparu peu de temps
à après le départ de M. Inglefield, Bellot. qui connaissait l'im-
portance de la prompte remise des dépéches, et était tou-
2 jours prêt à courir au-devant de tous les dangers. crut devoir
devancer le retour du commandant: il s’entendit avec le ca-
à pitane Pullen, qu'il laissa avec les deux navires, et partit le
| 12 août en compagnie du quartier-maitre du North-Star et Bi de trois matelots, emmenant avec lui un traineau et un canot À de caoutchouc.
On supposait que six Édotiard Belcher devait être dans le
à canal Wellington, aux environs du cp Becher. C'est done de
| ce côté que la petite troupe se dirigea, en longeant la côte À orientale du canal, et s’en tenant fort rapprochée. Après avoir
tampé le premier jour à trois milles du cap Innis, le lendemain les cinq hommes s'arrêtèrent sur des glaçons détachés à trois
JOSEPH-RENE BELLOT
milles à peu près du eap Bowden. Dans la nuit du 14 au 15. en quittant ce cap, on eut à franchir une crevasse de quatre pieds de large, ce qui se fit encore assez heureusement. La
«houc ; deux fois repoussé par une violente brise de sud-est, pagnons, M. Harvey, le quartier-maitre du North-Star, et
deux hommes, qui s'étaient munis d’une corde. établissent entre le traineau et la côte un va-et-vient. au moyen duquel trois objets purent être transportés; un quatrième voyage
poir reste, mais le mouvement de la glace est si rapide, qu'avant qu’on ait pris aucune mesure elle est déjà séparée
tertre élevé pour les suivre de l'œil, dit M. Madden dans si
de terre. Je veillai en ce lieu pendant six heures ; mais je les perdis de vue au bout de deux heures. Quand je cessai de les
sur le haut du glaçon. Ils paraissaient être sur une glati bien solide. En ce moment, le vent soufflait avec force du sud-est, et il neigeait!. »
Ce glaçon mouvant qu'une brise furieuse poussait ainsi
Bellot l'indication du lieu où se passait cette scène, à peu de distance du ct Bowden, dans le canal Wellington. Une croix signale l'endroit où a probablement
péri le vaillant officier.
terre était à trois milles de distance ; Bellot propose d'y aller À camper, et il essaye de s’y rendre dans le canot de caout- |
il se décide à faire faire une tentative par deux de ses com- bi
M. Madden. Cette tentative réussit, et, une fois à terre, les
allait être entrepris, lorsque M. Madden, qui était dans l'eau M jusqu'à la ceinture, s’apercut que la glace se mettait en mour- ' vement, dérivant vers le hant, loin du bord. Bellot crie de Bi lâcher la corde ; une tentative peut encore être faite, un es- ‘
de la côte par une énorme distance. « Je gagnai alors un E
déposition, et je les vis entrainés vers le haut du canal, loin Bi
vers le norc matelots, V vainement € traineau, le maison dans parler John touchante :
« M. Bell avec nous $ N'AVAIS PAS 2 ca et là dans LI et, avec la pi notre tête. »
FA
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était. Il répo nuit, du jeu voulait aller 1 parti depuis c D fire le tour d mais je ne p:
D j'apercus son | cinq toises de alors M. Bello
D soufflait très-f voir, les hommes étaient debout près du traineau, M. Bellot
mais je ne pu que quand il :
crevasse, et so revenir à la s
: de Bellot, dép
Larquement, q ! On trouvera sur la carte jointe au Journal du voyage aux mers polaires de W
Yoyager au m reprit que les «
de se tenir pri
JOSEPH-RENÉ BELLOT. LI
au 15. D vers le nord emportait le malheureux Bellot et avec lui deux quatre M matelots, William Johnson et David Hook. Après avoir essayé ent. La M vainement de se mettre à l'abri sous la tente que portait leur l'yaller M traineau, les trois hommes commencèrent à se tailler une : caout- PE maison dans la glace à l'aide de leurs couteaux. Mais laissens sud-est, M parler Johnson ; sa déposition est précise et néanmoins fort es COM- M touchante :
Star, et MN «M. Bellot, dit-1l, s'assit une demi-heure et s'entretint rre, les ; avec nous sur le danger de notre position. Je lui dis que je blissent MN n'avais pas peur, et que l'expédition américaine était poussée duquel PE «à et là dans ce canal par la glace. I répliqua : «Je le sais,
et, avec la protection de Dieu, pas un cheveu ne tombera de notre tête. » Je demanda alors à M. Bellot quelle heure il