‹ Journal d'un voyage aux mers polaires [microforme]Chapitre 17 sur 53 · PER · texte numérisé non relu

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27 Mar.— Je passe la journée à bord, je suis harassé de fatigue PM des trente-deux milles à cheval de la veille et cherche à mettre MN ma correspondance à jour. — Vents contraires du nordouest. Le soir, nous sommes engagés à prendre le thé. Après quelques tasses, on éloigne le vieux papa, dont les opinions religieuses ne comprennent pas la danse. Une petite demoiselle sortant de pension arrive de Londres ; je m'adresse à elle. et la schottisch est dansée pour la première fois à Stromness. Alea jacta est ! proh pudor ! Un homme grave, d'une semblable | expédition, danser ! Eh! mon Dieu ! oui, c’est comme cela, ch: que chose à son temps ; pourquoi ne j'as oublier un instant de | devoirs sérieux, alors surtout que je suis forcé d'être là? Ce m'empéchera-t-il au moment voulu de faire mon devoir ? Bie mieux, j’avoue que je ne suis nullement insensible aux charme! de ces jeunes beautés, et que miss H., le blanc lis, et miss W.

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28 ma. — Les usages, me dit M. Robertson, me forcent à n fran- aller visiter toutes les personnes avec qui j'ai dansé ; je ne m'en mplaire pa plains point du reste, car c'est un moyen d'étudier les coutumes decha PM du pays ; mais je rentre le soir à bord afin de pouvoir travailler. cher ce ES Je dessine avec beaucoup plus de succès que je ne l'espérais. Le Pi- EN On me fait la guerre à cause de l'étonnement qne trahissent

mes questions sur Stromness ; il est vrai que rien n'est plus faux que l'idée que nous nous faisons en général de ces iles. Si quelque malavisé eût bâillé ou ouvert la bouche un peu trop à mon arrivée, peut-être eussé-je pris la fuite, croyant avoir affaire à des anthropophages. — Décidément on est civilisé, très-civilisé. Je parle à lady Franklin de ce que nous aurions à faire si, par : exemple, M. Kennedy mourait. «— Ma foi, me dit-elle, j'ai dû is, Après 4 laisser quelque chose à votre initiative. » Le capitaine Kennedy Opinions La me dit qu’il veut demander qu'il soit spécitié que je suis commoiselle M mandant en second de l'expédition, et, par suite, appelé à lui

à elle. EM succéder en cas de malheur pour lui.

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10S$. Pa nus tie 29 mar. — Encore retenus par ces maudits vents de nord- AY ab ‘ CET 1e ‘ ji ; ouest! —Pour consolation, le capitaine Robertson me déclare qu’il la, CH

a vu quelquefois des bâtiments russes retenus à cette époque pendant six semaines. Si cela continue, nous trouverons les glaces de trop bonne heure, et alors une partie de la besogne est rendue plus difficile. Je ne puis échapper aux instances de M.R., et à quatre heures je vais à terre. Lady Franklin me parle de la tire de M. Barrow, qui envoie un pavillon français, lettre où il

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dit au capitaine Kennedy, s’il détouvre une terre nouvelle, d'en prendre possession au nom dela France; mais je déclare que certes je tiens, si nous découvrons quelque chose, à constater la présence d'un officier francais, en plantant notre pavillon, et en dressant une carte où le nom de la France soit assez répété et entouré de noms qui nous soient chers. Je sens d'ailleurs les convenances que j'ai à observer à bord d'un bâtiment anglais, et je crois que je devrais consulter l'amirauté anglaise à ce sujet.

Lady Franklin me plaisante sur ce qu’elle appelle mes futures découvertes, et me demande quels noms je leur donnerai, Des noms chers à ma patrie, pensé-je, et ceux surtout auxquels je dois tant de reconnaissance. Si je fais une carte, je grouperai les noms français sur un même point de la carte, au lieu de les disséminer sur une longue étendue de terres: la partie française tranchera mieux.

30 mar. — J'ai reçu ce matin un drapeau tricolore des dames de Stromness, et ce brave M. Kennedy qui me présente cela avant deux lettres de France! deux bons amis qui m'écrivent! bonne et chaleureuse amitié! Je les embrasse, ces deux lettres, et, les larmes aux veux, je remercie Dieu par une élévation mntime qui vaut bien une prière orale. Pourquoi pas une lettre de ma chère famille”? Peut-être demain. Vents, soyez-nous contraires encore quelques jours ! Je suis allé observer à terre, je suis content de mes résultats. Lady Franklin et miss C. viennent à bord. Le capitaine Kennedy tient à partir dans la vole de h douane ; je ne veux point aller à terre. — Mise en place des bastingages en toile.

exemple, une véritable prise de possession.

51 mu. — Toujours le même temps. Visite des dames qu

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j x …uilieu de Ja .J'informe M. Barrow qu'une lampe sera allumée sous notre MS là g chronomètre. = Notre pavillon a été hissé en même temps que M tai : e dact Li D! nc prend le pavillon anglais pour la visite de lady Franklin; c’est Là, par OS

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VOYAGE AUX MERS POLAIRES. 1 m'ont envoyé le pavillon. Je retourne aux Stennies pour voir celte pierre trouée où les fiancés passaient leurs mains en signe d'attestation solennelle.

Je preuds le poney de M. Robertson. Après avoir passé le pont de Bragiord, scène sauvage. Le vent de nord-ouest couvre d'écume la surface des deux lacs. Un pâtre a une plume à son bonnet.

répète les noms barbares de Loch, Stenness, Harray ; et, avant pris un crayon, je cherche à tracer quelques lignes. Mon: poney * des Shetland m'abandonne, et je me mets à sa poursuite ; en vain le l'appelle, je le supplie, il me montre ses dents, mais d'un air

À Je me trouve transporté plusieurs siècles en arrière; je me À ÿ FA

narquois, et sans le: secours de quelques bergers je serais en-

core là, car, aussitôt qu'il se voit près d’être arrêté, il veut se "donner le mérite de la bonne volonté et revient à moi d'un air À très-naturel, Je recommande le poney à l'analogiste Toussenel. 4 Le trou de la pierre avait, dit-on, la vertu de donner un mari ou M une femme; j'aurais voulu en tâter, impossible! la pierre à disparu, peut-être par usure, comme celle de saint Guignolet, en Bretagne ; un propriétaire barbare a voulu l'abattre afin d'avoir un champ plus dégagé ; l'attachement superstitieux du voisinage l'a fait y renoncer. Je voudrais voir là notre antiquaire Bourdereau : que de jouissances! Un vaste cercle de trois cents pieds Mau moins, car j'ai compté plus de deux cents pas, et mon maudit honey, que j'étais obligé de tenir par la bride, à cause de son Malgarade, me les faisait raccourcir. Je reviens avec des grains de “pluie épouvantables ; ma cravache me venge des mauvais tours 3 lu poney. Nous traversons au galop des champs de tourbe au uilieu de la grêle ; mon pouch me donne l'air d'un ours brun. La nuit se fait, il me semble qu'on se signe sur mon passage, bn me prend peut-être pour le dwarf (lc nain) de Hoy.

L'un. — Comme toujours, sabbath-day (le jour du repos). e vais cette fois, non plus to the free church, mais à l'United

Presbyteriar . À Stromness, bourg de douze cents âmes; il y à encore une troisième église.

Cette unité apparente qui existe chez nous ne provient, après tout, que de l'indifférence dont parle Lamennais. Si on reproche à nos ministres d'être déclamateurs et acteurs, le reproche contraire peut être adressé à ceux-ci. Le ministre d'aujourd'hui est un radical, me dit miss C., car il dit que Jésus-Christ devait sa sainteté à son travail.— Au sortir de l’église, je vais me promener avec les dames.

Je vais souper chez M. B. Lecture de la Bible et prière en commun. Les domestiques y assistent.

Le capitaine Kennedy a été élevé en Angleterre par un ministre, c'est à cela sans doute qu'il doit sa piété excessive.

Nous avons passé plusieurs heures à discuter sur ce qu’il faudra faire là-bas. Lady Franklin dit que dans le cas où nous trouverions quelque indice bien certain, il faudrait revenir en Angleterre, parce qu’alors le gouvernement anglais se déciderait à faire quelque chose ; nous ne devons pas nous hâter de revenir par crainte de lui avoir fait dépenser trop d'argent. Ses ressources Jui permettent d'entretenir le navire encore deux ans et demi, c’est-à-dire, pour nous, trois hivers. — Les provisions de bœuf frais se conservent trois semaines. — M. Biot a visité les Shetland, une j'etite colonne témoigne de son passage.

2 aux. — M. Robertson a insisté tellement sur sex amitié pour les Français, et a mis tant d'empressemient à me rechercher, que je me décide à me rendre à son invitation d'aller avec

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lui à Hoy. M. Bic, vers 1820, 2 fait partie d'une commission |

qui y a passé quelque temps : ‘{ était le seul Français. Un vieux ministre, M. Hamilton, y était alors célèbre par son hospitalité. Nous arrivons enfin aux. warfs stone (pierre du nain); je prends les devants afin de faisser libre carrière à mot imagination, et pour ne pas refroidir mes impressions au contact de mes voisins. Un immense bloc de pierre, d'environ vingt pieds de long sur six

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