DÉPART D'ABERDEEN
Aberdeen, 22 mai 1851.
Me voici enfin au comble de mes souhaits, plus heureux et plus favorisé par les circonstances que je n'aurais jamais osé l'espérer, Toutes.les difficultés se sont aplanies ; et, sans excès
d'orgueil, je puis mettre mon succès sur le compte de l’activité. de la résolution que j'ai déployées, et de l’abnégation que j'ai bnise à partir sans être en rien préparé.
Je vais tenir un journal complet de tout mon voyage, afin que,
A: je meurs dans cette campagne, mon jeune frère et mes ne-
veux au moins suivent mon exemple et apprennent à se dévouer PM déjeunons à leur famille, à la science et à l'humanité. melileure se trouve | de G'atre | souticnt la loin, in co gue timit déjeuner.
—- Donnez.
mêmes frire peine par t et qui corr nous Sert p geables s’ils
Dinancne 25 mar. — Nous avons mouillé dans la matinée en rade de Stromness: vers dix heures, le capitaine Kennedy arrivi à pord avec M, Maits, officier de ia douane et M. Beckie. fils d’un banque: de Kirkwall, qui viennent me faire leurs offres
de service.
A deux heures, nous descendons à terre avec l'équipage et nous nous rendons à Free-Chureh. Malgré le ton somnolent et sornifère, je ne trouve plus cet accent large d’Aberdeen. Des prières sont dites jour nous, et tous les fidèles sont apyelés à faire des vœux pour notre bon voyage.
| | M. Kennedy, né sur le territoire d'Hudson, de parents originaires des Orcades (Orkineymen), a été élevé à Stromness ; et la qualité de compatriote, autant que la nature de notre campa- } gne, lui attire l’intérêt général. Il me présente dans plusieurs maisons. Je vais voir lady Franklin, qui s’informe avec intérêt EN de la manière dont je me suis trouvé à bord. L'avarie de notre F bout-dehcrs de foc la contrarie; elle me prie d'user de mon EN influence à bord pour que dorénavant on fasse moins de toile, P : une politesse mais pas d'avaries. Nous apprenons dans la soirée que M. Stein: PM Franklin, quir ger, constructeur de Stromness, nous fait hommage d’un bout- LS envoyée par M dehors neuf. On me parle beaucoup de là cathédrale de Kirk- EN} en ruines: ce wall, la plus belle et la plus ancienne, après celle de Glasgow, ES de toutes celles d'Écosse, et je forme le projet d'y aller. L
— Nous ma nous offrons Un schilling.
la case. Nous après nous po honnête de n tt nous filons villon français st à caché pa qu'il est hissé
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ment ne songe:
à bertson, lieute:
politesses, et m éloges sur notre
26 mai. — Une pluie torrentielle me fait d'abord renoncer mon projet. Vers dix heures, le temps s'embellit; un gig nous conduit aux Stennis (monuments ou cercles druidiques), sur les bords d'un lac superbe. Pas de chevaux pour continuer la route:|
Je suis prése VoYageur dans t
VOYAGE AUX MERS POLAIRE. 15 déjeunons en attendant. Nous entrons dans 1 maison de la meiileure apparence ; une grande salle, au milieu de laquelle se trouve l’âtre abrité du vent de la porte par un petit mur de quatre pieds de haut; une crémaillère pendant des poutres soutient la marmite; dans un coin, un veau, des poulets; plus loin, 1n cochon qui joue avec un chien, ce qui prouve une longue i'timite, des canards; trois femmes : nous leur demandons à déjeuner. «Nous n'avons rien qui puisse vous convenir.
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dy ar- — Donnez-nous ce que vous mangez. » Nous faisons nous- Beckie. mêmes frire du jambon et des œufs; la fumée sort à grand’-
s offres peine par un large trou placé à la partie supérieure du toit et qui correspond au foyer: j'allais dire à la cheminée. On
nous sert pour pain des tourteaux d'orge qui seraient man-
page el
olent et geables s'ils ne se mangeaient crus; de plus en plus Bretagne, en. Des — Nous mangeons autant de jambon et d'œufs que possible :
nous offrons du wisky aux femmes. « Combien devons-nous? — Un schilling. » J'en donne trois et j'emporte les bénédictions de la case. Nons sortons pour voir les stennis ; la jeune fille court après nous pour nous remettre un couteau oublié; récompense
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ness ; €l
* campi- BA honnête de notre générosité. On nous trouve deux montures, lusieurs BP et nous filons pour Kirkwali. De la route, je vois flotter le pae intérèt BA villon français, je me réjouis à l’idée que sans doute un eatre
de notre BA est à caché par une pointe de terre ; nous approchons, et je vois de mou E# qu'il est hissé sur la même drisse que le pavillon anglais C’est e toile, b une politesse de M. Beckie, une nouvelle prévenance de lady M. Stein- |
à Franklin, qui n'a pas voulu me donner une lettre la veille, et l'a n bout- BA envoyée par M. Beckie. La cathédrale de Saint-Magous tombe de Kirk-h . en ruines; ce serait véritablement dommage que le gouvernelaszow, EM ment ne songeàt pas à entretenir un pareil monument. M. Ror. 0 bertson, lieutenant shériff du comté, me fait les plus grandes
EM politesses, et me conduit chez lui ; tout le monde parle français: DONC UE loges sur notre expédition, vœux que l’on forme, ete. 1B MOUEN Je suis présenté par lady Franklin au docteur Woiff, célèbre , sur lvoyageur dans toutes les parties du monde, mais principalement
a route: |
connu pour un voyage à Bokhara, et un autre à la recherche des tribus d'Israël. Quel dommage que mon ami L... ne soit pas À, lui, le polyglotte oriental! Le docteur Wolf est le même dont nous parlions il y a quelque temps à propos de cette tribu juive qui, vivant au milieu de la Chine, a conservé son culte et un temple. I a fait ses offres de services à lady Franklin dejà l’année dernière. Il demande seulement qu'on paye un ministre pour faire son service, et quelques livres sterling pour sa femme. Lady Franklin a envoyé sa demande à l'amirauté, ne sachant comment y répondre.
Je trouve le docteur fumant après diner, il m'exprime en français le plaisir que lui cause ma visite, et m'offre un exemplaire de son ouvrage. Il le vend pour le soutien d’une Société de char rité. IL est, dit-on, d’une grande éloquence, et doit prêcher ce soir; mais nous ne pouvons rester plus longtemps. — Le Pi: k rate, de W. Scott, m'est donné par M. Robertson ; accueil de M. Beckie; baie de Kirkwall ; tombeaux dans l'église; visite aux cinq églises ; retour à Stromness à minuit.