ADRESSÉE PAR BELLOT A SA FAMILLE
Mercredi, 10 septembre 1851
Mes chers et excellents amis,
Si vous recevez cette lettre, j'aurai cessé d'exister, mais en remplissant une mission de péril et d'honneur. Vous verrez dans le journal qui fait partie de mon bagage comment, notre capi-
‘ Cette touchante lettre d'adieu, écrite par Bellot dans une des circonstances les plus graves de son voyage, au moment où il entreprenait, au péril de sa vie, de courir à la recherche de son commandant et d’un groupe d'hommes du bord (voir le Journal, à la date du 10 septembre, p. 198); cette lettre, qui ne devait être remise à son adresse que si le cœur qui l'avait inspirée avait cessé de battre, cette lettre n’a, en effet, été retrouvée par la famille qu'après la perte de l'héroïque jeune horgme, mais deux ans après sa date.
taine et quatre hommes ayant dû être laisse. derrière nous dans les glaces pour le salut du reste, nous avons dû songer, après “ela, à aller au secours de ces braves gens. Peut-être n’auraisje pas le droit de disposer ainsi de moi, sachant combien je vous suis nécessaire à tous égards; mais ma mort elle-même attirera peut-être sur les divers membres de mo famille la considération des hommes et les bénedictions du ciel.
Adieu, au revoir là-haut, si ce n’est ici-bas. Ayez foi et courage.
Je vous embrasse.
J. BELLor.
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