‹ Journal d'un voyage aux mers polaires [microforme]Chapitre 7 sur 53 · IA · texte numérisé non relu

IA

l'homme froid et mathématique qui n'a jamais eu ni défaillances de cœur à se reprocher, ni tentations dangereuses à combattre; dans l'ordre moral tout aussi bien que dans l'ordre physique, on peut dire comme Voltaire, que c'est à vaincre sans péril et surtout sans combat qu'on triomphe sans gloire.

Ces pages n'ont paru d'un très-bel enseignement, et elles peuvent être utiles à méditer autant pour bon nombre d'hommes mûrs que pour les jeunes gens de l'âge de Pellot.

La négligence à l'égard de sa famille, que le jeune aspiamérement, fut, du reste, bientôt réà la lettre de lui, pleine de

parée ; car je trouve, date du 25 novembre, une longue détails curieusement observés à à Nossi-Bé. Je remarque, dans ce

récit familièrement éerit et plein d'une charmante bonne

humeur, une qualité qui se développa plus tard d'une façon

singulière chez ce jeune homme studieux, rêveur et avide

Ale science : c'est une gaieté d'esprit vraiment francaise.

étiques si M

ui a fallu

s vives de M me el m0 1 de facon M appliquer qui Con:

AY

tà dire: M

pécheur ds

ans. que &

re:

Fa

«Quel que soit, éerit-il, ton amour pour ton fils, ma bonne

ncre, et quelque prétention que tu puisses avoir sur mon

‘ompte, je te dirai que ce fils a servi d'épouvantail dans plusieurs villages, où j'ai rempli le rôle important de Croquenilaine; la vue seule de ma figure à suffi quelquefois pour aire cesser les cris et tarir Les larmes d'un moutard indocile u criard ; ainsi, ma bonne mère, tu dois être heureuse de nes succès dans Le monde malgache. » Une personne de sa amille, madame G....., femme d'un tact exquis et d'un juement lin et éclairé, qui a eu occasion de le bien apprécier, ne disait, en parlant de lui : « I avait le caractère triste et élléchi et l'esprit gai. » En effet, si Bellot benssit et agisait comme un Anglais. s'il étudiait, rêvait et sentait comme

NS JOSEPH-RENÉ BELLOT

un Allemand, il faut dire aussi qu'il parlait, riait et se passionnait pour le danger comme un Français.

S'il aime ardemment sa famille , Bellot sait aussi aimer et apprécier ses amis. 11 faut lire en quel langage il raconte la mort d’un de ses camarades, M. Maureau, dans une lettre du 4 mai 1845, qui serait digne d'être citée tout entière, mais dont je me borneraï à reproduire les dernières lignes :

«S'il est, dit-il, une consolation possible dans une si urande affliction , sa famille peut du moins être fière de la conduite noble et courageuse qu'il a constamment tenue au milieu de dangers aussi grands; sacrifiant tout espoir de se sauver, tout instinct de sauvetage personnel, il reste au milieu de ces malheureux, dont peut-être pas un n'eût échappé à ce smistre, sans la présence d'esprit et la fermeté qu'il déploya. Tant de vertus, tant d'abnégation, devaient-

elles être ainsi récompensées? O mon Dieu! nous bénissons !

les décrets immuables de votre providence, et, sans murmurer, nous nous agenouillons devant la main qui nous frappe, soutenus par l'espoir que vous ne détournerez pas vos yeux d'une vie dont tous les actes émanent des sentrments les plas généreux, les plus dignes du Fils que vous nous avez donné à imiter. Puissent, mon bon ami, des éloges si bien mérités avoir quelque écho auprès des ami que tu as laissés derrière toi et adouci un peu l’amertame

de leurs regrets! »

Le sentiment religieux dont cette lettre est empreinte, ons

le verra souvent se manifester dans le Journal du voyai aux mers polaires de Bellot. Animé d'une sainte foi qui inspt-

rait et soutenait son courage, le jeune officier de marine avait.

sans être dévot, cette vraie piété, eette piété éclairée qu

donne la confiance en Dieu et l'amour du bien. et sait élever

SR RE M PO ns

nié néigéee rs ARR SSRRRE

Page 1