‹ Journal d'un voyage en Europe, 1819-1820Chapitre 4 sur 39 · AVANT - PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT - PROPOS

M*' Plessis, qui a été l'un des plus grands, sinon le plus grand de nos évêques, avait évidemment peu de temps pour écrire des ouvrages de longue haleine. Mais telle était son activité, que durant ses visites pastorales, il trouvait le moyen de rédiger des notes extrêmement importantes pour l'histoire des paroisses et de l'Eglise du Canada. Le Foyer Canadien a publié son Journal de voyage de 1811 et 1812 dans les Provinces Maritimes, et si cette revue avait vécu plus longtemps elle aurait sans doute imprimé la Mission de 1815, plus intéressante, je crois, que les autres. Les archives de l'archevêché sont en possession de ce précieux manuscrit que je me propose bien de faire connaître aussitôt que cela me sera possible. Mais j'ai cru qu'auparavant il valait mieux publier le Voyage de M^' Plessis en Europe, car outre que l'ouvrage est plus important, on peut certifier qu'il était demandé depuis longtemps par tous ceux qui en connaissaient l'existence. Il ne faut sans doute pas chercher dans des impressions de voyages, des études approfondies et des jugements définitifs sur les hommes et les choses. Et à ce point de vue, on pourrait se demander si cette publication ne pourrait pas nuire à la mémoire de l'illustre Prélat.

Je pense au contraire que M^"^ Plessis, évidemment mieux et plus intimement connu par ces notes si sincères et si vraies, ne fera que grandir dans l'esprit du lecteur intelligent. Après avoir lu la magnifique biographie écrite par l'abbé Ferland, qui nous raconte les grandes œuvres et la

vie officielle de l'évêque, on sera heureux de le surprendre pour ainsi dire sur un autre théâtre, et dans le rôle d'un voyageur entendu et d'un subtil observateur. Ici, pas d'erreur possible, c'est lui-même qui se livre tout entier, qui se fait connaître par ses impressions et ses opinions clairement manifestées. C'est ainsi que l'on découvre que cet homme d'Eglise et cet homme d'Etat était non seulement capable de régler les affaires les plus graves et les plus difficiles, mais encore qu'il s'occupait des moindres détails, qu'il pensait à tout, que rien n'échappait à son regard d'aigle. Il va sans dire que je n'ai pas retranché un seul mot de la relation, je n'y ai rien changé non plus, et je me suis contenté d'ajouter quelques notes qui seront peut-être utiles, si elles n'ont pas le mérite d'être agréables.

Le Journal manuscrit de M*"* Plessis est divisé en cinq parties, une par chaque volume. J'ai cru qu'il valait mieux supprimer ces parties et mettre un certain nombre de chapitres avec sommaire. Cela rendra, je crois, la lecture plus facile et séparera agréablement les différents sujets du récit.

JOURNAL

d'un

Page 1