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qui commence, dit-on, à se lasser de la donner et veut que désorinais quiconque sera appelé au cardinalat reçoive sans délai, s’il ne l’a déjà, l’ordre sacré exigé par son titre. Ce titre est une des églises de Rome. Il ne se donne pas aux cardinaux étrangers, non plus que le chapeau rouge, jusqu’à ce qu’ils soient venus en personne recevoir l’un ct l’autre du Pape. Les cardinaux prêtent un serment spécial d’obéissance au Souverain Pontife, au moment qu’ils reçoivent la pourpre. Dans le cas d’inobservance de ce serment, ils sont destituables.
Les cardinaux qui ne sont qne prêtres, oMcient comme les évêques avec la chaussure et autres ornements pontificaux. Tous, saus excepté les diacres, ont l’usage de la mitre dans les processions où les évêques la portent. Tous ont également l'usage de la bague, mais avant de la porter, ils sont obligés de donner au collège de la Propagande une aumône de 75 scudis pour en obtenir le droit.
9.—Les évêques, cardinaux on non, ne montrent jamais la croix pectorale À Rome, si ce n’est le jour de leur consécration. Hors de là, elle est cachée sous les habits, et l’on ne voit que la chaîne ou le cordon d’or auquel elle est suspendue.
Un cardinal ne peut aller à pied dans la ville : il faut qu'il soit en voiture fermée, avec deux laquais par derrière. Hors des murs il lui est permis de quitter son carrosse et de se mettre à pied. Sur ect article l'étiquette est très rigoureuse. Les voitures des cardinaux ont les essieux, les roues, le brancard de couleur rouge mêlée de quelques filets d’or. Les cordeaux, les houpes et pompons de leurs chevaux sont aussi rouges. Il n’y a rien de prescrit sur la couleur des voitures et des harnais dont se servent les évêques ct les prélats ; mais elles doivent être fermées, et ce serait manquer À leur dignité que de paraître dans une voiture ouverte ou seulement revôtue d’un soufflet.
11.—II est permis aux évêques et prélats de marcher duus les rues, mais à condition d’y être suivis d’un laquais. Par une suite de cetto loi bizarre, l’évêque de Québec, qui ne voulait pas faire la dépense d’un laquais de profession, fut condamné à se faire
suivre par John. Il serait assez difficile de décider lequel avait plus de honte, du maître où du laquais, de se voir ainsi dans les rues l’un À la suite de l’autre.
13.— Les cardinaux résidant À Rome, outre l'occupation que leur donnent les fonctions dont ils sont individuellement chargés et les assemblées fréquentes des congrégations dont ils sont nombre, ont l’assujettissement d’assister aux chapelles soit cardinalices, soit papales. On appelle chapelle cardinalice l'assemblée des cardinaux qui se fait dans diverses églises de la ville, à certains jours déterminés, et où ils assistent quelquefois à la grand’messe seulement,quelquefois À vêpres et enfin quelquefois à l'office du soir et du matin. La chapelle papale est la réunion des cardinaux avec le Paje pour célébrer le service divin, soit dans une église, soit dans quelqu’une des chapelles des palais apostoliques. Or le Pape demeurant pour lordinaire au Quirinal ou Monte Cavallo, il s'ensuit que c’est dans la chapelle de ce palais que se fait ordinairement cette assemblée, qui a lieu tous les dimanches de l'Avent et du Carême et aux fêtes sollennelles. C’est un appartement d'environ 90 pieds de long sur 25 de largeur, ayant un seul autel surmonté d’un gradin, et d’un tableau en tapisserie, qui change suivant les solennités et représente toujours le mystère dont on fait la fête. Le Saint-Sacrement ne se conserve pas dans cette chapelle. L’autel, qui doit servir de modèle À tous les autres, est couvert d’une nappe qui descend jusqu’à terre par les deux extrémités, L'autel a trois degrés et le sanctuaire deux. Le dernier de ceux-ci est du niveau du dernier degré du trône du Pape, qui est situé du côté de l’évangile et qui en a cinq, sans compter une estrade où portent sea pieds pour être baisés plus commodément. Le tour de la chapelle, qui avait été dépouillée par les Fran” çais, pendant leur séjour à Rome, a été nouvellement décoré en dorure et peinture, sur un plan qui réunit l'élégance À la simplicité. Sur un mur tout uni, le peintre a eu l’habileté de former des pilastres avec leurs piédestaux, une architrave et une corniche, douze niches et l’image des douze apôtres, le tout exécuté d’une telle manière, qu’à moins d’rne attention particulière, on croit
que ces différentes parties sont les unes saillantes, les autres rentrantes et de matière solide,
14.—Le chœur ou, si l’on veut, la partie de la chapelle qui se trouve hors du sanctuaire, cst bordé, des deux côtés, de banes à dossiers, revêtus de tapis. Celui du côté de l’épître est assez distant du mur, pour donner place à deux autres qui servent aux évêques non assistante au trône pontifical, aux prélats, aux notaires apostoliques, aux générs« et procureurs généraux d’ordres. Les bancs revêtue sont pour le. cardinaux, Au-delà de cette espèce de chœur, sont des bancs placés en amphithéâtre pour les pri::ces et ambassadeurs étrangers. Il y en a auesi pour les ‘ames. Cidevant ils é*-ient environnés par une grille, e: l’on regarde comme une innovation blâmable qu’ils ne le soient plus. Soit que la chapelle se tienne à Monte Cavallo ou au Vat'-an, la disposition est toujours la même.
Les cardinaux rc rendent À la chapelle en carrosse, chacun venant Ce chez soi, accompagné de leurs camériers ct suivis de leurs laquaïs. Ils sont en violet dans l'Avent ct dans le Carème, et en rouge dans tout autre temps. Leur hab'llement consiste en une soutane à longue queue, une ceinture à glands d’or, la mantelette par-dessus le rochet, et la mozette par-dessus la mantelette, enfin le chapeau rouge À trois cornes, galonné d’or tout autour et ceinturé d’un autre galon d’or au lieu de ruban, La calot.e est rcuge dans tous les temps. Arrivés dans la salle voisine de la chapelle, ils déposent le chapeau pour prendre la barrette, et quittent la mantelette et la mozctte pour prendre la grande cape, Cappa magna, rouge ou violette selon le t-mpse, mais toujours de soie. Ce vêtement, lorsqu'il est tout abattu, vent battre au-devant sur les boucles des souliers, et traîne neuf ou dix pieds par derrière, finissant en pointe. L'espèce de camail qui le termine par le haut et dont le capuchon mou pend dans le dos et ne se met jamais sur la tête, est de même cétoffe et couleur que la cape elle-même. En hiver, il est recouvert d’une fourrure blanche qui s'étend sur la poitrine et se termine par derrière en bordure du capuchon, Le devant de la grande cape des cardinaux n’est
rabattu que lorsqu'ils restent À leurs places. Toutes : 4 fois qu'ils en sortent, ils Ja relèvent sur leura bras, à l’aide de leurs camériers (car chacun a le sien devant lui sur une peti:e cstrade), afin de marcher plus librement.
15.— Les évêques ct prélats qui veulent aller à la chapelle se rendent aussi en soutane violette, rochet et mantelette, et chapeau noir à trois cornes. Les évêques ont un ruban vert autour du chapeau ct les prélats un ruban violet. Ce ruban est rouge pour les prélats qui sont protonotaires apostoliques, du nombre des participants. Les uns et les autres, avant d’entrer à la chapelle, quittent aussi le chapeau et la mantelette, prennent une barrette ou petit bonnet carré noir et une cape de serge violette, de même forme que celle des cardinaux, dont 'a mozette rouge est égalenent couverte d’une fourrure blanche en hiver, Il y a cette diftérence que leur cape est relevée par devant jusque sou: ia mozette, et que la queue repliée en plusieurs doubles cst liée en forme de boudin qui pend au côté gauche, et est assujettie de mani’ re À ne pas descendre plus bas que le genou +. Dans toutes les cathe Jrales d'Italie, les chanoines sont habillés de même, lorsqu'ils assistent au chœur. ‘évêques dans leurs diocèses ont aussi la grande cape de soie violette ; mais à Ronue, la soie appartient exclusivement aux cardinaux,
Ce que l’on appelle prélats, en cour de Rome, sont des dignitaires inférieurs aux évêques, remplissant ce, aines fonctions publiques qui leur sont attitrées. On les appelle Monsignor. De ce nombre sont le Gouverneur de Rome, les Cleres de la Chambre, les Auditeurs de la Rote, les Consulteurs des différents tribunaux, les secrétaires des Congréwations, quand ils ne sont pas évêques, le Majordome, le Maître de Chambre, les cérémor aires du Paye, ses prélats domestiques et camériers secrets, la plupart des
1—Lorsqu'ils sont dans leurs cathédrales, les évêques portent la magna Cappa déployée, Ceux-là seuls qui sont assistants au trône pontifical ont droit à la soie, de même que tous les prélats, depuis les camériers jusqu'aux Prosonotaires. La soie appartient à la Cour papale, et ils en font partie,
avocats consistoriaux, les juges du tribunal de revision, et les chanoines des églises patriarchales. La prêtrise n’est pas attachée à la prélature. Le très grand nombre des prélats romains n’ont que la tonsure ou les ordres mineurs. Néanmoins ils sont célibataires, et si quelqu’un d’entre eux venait à se marier, il perdrait la prélature ipso facto. Quelques-uns d’entre eux ont le pas, à la chapelle du Pape, sur les évêques non assistants au trône, car pour ceux qui sont qualifiés assistants, qualité qui se donne par un tre: long bref sous l’anneau du Pècheur, ils ne cèdent le pas qu'aux cardinaux ct sont placés entre le trône du Pape et l’autel, au leu que les autres sont en face de ceux-ci et derrière le banc des cardinaux diacres.
15. Il n’y a ni orgue ni autre instrument de musique à la chapelle nontificale, en quelque lieu qu’elle se tienne, mais un groupe d’excellents chantres dont les voix sont assurément préférables À des instruments. Ils chantent en plusieurs parties avec une harmonie qui ne laisse rien à désirer.
Lorsque l’heure de la messe est arrivée, et tout le monde rendu à la chapelle ou à l’église où le Souverain Pontife doit assister, le célébrant, qui est le plus souvent un cardinal, sort de la sacristie en habits pontificaux, accompagné d’un prêtre assistant qui est chanoiïine de $. Jean de Latran, d’un diacre chanoine deS. Pierre, et d’un sous-diacre chanoine de S* Marie-Majeure, et va s’asscoir auprès de la crédence, sur laquelle sont rendus et allumés d’avancc deux cierges d’acolythes, qui ne bougent de là que pour l’évangile. Bientôt paraît le Souverain Pontife qui, après avoir déposé la mozette de velours rouge dans une autre sacristie ou cuapelle, y a été revêtu par-dessus son rochet, de lPamict, de l’aube, ceinture, étoie et chape. Ses bas sont de soie blan:he, ses mules ou souliers de velours cramoisi bordé en or. Il a sur la tête une calotte blanche, et par-dessus, une mitre jauue qu’on ne change pas de toute la messe. Dans les grandes solennités il paraît avec la tiare, mais l’ayant déposée pour faire la confession, il ne la reprend plus. On la place sur le haut de l'autel du côté de l’évangile, et il se contente d’une mitre pour le reste de l'office,
Le Pape sortant de la sacristie est précéaé de par le plus jeune des Auditeurs de Rote.
les plus anciens marchent à ses côtis, d’une main ct relevant de l’autre le devant de la & et de la chape, qui autrement traîne pieds. Viennent ensuite les qui soutiennent le derrière de
la croix portée Les deux Auditeurs lui soutenant le coude
outane de soie raicnt par terre de de deux premiers Cardinaux-diacres la chane; enfinle sénateur portant la queue de la soutane. La marche est formée Par un garde revêtu de bleu, couvert d’un casque et armé d’n' ‘sil et de la bayonnette au bout, lequel se tient dans l’angle du :anctuaire Je plus voisin de la sacristie, où il demeure jusqu’A la fin de la messe, n’Otant son casque qu’à l’{lévation Pour se mettre à &enoux et le reprenant aussitôt après.
Le Pape ne porte ni gants, ni crosse. Dès qu'il est rendu auprès de l'autel, du côté de lépître, il bé deux côtés du chœur, Aescend au bas des marches s’y agenouille quelques instants sur un prie et commence lui-même la confession venu placer à sa gauche. Il na monies À genoux, revêtu d’une d’un surplis par-dessus.
Les deux Cardinaux-diacres qui assistent le Souverain Pontife, ont leurs grandes capes relevées et uouées, comme il a été dit de celles des évêques ct des prélats. Pend tiennent debout derrière Je É assistants au trône. Tous fon est de même des autres év chacun en leurs places,
La confession finie, on Ôte le prie-Dieu pour ne le u’à l'élévation. On met la mitre au Pape : il monte au trône q ; ;
assisté des mêmes cardinaux qui s’asseyent sur des tabourets, et À la gauche du second cardinal-diacre, ] tient debout sur le pre
nit, sans rien dire, les du sanctuaire, -Dieu, puis se relève avee le célébrant qui s’est à droite qu’un maître des cérésoutane violette, d’un rochet et
ant la Confession, iis se ape. Derrière eux sont les évêques t la confession deux à deux. Il en êques, des cardinaux et des prélats,
rapporter
e maître des cérémonies ge mier degré du trône. Le sénateur aussi du premier cardinal-diacre. Sur le sénateur, se placent les trois conser-
debout se tient à la droite second degré, À la droite du
vateurs ct le maître des caparions. Tous sont en robes de soie noire ouvertes par devant. Le sénateur a de plus une longue chaîne d’or qui lui pend du cou, et l’épée au côté.
Dès que le Pape est assis, les cardinaux, selon leur rang, partent d° leurs places, traînant sur le plancher les longues queues de leurs capes, et se suivant les uns les autres à la distance de 12 à 15pieds. Chacun d’eux fait une inclination profonde d’abord à l’autel, puis au Pape, monte au trône, lui baise l'anneau, le & at derechef, ainsi que les deux cardinaux assistants, pendant qu’un maître de cérémonies prend soin de la queue de sa cape, et la transmet À un autre, de sorte que le cardinal descendant du trône par le plus court chemin n’en est pas embarrassé. Lorsque le tour du premier cardinal-prêtre est arrivé, il s'arrête sur le trône pour présenter au Pape l’encens à bénir, et pendant que l’on encense l’autel, les autres cardinaux continuent d’aller rendre hommage au Pape. C’est ce que l’on appelle aller à l’obéissancec. Cette cérémonie terminée et l'autel encensé, le thuriféraire qui est aussi un des maîtres de cérémonies du Pape, en soutane violette, rochet et surplis, va saluer le premier cardinal-prêtre, qui est de retour à sa place, et l'ayant amené au pied du trône, lui livre l’encensoir. Celui-ci se met À genoux et encense le Souverain Pontife de trois coups, avec inclination profonde avant et après, puis va rejoindre ses confrères, qui sortent tous de leurs places, forment un demi-cercle au milieu du chœur, pendant que le Pape lit l’introit, puis récitent avec lui le Xyrie, ete. Ils revicnnent de même au Gloria, au Credo, au Sanctus et à l’Agnus Dei, se retirant chaque fois, après avoir salué l’autel et le Pupe. Rien de plus majestueux que ces différentes marches et cercles des cardinaux. Vous croiriez voir une assemblée du rois. Le livre et le bougeoir sont présentés au Pape par les deux premiers archevêques assistants au trône. La mitre est portée par le doyen de la Rote. Les autres auditeurs du même tribunal viennent s'asseoir sur le dernier degré du trône, aussitôt après la récitation du Gloria in excelcis, et y demeurent soit assis, soit debout, jusqu'au Sanctus. Après eux et sur le dernier degré du sanctuaire,