‹ Journal d'un voyage en Europe [microforme]Chapitre 40 sur 59 · IL., Card. Consazvr · texte numérisé non relu

IL., Card. Consazvr

To the Reverend Doctor

J. O. PLessis, London.

De son côté, le cardinal Litta écrivait À M“ Plessis la lettre suivante :

Monseigneur,

Ne sachant fas si j'aurai le bonheur de vous retrouver dans les derniers moments de votre départ, je m’empresse de vous envoyer ces lettres dont l’une pour mon frère qui a déjà l’honeur de vous être conru, et l’autre pour procurer à une d mes sœurs l'honneur de votre connaissance.

En vous souhaitant un bon voyage et un heureux succès À vos saintes intentions, je vous prie, Monseigneur, de vous souvenir de moi dans vos ferventes prières pour notre sainte Eglise et pour les prélats de Rome. Je saisirai toujours avec grand plaisir toutes les occasions où vous jugerez utile de m'employer pour

nos bons catholiques du Canada. Agréez, en attendant, l’expression de ma haute estime et de la considération très distinguée avec laquelle je suis

Votre serviteur très dévoué,

D., Cardinal Lrrra.

Ce 8 février 1820.

Pendant son séjour À Paris, l’évêque de Québec eut l’occasion de rencontrer plusieurs membres des familles canadiennes qui avaient émigré en France, après la cession du pays à l’Angleterre. Le fils du célèbre baron de Léry, dans une lettre écrite à ses parents, au Canada, mentionne avec combien de plaisir il avait vu l’évêque du pays où était né son père.

Il était en France un homme que M Plessis aurait grandement désiré revoir. C’était M. Mermet, qui a chanté si noblement la victoire de Chateauguay. Ce poète distingué avait passé plusieurs années au Canada en qualité de lieutenant, puis de capitaine dans le régiment de De Watteville, composé de prisonniers enlevés aux armées françaises durant les gucrres de l’empire, et commandés par des officiers légitimistes qui avaient émigré en Angleterre. Après la guerre américaine, le gouvernement anglais avait accordé des terres, sur l’Ottawa, aux officiers et aux soldats de ce régiment qui voudraient demeurer dans le pays...

Un avenir heureux souriait À M. Mermet, homme d’une belle intelligence, sincèrement attaché À la religion catholique et aimé de tous ceux qui le connaissaient. Ses rapports avec l’évêque de Québec avaient été fréquents et amicaux ; plusieurs fois il avait adressé au prélat de fort jolies pièces de vers. Comme ses compagnons, il crut que la fortune l’attendait en France, et se décida à rejeter un bien-être certain au Canada pour de grandes espérances dans sa patrie. L'évêque de Québec s’efforça inutilement de le retenir... A peine fut-il rentré en France, que M. Mermet regretta amèrement la démarche imprudente qu’il avait fuite ; le

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nombre des légitimistes était grand et il était resté peu d'emplois à la disposition du souverain, M. Mermet, confondu dans la foule

tristesse et montre une profonde inquiétude Pour l'avenir, I] ter. mine par ces Mots : “ Oui, je regrette sincèrement de m'être vu dans l'impossibilité de suivre les Sages conseils que Votre Grandeur daigna me donner, avec tant de bienveillance, le soir du vingt-six août 1816 : “ Croyez-moi, restez au Cauada ”, me disaitelle avec bonté. Hélas ! j'ai quitté mes amis du Saint-Laurent ; j'ai abandonné cinq cents arpents de terre pour me trouver isolé et sans fortune au sein de mon ingrate patrie. ” Je prends tous ces détails dans Ferland, qui cite aussi nne épître en vers dans laquelle le poète chante les louanges du prélet 1,

Comme on l’a vu, M Plessis partit de 8, le 1° mai 1820, Pour retourner en Angleterre, et une fois arrivé À Londres, il s'y Occupa de nouveau des affaires de son diocèse, Je vois Par la lettre suivante que le Prélat était de retour dans la capitale le 9 du même mois et qu’il attirait l'attention des ministres et de ses amis.

“Sir John Sherbrooke is Very sorry that he was not at home When the R, C. Bishop of Quebec did him the favor of calling this

hour at half past eleven 0’elock, to-morrow morning, he will endeavor to be disengaged to receive him.

(9° May, London Hotel, Albermale St., Tuesday.)

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l=Ta notice biographique et plusieurs Poésies de M, Mermet ont été Publiées dans Je Répertoire National,

Voici comment l'abbé Ferland rend compte des négociations de l’évêque auprès du gouvernement Britannique :

Quant à l’espoir d'obtenir quelques modifications aux premières décisions du gouvernement, il n°ÿ fallait pas songer : “ Les ministres britanniques changent, faisait observer le prélat, mais l'esprit du ministère ne change point. L'on ne peut se flatter d’un nouveau système qu'autant qu’il viendrait du roi, ct l'on ignore jusqu’à présent la manière de penser du roi par rapport aux catholiques..... La cour de Rome a fait ce que j’ai voulu ; il n’en a pas été de même de celle d'Angleterre ; je n’en ai obtenu mes deux suffragants qu'avec beaucoup de peine, et seulement comme grands vicaires revôtus du caractère épiscopal.”

“Je gouvernement n’a pas voulu me reconnaître comme métropolitain, en sorte que mon diocèse n’est réellement pas démembré comme je l’aurais voulu, mais seulement divisé en districts pour des évêques in partibus soumis à mon autorité.” M" Plessis obtint plusieurs audiences du secrétaire d'Etat pour les colonies, qui lui remit une lettre officielle pour lord Dalhousie, nommé gouverneur du Canada. Le comte Bathurst informe ce dernier des arrangements qui avaient été faits avec la cour de Rome, pour l'avantage des catholiques du Canada, et de l'approbation que Sa Majesté avait donnée à ces mesures, concernant la division du diocèse de Québec. De plus des ordres allaient être envoyés pour l'expédition de lettres patentes d'amortissement en faveur du Collège de Nicolet ; et enfin le gouvernement semblait oublier le projet de s’emparer des biens du Séminaire de Montréal.

Le roi lui-même témoignait de sa bonne volonté envers ses sujets canadiens : lorsque l'évêque de Québec lui fut présenté, Georges IV le reçut avec une bienveillance marquée ; il lui parla des services rendus durant la guerre américaine par les catholiques du Canada, et il témoigna la confiance qu'il avait dans la loyauté du peuple et du clergé de la province %

1 Mer J. O. Plessis. Ferland.

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On lira sans doute avec intérêt la lettre suivante que lord Bathurst écrivit le 20 mai à Mr Plessis et que je crois inédite :

Downing street, 20 May, 1820.

Sir,

T have had the honor of receiving the Memorandum which you have transmitted to me of several points upon which you were desirous of receiving the decision of His Majesty's Government.

1". With respect to the Permanent establishment of the Seminary of Nicolet on which you have bestowed 80 much pains and attention, it affords me much pleasure to assure you that I have directed the 8overnor of Ilis Majesty's North American Provinces to cause Letters Patent to pass the Great Seal of the Province for Carrying your wishes into effect. At the same time however it will be necessary in the Letters Patent to limit the amount of Property to be held by the Seminary agreenbly to the original recommerdation of the Governor of Canada.

2". The necessary communication will be made to Lord Dalhousie of the permission which His Majesty has given to the Revd. J. J, Lartigue and the Revd. Provencher to assist you in the spiritual administration of the district of Montreal and the Countries situated in the North and North West of Upper Canada.

8". On the subject of the Rent of your Episcopal Palace, I will not fail to communicate with the Governor in Chief with every disposition to make such an addition to the sum heretofore allowed as may be adequate to the situation which you hold in the province, but at the same time I am sure ÿou will feel how impossible it is for me to hold Out any expectation of my being able to authorize the payment of a larger sam than that allowed for a similar purpose to the Bishop of the Church of England in the Province.

4°”. With respect however to the admission of Foreign Ecclesiastics into the Province, I regret that I cannot consider it

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advisable to accede to your wishes. I trust however that you will believe that my refusal in no degree arises from any doubt as to the merits of the individuals who would be selected by you for such an office, but from a general objection to the unnecessary introduction of Foreigners into ecclesiastical offices in HisMajesty’s foreign possessions, and also from a sincere desire, to give due encouragement to those who having been educated in the Province must naturally look to be preferred in the Province to the offices of the Roman Catholic Church.

I have the honor to be, Sir, Your most obedient Humble Servant, BATHURST.

La lettre suivante de «.r John Sherbrooke nous fait connaître la date du départ de N° Plessis, et montre en quelle estime on tenait le prélat dans cette respectable famille :

Calverton near Southwell Nott.

17th June, 1820.

Monseigneur,

On my return hither last night from Cheltenham, I was favoured with yours of the 3", and as you mention your intention of being at Liverpool on the 10" inst. for the purpose of embarking for America, I shall address this letter to you at that place, and advantage myself of the opportunity it affords me of wishing you an expeditious and prosperous voyage to your native country.

It afforded me great pleasure to learn from yourself that the reception you had met with both from the King and from his Ministers has been satisfactory. Indeed I should havre been much surprised had it uot been 80, knowing as I do how well the latter ure acquainted with your loyalty and with the meritorious conduct you have evinced on all occasions. In reply to what you say of the sentiments of the present administration towards the Catholic

pricst-hood in Canada, I have onlÿ to remark that owing to our national prejudices, a Minister in this Country has very difficult Card to play with regard to Ecclesiastices Of that persuasion, and I must be allowed to differ from you in toto as to the opinions you seem to think are entertained here of the Canadians, as I have reason to believe that they are considered as loyal, well affected, 9004 subjects, both by the Sovereign and by his ministers.

I regret that this Government should throw any obstacles in the way of your advancement to the dignity intended to be conferred upon you by the papal Sec, and I am Willing to hope that in time the difficulty must be Overcome.

Remember Lady Sherbrooke and myself to all our friends in Canada who May do usthe fivor to enquire after us, and believe

Monseigneur, Your very faithful and obt, servant, J. C. SuerBRooke.

Lady Sherbrooke offers you her best respects. We regret extremelÿ that we did not see morc of you and that we had it not in our power to show Jou more attention during your short stay in this Country,

Je cite maintenant l’abbé Ferland :

“ Un succès aussi ample qu’il le pouvait, vu les circonstances, avait couronné les négociations de l'évêque ; il avait hâte de rentrer dans son diocèse avec ses bonnes nouvelles. Aussitôt que possible, il s'embarqua pour l'Amérique avec ses compagnons de voyage, messieurs Lartigue et Turgeon. Arrivéa N ew-York, le 21 juillet 1820, il dut visiter quelques villes des Etats-Unis ; sur la demande que lui en avait faite le préfet de la Propagande, il se rendit de New-York à Philadelphie et à Baltimore, pour

plusieurs diocèses par autorité des évêques.

lessis servirent surtout à appuyer auprès de

des difficultés suscitées dans

sg’enquérir ues qui rejetaient É

des prêtres schismatiq

Les rapports de M" P la Cour de Rome les justes réclamations de M" Maréchal, arche-

vêque de Baltimore, qui se plaignait que dans la nomination de nouveaux évêques pour les Etats-Unis, on ne consultait pas assez les anciens, déjà au fuit de l'esprit et des institutions du pays.”

Voici comment, de retour à Québec, M" Plessis rendit compte

de l’importante mission qu’on lui avait confiée : Québec, Ü septembre 1820.

A Son Eminence

Monseigneur le cardinal FoNTANA, Préfet de la Congrégation de la Propagande,

Rome.

Monseigneur,

J'ai la satisfaction d'informer Votre Eminence que conformément à ses désirs, avant de rentrer dans mon diocèse, j'ai parcouru ceux de New-York, de Philadelphie et de Baltimore. J’ai eu l'honneur de voir M" l’archevêque et de converser avec lui. Votre Eminence apprendra avec consolation que la lettre pastorale qu’il a publiée contre Je dominicain irlandais Carbry, a eu son effet, en ce sens que Ce gchismatique est presque totalement abandonné et méprisé comme il le mérite.

M" l'archevêque persiste dans le désir d’être déchargé des deux Carolines et de Îa Géorgie, trop éloignées de sa résidence, et se flatte toujours que le Saint-Siège daignera confier le soin de cette nouvelle église à M. Benedict Fenwick, prêtre de la Compagnie de J éeus. Cet ecclésiastique étant né dans Îles Etats-Unis mêmes, on espère que 8 promotion deviendra un sujet d’encou-

ragement pour 868 compatriotes.

M. Debarthe continue d’administrer sagement le diocèse de Philadelphie, en attendant que son nouvel évêque vienne en prendre possession.

À New-York, M: Connolly, homme recommandable par son savoir et par beaucoup de vertus dignes de l’épiscopat, après avoir été longtemps aveuglé par le père Carbry, l’est encore davantage par un autre dominicain irlandais nommé Charles Ffrench, employé dans les missions de mon diocèce depuis 1818 jusqu’en 1817, époque à laquelle je l’ai privé de ses pouvoirs. .., L'évêque qui l'avait admis de bonne foi et lui avait donné sa confiance, continue de le préférer au reste de son clergé, nonobstant les informations que lui offre 1

diocésains, et se rassure sur ce qu’il a le suffra e du plus grand ; F4 8

en qualité de commissaire apostolique, il devient nécessaire qu’elle donne que,

à l'évêque de New-York un ordre positif de renvoyer le père Ffrench et le père Malou, jésuite. Celui-ci, se trouvant à la tête du parti opposé au D' Connolly, souffle le feu et entretient le schisme par des propos fort indiscrets et indécents contre un évêque qui ne pèche que pour wêtre laissé fasciner les yeux, et qui s’entête mal à Propos à ne pas les ouvrir à la conviction.

Je crois aussi de mon devoir de réitérer à Votre Eminence que les catholiques des Etats-Unis ont, en général, beaucoup de respect et d'affection pour leurs évêques français, et que s’il y a des plaintes contre ceux de cette nation, elles sont suscitées par des

en eREe AR TRSNE NAN PALEASRLE SEEN EO FETE

moines irlandais, vagabonds ambitieux, qui, pour le malheur de

ces diocèses, voudraient y occuper les premières places.

T1 faut beaucoup se défier des représentations qui sont quelquefois envoyées à Rome, chargées d’un certain nombre de signatures, et peut-être mieux accueillies qu’elles ne méritent. Ces sortes de pièces, le plus souvent rédigées dans des cabarets, par un petit nombre d'individus, ne sont d'aucun poids, quoiqu’elles portent le sceau cet la signature d'un juge de paix. Il est bon de savoir que, dans les Etats-Unis, les juges de naix abondent et qu’il y en

a de toute classe et de tout caractère.

J'ai appris à Baltimore que cet apostat de l’ordre de la Trappe (O’Flynn), qui en trompant le cardinal Litta, avait obtenu à

Rome, vers 1814 ou 1815, un commission de préfet apostolique

pour la Nouvelle-Hollande ou Botany-Bay, est maintenant intrus

au Port-au-Prince, partie de Saint-Domingue gouvernée par le général Boyer. J'ai cru nécessaire que la $. Congrégation en fût informée. On assure aussi que l’autre partie française de la même île, commandée par Je roi Heuri, est bien souffrante sous le rapport de la religion, que Îles bibles hérétiques s’y répaudent à grands flots, et que les catholiques très nombreux y sont en danger de perdre la foi, si le Saint-Siège ne se hâte d’y envoyer un vicaire apostolique, après avoir pris des informations plus précises de la part des évêques voisins.

Voilà pour les églises étrangères.

il s'agira de la mienne.

Dans ma prochaine dépèche,

J'ai Fhonneur d’être, etc., t J. O., Ev. de Québec.

ets

t contre les sages habitudes de la cour

romaine, la Propagande, poussée par des intrigants qui avaient l'avantage de pouvoir être entendus tous les jours, ne crut pas devoir attendre le rapport de M" Plessis, et prit des décisions qui causèrent un extrème chagrin à l'excellent évêque de Laltimore. La même congrégation avait agi de la même manière avec

Malheureusement €

l’évêque de Québec, en nommant, sans le consulter, au vicariat apostolique d'Halifax, l’abbé Burke, qui souffrait depuis des années de la mitrite, et qui n’était recommandé que par MF Troy, l’évêque de Dublin. Cet abbé Burke, qui brilla beaucoup plus par son ambition que par son jugement et ses œuvres apostoliques, aurait dû, par la seule raison qu’il demandait l’épiscopat, en être privé à jamais, et c’était précisément celui-là qui en avait été Pourvu. Tout de même, la lettre de M" Plessis dut faire impression sur les cardinaux qui le connaissaient si bien, et ils durent prendre de bonnes résolutions pour l’avenir. Les deux lettres suivantes de M: Maréchal donneront une juste idée de l’état déplorable où se trouvait À cette époque l'Eglise des Etats- Unis. D’après cette Correspondance et les événements racontés par les historiens, il y avait évidemment une lutte des Irlandais contre les Français, ct la bataille n'est pas encore terminée.

Seulement pour ce qui regarde Pépiscopat, il faut avouer que les Irlandais ont remporté la victoire ;

Baltimore, 6 janvier 1821.

Mon cher Scigneur et confrère,

La lettre que votre bonté pour moi et votre zèle pour la religion vous ont porté À écrire à Rome, est arrivée malheureusoment trop tard. Je n’ai que des nouvelles désastreuses À vous donner.

La Propagande à rejeté les missionnaires éprouvés que moi et mes suffragants lui avaient recommandés. Elle leur a préféré des prêtres irlandais.

Elle à nommé D' Conwell évêque de Philadelphie, Dr England évêque de Charleston et enfin D' Kelly évêque de Richmond, et par conséquent retranche la Virginie du diocèse de Baltimore.

D' Conwell était curé dans le diocèse d'Armagh. Avant de se rendre à Philadelphie, il est venu passer quelques jours avec moi. C’est assurément un prélat respectable par sa piété, Il est âgé d’environ 68 ans, mais très actif. Il pressentait d'avance les

difiicultés qui l’attendaient. Le premier dimanche qu’il a paru

dans sa cathédrale, un prêtre irlandais, nommé W" Hogan est monté en chaire et a publiquement déclaré contre le nouvel évêque et son autorité. D' Conwell, en conséquence, l’a suspendu ; mais aussitôt la multitude, en grande partie composée d’Irlandais, s’est aussitôt divisée en deux partis, et voilà Philadelphie dans un état pire que celui de New-York.

D' England était curé près de Cork. Il m’a écrit deux lettres dans lesquelles il m’annonce sa nomination et sa consécration. Il n’est pas encore arrivé à Charleston. Lrowne qui a obtenu, comme je crois vous l'avoir dit, l’absolution à Rome de toutes les censures qu’il avait encourues par 8€8 sacrilèges et son schisme, Va précédé, muni de pouvoirs de ce nouvel évêque.

D' Kelly est dans ce moment à New-York. Je ne sais quand il se mettra en mouvement pour prendre possession de son siège. Carbry et son parti sont résolus de ne le point reconnaître.

Les bruits les plus affreux se répandent au sujet de toutes ces mesures de la Propagande. Browne est accusé d’avoir été, avec d’autres moines irlandais résidant à Rome, l'instrument actif de ces incroyables décrets du Saint-Siège. Et comment pourrons-nous maintenant en soutenir l'autorité, après que la Propagande a anéanti notre juridiction, foulé aux pieds les lois de la discipline ecclésiastique et même de la simple justice naturelle, et prostitué ea dignité jusqu’au point de devenir le défenseur de prêtres fameux par leurs crimes, et l’exécutrice de leurs systèmes d’impiété ! Le clergé et le peuple américain sont glacés d’effroi. Le temps éclaircira bien des choses.

Je pense sérieusement x aller à Rome. Plusieurs maux sont, je le sais, irréparables. Mais il en est encore beaucoup auxquels on pourrait remédier. .....

Je suis avec beaucoup de respect, Mon cher Seigneur . Confrère, Votre très humble serviteur,

+ Aus. À. B.

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