‹ Journal d'un voyage en ItaliéChapitre 3 sur 13 · XI . DIES . XX . QVE . DECESSIT . 7 . KAL . MAIAS · texte numérisé non relu

XI . DIES . XX . QVE . DECESSIT . 7 . KAL . MAIAS

A gauche est une couronne, à droite une palme, signes et symboles du martyre. Les mots de l'inscription sont assez embrouillés, parce que les lettres sont à l'ancienne mode latine, écrites sans intervalles. Dans l'original même il n'y a pas les points que j'ai mis entre chaque mot : (( A Martine, ma fille très douce, qui vécut cinq ans, onze mois, et vingt jours ; qui mourut le 7 des calendes de mai. »

Sur une autre pierre tombale, j'ai remarqué et copié un emblème très précieux ; c'est l'image de la Sainte-Eucharistie, figurée par trois coupes remplies de pains ovales, divisés par petites portions pour être distribués aux fidèles. Autrefois on communiait sous les deux espèces.

L'emblème suivant est ce qu'on appelle un Orans (priant). Le défunt est représenté, les bras ouverts, en prière ; à droite et à gauche, la colombe, et, au-dessous de la colombe, le X. P. l'anagramme du Christ.

Une autre pierre voisine est plus riche et plus soignée que les autres. Le marbre en est plus beau, et l'emblème est sculpté en relief, au lieu d'être simplement gravé au burin et ensuite peint en rouge. Comme les pierres tombales ordinaires, son emblème représente l'anagramme du Christ et Ta et l'a grec, en souvenir de ce passage de l'Apocalypse : £go sum Alpha et Oméga^ principium et finis ;io suis l'alpha et l'oméga (la première et la dernière lettre de l'alphabet grec), le commencement et la fin.

Voici une inscription, plus touchante par sa simplicité que bien des phrases : « à Stercoria » ; avec l'anagramme du Christ.

A côté, s'en trouve une qui, malgré sa langueur, est pleine de naïveté et de grâce :

FILIO . INNOCENTISSIMO . EPICTETO . QVI . SEMPER . GVM

PARENTES . SVOS . INNOCENTISSIME . VIXIT.

HIC.VIXIT.ANNOS.NVMERO.VIGINTf.ET.MENSES.II

« A notre fils très innocent et bien méritant, Epictète, qui vécut avec ses parents toujours très purement. Il vécut vingt ans et deux mois. )> C'est du mauvais latin, de la basse latinité, du latin de cuisine, comme Ton dit; mais la douceur et les regrets exprimés par ces mots m'ont impressionné.

Une autre inscription que j'ai aussi remarquée, à cause du nom de la défunte, est celle-ci : « Sabine ; qu'elle repose en paix! )>

Voici maintenant une martyre, gravée en pied, tenant d'une main la palme, de l'autre la couronne. Sur l'espèce d'autel où elle pose sa couronne, est écrit son nom : Poscentinadulcis, la douce Poscentina.

Il arrivait aussi souvent que l'on gravait sur la pierre tombale l'instrument usité dans la profession du défunt. Ainsi, pour les fossoyeurs, pour tous ceux chargés du soin des morts, on gravait une pioche; pour les boulangers, nous avons vu au tombeau de la Porta Maggiore les divers insignes de son métier.

Voici, par exemple, la pierre d'une grainetière : un boisseau rempli de grains avec celte inscription très touchante : « Victoria, tu reposes en paix et en Jésus-Christ. »

En voici une d'une veuve, martyre :

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