CRAINTE DES RAMEURS
dësir de rester à Egga* N'ayant personne pour les y protéger, il était possible qu'après notre départ on les fît esclaves : et cette considération avait sans doute aidé à les décider. Us n'en ont pas moins pris leurs pagaïes de l'air le plus malheureux et le plus consterné, disant que nous allions les mener dans un pays où ils seraient tous massacrés. Après avoir vainement essayé de raisonner leurs terreurs , nous avons eu recours à la mena€e^ et leur avons déclaré que nous les jjçtteriçnsàl'eau^s^ilsne s^^tei^iaîent irânqailles, eb ne Gondaisaîent 1« canOtile leur mieux. Cette àienace . et beaucoup ^autitres/les Gi^t ejqûn calmés^ % notre; grAP4^ sdtii^t§,^f^iop , cai^ ikùvLs àuriond eu beaucoup de pein^ à les remplacer, s ilis se lussent obstinés à rester.
A sept heures , tout étant prêt , nous avons dit adieu au vieux chef, dont la belle humeur noitô a tant divertis, mais dont leç femmeé ont failli nous étôu^^j et a, quittant le pe);it:p0ét cfEgga , nous avons salué la ville de trois fcoups déonoiisquefi* Plusieurs des principaux hafiitans sont accourus lau bord de l'éatu , ippjur i^ous ^ donne^ leur bénédiction^ et nous> souhaitei' un bon voyage* Ni>£ î hommes ramèreM i d'abord ^aiv^c
mxdiesse, et le canot maviifaait si lentement,
qti'à neuf heures nous avions à peine atteint le
OISEAUX DE- MBR. 53
milieu de la riTÎère. Un peu au-dessous d'Egga , iiouSTÎmes deux petites îles, fort belles, couvertes de culture , et assez peuplées : nous ne nous y arrêtâmes pas^ et continuâmes de des* cendre le fleûye. Quelques milles plus loin, une mouette 'passa au-rdessus de nos têtes; on n'imagine pas quelle émotion de plaisir nous causa la yue de cet oiseau. C'était une annonce du voisinage deia mer, une confirmation de nos espérances, une presque certitude que nous touchions au terme du voyage et de tant de fatigues. Nous vîmes aussi , pour la première fois 9 cinq à six grands pélicans blancs, qui vd- .. guaient gracieu3ement sur l'eau.
C'était par une belle matinée ; nos cœurs se dilataient à mesure que nous glissions rapidcr ment et doucement sur le courant profond. On oious avait prévenu^ à Egga que nous rencontrerions bientôt des canots, d'une constructipiii ^oute autre que eaux que nous avions vus; que nous aurions à communiquer avec des tribus §t des nations variées, différant complètement des peuples avec lesquels nous avions eu des relar tions jusqu'alors. Les Nyfféens nous avaient en^gagés à nous tenir sur nos gardes contre ces peuplades , qu'ils représentaient comme sauvages, sanguinaires et féroces; ils nous avaient III. • 4
54 A8PBCT DBS RITES.
att$i^ conseillé de nous défaire de notre étrange canot qni pouTait attirer la curiosité , exciter le soupçon, et par suite compromettre notre sûreté. Tout en faisant la part de l'exagération , nous cro^^pns qu'il peut y ayoir du vrai dans ces rapports , et sommes très-<lécidés à agir avec prudence.
Toute la matinée, les bords de lajriyière se sont montrés en général bas et -marécageux; de hautes terres apparais^aien|: au-delà, mai^ k quelque distance de l'eau , et de, vastes marais s'étendaient dans l'ii^tervalle. Le courant nous emporta au milieu de l'un d'eux avec une grande force, parce que ntous avions passé trop près, et il nous fallut beaucoup de temps , d'^fibrts et de fatigues, pournous en tirer. Les collines <, vues le 19 , paraissent suivre la même direction que la rivière qui pourt ici vers le Çud^t. La rive occidentale ek basse ^ une double chaîne de. collii^ borde la cèle é|nentale. Ces hauteurs semblent fertiles, et sèiit couvertes» de verdure presque jusqi^'au sommet. Pendant la natviga-^ tion de l'après-midi , les boi*ds devinrent plup fertiles, plus agréables et plus élevé^. Elans là -première partie du jour, «ous avions découvert plusieurs villages , petits et misérables, presque ensevelis sous l'eau , ainsi que d'immenses plan?
AiSPB&t DBS RlVËS< S5
talions àémrù^néUAi^néé^d:^ %^ie}^ :
les téeés dès plcinteft ëbii^ût ^tfles vi^hlèi^, «t 0» n'apercewil aticuli autre genre Aet?i<UiHi^; Gepetidant^ à Ill^stl]^ que â<>u# ayan^ien^^, le soi devenait plus iriefae, jirkis iJE^le €(^ le'^dy^ ]plus varié* A dtifeè heures", Irous déj^^âfisâtiieS^ ttfté ti'ès-gi'at^dQ ville mariëhatidè, ^éuée à not^é gancfce,f dtit J)rë9^u bord de fëau, au t)ied d*'uné fcaule inonfâghe , <|ui la ddminàil: , et«env- Warit préte^ à réerasfcr 4^ Stt dittte* tN<ms eti demandâmes le no^n'b»osgeiis : ils i'igtioïÈiteli%j et ti0ti^ temps était t^p pt^cieUf po^i^ mmê atrê^^at^ biënqUe pk^eurs bateau^:, <|ul en v^* Àaieiit , pa^sàs^iït près dë-AéWs, l^ous-reinaï^ ^âmès un iiohibreiiiàmetise deeânofs ,^ ^tdti<^tt-f nés devatit la Vitle , et ^ôti^imit^ sur lé iiiéÂie m^^èlé ^ue' ceiix dè^ rivières fionriy et Galàbàri CPèi^t tiâ js^y^ptéme ^r de éohimùhièàtloA àVëë lé^pfeaples qui bat^tetit éiï^- ces^ints èt^ûne riduveHe asSstitaiicfè du Voisinage de la ttiér: Qîibiil&lé^é ces émbâréa tiens allaient et venaient Slip lé fteuvê; <^elqués^iÉites passè^-ènt ti^ès^p^èi de aèfas. Leà éi^ipages iSOûS -t^égaïtièrènt avec étën]!ieideh£ , ihàis iie létnoî^èi^iit ^uëHh désir dfe nôris pârfer. G'éèt un ennui pour nous^ qui pôtàrra deV««iirpltistaiHlungmVeînGonVément^ que de ne^ pduvoir cbnvèrâef ave« ëeé peuples.
56 DÉFIANCE 0E9 NATPRJSliS filYERAINS.
jRM^AbtpInÂ^urs mille&^de grands villages ouv^erliS et bien bâtia^ séparés par des terrains couyjdrts d^ vei:dttre, o^ préparés pour être enseiQekicés ^ se succédèrent presque sans re-* lâche sur les detix rives ^ et principal,eoient sur ht rive orientale* L4 nature semblait ici àvoilr épanché ses faveurs avec plus de prodigalité. Cependant., nous n'iibordâpie^ à aucun de ces endroits ^ si beaux à voir ; et, poursuivant notre course jusqu'à ce que le soleil commençât à b)ai$$er, et que nos hommes se sentissei^t las^ W>^S nous arrêtâmes pour la nuit dans un petit b^fiieaU , dont les habitans , inquiets de nos intentions , s^alarmèrent à nqtre approche. A pçiniE; nous eurent-ils vus quUls poussèrent leur cri de guerre , et hommes et femmes , s'arûiant de sabres , de lances ^ d'arcs et de flèches , prirent une attitude menaçante* Nous leur criâmes des- paroles de paix en langue du Haoussa , mais ils ne comprenaient ni paroles, ni gestes. Heureusement qu'une ^mme qui savait un peu le langage de l'intérieur de l'Afrique, se dévoua, et vint, nous trouver sur le bord de l'eau. Nous lui apprîmes que nous étions des voyageurs chrétiens, amis» de ses compatriotes, qui retournaient dafts leur . pays par le fleuve , fijt n'avaient nulle envie de leur faire ^ 1^^ guçr^e* EUe allsi
kACUNDÂ. 57
rendre compte de San message , et , réussit, en partie seutemeAt, à dissiper leurs terreurs et leui^ soypçous. Sans la méditation de cette cBgue femme , nous eussions^ certainement essuyé une grêle de flètfaes, car on nous ayait pris d'abord pour des Fellana, et elle eut beaucoup de peine à persuader le contraire^ Néanmoins, contre notre attente, ces gens ne.purent, ou ne you-* lurent pas nous donner iie logement pour la nuit ; nous eûmes beau solliciter cette faveur avec importun! té , et leur assurer que la hutte la plus misérablo nous arrangerait encore , ils furent sourds à toutes nos prières. Craignant seulement que nous n'en vinssions à exiger de force ce que nous ne pouvions arracher à leur bonne volonté , ils nous engagèrent fort à descendre le fleuve , nous assurant qu'un peu plus loin nous trouverions une ville, grande et fort importante , nommée Kacunda ( oe nom nous rappela que les habitans d'Egga im>us avaient recommandé de nous y arrêter^). Hsnous dirent aussi que nous y aurions abondance de provi^ sîons, qu'on nous y recelait à merveille^ et que nous y rencontrerions des naturelis de Funda qui entendent et parlent le langage du Haoussa.
Cédant ]x toutes ces considérations, nous
58 KAOUN0A.
q!iittâme$ le village; mais presque aussitôt les naturels nous rappelèrent, nous criant de revenir Bt êe passer la nuit avec eux. Nos l^otnmes, d'autant plus ravis de cette offre qu'ils étaient horriblement fatigués , firent des efforts inouûts pour remonter le courant ; mais il était si impé« t^ux,. qu'au lieu de no«s raf^procher du village , m^m dériv^iDS sensiblement. Quand il fut |)rouvé que le retour était chose impraticabk, npw n'elMnes d*autre rcj^source que ^e suivre }e pijenciiar avis qu'on n<}u» avait donnée et de liôus laisser aller au gré duifleuve.
K;aouvida. est Située wr la rive occidentale i, et vïie: d'un; peu loin , elle a un aspect ângulière^ inetit beau. De mêm^ qu'à Egga,on n'y parvient q«è par d^s/oanaux sinueux , qui entrecoupent pn marécage ,vas»ux et malsain , de près de deux f!|^e5ide large. JN^ûUs y arrivâmes le soir. Lesnaluneis f uireisit d'abord un peu alarmés de notre ^ppaiHiition^ mais un vieux pi-être mahoBiélan Daus^a^uaiUit sw la. rive, et nous conduisai^t cbess; lui, inoud ijastalla dai^ une.hutie comuK^de et propire; jardiji la de;meure d'un prince^ aiifottff* flPhuî'oeUe d'un maître d'école. Ce vieillaixlia quit* lîé> Guifcuanfcurrafi pouir venir s'établir à KâcujQ* da , ejt ayant appris que deux chrétiens visitaient le£orgQtt , M a :pensé de suite .que ce ctevsait être
KACUNQA. $9
nous. La chambre dans laquelle il nous a inti^oduits est la plus spacieuse que nous ayons encore vue^ et lui sert de classe : il y enseigne les prières mahoniétanes aux enfans des naturels. Ce digne bontnie paraît prendre grand intérêt à nous ; voyant les gêné inquiets et alarmécl dis nOtré ve*nue, il s'est efforcé de les calmer yen leur disaïit que nous étions tout à^ fait inolFensifs, et nous 9i p^is aussitôt sous sa ^pteclion* Il nous 9 prévenus qu'oîEi nèus pï^éparait une hutte à une' petite distance delà "^Ule ; mais le ténîpcf étailt chaud et fatigant , nouspréférons rester où nous sooïmesf. Nous aurions peine, d'ailleurs, à trouver un lor gement aussi vaste et aussi aéré. Nous aVons donc demandé à notre bote la permission de deuienirer ehtô lui , et il y a consenti avec empressement.
Le chef de Kacu^da habite à 'Quatre millies d& nous vprès du lieu où se tient le marché* Le vicK^ Mallam n'a pas voulu que nous allas&aotosl le VowV mais a prâmi^ d'envoyer im messager py frèrâdu chef, pour qu'il TÎttt noqfs visiter demain. lïfousi avons souscrit de boa <ioeûr à cçt armige#«iit.t Environ dix gaKonsde biei^e du pa jrs ^ diKgi^û^ pilé , et des volailles bou^lies ^nous ont et» teti'^ voyés pour souper; et après: §voir mangéiâe£brt bon appétit, nous noub sbnynes coiicJaiés en v€it merctalit Dieu.
6o COURS DU FLEUVE.
La rivière décrit plusieurs sinuosités , depuis Egga jusqu'ici, se dirigeant tantôt au Sud , tantôt au Sud-Est. Elle est semée d^îles, toutes cultivées et habitées. Le courant , très^ràpide , doit être de quatre h cinq milles à Theure, à en juger par la difficulté que nous eûmes à ramer contre lui 9 sans pouvoir faire le moindre progrès , lorsque nous essayâmes de retourner vers l'Ile oti nous avions alMM*dé , avant Kacunda. Près de cette île, qui est plus rapprochée de la qve Nord que de la rive Sud, les terres sont bien cultivées, mais basses , et cette disposition des bords du fleuve continue jusqu'à Kacunda. La rive Sud est un peu plus élevée. On nous dit que la ville que nous avons vue , à notre gauche , ce matin , un peu au-dessous d'Egga, ne reconnaît la domination d'aucun chef, mais que, dans toutes les autres villes, il y a utt roi ou gouverneur. Le territoire du Nyffé finit à Egga .
' ' Samedi . 23 octobre^ — Kacunda né se compose, à bien dire, que de trois ou quatre villages, tdus fort grands, mais isolés , quoique à très-peu de distance les uns des autres^ C'est la capitale dWi état ou royaume du même nom , tout à fait indépendant du Nyfie , ou de toute autre puissance étrangère. Lç chef ou roi gouverne en despote, mais avec modération. Dans les cas
PRODUCTIONS. 6t
graves, il ne s'en remet point à son propre jugement, mais en appelle aux anciens du peuple. Kacunda entretient fort peu de relations avec le NyfTé f ou toute autre nation considérable. Ellie trafique, presque exclusivement , avec les divers peuples qui habitent les bords du Niger,au Sud; et les esclaves achetés ici, sont , dit-on , dirigés vers la mer.
Les naturels sont grands , bien £iits et robus^ tes ; ils portent peu d'ornemens. Celui qu'ils affectionnent le plus est un collier de cornalines rouges (qu'on trouve en abondance dansle.Nyfle), taillées un peu en forme de cœur, plates, minces, et du plus beau poli. Pour tout vêtement , ils se ceignent les reins d'un morceau d'étoffe de coton, £ibriqué par eux ^ et teint de diverses couleurs , selon le goût du propriétaire. Les femmes portent de petits pendans d'oreilles en* argent, mais ne se teignent ni ne se barbouillent le corps.
Les productions du pays n'ont rien de. particulier ; et pour la Imbrication des étoffes , les ha-
bitans de Kacunda sont fort inférieurs k leurs
voisins. La langue du NyfTé n'est pas comprise ici , malgré la proximité des deux royaumes ; mais, de même que dans tous les autres lieux que nous avons parcourus, on y trouve beaucoup o^
6a VISITE 0U PRÈftE 9U ROI.
personnes parlant couramment la langue du Haoussa.
Le chef s'est excusé de nous yisiter ce matin ^ mais il a envoyé son frère nous assurer du plaisir que lui faisait notre venue.
A onze heures du matin , lin grand canèt à deux bancs , avec quatorze rameurs , est arrivé h Kacunda ; le frère du roi était à bord. En met^ taat pied à terre , il n été salué d'une décharge de cinq Vieux mousquets rouilles. Un messager est ve^unous annoncer qu'il était disposé à uoiis voir , et je l'ai envoyé prier de vouloir bien venir. Il avait une hambreuse suite , et nous a présenté de lai part du chef des noix dé goura , une chèvre, des ign^rmés , et une grande quantité de bière du pays. Tous , quoique païens , portaient lé costume mahomé tan , et avaient une tcnufepro* pire et spignée.Lés plus riches habitàns de la ville n0i|s.o]()L€ légalement envoyé d'énomçs calebasses contenant plusieurs gallons de bière. Netus avions .fait au frère du chef l'accueil le plus cordial i^tapnès^ avoir échaukgé avec lin une poignée de main ^ aous sommet; entrés de suite en expli*cation. Je lui ai dif , en vayaat la chèvre qu'il nous avait apportée , qu'à noire grand regret , nous n'avionsTien à offrir à son frère^ en échange d'un prient de cette valeur , qu'»n long séjour
diii^^ k |>ays avait épuisé toutes nos ressources* Gependaqi, je tifai de xios csiisses une paiiie de br£K^le€s d'à logent, q^e je Jui reBois pour le -chef de Ka^uûda , en le priant d'ei^pliquer à ce ^ermw pourquoi fious n'ayioptis pU &ire iuieuaKr« Il les prit, mais aafispamîtrfe y attacher dHmportance^ni mémes'eïirsoutier. En regardant au(9!iiur delà chambre <y il aperçut plusieurs petites €yb(Or ses qui lui plurent ; et lious les lui donnètnes avec d'autant plus d'eoipEressement qu'^eUes n'a^vaient p^ur. nous. aucune valeur. Notre coudes?* cendance le ravit«
Au bout de peu de lèaaps ^ nous (étions au mièuxeti^s^Bnble^etil'Oommença à nous faire die ternbles récits des ilaturèls qui habitent sufr 1^ bôvds du jleu^e ^ au: delà de Kacunda. Il nous ehga^ait à ne pas noiirs rist^uier parini eux, ^ et à noué «n aller par le chemrn qui nous avait amenés <i $i vous d^cendezid rivière n , nous ditrril âvec beaucoup d'emphase , ta vous ne pouvez uiant^er de tomber «atre leurs raains et d^être Msa^ififés. )V «^ K Mais ,lMÎ2>cpandis-je, que boni ayonè à vivre ou à mouirir^il rtousiaut poursui*^ vrenJ'tre voyage, et cela dès demain. >;> J^ajoutai aJérs que' s'il vouilait envoyer un messagca^- orrxtè hms^ coninfe pfeuve d'in^!êt du haut et piûs* saut ofce^ de. Kàcunda,. ce ferait une garantie de
64 GOKSEILS*
sûreté. » Â quoi il répliqua de suite , que non ^ qu'il s'en garderait bien , car les habitans de la ville voisine couperaient certainement la tête à • son envoyé. « Mais , continua-t-il , si je ne puis vous persuader de retourner sur vos pas, et d'éviter ainsi le péril, du moins ne partez pas de jour; attendez que le soleil soit couché ^ vous pourrez alors continuer votre voyage, et passer vers le milieu de la lïuit devant la ville la plus dangereuse ; et peut-être échapperezvous. » Nous lui demandâmes si ces gens si redoutables avaient des fusils et de grands canots 7 « Oui , en grand nombre ; c'est un peuple considérable et puissant ; aucun canot ne peut des^ cendre la rivière pendant le jour , qu'ils ne le capturent et ne le pillent : même , à la nuit, les canots d'ici sont obligés d'aller par flottes,. et de se tenir tout près les uns des autres, afin de leur imposer, et de préaSenter un aspect formidable. » N'ayant aucune raison de mettre en doute: la vérité .de ces renseignemens , et sachant bien au fond le peu de résistance que nous pourrions opposer à une attaque , nous avons décidé de voyager de nuit , et de partir demain à Quatre heures et demie de l'après-midi. J'annonçai notre intention au frère du chef, qui en parut très-étonné. Notre détermination , et surtout
notre apparente insonciancia du 4$tng^, frappent l'esprit de ce peuple^et le <;onfir ment dans lapen*sée que nouâ^sommes de$ êtres 5urnaturel$^9uésf de facultés extraordinaires .Notre visiteur a pria congé, après une longue séance, emportant ^ou-* tes les bagatelles qu'il avait démvé^^ et le présent destiné au cHef ^son frère. Celui-ol s'e^ i^ontré pleintâiènt satisfait de notre hommage, et a reçu notreenvoi de la façon la plus gracieuse. I) nou^ a suppliés de lui écrire quelque charme; lunpour assurer une continuation de paix et de prospérité à sonroyauipe; un autre, pour empeeher les querelles, les injures et les troubles 4^]^)^ 1^ niarché , pour prévenir l'effusion du sang, hur main , qui a souvent lieu , k W suite de ces dis^ putes; enfin, pour amener ^u lieu de vente une foule d'aehf^.tj^iu^ ^% de n^archands , les taxes qu'il perçoit a<ig||iei|U|ii(T à proportion* IldésiiT^ aujssi obtenir de nous Un ta,Usman particulier , qui, ait la vertu de préser.ver tous les ge^s qui $e baignent 4^9 giiffes des crocodiles qui infestent le mardis, et qui ont, à ce qu'<^ dit^ enlevé eC*4é-^ ypré dernièrement - jdusieurs ei^fans. Il ym^ aussi , qu'î^u moyen d^iin qharme , un ruisse^if
voisin V q^i- J^.^ toujours à sec pendant l'été ., ce remplisse d'eau, et coule toute l'année. . i . L^ naturels sont fermement persuadés que
66 LE f ÊeUBCtR.
fH>^ l^thm^ néd^mttâ^dins, 9ti dtt moins fert eti '^latt â'^icéempU^ Hdûbtë è^oe de fnfracte ^ et ils i^i^ent qtie 406^ ehat*tÂe$ â&nt Bien pe^i def ëhé^é^ emhpafFés4 4e qtie n&as péuttùms fiiire^ s^4l ^iiitis piaîsait-dé^loyer notre puissatice. Vouj Soiï^ ([^'ôitilbfat^rè €t!%te ignorant^ crédutitë serait àli^^ iiiiïtiië ^e âati^tent^^ nom éfitoûs de bêuÉter lettre |>Féjùgés Où UàPs supper^t^dnsyéi; âouë eoiifot'Moieis à l^urs désirs a^^àt ^^l èM
ëti ttoU^.* " • *• • ' -''•■ ■' ' •
plusieurs des bahitatis nous apportent de petii^i préàenjs de noii de geiiirtt^ de^pdîvi^e deCàyénne et dft' CJiîii, mi in6rcteâude'poissoi]t,'6Ù<|Uèlijafe
atitre serfabkble feafgktélle,* s^à ttendafâçà i^ëef bii*
fe^rilû|yte dé là Valeat*, S(ms4a'ferhiê^de^ ehaï** m^. Nous avons éïé peï*^ëttréd titjuf ie'jbtK* pâif un jeune* homnie qui nbifôrdeâiaild:àit«intaflL^^^n pour attraper ùitiè gràrickl •qttàn|:îté de poisso^i.- Lé pauWé diabl^é^hMri siiiVârît pa^èbtit ijOteme ûtt eïilfitâ* ^î iriéildië «fi fortietf il héffs ^iffi^aitetf Mièî^ë mtéé 'iî^tî itpotl^aitTcBa^é^ ^;dé' te bieirtfe S^'^p\j ^V :feêi>^ dé gotit^^V^^* V^ ^ï nOûS ëÀt ddnné totl^ce qu'il p^^édtfil'V^^t^^ fëi'ëtàît gWinde';:iéttâM'ii> était tibiïfafîiïcu qà^ii iiè^d^ênldaiï que dé hcftis de Fentichir par d'abondantes ^êcbès : H ïi^y ^« iri6y:eh dd s'en débari^a^et qu'en lui accbi^dàiit si requête ; nous lui