‹ Journal d'une expédition entreprise dans le but d'explorer le cours et lChapitre 21 sur 99 · RÉCIT DU CHEF · texte numérisé non relu

RÉCIT DU CHEF

inaqde , c'est Totre pardon » — « Vous Taures de grand coeur>» ayons-nous répondu en serrant la main du vieux chef. Et , ayant pris soin de l'assurer que. nous ne venions pas de si bon lieu qu'il l'avait cru d'abord , nous nous félicitâmes avec lui de Ji'heureuse issue de cette affaire. Nqus avions plus de raison que personne de nous en réjouir, et nous offrîmes intérieurement nos actions de grâces au Tout-Puissant de sa mira-^ culeuse protection. Car, pour nous swvir des paroles du psalmiste : a Le Très-Haut a délivré notre âme de la mort et nos pieds de la chute ; il nous a préservés des terreurs de la nuit, de la flèche quvvole pendant le jour, de la peste qui marche dans les ténèbres , et de la maladie qui frappe en plein midi. » Nous avions h noi^s réjouir doublement que notre sang eût été épargné, et que nous n'eussions pas répandu celui des autres ,. car nous avions craint un moment d'être forcés d'en venir à cette cruelle extrémité. Nos fusils avaient tous double charge de balles et de chevrotines, nos hommes étaient disposés à s'en servir, et une seule flèche tombée au milieu de nous eût été un signal de mort. C^était en vérité une délivrance miraculeuse , et Dieu m'accorde de ne jamais revoir une mort violente de si près. Il est heureux pour nous que nos figures.

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blanches et notre conduite calme aient si fort imposé 'à ce peuple.. «• Une minute plus tard, nos corps eussent été hérissés d'autant de flèches qu'un porc-épic a de dards.

Le vieux chef retourna au Tillage , suivi de tout son monde; et, chemin faisant, il monta sur une fourmilière , d'où il fit ùnç harangue , qui dura plus de demi-heure, l'accompagnant d'un grand nombre de gestes et d'une grande variété d'attitudes. Nous ne pûmes savoir, avec certitude , si ce qu'il disait avait rapport à nous, mais la chose est assez pi^obable. Us revinrent dans l'après-midi , nous apporter en présent une grande quantité d'ignames et de noix de goura , et nous invitèrent, de la façon la plus pressante, à aller coucher dans leurs huttes,, promettant, de nous traiter de leur mieux. Nous les remerciâmes de cette offre bienveillante, mais sans vouloir 1 -accepter^ pour plusieurs raisons. Notre, refus réveilla pçut-être leur méfiance , car ils tirèrent des coups de fusils depuis lexxïucher du soleil jusqu'à onze heures du soir, te chef nous fit une troisième visite, malgré Pheure avancée, apportant huit mille caurisetune énorme chargé daigna mes ^ qu'il déposa à nos pieds. Pauvre vieillard ! sa figure rayonnait de joie à l'idée que nous étions réellement ses amis. Âla fin il avait

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foi en nous; et comme il nous souhaitait le bonsoir, il pa^ut tout-à-fait content de l'aspect tranquille des choses , et partit.

Pendant notre conversation avec le chef, alors que tous les naturels étaient assemblés autour de nous y nous Leur fîmes comprendre , montrant du doigt leurs fusils et les morceaux de drap rouge qu'ils portaient^ que tout cela vexiait de notre pays , ce qui accrut merveilleusement leur admiration et l^ur surpirise. Le vieillard , qi^i avait si bien rempli les fonctions d'interprète ^ était un vieux Mallam de Funda. Il comprenait on ne peut mieu3( la langue duHaoussa , et nous dit qu'il ^vait quitté son pays pour assister au marché qui se tient ici tout les neuf jours. U nous apprit qu'on y venait en foule de la côte ^ pour échanger des marchandises des blancs con-^ tre des esclaves , qui étaient amenés en grand nombre de Funda. C'est ici le fameux marché de Bocqu <) dont nous avons si souvent entendu parler, et la rivei opposée fait partie du royaume de Funda. Nous demandâmes aussi au vieux Mallam à quelle dislance était la mer, et il nous dit : H A dix journées de chemin.» Lui indiquant les coUipçs de l'autre côté de la rivière, nous voulûmes sayoir où elles conduisaient : u A la mer> >> répoadit41 : «Et, où voAt celles-ci?» ajoutâmes-nous.

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