‹ Journal d'une expédition entreprise dans le but d'explorer le cours et lChapitre 32 sur 99 · I20 VISITE AU CHEF · texte numérisé non relu

I20 VISITE AU CHEF

widu« Il nous parut indispensable d'aller renier-* ei^r le chef dé l'accueil distingué .qu'il nous avait fait. Un peu avant midi nous sommes donc allés lui rendre visite , nous faisant accompagner de quatre de nos gens. Il était entouré de ses prêtres^ occupés à Élire un fétiche, pour s'assurer si nous arriverions à la mer sans accident. Le Mallam du fiyiSé était assis à ses côtés , écrivant sur un boa? net de coton blanc uni , que le chef devait porter en toutes occasions , des prières mahométa^ neSj qui avaient pour but de le préserver de toute espèce d'accident et de danger.

Il nous reçut fort bien ; nous pria de nous asseoir , de rester quelque temps avec lui , et nous offrit un verre de rhum , qu'il noiis fallut accepter et boire , bien malgré nous , oar la liqueur n'avait rien d'attrayant , et la chaleur de la salle était si excessive que nous suffoquions , quoique deux de nps homines, munis de grands éventails , ne cessassent pasd'agiter l'air autour de nous pendant toute la séance. Après avoir etpriiné nojs reniercimens , des honneurs de la veille , BOUS félicitâmes le chef sur $£^ puis3ance ^^ les ressoi^rces de ses état;s , et sur la grauden^ d'âme qu'il avait montrée, en recevant avec taat dfs magnificence des étrangers, dont il s'était faU 4e véritables amis et dç chauds partisans.

DISTANCE DE FUNDA A KOUKA. 12 f

« Le grand roi bknc, dit-il , apprendra ave€ plaisir comment j'ai traité ses sujets ; faites-lui connaître ma dignité , mes richesses , ma forcé et mon pouvoir. » Nous crûmes en avoir dit assez ; le gouverneur était parfaitement satisfait d'avoir eu l'occasion de déployer sa puis-^ sance , et il était content de nous , qui avions' si bien su l'apprécier. Empressés de nous retrou^ ver en plein air , nous le priâmes donc de nou^ excuser^ si nous ne restions pas plus long-temps^ et ayant échangé une poignée de mains nous lui souhaitâmes une bonne journée. ;

Un homme du Nyffé, qui s'est volontairement exilé de son pays , et qui est arrivé ici deptfis peu , nous a appris , dans la conversation ^ que les naturels se procurent tous ces fusils et tous ces mousquets à la côte^ où ils 4es échangent contre des esclaves et de l'ivoire. Le même homme assure que Bornou et Jâcoba sont en paix ; ^t que, par suite, la route de Furida à Kouka\ùîkpi' taie de l'empire du Bornou , e^t libre et sans aticun danger. Enfin il dit que l'on peut aller de l'une de ces villes à l'autre en dix-sept jours^, par terre; mais que le trajet par eau, en remontant la Tshadda jusqu'à Kouka , serait de ^x-neuf jours. Selon lui , Edérésa , Tâucien roi du Nyffé , a cherché à intéresser en sa faveur le

Page 1