LA COUR DU ROI OBIE
boutas y a pendant l'arrivée du prince. Notre ami Gùn était parmi eux, et réclama de-suite la priorité de notre copn^ssance. Il babillait avec une ptodigieu^ volubilité, et^^U moins de deux minutes , il s'était-j^îs avec nous sur le pied de la plq^s intime familiarité , nous lapant sur le genou avec une vigueur peu commune, pourdonnéjf'^dtt poids à ses observations , et ramener de foi*<;e nôtre attenUon à ses remarques. Ensuite,, pc^^nt que nous parlions , il reposait se$; deux bras.pesaçs sur nos épaules , riait aux éclats ,^ à. chaque inot, que nous, prononcions, regardait», d'un air capable, et de temps à autre ap-^ pliquait la large paume de sa main sur notre épine dorsale avec une accaàlante énergiç^ le tout en manière d'encouragement et d'approbation. Nous désirions lui faire éclaircir.des^ questions qui nous touchaient de pr^^s , mais l'unique satisfaction que nous en ayons tirée et sa seule réponse était : « Oh ouil pour .sûr! » pWase qu'il répéta si souvent, avec une emphase si particulière, et une si singulière grimace, d'un grotesque si irréîistible , que, malgré notre vfBxation , nous ne p^mes nous empêcher d'être grandement divertis.
Nous trompâmes le temps de cette façon, jusqu'à ce qu'une porte s'ouvrant subitement à
COSTUME DU Itor OBIB* I99
notre droite , le redouté Obie, roi d^boe ^pitrut devant nous. Après tout? il n'y avait rien de bie^ effrayant dans son^pect ; c'était un jeune homme , à physionomie éveillée, dont la figure douce et ouverte et l'œil étincelant annonçaient de la vivacité, de Fintelligence et tm bon naturel, plutôt que la férocité dont on nous avait tant fait peur. Il nous reçut avec un sourire affable, nous prit les mains avec beaucoup de cordialité-, nous complimentant fréquemment ' du mot i(jres ! >i auquel sa science, en fait d'anglais, semble bornée , et qu'il avait sans dpute appris pour les grandes occasions. Plusieurs courtisans, la plupart sans armes^ et presque nus. Suivaient leur souverain , et trois petits garçoâs, placés à ses côtés, avaient pour emploi dej'éventer au moindre signe.
Le costume du roi d'Eboe a du rapport . avec celui que porte , dans les occasions solennelles , , le monarque du Yarriba. I/aspect en était tout à fait brillant ; et , à la profusion d'ornemens de coraux , dont il était. orné, ou eût pu donner k Obie le surnom du Roi-Corail. Nous le cotitem- . plions avec admiration sur son trône de terre. Son bonnet, en forme de pain de sucre , était tellement surchargé de rangées de corail , et de morceaux de miroir brisé , qu'il était impossible