LÉ PALA^ER OU CONSBIL
celle dont on se sert, en Angleterre , pour les quinqaets , d'un goût extrêmement désagréable, et d'une odeur nauséabonde , qui nous ren£t impossible d'en manger., malgré notre appétit. Gun ne partageait pas nos prévention ; il déclara que c'était la meilleure graisse de bœuf, apportée de Liverpool , cju'il eût goûtée depuis long-temps ; et il l'eut promptement dépêchée. Au retour d'Obie , une conversation générale s'engagea , et le roi continua à parler avec solennité à ceux qui l'entouraient, jusqu'au soir; puis, ayant remis au lendemain la continuation du ^tandpala^^er ou conseil, il nous souhaita le bon soir^étpartit.Nous trouvons étrange que,pendant toute la durée de ce conseil, qui se tient pour nous et a èause de nous , U ne nous ait pas été adressé une seule question , et qu'on ne nous en ait pas traduit un mot, Néanmoins , d'après la manière gracieuse dont nous avons été accueillis , nous sommes tentés de croire que tout marche selon nos vœux, et que la conférence aura une heureuse issue. Mais nous verrons f
Le sentier qui conduit à la maison d'Obie se dirige à l'Ouest de la crique où nous avoirs débarqué, et, pendant un quart de mille , passe entre deux rangées de petites huttes, d'un aspect propre et soigné. Dans la cour intérieure , la
PLAINTE DBS NATl/RELS DE DAMUGGOU. 2o3
troisième du palais, nous yimes une grande cuve de fer, dont on nous dit que le roi se servait eomme baignoire. Les gens qui, ainsi que nous, attendaient l'arrivée du* mQna(rque , nous assaillirent d'un déluge de questions. Je leur répondis^ pour m'en délivrer, que nous venions d'un pays nommé Yaourie, et d'un àutre^, appelé B»ussa , dans lequel nous étions allés pour chercher les livres d'un de nos compatriotes qtii avait été tué, il y avait long^temps , par les naturels de cet endroit. Ils me demandèrent alors si mon compatriote^ l'homme blanc , s'était rendu à Boussa dans un vaisseau ? « Non ; dans un grand canot. » — « Où est ce canot; » demandèrentils encore, — « Il a été poussé par le courant sur les rochers, et s'y est brisé. » Ils ne paraissaient pas compi'endre^ et crurent que je parlffis d'un navire qui s'était perdu en mer sur la côte. Le petit roi militaire delà ville de Brass ( Brass-- Town ) nous dit que le but de son voyage ici était d'acheter des esclaves pour un vaisseau espagnol. ».
Ôbie entra enfin ,^ suivi d'un homme qui portait une petite figure en cuivre , •représentant une divinité du pays : quand le roi se fut assis, on plaça cette image à sa droite. Les pauvres gens , venus de Damuggou , pleuraient à chau-
HoA SNVOI DU ROI.
des lax:Aie^^ tandis que le principal! d'entre eux racontait l'attaquis de Kirri et ce . qu'ils avaient eu à souffrir. Ils avaient tout pqrdu ^ les^ propriétés de leur maîti:e, etles leurs ., à l'e^cc^)tion des esclaves. Ils ne savaient con^n^ent se procurer des vivres , et il ne leur restoit rien; pour en acheter ydesorte^e Les pauvre^ diables étaient à peu près affamés^ Obie leu.r fit un long discours, et parut cpnlp^tir à leur situation , et plaindre leur démiement. Il leur distribua dix ignames ; puis les engagea à retourner chez eu:^^, promettant d'entexj^re dçmain le r^st;e4p li^xr histoire.
Notre hutf;e est si petite ^ qu^ peine avons^ npus la place de nous y étendre pour dormir ^ mais y avec tous ses inconyei[)iens , jioi^ la préférops ^.de beaucoup , à notre cax^ot. Nqs nattas spnt cpmmodes, et, nous çspéro^s jouir jenfîn d'un peu de^'epos.
Il n'y ^vait pas long-5 ter^ps que nans,^ avions quitté le rp^, lorsqu'il nous euvpy^^.p^^'\uçi, jeuj^e^ garçon de sa suite, cinq ignames et un^e petite vp^f^Uç. C'était un ^çsez mi^ce rég£|l pour huit pçrspnnes ^ont Içs fatigi^çs et i:^n loi^ jeûne avaient aiguisérappéjtit. A sept h^ew^ dw soijp, npjns5pup4meslég^iiem»ent d'u^mplrqqa^ diç vp^ l^ijle bpijiUifi et 4"?e tra^^ihe d^'ig^^^nef pi;e«t-
ses de nous coucher, nous as]>érioQs trouver daiis le sommeil l'oubli dç nos -misères^ i4e nos be* soins, mais on ne nous laissa pas cette is^tisfac* tion; Notre vieux hôte , maussade , imagina d'introduire tous seç amis poi^r ïÛOus voir ^ et nos efforts pour lui faire comprendre corn-»
bien ces visites nous déplaisaient , furent iaùti^ les. Il n'y eut pas moyen de se débariias0€r de ces importuns ; à peine un groupe était'-it parti, qu'un autre plus nombrçui: le rçmpjagait. La première moitié de la nui^fut ainsi e^ployé^, et l'autre moitié se p^ssa à epi tendre , sans pouvoir fermer l'œil une minutei, les plus ejQTroyables cris qu'on puisse imaginer. Ils sortaient de la hutte contiguë à là nptre, et, à en juger par les.gémissemens , quelque ^lisérâlltl^ créature y endurait d'horribles ango^se$. Nous ,ni^ pûmes en savoir la causç ; mais ^ d'après la réputation .de barbarie de cçs peuples, npiis a von^ pensé qu^leâ cris venaient de quelque malbeurei^Sf^ viclimey peut-'étre, 4'uiî .prisocfaiei- de guerre Auq^i on infligeait quelque hornM^ kupplice.Noagens habitant la n>éni<e hutte que nou^ , et leur prér sei^ce i;ipus doiasait unpeii ^ sécurité*:
Mardi , 9 riqv^bre. r^ Peux d^s bom^nie^ 4e no^ife suite ,^ cjui npii^ ;omj. acicompagiaés d^pw^. le cap^ Goast^et qui ont passé plusieurs aq»éeft
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dans PAschantie, assurent que les bâtimens d'ici ne diffèrent de ceui^'dë Coumassie, capitale de ce royaume^ que par leurs dimensions , qui sont beaucoup plus petites. Il est certain que les maisons ressemblent à celles du Yarriba ^ mais tes surpassent en propreté , régularité et netteté d^aspect : elles sont aussi beaucoup mieux abritées de la pluie. On ne voit pas une seule hutte circulaire.
Les habitans d'Eboe, comme la plupart des Africains ., sont extrêmement indolens et ne cultivent que Figname ^ le maïs et le plantanier. Ils ont beaucoup de chèvres et de volailles , mais peu de moutons , et point de bestiaux. La ville , d'une grande étendue, est située dans une plaine découverte, et renferme une nombreuse population; comme capitale du royaume, elle ne porte d'autre nom que le npajs d'Eboe. » Son huile de palmier est renommée. C'est, depuis une longue suite d'années, le principal marché d'esclaves où viennent s'approvisionner les in-^ digènes qui font ce commerce sur les cotes, entre la rivière Bonny et celle du vieux Calabar. Des centaines de naturels remontent ces rivières pour venir trafiquer ici, et dans ce moment même , il y en a un grand nombre qui habitent leurs canots, rangés en face de la ville. Presque