‹ Journal d'une expédition entreprise dans le but d'explorer le cours et lChapitre 55 sur 99 · LA VEILLÉE · texte numérisé non relu

LA VEILLÉE

ries et sa gaîté , a souvent abrégé les longues et fatigantes heures du soir, cherchant de son n^ieux , dans sa bonté , à dissiper Tennui qui nous assiège. Non contente de nous visiter plusieurs fois dans le jour, elle vient encore pstsser la soirée avec nous, au lieu de se joindre à Torgie où figurent ses connaissances. Elle aiuène ordinairement deqx ou trois personnes de dispositions sympathiques , qui se joignent à elles pour plaindre nos malheui's et dissiper notre tristesse. Quelques esclaves suivent leur maîtresse , apportant des bouteilles de vin de palmier, et quelquefois un plat de bananes, pour aider à, passer le temps d'une façon agréable.

Nous couchons dans unréduit, élevé de terre de trois à quatre pieds , et soutenu par des colonnes de bois. II n'y a ni portes, ni nattes qui y suppljéent et fassent l'office'de rideaux,, de sorte que nous jouissons à notre aise de la ravissante fraîcheiir du soir, mais avec Tennui d'être regardé par quiconque veut prendre la peine d'entrer dans l'enceinte de la cour. Nous nous étendons ordinairement sur nos nattes, aussitôt après le coucher du soleil ; et notre grasse et joyeuse petite amie arrive alors, se dandinant et roulant sur elle-même, suivie de ses compagnons et de ses esclaves. Après nombre de complimens et

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