APPARENCE DE MARÉE
Il poavait étr^ environ huit heures et ^emie du spir^ lorsque nous eùmÇs la ^oie de nous sentir sous l'influence de la marée. Nous avions déjà remarqué sur l'eau ûnip apparence d'écume qui poruyait être apportée de l'embouchure de la riyJLère>^,par la marée montante. Mais ^ .maintenant , noi^s étions certains de ne pas nous tromper^ Le canot touchait à tout mçment sur de$ bas fonds vOu s^, trouvait arrêté par des plantes ^aqu^tiques ^t des, taillas qui entravaient la marçtiçet n9us retardaient beaucoup ^, les ratneurs étant. qbligés de, sortir du canot poui;' Talléger* L'ea^ forif^^it u^e crique étroite, se.prploipgeant ^pus une avenue de naangUers recourbés.e^ voûte, etdontl'épais pmbragie.était da[ns, plusieurs pa]> Ijies tpptrà-:&it itppé;iétrable à la lumière du fiel. jA di^ heures y il survint; upf forte aver^çe; eiy quand 1^^ pluie fut passée^ les gouttes re^tée^ sur les feuilles cpipmenqèrent ; jà. tpmber ; ^an^ r^Uche dans le canoX; , presque ju^u'au oaatin^ L'pdeu.r des sub^|;anceç végétales putréfiées était excessivement, désagréable: et nqjj^- occs^^oi^u^t
des p^iuséesi, , :^ , ;v •;.-,•: .;>. , ; .
Limçlii |5 novembre. — r I^ous voyageâmes (pute J^ puit à trayers ce spmjjri&.ef; tiiiste I47 byrinthe, i^e nLO^s^|rretani,que,^e loin exi^lpiua et quelques cniputes seul^ujienl^ pqur nous 44g^7
!2§6 i.E RDI DE LA VILLE DB BRÂSS.
ger des longs rameaux pendans du manglier, et des ronces qui s'étendaient comme autant de pièges pour' nous enlacer. Ces plantes indigènes sont si vivaces et si fortement cramponnées les unes aux autres , qu'il serait impossible de les extirper du sol. Cependant, leurs racines et leurs branches ralentissent le cours dé Peau , et deviennent des réceptacles de limon , de fange et de toute espèce de débris , qui se pourrissent et exhalent une odeur infecte, et probablement délétère et malfaisante. La raison pour laquelle nous ayons marché toute la nuit, c'est que le roi Boy craignait de ne pouvoir arriver à tem|)S a\\ Heu où son père et ses frères devaient le rejoindre. Gun avait quitté la ville d'Èboé , un jour avant nous. Le rendezvous était un endroit particulier, que nous atteignîmes vers neuf heures , et où nous trouvâmes la famille du roi Boy, occupant trois grands canots , avec sa suite. Là , nous i^mes une halte , et , attachant nos barques aux arbres du bord , nous j (mîmes d'une djçmi-heure de repos , et prîmes quelques rafraîchissemens. On nous présenta au célèbre roi Forday , qui se di* souverain de tout le pays. Le vieux monarque était assis dans un dés catiots, entouré dte pilusieur^ prêtas. Le second canot appax*ténàitanïroi Boy,
TRAVBSTISSBNENT. BU BOI BOT. iS^
et le troisième a M. Gun. Ces canots étaieut venus de si loin , tout exprès pour nous escorter à notre entrée à Brass.
Le roi Forday est un vieillard , d'un aspect vénérable ^ quoiqu'il fût misérablement babille^ en partie à l'européenne , en partie avec le cos-r tume indigène. Comme la plupart des sauvages , sa prédilection pour les spiritueux est extrême ^^ et il but en notre présence une immense quantité de rhum , sans que ses manières ou sa conversation s'en ressentissent le moins du monde.
Dans son humemvjoviale , il essaya de chanter, mais sa voix faible et cassée ne seconda pas son envie ^ et les sons s'éteignirent. Cependant ceux de ses sujets qui étaient là ^ et il y en avait, près de deux cents ^ témoignèrent leur approbation de cette tentative par un terrible « yah y » qui partit à la fois de toutes les bouches, et résonna au loin comme le rugissement d'un Uon.
Pendant notrç déjeuner, la marée baissa , laissant nos canots sur la vase. Le repas fini , les prêtres commencèrent leurs cérémonies ^ et des- . sinèrent à la craie sur la personne du roi Boy, de la tête aux pieds ^ des lignes ^ des cercles et quantité de figures fantastiques , qui le métamorphosèrent si complètement , qu'il était
aSS TRAVBSUSSâMÉNT DU ROI BOT.
difficile de le i^econnattre à une distance de quelques toises. On Tarait dépouillé de ses vétemens habituels, ne lui permettant de porter qu'un étroit mouchoir de soie , noué autour des reins. Sa tête était courerte d*une petite calotte serrée, faite d^ci?bes tissées, et ôriiéedes-gran-»* des plumes aé; la buse noire et blanche^ qui est Toiseàu fétiche de la ville de Brass. Il tenait dans chaque, main deux énormes lancés-^ couvertes aiissi de dessins à la craie ; ainsi équipé , il ava?t uneapparehce'des plus grotesques. On fit subir la même opération à tous les assistans nègres; et les prêtres fétiches s'y conformèrent aussi. Pour les gens de noire stiite, on se contenta de les marquer iu front; quant h noiis, nous en fà^ mes tout-à-fait exemjptés , peut-être parce que notre peau , bien que terriblement basactée , était originairement blanche.
A onze heures, on nous fit passer daiis le ca^ not du roi Forday; le vieillardnousinvita de suite^ en iassez bon anglais^ à prendre un verre de rhum avec lui; et, nous voyant émerveilIés^ de Pétrangé aspect du roi Boy et de tous ceux qui l'ac' compagBaient, il nous expliqua qu'aucun* homme blanc n'ayant jamais descendu la rivière comme nous l'avions fait , ces barbouillages étaient une mesure de précaution^ pour empêcher qu'il leur
PROCESSION DE GAKOTS. ^5g
arrivât malheur. Nous apprîmes aussi , par lui , qu'à Toccasion de notre visite , on célébrerait un rit religieux en l'honneur de Dju-Dju^ le fétiche ou dieu domestique de la vilfce de Br^ass. Là marée revenait et môhtait rapidenieiit ; en cohséquence, on fif les préparatifs nécessaires pôUr se diriger vers Brass. Les canots furent toi^S aligné^) celui du rOi Boy en tête, le roi For-r day et nous dkus le second , suift du irèré du roi Boy;, M. Gun ; les gens deDàmuggou, dans d'aùtresbarques, fermaient la marche. Nx>us nous mimes alo^s en lUouvement, cousérvant le même ordr«vGun prend le titre de petit rai militaire de BràsSv, parce que c'est à lui qu*est confiée la garde de toutes les ai^uies et de toutes les mti-nitiotis ; et nous eûtae^ plus d'ùiiiî ocési^iàh d'àpf précièr mtï importance et S04 activité ,- quairid, dépassant tout à coup le reistfe des oàhbts', il faisait feu du ' cattott amarré' à l'avant de sa barque, puis revenait en ariière. Ainsi que l'in* dique son nom , i Fusii , .il a les penehàns fort guerriers. . i . c
• LKeiiseittble de cette procession formait un cbup-d'œfil des plus extraordinaires. Les canots se suivaient à: la -file , avec assez de régularité , déployant chaèufi ti^is pavillons; A la proue du p^émififr, le roî'Boy se tenait debout, la tête
26o APPROCHES DE BRASS^
couronnée de longues plumes qui se balançaieot à chaque mouvement de son corps , couvert des figures les plus fantasques, blanches sur fond noir ; il s'appuyait sur deux énormes lances bar* belée$ ^ ^}^^ àe temps à autre il lançait avec force dans le fond du canota, comme s'il eût tué quelque animal sauvage et redoutable gisant à ses pieds. A l'avant des autres canots^ des prêtres exécutaient des danses , et faisaient mille contorsions bizarres. Toutes leurs personnes , ainsi que celles des gens de la suite, étaient barbouillées de la même façon que le roi Boy; et, pour couronner le tout>, le grand intendant militaire , M. Gun^ s'afikirait , courant de la tête à la queue de la file , quelquefois le premier ou le dernier, ajoutant à TefTet imposant du cortège par les décharges répétées de son unique canon.
Nous continuâmes à faire route ainsi jusqu'à près de midi ; alors nous entrâmes dans une petite baie, et vîmes ^^vant nous, sur la 'rive Sud, deux groupes distincts d'édifices, l'un composant la ville du roi Forday , l'autre celle du roi Jacket. Les canons de tous les canots firent feu , et la foule accourut pour nous voir approcher. Le fracas de l'artillerie ayant cessé, il se fit un grand silence , et l'escadre s'avança très-