‹ Journal d'une expédition entreprise dans le but d'explorer le cours et lChapitre 66 sur 99 · CÉRÉMONIES FÉTICHES. ^I · texte numérisé non relu

CÉRÉMONIES FÉTICHES. ^I

lentement ei^re les deux ailles ^ se dirigeant vers une petite île , un peu; à l'Est des domaines du roi Jacketx. Cette île est la demeure de Dju-^ Pju , ou grand-prétre fétiche , et de ses femmes: il n'est permis à aucune autre personne d'y ré^ sider* Comme nous passions devant la ville de Forday^ une petite batterie^ placée prèf de l'eau , nous salua d'une décharge de sept «a dons. Les barques s'arrêtèrent près de la hutte fétiche, qui est un bâtiment en terre bas et insignifiant. Le prêtre , blanchi à la façon de Boy, s'appro-

cha , et fît , de la plage, quelques questions d'un air tout particulier : les réponses parurent le satisfaire. Ensuite Boy débarqua^ et, précédé de la grande figure du prêtre , il entra dans la hutte consacrée. Bientôt après, le prêtre en sortit, revint au bord de la rivière, et, nous regardant avec beaucoup d'anxiété , cassa un œuf, versa un peu de la partie liquide dans l'eau , et retourna li la cabane. Les hommes de Brass se jetèrent alors précipitamment hors du canot , gagnèrent la rive , et revinrent en hàle; ce qui nous parut tout, aussi mystérieux que le reste. . ,

Après être resté une heure entière rènfem^é dans la hutte avec le prêtre , Boy nôlis rëjo&gnit devant File , où nous l'attendions 4 et nous al«- 10. 17

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lames débarcpier à la ville de Forday. Dans la singulière dérémonie dont nous tènioiis d'être témoins ) il était évident que nous étions lés principaux pérSonnagei en jeu ; mais qti'elle se soit terminée pour ùa contre nous ^ que les ré^ ponses de Dju-Dju soient ou non propices , c'est eè que nous ne saurons que par la conduite à venir du peuple de. Brass avec nous.

Tandis que nous étions k bord^ impatiens d'étré quittes du' fétiche et de ses singeries^ nous prouvâmes une vive émotion de joie en voyant un homme blanc«sur le rivage. C'était un grand bonheur que de reconnaître les traits d'un Européen au milieu de cette foule de sauvages.

Cet individu est venu , ce soir, nous visiter ; sa conduite a été parfaitement aâable et obli^ géante. Il nous a dit, dans le cours de la con^ versation , qu'il était capitaine < d'un schooner espagnol , maintenant à l'ancre dans la rivière Brass , pour y prendre une cargaison d'esclaves. Six hoîutnes de l'équipage , qui ont été fort malades de la fièvre^ Sont aussi à terre.

Mardi y i Bnoçemàre. -^ De tous les endroits sales et dégoùtans, il n'en est pas un a,u monde qui |)uisse l'emporter sur celui^i, ni offiir'à foeil d'un étran^r plus misérable aspect. Dans cette abominable ville, de fo*ass\ tout n'est que

VILLES DE BEASS. ^63

fange et saleté. Les cbiens^ les cbèvres, et autres animaux encombrent les rues boueuses ; ils ont l'àir affamé ^ et le disputent de misère avec de malheureuses créatures humaines , àtraitshâvies et décharnés ^ à physionomie hideuse , ^nt le corps est couvert de larges pustules , et dont les huttes tombent en ruines y par suite de négli-* gence ei de malpropreté.

À bien dire ^ Brass consiste en deux villes y d'égales dimen^ons, contenant environ mille habitans chacune , et bâties sur les bords d'une espèce de bassin formé par une quantité dé ruisseaux arrivant du Niger, et se frayant une route à travers des forets de mangliers. Comme je l'ai dit plus haut, une de ces villes est sous la: domination du roi Jacket^ drôle et fripon fieffé; la seconde a pour gouverneur un chef rival , le roi Forday . Toutes deux sont bâties précisément eiif&ce l'une de l'autre ^ à un intervalle.de qua^ trC'^vingts taises, et sur un terrain marécageux qui rend toutes les huttes humides. Un autre eun droit, nommé parles Européens «là Ville des Pilotes, » à cause du nombre de pilotes qui l'har bitênt , est situé à l'embouchure de la première rivière de Brass (c'est la rivière \Nun ou Noun des Européens ) , et à une distance de soixante à $oixante«dix milles d'ici. Cette demièi^e .ville

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reconnaît Tautorité des deux r6i$, s^étant peu-' plée <, dans l'origine ^ de leurs sujets.

A marée basse, le bassin de Brass reste k secy et laisse voir une surface noire et limoneuse, sillonnée de petits ruisseaux qui sont autant d'é* goûts : cette masse de vase exhale une puanteur insupportable, due à la décomposition de plusieurs substances végétales , et à la quantité d'ordures que jettent dans le port les habitans des deux villes. Malgré cette infection, on voit des enfans et de grandes personnes, nues, se jouer et folâtrer dans la fange, dès que la marée se retire, tout aussi à l'aise que s'ils étaient sur la rive.

Les gens de Brass ne cultivent ni ignames, ni bananes , ni grains d'aucune espèce. Ils se contentent du fruit du plantànier^ qui, avec un peu de ^poisson , forme leur principale nourriture. Cependant, on importe librement d'Eboe et d'autres pays quantité d'ignames qui se revendent avec avantage aux vaisseaux à l'ancre dans la rivièi^e. Les trafiquans de Brass font surtout des profits considérables sur les mar^ chandises d'Europe, qu'ils vendent aux habitans de rintérieur, et sur l'huile de palmier, qu'ils fabriquent eux - mémes^ et qu'on vient eheixher de Liverppol. Le sol des environs est p«iuyre et marécageux , quoique couvert d'une

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