MAISON DIT ROI BOT. 26S
Tégétafcion forte , vivace et impénétrable. Une race active et industrieuse trouverait de grands obstacles à la culture générale du pays ; et ja-imais les possesseurs actuels ne pourraient en extirper le manglier ; il est donc probable que les* choses resteront comme elles sont jusqu'à la fin des temps.
L'habitation où noue tommes installés apparu tient au roi Boy ; elle a été bâtie tout<-à-fait au bord dju bassin, il y a peut de temps v l^r un charpentier qui a reinonté la rivière tout exprès, venant de Calabar, qui est sa ville no^ialck II a reçu sept esclaves peur salaire. Il t^tfit que cet homme ait vu des maisoiis c^irropéet^nes, car celle-ci est évidemment construite à Vinstar de nos édifices. Elle est de forme oblongueviet contient quatre pièces, toutes au rez-de-ohau»sée , boisées , et garnies de portes et d'armpii^es passablement faites. Lie bois porte des isarques qui annoncent qu'il a fait partie d'un vaissea^i; ce sont probablement les débris de lîelui qui a été naufragé dernièrement, nous dit-on ,* à h barre de la riipière. La maisoti a été convertie en une espècede sérail par le rovB<>y ; parce quîe, selon ses propres expressions ^ «il a nombi^ de femmes» qui ont besoin d^-étre surveillées.. Elle sert aussi de magasin pour les' deni^ées d'Eté-
^$6 MAIiSOV DU ROI BOT.
rope j Je uftac et les liqueurs fortes. Les solires .^nt de bambou^ et le toit de feuilles Ae paltnier. L'appartement que nous habitotus a Bue ienétre qui doniie sur le bassin : à l'extérieur ^est un purillon ou, portique occupé maintenant par Paskoe et ses femmes. Tout l'ameufalei^ent se compose d'une vieille table de chéae. Lés sièges^ an terre ^ s'élèvent de trois pieds «u*-âessus du jso). Ils sont^ :ainsi que le plancher, qui eit de boue 9 tellement mous et humides, qu'on peut y -ten&neer la màîn, sains peine, n'importe à quel ■eudroit. Dans un coin ^st une porte oommimi*iquant.aux autres pièces, m&is sans serrure , et toujours entrebâillée, excepté de nuit. Un ^es eàtésde la chambre est décoré d'àne vieille gp^<- .vure française^ réprésentant la Vierge Marie -entduréè d'une foule d'anges et de chérafainsen ^adoration ; au bas est une prière à «NotrerDame >d6 bonne délivrance. » Tout le groupe estd'iun •d^^in et d'Une exécution d^estabks.
rA la marée» haute, I^au monte jusqu'aux portes.^ aux fenêtres de la maison, ce qui i^iEplique ^on h««nidité habituelle : elle n^en est ^pas moins fort estimée de son propriétaire , qui Ji9 QOdiime urie mmsoh anglaise. Les aufa*es sont e^' gépétaL bâties ; d'une sorte de tondiis jaunâjct^ ^ }ôt «les fenêtres ont des contrevetis.il y
^ en face <Je U villrplugieurç fci^fiQ^, w l$siha'i^ bitans f0nt du sel, aprè$ U ^iso^ rpl^n^^m^.
4u:tueUejDie9tr, l'eau çst saumâtre ^ ^^ suite 4ei^: p]luies; mais;) d^ioi à dettx «mws , Bo^ iptQus^i^riequ'elle $era presque tout sèl , et alors oo^ cboi"^ meueeraii ie recueillir. C^é$t UB^XcèUwtantSjôled^ coçiioereé , qui s'importe «tu gt^andeiqnaiitUé* a^ marché d'E^e -, où: ou l!édbi»i|;e cûutiie desî igna^n^^ , 1^ Vc^uiris »'dya»t pftç i^cMni^aurJUrir^ yièr^e aUf*d^$oiis d^ ftHîquâ*
Les priucipaléSQcîcùpâJbbus du pëupleici^ Jdutla fabrication du âel , k pédkè, la préparation de l'Imite , et Je commerce anrec- le pays d^bœ ^ car on ne voit nulle part un pouce de técrain ciidtivé. l^?JiatMitans TiTjeût de figu^is Jfanfuaès , dfhuile de palmier ,^t de pçisi^QS. Jljs apportent de la volaille tfJEboç ^ mai* eu élèvent eui^-^tuè^ mfis fort, peu.i^ ^t (Ku^s^rvent jS(^ueu$ewent <us ^'ils Qu ont pour|q$ V^iMJbe wx v%i«iwmX qui fi^qui^pjt^t la iiyi^re. ,
IJi^ej^eJtit<p quantité d'buile de palncii^r smai* pwr no^s un grajod régal , mais le ;r*oi Boy i^^ v^t p2|s xiQ^^ e^ di(mnef • J^Qtr^ pitiuiçiç jomrr. naguère: çpçfiste e^ u«e, ij^itié d'ignam^. (^ sçjir^d^n^A^^Jkmm^^^^ Boy^ pi-çdfitant d^ ^l* absçffp^, mm fto* apporté nb^C^i^e \m 4^w^^.
verj* de jpjiuin ej quatre, ignames. U y *avait 4®
!ï69 BXIGBNCE DV ROI rORDAT.
qaàî'fàive un fkiiin , mais les pauTres créatai^^ c<mtkHtii de grands risques^ car, si leur setgtiéur et itoattre eût d<écouTert le larcin, il est plus que pirobable qu'il les eût fait fouetter et Tendre.
Ifdùt butnideel malsaine qu'est notre habitatioii;, n<}us y sammes du moinsà notre aise ^ libres de nous étendre de notre long , plaisir que ni or ni argent n^Mjt pu nous proeurer à bord du: canot. Le capitaine espdgnoi est revenu nous visiter ce matin,^t a quitté la ville cette aprèsmidi , pour* retourner à son bord. Il se plaint qus'Jes ^esclaves sont rares,, chers , et obtenus à* grand'jieine.
Aujourd'hui, le roi Forday fti'a fait engager à Patler voir, et je me «uis empressé de bfie rendre à son invitation. Sa maison est à cent toifsefs environ de celle du roi Boy /En entrant , je l'ai trouvé assis, à-demî rvï*e, aa milieu d'une douzaine de ses femmes, et d'un parèit -notubre c)e ùhieus^ dans ttoe petite pièce fort sa>e. Il m'a invité à iii'àSSeôir à ses côtés, et à boire un Verre dei'huiiii. Il me ât ensuite comprendre diimieur' qu'il put, qu'il était d'usage qiie tout homme blanc, qui venait à Brass par la rivière, lui payât quatre bnrres. Je' lui en témoignafi hibn ignorance et tna st^rprise , mais sa répw^- iUt formelle r
prWAratifs «our QUitTEit BAAss. aÇg
« Céét là ina demande y et je ne souffrirai pas que vous laissiez cette yille^ à moins que vwîs né me donniez un li^re pour le montant de eette sonimé. » Voyant que je m'avais d'autre pdt«i i prendre que de céder, je lui fî^ "un billet sur Làke, capitaine du vaisseau anglais. Après ^uéi^ il dit': (( D(Mïtaîîi , vous pourrez vo^ereâdre âtt brick, et amener avec' voud tin de tties ^Uwtfesti-^ ques ; mais votf e* ' séèônd ( voulaiit^ • ftttle^- > (Je mon frère) restera ici avec vos Sdpt iioinmiôS^ jusqu'à ce que mon fils , le roi Boy, rapporte les marchandises pour lui et pour n^oi ; cela fait , vos compagnons seront envoyés à bord sans délai. » Bien que je regrettasse de me séparer de mon frère, je ftis obligé de souscrire à cet arrangement; et, dans l'espoir que ma condescendance me profiterait , je confiai an roi Forday que nous étions tous afTainés , lui demandant de nous envoyer une ou deux volailles, ce qu'il promit.
Afin de pouvoir paraître décemment devant mes compatriotes demain, j'ai passé toute l'aprèsdînée enveloppé d'un vieux drap , tandis qu'on lavait et séchait mes habits. Il est six heures du soir, et le vieux ladre de roi ne nous a pas plus envoyé de volailles que d'ignames. C'est ici un lieu de disette. M. Gun nous a fourni, depuis
370 PRfiPARATiF8 POUH QUITTBB JtMASS*
notr» amy4e yâenx repas ^ compc^f 4'uii peu ' daignâmes piles et 40 poisson l>ouiUi xUos rhuUe , et il a Timpudence de deuaander deux fuàh en paieineitt. Ces drôles^ cami|tie pre^q^e #ous les nègres de la côtç , sont fie miséi^aUes ftipoDS ^ qui pe yajleiit pas mjieiu que dessaiiyages. Us o«t ^ d^iwères^h^t , nous a-t-on 4it^ laissé mourir de faim^ à l<a|ettire , trois blaiics , appartenant ^ l'équipée d'un i^^ûsseau négrier , qui a aomlnré en passaut la barre*