MAISON DU DUC
sonnages d'Angleterre ^ des vues de batailles et de combats sur mef , des carafes et des verres^ artistement taillés , des chandeliers de cristal^ et une multitude d'autres objets ^ trop nombreux pour être cités <, gissaient péle-méle dans le plus grand désordre. Un très*bel orgue attira pria^ cipalement notre attention , ainsi ^'un^ grand fauteuil de bronze ^ sur lequel est une inscrip^ tion portant que ledit .^fauteuil est un présent de Sir John Tobin de Liverpool* L'inscription <^ ou plutôt les caractères en relief, sont, ceux-ci i « Offert par Sir John Tobin de Liyerpool , à son ami le duc Ephraïm ; » et celui-ci est assez vain du cadeau : il ne manque jamais de le montrer aux personnes qui viennent visiter ses riehessës , et auxquelles il permet d'en repaître leurs yeux. Mais il en est si fier^ si soigneux;» si inquiet , qu'il est défendu à tout le monde d'y toucher; ses serviteurs n'ont pas la permission d'en approcher, même pour enlever la poussière qui s'y accumule depuis des années. Tout ce singulier assemblage se compose de présens faits au duc par des n^ocians anglais , français y espagnols t>u portugais, et il ies entasse là depuis un long espace de temp^.
Duc^ Ville {Duke- Towri) ou la ville d'Ephi^aun, car elle est connue sous ces^ deux noms , est
VI1L£ B'ÉPfiflAÏM. S67
située. sur un tôfràin as^ez élevé, sur la rive gauche cm orienlalô de la ririère ; elle est d'uile graDdeur COD$idérable^ et s'étend le long du ikttve; d'après les apparences , lé nombre des habitans doit s'élever à six mille au moins. Le^ n]»i«ons sont généralement construites en terre^ ccmitiie celles des habitans d'Ëboe. En face de la ville ^ le fleuve Caiabar n'est pas tbut-à-*fait aussi large qœ la Tamise au pont de Waterloo, et la rive opposée est un peu moins haute que celle dur laquelle là ville est assise. Les bâtîtnens s<mt fort irrèguliers , et ne sont séparés que par des ruelles étroites, ibrt hi^mides et fangeuses din« cette ^ison. L'habitation du duc est au centre de la ville , et ^ ainsi que les autres , elle est bâtie en terre ; elle se compose de plusieurs places ou cours carrées , autour Sesquelles règne une galerie, comme dans le Yarriba. Le bâti^ ment du centre estoccupé par le duc et par ses lemmes; da»4s les autres, logent lés personnes de sa suite , et ses serviteurs, qui sont en grand nombre. Juste en face de l'entrée de la résidence,^ il y a un petit arbre décoré d'une quantité de crânes et d'ôssemens humains. Cet arbre est con^ sidéré >, par le peuple > comme fëticfae ou Sacré > et on lui suppose la vertu d'empêcher le malin es|^it de péiiétrer dans la demeure du^chefv
368 PRÊTRES FÉTICBES.
Tout à côte y s'élève la maison occupée par les prêtres ^ qui sont bien les êtres les plus dégra— dés et les plus sauvages qu'il soit possible d'inaaginer. Les prêtres fétiches de Brass se couvrent tout le corps de craie depuis la tête jusqu'aux pieds , et s'affublent d'une façon bizarre et toute particulière; mais ceux-ci les sui*pas$ent de beaucoup , et parviennent à se rendre encore plus hideux et plus dégoùtans. Dans quel but? c'est ce que je n'ai pu découvrir. Peut-être ontils l'intention de personnifier le mauvais esprit qu'ib redoutent tant : quoi qu'il en soit ^ ils courent par la ville, le visage couvert d'un crâne humain , et se ménageant, pour y voir^ l'ouverture des orbites. Ce masque horrible est surmonté d'une paire de cornes de bœuf; tout leur corps est couvert d'un réseau fait avec de l'herbe sèche; et, pour compléter le tout et se donner une apparence aussi ridicule que hideuse, ils s'attachent par derrière une queue de vache , qui , passant au travers des mailles du filet, pend jusqu'à terre. Quelquefois un chapeau à trois cornes remplace les cornes de bœuf, et c'est le crâne d'un singe ou d'un, chien qui couvre leur figure, et leis rend , s'il est possible, encore plus ignobles et plus grotesques. Ainsi équipés , ils se livrent aux cérém.onies^ mysté^