‹ Journal d'une expédition entreprise dans le but d'explorer le cours et lChapitre 86 sur 99 · DEUIL · texte numérisé non relu

DEUIL

rreuses de leur profession ^ dont je n'ai eu ni le temps, ni l'occasion de m'înfornier , mais qui fasdinent l'eSprit de ces peuples crédules* Autant que j'en puis juger, ils croient à un bon et à un mauvais esprit. Le génie du bien réside dans l'eau , et c'est à lui qu'ils oiOfrent des sacrifices humains. Le mauvais génie habite sut* un arbre , qu'on a soin de garnir de crânes, afin de se préserver de ses funestes influences.

Dimanche^ 26 décembre. — Ce matin, le principal agent du chef est venu à bord de la Porcia recevoir le prix de quelques bœufs, que M. Becroft avait achetés. Il y avait dans sa personne quelque chose qui attira mon attention; il me semblait beaucoup plus sale qu'aucun de ceux que j'avais vus la veille. En l'examinant plus attentivement , je découvris que sa tête et tout son corps étaient couverts de cendres; un morceau de toile grossière et malpropre était attaché autour de ses reins. Du reste, il paraissait en proie à une grande inquiétude d'esprit, et avait l'air profondément triste et malheureux. Je lui demandai la cause de sa douleur, et pourquoi il s'était ainsi souillé de cendres et de poussière; il n'hésita pas à me confier sa peine. Il avait six femmes, dont l'une, beaucoup plus belle et meilleure que les autres , était naturel-

37b ANECDOTE TRAGIQUE.

lemeot la plus aimëe de lai. Cette partialité oitala jalousie des autres; et^blessëes de son in-» ditiférence , elles résolurent de se ip^enger, et de se débarrasser de leur rirale par le peison. Elles venaient d^exéouter leur complot , et le pauvre liamnie étai£ accablé de son chagrin et de la perte qu'il avait faite* Son récit fut simple et touchant; tandit qu'il parlait ^ de grosses larmçs coulaient le long de ses joues% Jamais je n'afais tu de iièr> gre aussi afleetéde la mort d'une femme. L'u* sage remarquable de se couTrir de cendres et de bure, eil signe de deuil , semble particulier à ces peuples } et, tant que dure leur chagrin, ils gardent ceâ témoignages extérieurs- Us £mt de même à la mort d'un parent. C'tôt.là se^le con*^ tume de ce genre , en souvenir des mprts, que j'aie rencontii^e dans toutes les parties de l'Mriv que où j^ai pénétré.

Une autre aventure tragique a &it grand bruit dans cette ville. Un médecin, ami de cœur du chef, ep possession de toute sa confiance , avait reçu de lui la permissio/i de Tisiter ses femmes <, (comme médecin) aussi souvent qu'il le jugerait k prppos. Les visites du docteur étaient deve-» nues, depuis peu> assez fréquckites pour éveils 1er h$ saupçons ^ et tous sus Yneuvemens étaient éjpiés; Le pauvre homme fut bientôt pris au

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