‹ Journal de Barbier, tome 2Chapitre 10 sur 90 · Elle n'a point été faite aux prônes. (Note de Barbier · texte numérisé non relu

Elle n'a point été faite aux prônes. (Note de Barbier

2. Port-Royal fut en effet détruit Tiolemment, en i709, du consentement de M. de Noailles.

JOUItNAL DE DAKBIEIU

de Paris a ordonne de son côté des prières en actions de grâces, .

Nous avons appris par* les gazelles un irirandic considérable arrivé, le mois dernier, dans 1p. ville de Copenhague^ capitale de Danemark. Les Oeux tiers de la ville sont brûlés : églises, hôtel de ville et collèges; tous les habitants brûlés sont réfugiés dans des cabanes. Le Roi les a beaucoup soulagés eh ôtant tous les droits d'entrée. On dit que le dommage va à douze millions. Et on compte dans les gazettes trois mille et tant de maisons.

Toutes les compagnies, à leur rentrée, ont fait chanter un Te Deiuri) et tous les corps et communautés en font chanter tous les jours; Ce qui a le plus excellé sont les receveurs généraux* qui en firent chanter un samedi, 20 de çe mois, aux Grands Jésuites1 avec cent cinquante musiciens. Mesdemoiselles Anlier, Le Maure2 et autres de l'Opéra y chantèrent. Hier 24* les fermiers généraux Tout emporté aux Jacobins de la rue Saint- Honoré3; là musique ctoit la môme, à la différence que, par défense de M. l'archevêque, , les filles de l'Opéra n'y ont point chanté; mais la cour, qui est fort grande; étoit environnée d'une architecture de charpente en arcade garnie de pots à feu et de lampions, ce qui faisoit une illumination superbe, La façade, dans la rue Saint-Hônoré, étoit ornée dans le même goût; il y avoit une garde étonnante du guet et do Suisses. On n'entroit que par billets, mais c'étoit un tumulte et une tuerie pour entrer, tant à la porte dé la rue qu'à la

\ . Rué Saint- Antoine, Voyez plus haut,

2. Catherine-Nicole Le Maure, cantatrice célèbre, née à Paris, en 1704, Elle débuta à l'Opéra, en 1724, et y resta jusqu'en 1743. Elle mourut en 1783,

3; Aujourd'hui le marché Saint-Honoré. Ce couvent avait été fondé eu 16U par le 1*, Sébastien Mîchaelis, pour y introduire la réforme de la règle de Saint-Dominique,- J'eudant la Révolution, les bâtiments de ce monastère furent occupés par un club célèbre qui dut à cette circonstance le non» de club des Jacobins. *

porte de l'église pour entrer. Tout çc qui est curieux a Paris, en hommes et en femmes, y sont venus, M. le garde des- sceaux, le premier président du Parlement, le contrôleur général , le lieutenant de police, princes* évêques, ambassadeurs, y sont venus. On dit que cela a coûté seize cent mille livres.

Le Roi est revenu, le 20, à Versailles, en bonne santé, après avoir couché, à PelitrBourg, chez M. je diic d'Anlin.

À Fontainebleau, deux pages de la .petite écurie1 et deux gardes du corps, à peu près ivres, ont été à la porte, de l'ambassadeur de Hollande, où il y avoit un violon pour divertir et faire danser et divertir le.fils; ils ont voulu entrer de force, ont -maltraité l'écuyer, et valets de chambre, ont dit des sottises, qu'ils demandoient à acheter du fromage. Cela a fait du bruit, on a mis ces messieurs en prison. .Le Roi a envoyé faire satisfaction à Tarnbassadenr el à l'ambassadrice : 1° par M. le princeCharles, grand écuyer ; 2° par M. le duc de Charost, capitaine des gardes du corps; 3° par un secrétaire d'État. Voilà une réparation authentique ! L'ambassadeur et Tambassa-, • drice ont demandé au Roi avec instance la grâce de ces messieurs; mais on dit, pour toute grâce, qu'ils sont condamnés à vingt ans de prison. On dit d'ailleurs que ce sont des jeunes gens fort sages qui n'avoient jamais fait d'élourderie.

M. d'Àrménonville, ci-devant garde des sceaux, a voulu faire d'abord l'esprit fort sur sa disgrâce; mais il n'a pu, en dedans, en soutenir le coup. Depuis trois mois, il est tombé dans une langueur, qu'il est au lait, avec une bile répandue sur tout le corps, une maigreur étonnante. On désespère absolument de lui, 11 est arrivé

i . L'Écurie du Roi se divisait en grande et en petite. Dans la grande, se trouvaient les chevaux de guerre et de manège. Dans la petite, les chevaux des carrosses, chaises, calèches du Roi, du dauphin, des enfants de France Les pages du Uoi étaient attachés à la Fetile écurie.

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une histoire dans cette famille. Il les assembla, ces jours passés, et, sollicité par son confesseur, il leur a déclaré un mariage qu'il a fait, il y a sept ou huit ans, avec une femme qui s'appelle la veuve Morin, et qui étoit veuve d'un gros joueur, qui s'est trouvé ici avec quinze cent mille livres d'argent comptant et qui a tout perdu. On dit qu'elle est demoiselle1, qu'elle a plus de cinquante ans, qu'elle a beaucoup d'esprit. Il avoit eu du goût pour elle que 'son mari vivoit et madame d'Arménonville aussi, mais sans réussite. Il l'a épousée, à condition que le mariage seroit secret. Mais cette déclaration, que tout Paris a. sue, n'est pas devenue publique. On dit qu'il y a des nullités. La famille nie à présent le mariage; 11 n'y a point d'enfant, et l'on "croit qu'ils ont passé un acte avec cette dame, qu'ils lui font * peut-être une bonne pension, à la charge qu'elle restera sous le nom de la veuve Morin. On ne sait rien de positif sur les circonstances.

M. d'Arménonville est mort au château de Madrid, où il s^étoit retiré comme capitaine des chasses du bois de Boulogne, et il a été enferré à SainL-Eustâche, sa paroisse, le samedi 28 novembre.

Décembre2.

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