CHANSON SUR MARIK ALACOQUË
Tu veux qu'on te chansonne, Languet, mou cher prélat, a, a, a, Puisqu'au public tu donnes A rire avec éclat, a, a, a, Est-ce à tort que Ton se moque Du fameux historien À la Coque, A la Coque, A laCoque?
Vivre pour Dieu sans haine, Selon toi, c'est assez, e, e, e, Pour éviter la peine Et le sort des damnés, e, e, e.
Est-ce à tort que Ton se moque ï)c ce nouveau chrétien À la Coque, etc.
Afin de plaire à Rome, Fadenient tu nous dis, is, is, "is,
Qu'on obéisse à l'homme, Contraire à Jésus-Christ, i, i, i, Est-ce à tort que Ton se moque De ce flatteur sans Un A la Coque, etc.?
Pour éteindre les flammes Du beau sexe dévot, o, o, o, Faire saigner les dames Est le conseil d'un sot, o, o, o, Est-ce à tort que l'on se moque De ce beau médecin A la Coque, etc.?
Son épître rampante, Où tout est si confus, u, u, u,
Forcera les Quarante A te tourner le c, u, u, u, • Est-ce à tort que Ton se moque D'un académicien A la Coque, etc.?
JOURNAL J)L HAKDIGR,
Il y a pour le coup grand fracas dans Paris pour le fait de la Constitution Unigenilus. Le Roi a envoyé, dans la dernière semaine du mois de mars, une déclaration au Parlement qui est foudroyante pour les ecclé siastiques, Ôn n'en sait pas bien le contenu ; mais dans le préambule, la Constitution est appelée un jugement dogmatique de l'Église. On ordonne que tous les ecclésiastiques, curés, bénéficiaires ou autres, la recevront purement, simplement et sans aucune modification: et faute par eux de le faire, que les bénéfices sont déclarés vacants et impétrables. Cela va faire un renversement bien grand dans Paris. Il a fallu nommer des commissaires pour examiner cette déclaration, M. le premier président Portail, qui est entièrement dévoué à la Cour dans cette affaire (il faut avouer aussi que sa place est très-embarrassante dans de pareilles conjonc turcs, surtout pour un homme' qui n'est que bourgeois et qui n'a pas une naissance distinguée); mais il s'est avisé de nommer pour commissaires, non-seulement des conseillers de la Grand'Chambre, mais aussi des conseillers des enquêtes, afin de nommer gens sur qui il pût compter, parce que le Parlement en général est janséniste et opposé à tout ce qui se fait. MM. les présidents des enquêtes se sont opposés à cela, attendu que dans les affaires publiques ils ont, chacun dans leur chambre, le droit de nommer des commissaires, et le premier président dans la Grand'Chambre seulement; cela a arrêté et donne lieu à des voyages à Versailles. M. le chancelier a voulu en nommer comme chef de la justice; cela n'a pas encore passé; attendu qu'il n'a aucune inspection dans l'intérieur du Parlement, en sorte qu'on a défendu au Parlement de s'assembler davantage, voyant ces difficultés, et que la déclaration, seroit sûrement refusée si les choses se passoient libre-* ment, d'autant que dans l'enregistrement des lettres patentes, en 1714 ou 17 15, il y a de grandes réserves
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pour la sûreté du Roi, les droits de l'État et les libertés de l'Église Gallicane,
Mais le bruit de la ville est que la Cour ne voudra pas avoir le démenti de sa déclaration. C'est M. Chauvelin, garde des sceaux, qui, dit-on, l'a fait lui-même; il aspire à la place de premier ministre, et pour vouloir aller trop * haut en trop peu de temps, il culbutera sûrement. C'est lui qui afait renvoyer M* Le Pelletier des Forts (qui avoient toujours quelque prise ensemble), d'autant que le garde des sceaux vouloit se mêler de finances, et que l'autre, qui est haut et expérimenté en cette matière, le barroit jusqu'à lui dire en plein conseil : « Monsieur, l'expé- « riencequë j'ai là-dessus vaut mieux que tout 1 esprit « que vous pouvez avoir. » Mais le garde des sceaux n'a pas manqué l'occasion de la friponnerie sur les actions pour le supplanter et mettre un homme à lui à la place du contrôleur général.
Pour revenir à notre déclaration, on croit que lundi, 3 avril, le Roi viendra tenir son lit de justice. Quoique le Parlement soit en plus grand nombre, il n'est pas douteux que la déclaration passera; mais le Parlement se sauvera toujours par là en quelque façon du reproche qu'on pourroit lui faire.
Le corps des avocats est le plus entêté et le plus ferme sur cette matière du temps ; quoiqu'à proprement parler il ne soit pas obligé de soutenir les droits de l'État. Dans une thèse de théologie aux Jésuites, il y avoit pour conclusion que : « concilium œcumenicum numguam est absolute necessarium, » qu'un concile générale n'est jamais absolument nécessaire/Comme il y en a eu dix-huit, et que cela est contraire aux maximes et à l'usage, les avocats, ces jours-ci, ont dénoncé cette proposition, laquelle dénonciation est signée de trente. C'est Àubry qui l'a faite, et on dit qu'elle est parfaitement écrite. Ils ont même trouvé un arrêt de 1663 qui gn a condamné une qui n'étoit pas en termes si forts et
si précis; et ils ont fondé le droit qu'ils avoient de faire cette dénonciation dans la formule du serment qu'ils prêtent à la Cour, où, il y a : que si, dans les affaires qui leur passent par les mains, il y a quelque chose de contraire aux droits du Roi et de l'État, « curiœ illico advisabuntj » qu'ils en donneront avis et dénonceront à la Cour. Ils vouloient porter leur dénonciation à M. le premier président; mais ils ont rencontré M. l'abbé Pucelle, qui leur a conseillé de ne pas le faire, dans la conjoncture de cette déclaration du Roi, qui embarrassait déjà suffisamment M. le premier président; et comme M. l'abbé Pucelle est à la tête du parti janséniste dans le Parlement, c'est à lui qu'ils l'ont donnée pour en faire tel usage qu il voudroit.
Avril.
Lit de justice* — Cérémonial. — Le cardinal dans la lanterne. — Discour? du chancelier, — Le président de Lessevillc, Pabbé Pucelle, etc. — Enregistrement de la Constitution. — Faiblesse du premier président. — Opposition des conseillers* — Protestation dans les Chambres. — Déclaration publiée. — Des avocats ferment leur cabinet. — M, Duhamel consul- . tant. — Placards distribués par des dévotes de Saint-Séverin. — Mercuriales au Parlement. — Discussions avec le premier président. — M. Gilbert. — Discours de M. Portai L — Opposition de l'abbé Pucelle, — L'abbc Guillebaut.— Le premier président se retire. — Le Cabinet du Parlement, — La saignée de M. Portail. — Délibération du Parlement. — Désobéissance. , — La quatre-vingt-onzième proposition de la constitution Unigenitus. — La Grand'Chambre. — L'abbé Du Mans, conseiller, accepte comme docteur la. Constitution. — Assemblée du Parlement. — Le premier président refuse de faire registrer les protestations et la délibération.. — Lettre de cachet.
Lundi saint. — Lundi, 3 de ce mois, le Roi est venu à Paris tenir son lit de justice. Le Parlement n'a reçu la lettre de cachet, c1 est-à-dire chaque conseiller, que le dimanche après-midi. Ils y ont été dès sept heures du matin pour conférer, mais il" n'a pas été possible de * joindre le premier président Portail, qui n'est arrive dans la Grand'Chambre qu'un moment avant le Roi» Le Roi
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est venu à dix heures et demie, avec M. d'Àguesseau, chancelier, les princes du sang, M. le duc d'Orléans à la tête, la plus grande partie des ducs et pairs qui tenoient tout le haut banc à la droite du Roi, et encore un banc qu'on avpit ajouté. Sur la gauche du Roi, M. de la Fare, évêque de Laon, M. de Gesvres, évêque de Beauvais1, qui sont à la place ordinaire des présidents à mortier, et il n'y a personne le long du banc des conseillersclercs.
M* le duc de Bouillon, grand chambellan, est aux pieds du Roi; M, le chancelier au-dessous du Roi, un peu de côté; M." le prévôt de Paris à côté de la place du greffier en chef ; et M. le premier président en bas, où il lient la petite audience ordinairement avec les présidents à mortier; et au milieu du barreau étoit un banc sur lequel étoient: MM. le comte de Maurepas, le comte de Saint-Florentin et d'Àngervilliers , tous trois secrétaires d'État. M. Chauvelin aurait été là s'il n'a voit été que secrétaire d'État des affaires étrangères ; mais à cause de sa place de garde des sceaux, il n'y étoit pas. Tout le Parlement étoit dans les bancs du côté des fenêtres et sur un échafaud qui prenoit en amphithéâtre depuis les bancs où est la barre jusqu'à la cheminée.
Ce qui est de curieux, c'est que M. le cardinal de Fleury étoit dans la lanterne2, du côté des greffes, avec les ambassadeurs étrangers. 11 a ôté les jalousies, s'est accoté, sur la petite barre de fer tout à découvert, et a salué tout le monde.
Tout étant en place, M. le chancelier, après avoir fait une génuflexion, a parlé et a dit que le Roi ne venoit pas tant pour honorer le Parlement de sa présence que pour donner plus d'authenticité à la réception d'une
1 . Étiemie*llené Potier, cardinal de Gesvres, évêque de Beauvais du 6 juin 1728 jusqu'en 1571.
2. Tribune dans une &allef d'où l'on peut dommer rassemblée et voir &an$ être vu.
10G JUUItNAL 1>K UAKIiiEK.
Constitution, généralement reçue par l'Église, avec Téloge du Roi sur sa soumission à -l'Église, et sur sa religion. Ensuite le premier président, après avoir salué le Roi, a fait aussi un discours contenant de même l'éloge de la personne du Roi et approbatif de ,çe que Ton alloit faire. Le greffier en chef ou un des secrétaires de la Cour a lu la déclaration, M. Gilbert, avocat général, a fait aussi un discours par lequel, après Téloge du Roi, il a demandé l'enregistrement de la déclaration, dans lequel il seroit mis que le Roi étoit séant dans son lit de justice ; en sorte que le chancelier, le premier président et l'avocat général, tout cela étoit préparé pour parler de même.
Alors le chancelier s'est levé pour aller prendre l'avis des princes du sang ; M. le président de Lesseville, qui est conseiller d'honneur du Parlement, et qui étoit en bas, s'est levé pour parler; M. le chancelier lui a dit : <c Monsieur, le Roi vous ordonne de vous taire; vous « ne devez parler qu'à votre rang pour opiner, et vous « devez avoir plus de respect devant le Roi. » Le président de Lesseville faisoit effectivement une sottise, mais le chancelier lui a parlé durement.
Tous les princes, et ducs et pairs ont été du même avis sans rien dire.
Le chancelier est venu aux présidents à mortier. M. Amelot, qui avoit déjà frondé la déclaration, lorsqu'elle tut envoyée au Parlement, a parlé un peu de temps, et quelques autres présidents. M. l'abbé Pucelle a refusé et montré l'inconvénient de la déclaration ; mais il a dit à M. le chancelier que ce qui Tétonnoit davantage, c'est qu'elle fût présentée par lui, après ce qu'il lui avoit entendu dire, il y a quinze ans. Effectivement, avant la mort de Louis XIV, M. d'Aguesseau, alors procureur général, s'étoit si fort opposé à la Constitution Unigcnitus, que le roi Louis XIV avoit eu dessein de venir tenir un lit de justice pour supprimer la charge de
procureur général, et on en auroit recréé une pour M. Chauvelin, frère aîné du garde des sceaux d'aujourd'hui, qui étoit avocat général et d'infiniment d'esprit. C'est pourquoi ce matin, M. l'abbé Pucelle lui a dit, en parlant à lui : Quantum mutatus ab illoK
M. le chancelier a eu l'attention de dire aux conseillers que l'usage étoit d'opiner bas ; mais M. l'abbé Guillebaut, de la troisième chambre des enquêtes, qui s'est fait conseiller à soixante ans, a dit de façon à être entendu de tout le monde que la proposition quatrevingt-onze de la Constitution tendoit à arracher le sceptre des mains du Roi ; que la déclaration d'aujourd'hui étoit dans le même esprit, en confirmant une pareille proposition, et qu'il ne pouvoit pas la recevoir; il étoit précisément au-dessous du cardinal de Fleury. On a obligé M. le chancelier d'aller dans tous les rangs des conseillers pour prendre l'avis. La plus grande partie a arrêté M. le chancelier ; cela s'est vu aux mines et aux gestes. M. de Godeheu a dit assez haut qu'il croiroit trahir le Roi et sa conscience s'il acceptoit pareille chose. Il y a eu deux opinions : Tune, de supplier le Roi de retirer sa déclaration; Vautre, de permettre de lui faire des remontrances, et tout le monde s'est aperçu qu'il y a eu plus des deux tiers qui ont refusé. Après cette façon d'opinions, le chancelier a retourné devers le Roi et a fait semblant de lui parler, et s'est retourné et a prononcé : « Le Roi ordonne que la déclaration sera « registrée, etc. » '
Or, Ton dit que, quoique la plus grande partie des voix ait été contre, l'enregistrement est toujours valable, parce que le Parlement, dans un lit de justice, n'a que la voix consultative et non délibérative. Après la prononciation, le Roi, qui s'étoit assez ennuyé dans cette cérémonie, est parti ; M. le chancelier, les princes- et les
!« Virgile, Ênbide, 1. n, t. 274.
ducs ont suivi, ensemble M. le premier président, qui a .filé très-vite avec MM. les gens du Roi. . Les conseillers et présidents sont restés; M. l'abbé Puçelle a couru après le premier président, mais il n'a pii l'arrêter ni les gens du Roi. Ceux qui sont restés ont dit qu'il falloit faire des protestations, et constater que la pluralité des voix étoit contre, et on a remis à demain à délibérer. 11 étoit midi et demi quand le Roi est sorti, et un des conseillers est venu, en sortant du Palais, m'apprendre tout cequi s'étoit passé1. Mais ceque le public a remarqué, c'est que le peuple n'a point crié : « Vive « le Roi! » dans la cour du Palais ni dans le passage, ce qui est fort extraordinaire et ce qui fait voir la prévention.
. Au sortir du Palais, M. le cardinal de Fleury et M. Ic premier président ont été dîner chez M. l'archevêque de Paris, dont on attend un beau- mandement. . Mardi matin, 4 de ce mois, le Parlement, au nombre, dit-on, de cent trente, plus ou moins, s'étant rendu dans laGrand'Chambre, ils ont envoyé chercher M. le premier président par deux fois. A la fin, il est venu. On a dit qu'il s'agissoit de voir ce que l'on feroit sur ce qui s'étoit passé au lit de justice. M. le premier président a tiré de sa poche une lettre de M. le chancelier, qui, de la part du Roi, leur défendoit de s'assembler. Ils ont dit qu'ils ne connoissoient point une lettre de M. le chancelier; mais le premier président s'en est allé ; les présidents à mortier s'en sont allés aussi et ont filé, et, dans chaque chambre, chacun a fait des protestations à son greffe, qu'ils ont datées du lundi, jour du lit de justice. Voilà ce qui s'est passé.
• On a publié, toute la journée dans les rues, la déclaration du Roi, registrée au Parlement, le Roi séant en son lit de justice. Celte déclaration rappelle tous les
i. Voyez le * ffowiffej eccîè$ia$lîquesf ta Gazette de France du 3 avril 1730, etc.
àvtul nso. 109
anciens édils jusqu'en 1665, contre le jansénisme, pour la signature du formulaire ; elle ordonne de signer sans
aucune restriction les bulles de quatre papes
- et Clément XI1, qui est la Constitution Unigeni-
îvs. Elle n'enjoint cela qu'à ceux qui voudront par la suite avoir des bénéfices; s'ils en ont déjà d'autres et qu'ils refusent, ceux-là seront déclarés vacants et impétrables. On craignoit pour les curés, qui sont contre la bulle. Suivant le texte, restant comme ils sont, on ne leur dira rien; mais cependant on craint les suites et surtout un mandement.
La seule chose un peu forte est qu'on prêchoit la même soumission et le même esprit pour la bulle Uni* genitus que pour une loi de l'Église universelle ctv matièrexle doctrine, mais volenti non fit injuria.
Ce qui est de certain, c'est que Ton a fait faire une vilaine équipée au Roi, qui de ses propres yeux a vu lu rumeur et le refus général du Parlement, aussi bien que le cardinal-ministre, qui avoit fait venir avec lui les ministres étrangers.
Ce qui restera de cela est une grande aliénation entre le premier président et sa compagnie. Cet homme, qui n'a point de nom par lui-même, le voilà méprisé pour longtemps, et encore en Cour lui en voudra-t-on de n'avoir pas plus de crédit que cela sur sa compagnie. M, Gilbert, avocat général, ne sera pas encore bien aimé. De tout ceci, il faut avouer qu'un poste comme celui de premier président est fort embarrassant en pareille occasion, et il faut avoir bien du manège et de la politique pour se maintenir bien avec sa compagnie et la Cour; et dans le doute, il faut préférer sa compagnie avec qui on a à vivre, à moins d'avoir une porte promise pour sortir.
Ce qui est du plus plaisant, on dit que quelques anciens avocats ont fermé leur cabinet, lundi- et mardi
i. Les noms des papes sont restés eu blanc dans le mss., t. n, p. 2?7„
110 JOURNAL DE RÀÏUîJER.
saint, ne voulant point consulter. Et de fait, ce matin qu'il y a audience aux requêtes du Palais , il n'y avoit point d'avocats pour plaider, et il y en avoit quelquesuns en habit et en canne dans la grande salle ; si ce n'est que pour aujourd'hui, ils ne risqueront pas beaucoup, puisque c'est le dernier jour du Palais1, Mais si c'est tout de bon, soit pour refuser de consulter, soit pour ne point plaider après la Quasimodo, cela est trop fou, car on ne leur a rien dit, ni même rien fait à aucun de messieurs du Parlement; et apparemment qu'ils ne prétendent pas qu'en leur faveur le Roi reviendra à Paris pour faire rayer l'enregistrement.
C'étoit M. Duhamel, fameux avocat consultant, qui avoit voulu mettre le cœur au ventre aux avocats; mais ils ont reconnu la sottise de cette démarche, et le lundi de la Quasimodo, on a plaidé à l'ordinaire.
Hier, dimanche de Quasimodo, 16 avril, on arrêta et conduisit à la Bastille une mercière de la rue Saint- Jacques et sa sœur, dévotes2, qui, apparemment à l'instigation de quelque confesseur de notre paroisse de - Sain t-Sé vérin où Ton est furieusement janséniste, a voient, ce matin à six heures, affiché et distribué aux Tuileries des placards écrits à la main , où il y avoit : « Vive le <t Roi ! périsse la Constitution et ceux qui la soutiennent! » Ce sont des esprits foibles à qui, par conscience, Ton fait faire des sottises. Si l'on découvre le prêtre qui a été le moteur, il passera mal son temps avec raison.
Le Roi est parti aujourd'hui 17, pour aller passer six semaines à Fontainebleau, espérant y trouver des cerfs et de quoi chasser, qui est sa seule occupation, non pas absolument tant pour la chasse que pour être en mouvement; car souvent pendant que l'on chasse, il s'arrèle et se met à jouer dans la forêt.
1. La vacance des tribunaux commençait le mercredi saint et finissait le Jundi de la Quasimodo*