‹ Journal de Barbier, tome 2Chapitre 57 sur 90 · Louise-Marie, née en 1728. — Voyez Journal de la Cour, l · texte numérisé non relu

Louise-Marie, née en 1728. — Voyez Journal de la Cour, l

p. 177. — te'Roî n'en continuait pas moins à jouer aux petits paquets, autrement la BGnquC'FaUUte^ le jeu à la mode.

3S4 JOURNAL DE BARBtER.

un arrêt fulminant au Parlement, par lai Grand'Chambré seule1, sur la dénonciation faite par les gens du Roi d'un imprimé qui contient une lettre du doyen de la Sorbonne à M. le premier président, au sujet d'une thèse condamnée par arrêt du 5 janvier dernier, une autre lettre de M. de La Fare, évêque de Laon à ce doyen, et un formulaire de M. de Brancas, archevêque d'Aix. Ce sont les jansénistes qui ont assemblé ces pièces dans un imprimé qui a couru, pour donner lieu à la condamnation. Depuis l'arrêt, cet imprimé a été introuvable, et j'ai été obligé d'en emprunter un pour copier les pièces. L'arrêt renouvelle les quatre propositions de l'assemblée du clergé en 1682, touchant les droits du pape et lès libertés de l'Église gallicane. Il rappelle presque en forme de règlement les anciennes maximes du royaume , ce qu'on lui avoit défendu de faire l'année dernière ; il autorise même l'appel au futur concile de la Constitution llnigenitus. Et par là , il renverse tout ce qui a été fait dans les deux derniers lits de justice, et tous les arrêts du Conseil rendus ail sujet de la Constitution. Ma foi! on nîentend rien à cette variation, car il est certain, dans le fait, que ce dernier arrêt a été fait de concert avec la Cour. On y a travaillé avec M. le chancelier. A l'égard du discours de M. Gilbert, avocat général , il semble qu'il n'ose parler net. C'est un entortillement de phrases dont on ne peut espérer quasi pas rendre le sens. Cet arrêt , au surplus, porte un furieux coup à l'ambition épiscopale. Mais les gens sensés, qui regardent toutes ces matières dans un ■ point de vue éloigné, sont très-surpris des contradictions perpétuelles de notre gouvernement. J'ai peine à croire qu'il n'y ait pas quelque raison de politique qui ait déterminé à donner ainsi le dessus au Parlement.

Mais comme les jansénistes fanatiques abusoient de cette petite victoire, qui n'est peut-être qu'une lueur, ils continuoient de faire parade de leurs prétendus miracles

i, Voyet Mercure de France , t733, février, p. 4 H.

de M. Pâris par des convulsionnants de toute espèce, plus en femmes qu'en hommes. On leur faisoit des choses vraisemblablement surnaturelles pendant leurs convulsions : elles étoient couchées par terre, on leur montoit sur l'estomac à trois ou quatre personnes, on leur mettoit des pierres sur la gorge avec des efforts étonnants, pour faire voir que rien ne pouvoit les blesser, et qu'à la fin de la convulsion elles étoient tranquilles comme auparavant. Cela les soulageoit même pendant leurs convulsions. 11 y en a qu'on étrangloit presque, du moins en apparence ; il y en a d'autres qui prophétisoient sur les personnes présentes , qui faisoient des exhortations magnifiques pendant leurs convulsions. On n'entroit dans ces maisons que par amis de la clique, et l'on entend qu'il y avoit dans tout cela du manège et de. la supercherie. Cependant, la curiosité y attiroit des gens de toute robe. Le premier président de la Cour des Aides1 a eu l'indiscrétion d'y aller deux fois. La présence et Téionnement d'un tel magistrat à ces spectacles autorisent et confirment l'abus et la crédulité des ordres inférieurs. Ces assemblées ont déplu au ministère, et, par une ordonnance du 17 février, elles ont été défendues sous peine de désobéissance.

Les charges de conseillers au Parlement sont remontées à plus de soixante mille livres depuis le dernier arrêt. Elles deviendront comme les actions de la Compagnie des Indes, elles monteront et hausseront sur la place, suivant les événements.

Le rhume, qui a été presque général pour tous les habitants de cette ville, comme dans le reste du royaume, et même dans les autres pays, commence à diminuer; mais il n'a pas laissé que d'entraîner bien du monde, et le commencement de cette année a été d'une trèsbonne récolte pour les médecins, chirurgiens et* les prêtres.

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