En 1791, le 9e de libmc
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maréchal de camp, et petit-neveu du premier président de la Cour- des Âides, du lieutenant civil et du cardinal Le Camus1, ami de ce La Motte et de la limonadière, avoit été décrété ; il s'est mis en prison ; il y a eu un plus amplement informé pendant un an, et cependant mis hors des prisons; et contre la veuve du limonadier un plus amplement informé, usque quo, et on Ta enfermée dans une communauté. ,11 est étonnant qu'un assassinat pareil , commis à neuf heures du soir, au mois d'août, avec trois accusés, dont quelqu'un y doit avoir part, n'ait pas pu être prouvé»
Le père Teinturier, Jésuite, mon ami, grand prôdica- * teur, prêcha le carême devant le Roi, et dans un sermon, du 19 de ce mois, sur la vie molle, à furieusement apos* trophé le Roi. 11 lui a représenté qu'un roi devoit être l'âme et la lumière de son Conseil ; qu'il étoit responsable de tout ce qui se faisoit par ses ministres; qu'il devoit être à la tête de ses armées, pour faire éclater la puissance du bras de Dieu/11 a comparé David, etc. Ce sermon a fait grand bruit à la Cour, et ensuite à la ville» De la part d\in Jésuite, que l'on sait être politique, en parlant au Roi, qui ne se mêle de rien, qui laisse le cardinal le maître de tout, et qui n'aimé point à travailler, qui ne fait qu'aller à la chasse et souper à la Muette, et qu'on ne dit point devoir aller à l'armée ; on dit qu'à ce sermon tous les courtisans n'osoient lever les yeux.
Cependant, depuis ce sermon, ce prédicateur a un succès de plus en. plus. Le Roi a fait déranger tes jours ordinaires de sermon, qui tomboient dans les jours marqués pour la chasse, pour n'en pas manquer un ; et les fins politiques croient que cela n'a été prêché que par ordre secret du cardinal de Flcury, qui aime le Roi, qui prévoit les desseins ambitieux du garde des sceaux Chauyclin de s'emparer du gouvernement et de l'esprit du
{. Étienne Le Camus, théologien célèbre, né à Paris en 1632, fut évèqua d? Grenoble et cardinal, Il mourut en 1707
ftoi, après la mort du cardinal, qui ne veut pas, dit-on, qu'il y ait d'autre premier ministre après lui, et qui voudrait engager le Roi à se mettre à la tête de ses affaires. Mais personne ne saura jamais ce secret, ou du moins pas sitôt, s'il est vrai,
M, le prince de Conti doit partir pour l'Allemagne; il a un équipage de prince du sang qui est déjà parti.
M. le duc de Gramont1, colonel du régiment des gardes, a été piqué de n'être pas dans la promotion des - lieutenants généraux. Il avoit fait son équipage, et il Ta revendu ; il a même gagné vingt mille livres. Comme il est fort méprisé non-seulement de son régiment, mais de tous les officiers d'armée , on dit qu'il a pris ce prétexte pour ne point aller à la guerre, et on lui a fait le petit couplet de chanson :
Brave colonel des Pierrots^, On a lort quand on vous oublie, Non que vous soyez un héros, Brave colonel des Pierrots!
M3is quand on met jusqu'aux Chabots3, Dans la liste que Ton publie, j Brave colonel des Pierrots,
C'est à tort que Ton vous oublie!
On a fait d'une pierre deux coups, car le couplet est aussi mauvais pour M. Chabot-Rolian, nommé lieutenant général, qui Va pas la réputation de brave.
Avril*
Nouvelles. — Don Carlos au Mont-Cassîn.
Toutes nos troupes sont sur le Rhin et sur la Moselle, 11 y aura plus de cent vingt mille hommes. Tous les offi-
1. Louis, duc de Gramont, colonel des gardes françaises; mort en 1741. *2. Surnom donné aux gardes françaises.
3, Guy-Auguste de Rohan-Chabot, Voyei plus haut, p. t:J9, note 3,
eiers généraux sont partis. yEmperpur a fait de sorç côté de grands préparatifs, et ipfjt §ç dispose h une bonne guerre en Allemagne et en Italie* Dori Çgrlos étpit 4è§ le mois dernier à trois lieues de Rome , pour marcher à Naples à la tête d'une armée- Il n'y à que qya.rante lieues de Rome à Naples.
Cette conquête ne coûtera pas beaucoup ajix JSspar gnpls ; les Napolitains les. aiment et haïssent les Âlleniands. Don Carlos est arriy.é à trpis lieues de Naples, dans l'abbaye dq Mon^Caçsin1, où jj a été reçp avec la croix et le Te Deùpi, Il a reg^pdé spp desseip d.e s'emparer du 'royaume de Naples commp un titre. Il a donné un édit par lequel il supprimoijt tous les |mp<Hs établis par le gouvernement impérial. On lui a apporté les clefs de la ville de Naples ; tous les seigneurs du pays se sont déclarés pour lui. Sur la demande du vicé-roi à se retirer, l'Empereur en ayoit envoyé un autre. Tous les deux ont pris le parti de se retirer de Naples en même temps avec une escorte, en sorte qu'il n'y a plus que les trois châteaux à prendre, où il y a des troupes allemandes; mais l'affaire est bien avancée, et si cela continue ainsi, don Carlos s'emparera de même du royaume de Sicile. On jouera pour lé coup au #qi dépouillé, car il n'y a pas apparence que l'Italie lui soit rendue.
Pour ce qui est de la Pologne, les nouvelles en sont plus spurdes. Le roi Stanislas est toujours c|ans Dantzick. Le siège en .continue par les Russiens, qui attendent leur grosse artillerie, et les Dantzickois attendent un secours de nos troupes, qui est embarqué il y a déjà du temps. Il y a de temps en temps quelques rencontres entre des Polonois et des Saxons; mais cela ne décide de rien. Ce qu'on ne conçoit pas, c'est le départ de l'électeur de Saxe, qui quitte la Pologne après y avoir été couronné, pour venir en Saxe dans ses États, et qui y est encore.
1* Célèbre abbaye de Tordre de Samt-Denoit,
MÀi 1734. 459
Mal.
Nouvelles d'Italie. — M. de Coifjny. — ■ Nouvelles de Pologne. — Mort de mademoiselle de Beaujolois. — Lê marquis dè L'Aigle.
L'Efnperetir a plus de qiiarahle mille Hommes ehïtàlie, qui ëont parvenus jusque dans le Mantouan. Nous avions des corps d'àfmée en différénts endroits le long du Pô, pour les empêcher de passer et dè descendre <kns lé pays de Parme. Mais nos mesurés ont été iriutiles; toutes leurs troiipes ont passe le Pô à la faveur de qiieîquës feintes du côté de Sàn-Bënëdetto1. M. de Coighy, lieutenant général, quoique bfavë homme et fort bon officier, qui étoit posté là, a été trompé par leurs mouvements et les à laissé passer. Gela n'a pas été mis dahs l'es Gazettes, mais le fait a été publié. M. le maréclial de Villars avott son càmp sous Colorno ; maison de plaisance des ducs de Parme ; il a été averti de ce pasâage, il est monté à cheval à trois heures du matin, et a fait une màrchefôrcée jusqu'à minuit. C'est bien beau à plus de quaire-vingts ans d'être vingt et une heures à cheval ! Bon dessein étoit dé joindre à l'endroit dii passage lé reste de lèiir armée ; mais il a trouvé tout passé dans cétie marche. Le niarechal de Villars et le roi de Sardâigne se sont un peu écartés du corps de * troupes. Ils étpierit accompagnés seulement dé quatrevingts grenadiers et des gardes du corps du Roi. Ils ont fait rericoiitrede deux cèrits Allemands, qui ont fait feu sur eux. Là plus grande partie des gardés dii roi dé Sardâigne à lâché pied et pris la fuité êri criant : « Sauve qui peut ! » Les qudtfë-vingts grenadiers ont fait dès mef veillés ; de la cavalerie est arrivée, et bn a battu les detii cents Allemands; mais le roi et le maréchal pouvoient fort bien être pris. Ce fait n'a point encore' été mis dans les Ga-