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Ville de la Lombardie, sur l'Àdda

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de lui garder sa chaise, Tous les gens riches et puissants ont fait transporter tous lèurs effets de Milan dans la ville de Mantoue.

Du côté d'Allemagne, M. le maréchal de Berwïck s'est avancé avec toute l'armée à Stholotîen1 ; c'est là où est le camp.

On a vu des lettres de Marseille, qui portent qu'il est débarqué quatorze mille Espagnols de cavalerie, qui ont pris leur chemin pour l'Italie, et qu'à l'égard dé là flotte espagnole, on l'a vue de Toulon. On ne sait pas où elle va ; mais l'on croit qu'elle va droit descendre à Naples pour s'en emparer. Mais, cela ne peut pas êtrè vrai parce que la cavalerie, espagnole a passé par le Roùssillon, et par la Provence sûrement.

Il ne paroît pas jusqu'ici que l'Empereur ait pris des mesures bien .justes et bien promptes, ni qu'il soit bien dans ses affaires.

Pour le roi Stanislas, comme tous les passages sont bouchés, on ne reçoit pas aisément de nouvelles de ce pays-là; c'est ce qui a fait dire qu'il avoit été obligé de sortir de Dantzick. Cependant il a écrit au roi de France et à la reine de Pologne , qui a dû arriver, hier 13 de ce mois, de Chambord pour résider à l'abbaye de Saint-Cyr, où la reine de France sera à portée de la voir souvent. Il écrit de Dantzick qu'il y est fort bien; que l'électeur de Saxe ne se presse pas pour son couronnement, et qu'il envoie forcé courriers à l'Empereur pour savoir apparemment le parti qu'il prendra ; que les Moscovites sont harcelés et attaqués de tous côtés par la nation polonoise, entièrement portée pour le roi Stanislas, qui est un grand point, et que les femmes et les enfants des seigneurs qui lui sont opposés viennent à Dantzick successivement lui demander grâce.

La reine de Pologne a réçu des lettres, du 30 du mois

1 * Slolhoffen, Stoloffa ea latin, ville de Souata,

dernier, du roi Stanislas, deDantzick, qui marquent que l'électeur de Saxe n'a fait aucune démarche pour entrer en Pologne et pour accepter son élect ion ; que ,1e pape a reconnu le roi Stanislas par un bref, et qu'il a. obligé son nonce, qui éloit à Varsovie, dè résider auprès du RoiàDaritzick. Ce nonce avoit été gagné par les minis^très russiens, qui sont pourtant schismatiques grecs, et avoit différé à exécuter les ordres du pape, pour la. publication du bref. Cette reconiioissance de la part clu pape 'est une circonstance d'autant plus avantageuse au roi Stanislas que les Polonois ont grande soumission, prévention et crédulité pour la cour de Rome. Il mande encore que le prince Potoski, régimentaire de la couronne de Pologne et frère du primat, avoit battu quatre mille Russiens et pris leurs bagages. Cette prise est très-considérable; il y avoit douze cents chariots, ce qui compose cinq mille chevaux. On a pris une somme considérable ■d'argent, et on a tué près dé mille hommes. Le général a employé un tiers de l'argent à payer ses troupes, et le roi Stanislas l'a laissé dépositaire du reste pour les bësoins de son armée. Cela a été depuis dans les Gazettes; et d'ailleurs que tous les paysans s'assemblent pour donnér sur les Russiens, quand ils en trouvent l'occasion, en sorte que les affaires sont au mieux dans un pays où nous rie pouvons pas aisément envoyer de Groupes.

Les nouvelles d'Italie sont que le maréchal de Villars est arrivé à Turin, le 6 de ce mois, pour, saluer la Reine„ Il a joint l*armée du roi de Sardaigne et la nôtre, qui fait le siège de Pizzighitone, où ce que l'Empereur avoit de troupes à Pàvie et autres endroits s'est retiré, parce que c'est le chemin droit, à Mantoue, qui n'est qu'à douze . et quinze lieues de là. On fait pendant ce temps-là le blocus du château de Milan. On dit que le maréchal de Villars est incommodé. Cela n'est pas étonnant après la fatigue d'un teL voyage. On a prévu cela, car M. d'As-

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ield premier lieutenant général en Italie , 'a dans sa poche le brevet de maréchal de France, pour se faire reconnoître en cette qualité, en cas que le maréchal de Villars vînt à mourir. n \

- On distribue ici le manifeste imprimé du roi de Sardaigne au sujet de son union avec la France, pour, faire la guerre à l'Empereur. Outre la qualité d'oncle du roi de France, qui l'oblige à prendre part à l'insulte que l'Empereur fait au roi de France, dans la personne du roi Stanislas, son beau-père, il explique parfaitement ses griefs personnels contre la cour de Vienne- On dit que c'est la jeune duchesse de Bourbon, sœur de la reine de Sardaigne, qui a négocié d'abord avec sa sœur par lettres le traité entre là France et la Savoie, sans quel'am7 bassadeur du roi de Sardaigne à la .cour de Vienne 'l'ait su, que lorsqu'il a eu ordre de se retirer de la cour de l'Empereur. . " i

Chacun compte avoir sujet de se plaindre dans cette guerre. L'Empereur a fait notifier à tous les princes de l'empire un manifeste, par lequel il prétend qu'il étoit garant aussi bien que l'impératrice de Russie d'un traité fait avec la république de Pologne, pour maintenir ses droits et sa liberté, par lequel le roi Stanislas a été déclaré proscrit et inéligible à jamais. Il fait valoir tous les . autres griefs contre le roi de France. 11 se déclare l'offensé, et il invite tous les princes de l'empire à prendre sa défense et à s'opposer aux vastes projets de lav cour de France.

On pourroit lui répondre que son traité de garantie, n'ayant été fait qu'à la sollicitation et en faveur de la république de Pologne, cette même république ayant élu d'elle-même le roi Stanislas, je ne dis pas sans intrigue

i. Claude-François- Bîdal, marquis d'Àsîeld, né en i6G7t se distingua dans la guerre d'Espagne. C'était un des meilleurs élèves de yauban. Nous le verrons commandant en chef, maréchal de France > se rendre maître de Phi- "lipsbourg, et malgré cela être chansonné. II mourut eu. 1743. . . [

et négociation de notre part, mais du moins sans contrainte puisque certainement le roi Stanislas y est arrivé seul, sans troupes, sa garantie est devenue à rien,.

Le prince de son côté a donné un manifeste pour justifier sa conduite et son impartial ilé dans la nomination de Stanislas pour roi de Pologne. Nous n'avons eu ces manifestes que dans la Gazette de Hollande.

On peut dire là-dessus que celui-là aura raison dont les canonniers tireront le mieux.

Ce prétexte de garantie de l'Empereur seroit juste, si le roi Stanislas, ayant été élu roi de Pologne et en possession, et en ayant été chassé par le roi Auguste, électeur de Saxe, le roi de France depuis son mariage avoit entrepris de chasser le roi Auguste pour rétablir le roi. Stanislas. Mais le roi de France est resté fort tranquille depuis son mariage ; le roi Auguste est mort paisible possesseur du royaume de Pologne. C'est un royaume électif sur lequel rélecteur de Saxe son fils n'a aucun droit. Rien n'est. plus naturel que les démarches et les négoçiations du roi de France pour faire remonter son beau-père sur le trône de Pologne, par une nouvelle élection, pour ne rien entreprendre sur la liberté polonoise, et l'opposition de l'Empereur, ouvertement praT tiquée, n'a point d'excuse et est une véritable insulte entre souverains.

L'électeur de Saxe a aussi fait publier un manifeste par lequel il regarde son élection comme faite dans les règles, et suivant les lois du pays, et comme si celte couronne lui appartenoit de droit à l'exclusion de tout autre. On dit que ses équipages et ses carrosses sont partis de Dresde pour Cracovie, où il se rendra pour son couronnement et pour y faire son entrée.

La tranchée devant Pizzighitone a été ouverte le 17 de ce mois. On dit qu'il y fait chaud, et que les assiégés se défendent. Comme cette place est sur la rivière

d'Adda, et qu'il y a beaucoup d'eau, dans le pays, on

dit que nos troupes sont dans l'eau jusqu'aux genoux; mais, attendu qu'il ne fait pas froid dans ce pays-là, on n'a pas voulu perdre de temps à faire des saignées pour tâcher d'écouler les eaux- Je viens de recevoir une lettre d'un officier du régiment de Champagne^ du camp' de Pizzighitôrie, en date dii 19 novembre, qui me mande que la tranchée a été ouverte la nuit du 16 ait 17; que les gardes du foi de Sardaigne, qui fait le siège, ont eu l'honneur d'ouvrir la tranchée ; le lendemain le régi-, ment de Picardie", et le i8 au matin, celui de Champagne, qui est entré dans la tranchée, tambour battant, usage usité dans le seul régiment de Champagne (il y a effectivement dë la hauteur d'avertir les assiégés que c'est lui qui mcinte la tranchée); que les assiégés font grand feu et veulent se défendre, et que, le 22, nous devions y avoir quarante-cinq pièces de canon pour aller vite; attendu que la place est forte par sa situation et que le maréchal de Villars ne vouloit pas s'y arrêter longtemps, étant piqué au jeu parce qu'il avoit fait ce siège contre l'avis du roi dë Sardaigne et de tous les officiers généraux.

On dit effectivement ici que le roi de Sardaigne a déféré à son seul avis par considération sur son expérience*

Décembre*

Reddition de Pizzighitone. — Le prince de Wurtemberg. — Le marquis do Villurs. — Impôts. — Tontines! — Norniaut et l'Académie françoisc. — Lés Espagnols en Italie. — Nouvelles des armées.

J'ai reçu une lettre, du 29 dû mois dernier, du camp de Pizzighitone, par laquelle on me marque que la nuit du 23 au 24, à- deux heures du matin, on fit l'attaque du chemin couvert du côté dû fort nommé le Cherra, quoique nos ouvrages fussent encore éloignés de près de quarante^cinq toises; que cette attaque si été trèsrude* les assiégés s'étant fort vivement défendus; qiio

pendant ce temps-là, on avoit fait ouvrir une autre tranchée du côté de la ville, qui est séparée du fort par la rivière d'Adda; que les ennemis ont arboré le drapeau blanc et ont offert de rendre le fort à condition qu'on ne sfen serviroit pas contre eux; que le maréchal de Villars, ayant demandé le fort et la ville ensemble, ils ont remis le château ; qu on avoit envoyé à Mantoué un officier de la place avec un de nos officiers, nommé M. de Boissieu, pour consulter un général de l'Empereur sur ce que les assiégés feroient, et qu'on avoit accordé suspension d'armes pendant deux fois vingt-quatre heures* Toutes les lettres de cette date sont conformés.

Le prince de Wurtemberg1, général de l'Empereur, qui est dans Mantoue, avoit demandé quinze jours pour rendre la ville pour gagner du temps, mais le maréchal de Villars n'en a voulu* accorder que huit, et on nous a remis, le 8 de ce mois, la ville de Pizzighitone, avec tous les honneurs de la guerre pour la garnison qui s'est retirée à Mantoue, On dit que cette'place ne s'est pas défendue aussi longtemps qu'elle auroit pu le faire; mais aussi ç'auroit été sacrifier la garnison,

M, le maréchal de Villars a envoyé d'un côté faire lë siège du château de Milan, et, d'autre côté, a envoyé des officiers généraux avec des troupes s'emparer de Crémone et de plusieurs autres forts du côté de Mantoue, lesquels ont été abandonnés par les garnisons, ne pouvant pas résister. Le maréchal se sera ainsi emparé des passages de rivières et de tous le pays du Milanois avant que le secours de l'Empereur arrive.

Le maréchal a envoyé le marquis de Villars ?, sou fils, porter la nouvelle de la prise de Pizzighitone à don Carlos, qui est à Parme. Ce jeune seigneur, dont on

, i. Le prince. Char les- Alexandre, tfeld-maréchal de i*empîre, duc de Wurtemberg, de i 733 à 1737. ' *

2. Honoré-Armand,. marquis de Villars. Voyez plus haut, t. tf p. 152, »ole i, *

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parloit assez mal à Paris, s'est fort bien comporté. II étoit en Allemagne à la tête d'un régiment. La campagne finie de ce côté-là, il a demandé au Roi la permission d'aller en Italie, servir en qualité d'aide-de-camp du maréchal général son père, et il y.a fort bien fait son devoir. Tout le monde même en est charmé par rapport à son père , qui est aimé et respecté * et qui ignoroit les mauvais bruits qui ont toujours couru sur Je compte de son fils.

Pendant que nos officiers sont revenus d'Allemagne et qu'il n'est resté de troupes par delà le Rhin que pour garder les ouvrages qu'on y fait, il est arrivé par la Forêt-Noire, sans qu'on l'ait su, un corps de troupes des impériaux fort près de nous, en sorte qu'on y a renvoyé des troupes en diligence. On se seroit bien moqué de nous s'ils nous avoient repassés.

M* le. maréchal de Villars, qui fait toujours profession de galanterie, a donné un bal à Crémone pour re- - .cevoir un peu le roi de Sardaigne. :

Ce qui est surprenant dans cette guerre, c'est qu'après vingt années de paix, le ministère soit obligé d'avoir recours aux ressources dont Louis XIV ne s'est servi qu'à la fin de plusieurs guerres successives. On a envoyé au Parlement plusieurs édits, entre autres un pour prendre ,1e dixième de tous les biens. Le Parlement s'est assemblé poux1 examiner celte taxe, qui est apparemment à des conditions plus onéreuses que le dixième établi en 1710. On a nommé des commissaires, et il a été arrê té de faire des remontrances au Roi. M. le premier président vouloit qu'on employât seulement le terme dé représentations, qui est plus doux et qui est employé effectivement dans l'ordonnance de 1667; mais il a passé à faire des remontrances , lesquelles ont été portées aujourd'hui , 21 de ce mois, par des députés de la Cour à Versailles. En tout cas, le dixième sera toujours établi, car les remontrances ne tendent qu'à des modifications.

On a aussi établi une fameuse tontine sur le modèle des anciennes, dont le fonds est de douze millions; rodât a été enregistré sans difficulté, parce que cela est volontaire. Et, en efïet, on y porte beaucoup d'argent depuis dix jours, qu'on reçoit au trésor royal, surtout dans la classe depuis soixante ans, par la faveur du denier huit. Si, en 1726, on n'avoit pas retranché assez mal à propos les rentes viagères, il aurait été bien plus avantageux au Roi d'en créer, car l'accroissement dans les tontines est fort à charge.

Le fonds de la tontine est presque rempli, et j'ai laissé fermer ma classe de quarante à cinquante ans sans y avoir mis ; Dieu veuille que je m'en repente!

Il est arrivé une histoire au corps des avocats. Des amis de Normant, qui est le premier de l'Ordre pour l'éloquence, pour les- bons airs et pour être lié avec tout ce qu'il y a de grand à la ville et à la Cour, lui ont fait pressentir qu'on l'admettrait à l'Académie françoise, h la place de M. l'abbé d'Antin, évêque de Langres1. C'est une règle dans l'Académie de n'admettre qui que ce soit qui ne demande la place; en conséquence, Normant a écrit une lettre préparée à M. r évêque de Luçon 2, son ami, pour marquer qu'il serait très-honoré s'il pou voit se flatter, etc. L'évêque de Luçon a lu cette lettre à l'Académie, et d'une commune voix il a été admis.

Il y a une autre règle, qu'avant l'élection il faut rendre visite à tous les académiciens, en qualité de postulant, et même -les trouver; de sorte qu'il est arrivé à plusieurs personnes d'avoir fait ces visites et de n'avoir point été élu, parce que cela dépend presque toujours de M. le cardinal de Fleury, premier ministre, qui est * à la tête de l'Académie, et qui peut quelquefois proposer un sujet à la traverse. Certainement cet incident ne serait point arrivé à Normant,

1 . rîiM-rede PardailPan de Gondrin-d'Antîn, évoque de Langres, 1 754- i 733.

2. Michel -Celse-Roger de Bussy-KabuUn, évêque de LuçonT i724-i73G,

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Mais les avocats ont pensé qu'il ne corivenoit pas à un avocat de postuler une place, et encore moins de faire des visites dans l'incertitude de l'élection, en sorte que M. Norman t a remercié le corps académique/ . .

Comme la condition des visites est imposée à tous les académiciens, parmi lesquels il y a des maréchaux de France, des ducs et pairs, desévêques, les premiers magistrats, cela a été regardé comme une hauteur déplacép de la part des avocats , et cela n'a servi qu'à confirmer la réputation de fierté qu'ils se sont acquise depuis quelque temps.

i Après bien des lenteurs , les troupes .espagnoles sont enfin débarquées en Italie, £t on a vu ici paroître un manifeste du roi d'Espagne, adressé à son ambassadeur à la cour d'Angleterre, pour justifier son alliance ayec le roi de France* L'Empereur y est fort mal-traité, et pn reçonnoît bien dans le style la gravité et la su.ffisancepspagpoles.

En Italie on poursuit toujours vivement. Le iparécfral de Yiilars fait faire en même temps le siégç clu pljateau de Milan, de Novare et de Tortone; et il a fait, avancer des trou pes du côté de Mantoue, en sorte .qu'il sera bientôt maître de tout le pays et surtout de tous les passages sur les rivières. Le roi de Sardaigne et le maréchal de Vil- Jars sont logés dans les plus beaux palais de Ja ville de Milan, etcelui-ci a ordonné un opéra et uiiekcomédie pp.ur récréer les officiers qui ont fait leur jopr de tranchée. iCela n'est pas mal pour les François, qui, depuis longtemps, sont accoutumés aux plaisirs, et qui ne trouveroient pas ■beaucoup de goût à faire la guerre austèrement.

Pendant se temps-là, on a chanté, ici, à Notre-Dame, jun fameux Te Deum pour remercier Dieu du succès des -armes du Roi, cette année. Dieu veuille que cela continue ! car on n'a pas eu jusqu'ici grand'peine à toutes ces conquêtes, avec une armée nombreuse dans un pays où il n'y a que de foi.bles garnisons dans les places, sans le secours .d'aucunes troupes delà part de l'Empereur.

jaiivlër.

' * Lit é

Le châtron de Milan. — Le chapeau du duc de La Trémoille. — Le roi Stanislas à Dantzick. — Le roi Auguste III. — Prise de Novare.

• Cette année â commencé par la nouvelle de la prise du château dë Milan, qiie M. le marquis de Villars, fils du maréchal, a apportée. Celte place a été rendue le 30 décembre* En conséquence pour rendre des actions de grâces; on a chanté un beau Te Dèum à Notre-Dame, jeudi, 14 de ce mois, avec les cérémonies accoutumées; Les critiques ne goûtent point cette fanfaronnade, car, quoique le feu ait été vif les premiers-jours, il est certain que là garnison poùvoit beaucoup mieux se défendre. On a été oblige d'avouer dans notre Gazelle qu'on a trouvé le chemin couvert abandonné et des mines qui n'étoient remplies de quoi que ce soit. Ce siège a fait honneur à M; le duc de La Trémoille, colonel général de Champagne qiii$ dans son jour de tranchée, a reçu un coup de fusil dans son chapeau et un qui lui a enlevé les boutons de son habit, et même un peu de chemise sur le ventre. C'est toujours une preuve qu'il s'est présenté de bonne grâce au feu. Comme c'est un seigneur très-beau de figure, accoutumé aux plaisirs, on doutoit à Paris que ce métier-là lui plût. Avec un nom :comme celui-là* il est difficile de ne pas payer de sa personne. Plusieurs de ses ancêtres2, qui étoiènt de bien

1 . Le dtic de La Tréhioille était colonel du régiment de Champagne depuis le mois de septembre i 7 3 1 ;

2. Louis II, sire de La Trémoillei vicomte de ThoùarSj tué avec son Ûls cû 1525, à la bataille de ravie,

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braves gens, ont été tués dans ce même Milanois; mais comme la critique ne perd jamais de ses droits, les seigneurs de cour ont trouvé mauvais qu'il ait été le même jour de l'action au bal, à Milan, avec le même chapeau attaque du coup de fusil. Ce n'est pas grand'chose si on n'a que cela à lui reprocher.

On est occupé à présent à la prise de Novare et de Tortone, et de plusieurs petits fortins. Après quoi, tout le Milanois étant pris, on se reposera pendant le quartier d'hiver. 11 y a quelque raison de politique dans cette Ibible défense de la part de l'Empereur, comme si la perte du Milanois devoit précéder quelque négociation.. Cependant, on parle sérieusement de guerre pour Tannée prochaine dans les Gazettes. On dit que l'Empereur aura cinquante mille hommes en Italie, commandée par le général Mercy1, et trois armées considérables du côté de l'Allemagne.

Pour les affaires de Pologne, elles vont lentement. Le roi Stanislas est toujours à Dantzick, et l'électeur de . Saxe est entré en Pologne pour se faire couronner à Cracovie. Il a paru, ces jours-ci, une traduction du manifeste publié par le roi Stanislas en Pologne.

Le 17 de ce mois, l'électeur de Saxe a été couronné à Cracovie, par Pévêque de cette ville, sous le nom d'Auguste III2, avec toutes les cérémonies qui accompagnent le couronnement des rois de Pologne, Il a fait des chevaliers , il a jugé quatre procès, et il a monté dans la tribune, dans la place publique; l'électriceYnièce de l'Empereur, a été aussi reconnue pour reine; celui-ci est en possession du royaume, et l'autre en est dohors; c'est un prince souverain puissant par lui-même, fils du

1. Claude Florimond, comte de Mercy, né en 1666 en Lorraine, mort en 17 34 à la bataille de Parme. H était feïd-maréchal depuis 1704. Tl s'était •surtout distingué dans les guerres coutre les Turcs. ■

2. Voyez plus haut, p. 39 1 , note 1 . Il mourut eu 1703. ^y 'ô, Marie-Josèjphc. Voyez plus haut, p 39 la note t .

dernier roi* Toutes ces circonstances me font croire qu'il sera bien difficile de -le chasser de ce pays-là.

Novare s'est rendue après deux jours de tranchée ouverte^,

ïévrter.

Tortone rendue. — Nouvelles d'Italie. Nouvelles de Pologne. — Mécontentements du maréchal de Yiliars. — Nouvelles étrangères.

La ville de Tortone s*est rendue, à la fin. du mois dernier, au deuxième coup de canon. 11 a clé question de faire le siège du château, qui e-t situé sur une élévation* Malgré les neiges et un froid excessif en Italie, on Ta entrepris, et, après six jours de tranchée ouverte, sous les ordres de M; de Maillcbois1, lieutenant général , le château s'est rendu le 5 de ce mois. M. le duc de La Trérnoille, colonel du régiment de Champagne, qui avoit envie de venir faire quelque séjour à Paris, est parti, le 5 au soir, pour en apporter la nouvelle au Roi , et il est arrivé ici le 1 1 au soir. C'étoit la dernière ville du Milanois qui restoit à prendre pour finir la campagne. 11 n'y a eu véritablement de défense en aucun endroit. M. le maréchal de Villars a été à Parme tenir un conseil avec don Carlos et les généraux d'Espagne, pour ce qui est à faire dans un mois dans ce pays-là. Les troupes d'Espagne et de Sardaigne n'ont pas beaucoup servi aux expéditions qui ont été faites. Celles d'Espagne n'ont point paru , se sont amusées à de petites sorties éloignées de l'armée, où il y avoit cent hommes ; celles du roi de Sardaigne ont fort mal fait leur devoir. Je sais qu'au siège de Pizzighitone, c'étoit le tour de marchera une compagnie de grenadiers de ces troupes, on ne les

1. Jean-Baptiste-François Desmaretz, marquis de Maillebois, né en 1685. Il devint maréchal de France eu 1741. Officier distingué, quoi qu'en aient dit le» chansonniers de cour, il sut lutter contre les impériaux -et les Autrichiens, et soumit en 1730 une partie de la Corse. U mourut en 1702.

tiduVa pas âssè2 vitë. Le cdmiè de Biron 1, côloriel du régiment dii fibyàl-Rbtis&Hlon9, offrit une compagnie de grenadiers de son régiment; il.ëri coûta mêmë la vie au capitaine ; et Ton trouva ensuite toute la compagnie dés grenadiers piémontois ventre à terre dans un fossé.

La guerre se prépare sérieusement pour cette année, tant en Allemagne qu'en Italie ; mais cela ne nous avance pas de beaucoup pour.les affaires de la Pologne.. L'électeur, de Saxe est en possession, et Ton dit que le roi Stanislas n'est plus même à Daftlzick, qu'il s'est retiré ïîri Priisse. Qui qiîittë la partie la perd, dit-on, et cela

* paroît difficile â râccôttîmodèr. Mftîs la nouvelle est fausse, il est toujours à Daritzickj et il èst en bonne santé.

Le maréchal dë Villârs, <}m a été à Parme, n'a pas été content de la réception de doiï Carlos, qui ne lui a rien dit. On dit que le commandant des troupes, m\i : devoit servir sous les ordres du maréchal, les a fait retirer pour rie point prendrë d'ordre de lui; on dit àiissi

* que le maréchal a dit àù marquis dë Sân-Estevan, gouverneur du prince don Carlos; qu'il dëvroit représenter

'au priiicé de se tenir plus droit ët de n'avbir pas la tête

* dans la poitrine ; qûë cela n'avoit pas l'air d'un vain' qiiëiir; qu'il l'excusât si en disant cela il eHlreprerioil,

* sur ses droits ; et qne le marquis de Sàn-Estevan lui

* avoit répondu qu'il n'entrëprenôit que sur les droits de son maître à ddnsfer et non sut* les siens. Cela a piqué su- -rëtnënt lë maréchal* qui est haut et fanfaron; Apparemment qu'il aura écrit son mécontentement à madame

là maréchale de Villârs. Quoi qu'il en soit,- lë bruit -court dans Paris, depuis deux jours, que les Espagnols -nous ont tourné casaque, et que lë Mildnbis sera pour ( don Carlos par un traité fait avec l'Empereur. Si la reine

1. Loui s- Antoine ,de G'ontaut; chevalier, comte; puis, duc de Biron, né ej < 5700. Il devint maréchal dé France en 1757 et mourut en 1787.

2, Ce régiment d'infanterie îjevihtj en 1791, le t4* Hgïio • .»

d'Espagne ëtôit seule la maîtresse, cela n'étonneroit pas * mais il est difficile de croire que le roi d'Espagne se fût déterminé à trahir ainsi la France. 11 n'y a queJa façon dont l'Empereur a laissé prendre le Milanois sans défense qui pourroit donner quelque soupçon, d'autant qu'il a un Conseil composé d'habiles gens.

Cette nouvelle dé Paris quoique répartdue dans ce qu'il y a de mieux, est saris fondement. Lë maréchal de Villars a envoyé des troupes du côté du Tyroï pour empêcher l'entrée du général Mercy et des Allemands dans l'Italie, et dans ce corps de troupes il y a douze mille Espagnols,

Les Gazettes sont même remplies des réponses dë la cour de Vienne au manifeste du roi d'Espdgnë, où, en rappelant tous les traités passés, ils se disent des injures et se traitent de mauvaise foi, ni plus ni moins que des plaideurs devant les juges.

Les cercles de l'empiré se sont déclarés contre nous, en sorte qu'on entrera de bonne heure eh Allemagne. On n'aura plus les ménagements qu'on a eus la campagne dernière, et l'on vivra sur le pays. Tous les électeurs ne sont pas contre nous, mais ils fournissent tous leur contingent.

Le parti que prendra l'Angleterre est encore indécis, il est de conséquence pour cette guerre. Le Roi est contre nous, -et ce qui petit rétenir jusqu'ici la nation n'est que l'objet de leur commercé que nous et les Espagnols seroicnt en état de ruiner par nos flottes , car nous avons actuellement près de cinquante vaisseaux de ligne qui n'attendent que la saison et les ordres pour se mettre en mer. Il y a dans nos ports des provisions immenses, je lésais d'un homme qui revient de les visiter.

Quoi qu'il eh soit, l'hiver a Pair de se passer sans aucun accommodement. L'on s'attend de tous côtés à une campagne vive et à des batailles ; et l'on dit que, si cette campagne s'achève sérièusehient , cette guerre pourra

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cire longue, au grand préjudice du; public et des bon-., nêtes gens, car voilà de quoi exercer les fripons et travailler à de nouvelles fortunes,

mars*

Le régiment des gardes. — Réorganisation des milices. — Les chariots et le» * chaises de poste. — Les princes du sang. — : Promotion. — La Morgue du Chàtclet. — Cadavres d'enfants. — M. Bonnier. — M. le marquis do* L'Aigle en prison. — La Motte assassin delîruny. — Le chevalier Le Camus. — Sermon du père Teinturier. — Le duc de Gramont, colonel des Pierrots,

Toutes nos troupes partent à force. Le régiment des gardes, dont il ne reste que dix compagnies pour la garde de Versailles, part au commencement de ce mois et va se rendre à Metz et aux environs. Tous les colonels ont' ordre de parlir le 20. Les milices1 sont enrégimentées qu'on a donné aux colonels réformés; par une ordonnance du Roi, il est défendu même aux colonels de mener des chaises de poste à l'armée* Ils ne peuvent aller en, chaises que jusqu'aux frontières, comme aussi d'avoir des équipages à roues comme chariots et charrettes ; ce qui est très-sage pour ne point embarrasser l'armée, parce que les simples capitainés avoient des chaises et des fourgons.

Nos princes du sang n'ont pas trouvé apparemment le métier de la guerre assez gracieux pour y retourner; d'ailleurs cela leur coûtoit infiniment. Ils ont demandé pour prétexte de commander en cher ; il n'y avoit pas apparence de leur accorder, au moyen de quoi ils n'iront pas. Cependant j'ai entendu dire de bonne part que le

i. Ce fut à l'époque de la Ligue d'Àugsbourg que Louis XtY, reprenant I1 ancienne organisation des francs-archers de Charles VII, créa à côté de lîarmée la milice. Chaque paroisse devait fournir, en raisou de sa population, un ou plusieurs hommes, et en payer l'équipement et la solde. Us n'étaient enrôlés que pour deux ans, et pouvaient, après ce temps, quitter le service. Ouavait formé ainsi trente régiments de cette infanterie, qui existait en temps-. de guerre seulement, et était toujours licenciée à la paix.

prince de Conti cherchoit de l'argent pour son équipage.

On attend, depuis le commencement de Tannée, une promotion d'officiers généraux. Elle a enfin paru, le 10 de ce mois. Il n*y a point de maréchaux de France, et il y a quelque raison pour cela. Le Roi a fait vingt-cinq lieutenants généraux et cinquante-six maréchaux de camp, et plus de quatre-vingts brigadiers. La grande difficulté a été de donner Fagrément pour des régimenls. Il y a trois cents officiers qui demandent à acheter. Les plus gros seigneurs, jusqu'aux fils de duc, ne sont que capitaines de cavalerie. Cette promotion s'est faite entre le Roi, le cardinal et le garde des sceaux, mais elle a fait bien des mécontents. Ils ont fait des passe-droits ; ils en ont été quittes pour dire aux plaignants avec grande politesse qu'ils étoient bien fâchés, mais qu'on n'avoit pas pu faire autrement, et le simple capitaine qui vouloit être colonel part toujours pour manger son bien et exposer sa vie, sur le principe qu'il faut faire quelque chose, et dans l'espérance que les autres seront tués pour lui faire place.

On a mis ces jours-ci à la Morgue1 du Châtelet quinze ou seize petits enfants morts, dont il y en avoit un âgé de trois ans ; tous les autres plus jeunes ou nouveaux nés. Ce spectacle nouveau a attiré un grand concours de monde et a effrayé tout le peuple. On attribuoit quasi cela au départ des soldats aux gardes; mais comment auroit-on trouvé tous ces enfants ensemble et dans le même moment, d'autant qu'à présent la facilité est grande pour ceux qui seroient hors d'état d'élever leurs enfants? Il n'est plus besoin de les exposer dans une allée, comme on faisoit autrefois, et ce qui en faisoit périr. On peut les porter directement aux Enfants Trouvés2;' on les reçoit sans s'informer de rien de la

1 * C'était au Châtelet que, dans une salle particulière, se faisait l'exposition des cadavres de personnes inconnues et mortes par accident.

% V hôpital des Enfants T-ouvés était établi daub le faubourg Saint-Antoine,

përsôriiiè qtii les apporte , êt cette police est très-sage; Métis on a dit que c'est le médecin1 qui a lé Jardin- Royal 3 qui àvôit rassemblé tous ces enfants morts chez un chiriifgiën, pour faire dés ahatomies. Les voisins ont su cela , ont Tait leurs plaintes ; le commissaire a enlevé ces enfants ; oh les a mis à la Morgue, et la chose a été éclairçie par le médecin. Cependant cette conduite n'est pas trop prudente» car du moment qu!il n'y avoit pas de soupçon de crime, il falloit enterrer sur-le-champ ces enfants, sans effrayer le peuple par ce spectacle.

M.-Boiïhier, un des plus riches particuliers de Paris ~ dont là sœur vient d'épouser le duc de Picquigny 3, fils du duc de Lùynes 4, a reçu une lettré par laquelle il eût à rémettre dans lés Tuileries, à un tel endroit, trente mille francs en or, sinon qu'il lui arriverait malheur; Il en a donné avis à M. Hérault; il a porté, au jour marqué,* iiri sac de jetons à l'endroit et s'est retiré. Un particulier, âgé de vinglrtrois ou vingt-quatre ans, a eu la bêtise d'aller. prendre lë sac; mais iLy avoit dans le jardin des exempts et archers déguisés qui faisoient semblant dë sé promener et qui ont saisi l'homme. Gela h'étoit pas bien difficile à prévoir. Il a avoué que c'étoit liii. Oh Va mis en prison, et il aurdit été pendu pour l'ordre public; mais Bohnier aveu sa grâce, et on Ténia reine Marie-Thérèse avait posé iâ première pierre dè l'église. Cette maison possédait tin annexe, eitiié clans ïa Cité» près de PHÔtel-Dieu, et qui fut établi, en 1747, sur L'emplacement de l'église de Saitile-Genevicve des Ardents. Avant 1789, le nombre des enfants reçus montait à plus de huit mille par année.

î . Peut-être François- Joseph Hunauld, médecin, professeur d'anâtomie au Jardin des Plantes; né en 1 70 1 , mort en I 742 ,

2; Ou le Jardin des Plantes, fondé par Jean de La Brosse , médecin de Louis XIII ; il fut embelli par Fagoh sous Louis XIV et augmenté considérablement par Buflfori* * * - 3. Micheï-Ferdiiiarid-d1 Albert iTAilly, duc ta Piçquigriy, puis de Cnaulnes, lieutenant général, membre de l'Académie des sciences, 1714-1769. U avait épousé Anne-Joseph' Bonnier, qui le ruina et le fit mourir de chagrin. .

4. Chaulnes, édit.in-8, — Louis- Auguste d'Albert d'Ailly, duc de Chaulues depuis 171 fut nomme maréchal dé France en 1741 i II mourut en i 744.

ypîe aux îles; Il n'auroit pas été tranquille, si Ton ayoit pendu cet homme,

M. le marquis de L'Aigle, colonel du régimept d'En-r ghien, qui avec un autre, aussi de là pour de M. le comte de Clermont, ont violé la femme de chambre d'une fermière générale dans le fanboyrg SainJ-Germain, s'est mis en prison pour purger lp décret. Comme il faut faire dédire tous les témoins, on dit que cela lui goytera bien de l'argent, •

L'affaire de ce La ^tte \ accusé d'ay^ir assassiné uf\ limonadier, nommé Bruny, rue xde Vaugirard, près le Luxembourg, il y a deux ans (pour quoi mêmje il a voit été appliqué à la question), a été jugée à la fin définitivement par un plus amplement informé, usque gup, c'est-à-dire pendant toutes^ vie, pt -cependant jpis hors des prisons. Un pareil jugement test fort rare. .Cet homme, que tout le monde croit Fauteur >du crime, parce qu'il, étoit èn intrigue avec la ferçi.me, et homme fort violent, s'est attiré une longue prjsop et ce jugement par l'insolence avec laquelle il a llaité le rapporteur et tous les juges dès le commencement .du prpcès. Il a même battu les geôliers, ce qui lui a fait une petite affaire criminelle particulière, pour quoi il a été .condamné à être deux heures au carcan dans lë préau. Après qijoi on l'a mis hors d,es prisons; mais en sortant, Du Val, commandant du guet, s'est présenté avec une lettre de cachet, et l'a conduit à Vincennes. On se .doutoit bien qu'on enfermeroit cet homme-là popr le reste de ses jours, pour éviter quelque, malheur de sa part contre son rapporteur pu SI. le procureur général.

Le chevalier Le Camus2, petit-fils du marquis de Manthodier, çolopel du Régiment de Normandie3, et

1. Robert de La Motte. Voyez le Journal de la Cour et de la Ville, année 1733, Revue rétrospective, 2e série, t. ' v, p. 383.

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