‹ Journal de Barbier, tome 2Chapitre 77 sur 90 · U fut nommé brigadier au mois d'octobre suivant · texte numérisé non relu

U fut nommé brigadier au mois d'octobre suivant

2, Voyez Mercure de France, 1734, juillet, p. 1840.

3» Ce titre, réserve exclusivement aux princes des maisons àouveraines, avait été reconnu' aux ducs de La Trémoille comme princes étrangers. Ils y prétendaient par suite du mariage de François de La Trémoille, en ïvec Anne de lavai, héritière du roi de Naples Frédéric d'Aragon,

dent de meilleure et de plus ancienne maison que lui. Il est bien haut; nous verrons ce. qui arrivera de cette affaire quand il sera de retour ici, et surtout si la paix se faisoit.

Personne n'a été content des suites de la bataille de Parme* Il est certain que si on en avoit voulu profiter, on auroit détruit entièrement toute l'infanterie de l'Empereur, au lieu qu'on les a laissés passer tranquillement des rivières. Depuis ce temps-là ils sont campés de l'autre côté de la Secchia, et nous vis-à-vis d'eux, sans oser les attaquer. Ils ont môme reçu des secours. On ne sait si c'est la faute du roi de Sardaigne ou si cela vient de la part du garde des sceaux, qui veut faire durer la guerre, comptant que le cardinal mourra, et qu'ayant seul tout le secret des négociations et des projets, on sera forcé malgré ses ennemis de le conserver à la tête du ministère.

Quoi qu'il en soit, des gens oisifs et malins ont fait celte petite chanson sur la bataille de Parme :

Chanson sur l'air : C'est M. Ditdicourt qui nJa pas le nez court ; ou bien ; Et vite et vile et vitef apportez du coco. Voici venir Margot à ta tête des crocs*

(Air de Pont-Neuf.)

Messieurs nos généraux sont très-honnêtes gens, Messieurs les Allemands ne valent pas six blancs. En voulez-vous la preuve? On n'en sauroit douter. On sera convaincu, si Ton veut m'écouter.

Messieurs nos généraux, le vingt-neuf de juin, Ne songeant point a mal, alloient leur grand chemin. - Messieurs les Allemands, par grande trahison, Se sont jetés sur eux sans rime ni raison.

Messieurs nos généraux ont crié : Qui va là? Où est le Sardaignois pour mettre le liolà ?

486 JOUUNAL DE BAKB1EK.

Messieurs les Allemands, à-grands coups de mousquet, Leur ont donné brutalement plus d'un hoquet.

Messieurs nos généraux, qui n'avoient point de tôrti En ont mis sur-le-champ plus de six mille à mort; Messieurs les Allemands, comme des étourdis, - Fort incivilement leur ont fait parolis1. %

Messieurs les Allemands, à rheure de minuit, Sans battre de tambour ont décampé la nuit. Messieurs nos généraux, très-charitablement, De tous les trépassés ont fait l'enterrement. .

Messieurs les Allemands, éperdus et fuyards, Sans chef et sans biscuit, errants de toutes parts, Messieurs nos généraux, loin de les suivre encor, Sur quatre grands ruisseaux leur ont fait un pont d*or.

Messieurs les Allemands ne sont que des ingrats Qu'il faudroit étouffer entre deux matelas, Messieurs nos généraux se voyant menacés D'être un de ces matins par eux bien repassés.

Messieurs nos généraux, tout pleins de charité, Éprouveront un jour la céleste bonté.

Messieurs les Allemands, qui sont de Dieu maudits, N'auront jamais de part à son saint paradis!

En Allemagne, depuis le siège de Philisbourg, nos armées sont fort fatiguées par les marches. Au lieu d'avoir été à Mayence, comme on le croyoit, elles reviennent du côté de Strasbourg pour aller, dit-on, au Vieux- Brisach, et pour désoler le pays de Wurtemberg, faute de payement des contributions. Le prince Eugène nous suit dans ses marches, et malgré le nombre et la valeur

1, Terme de jeu. Faire parolij c'est doubler sa première mise.

de nos troupes /.la campagne se passera à faire des routes. On dit que le maréchal d'Àsfeld a peur du prince Eugène, et qu'il n'ose pas attaquer. La maison du Roi revient le 25 septembre; ainsi, il n'y a pas apparence qu'on entreprenne rien. Nous aurons eu seulement l'avantage de vivre sur le pays ennemi.

Sur ce qui a été dit au commencement de la guerre que l'Empereur ne s'étoit déclaré contre nous pour la Pologne que par les conseils du comte de Zinzendorf, son chancelier, ci-devant ambassadeur en France, qui disoit qu'il n'y avoit rien à craindre de nous, parce que la France étoit gouvernée par un prêtre et un avocat ; à quoi le prince Eugène s'étoit toujours opposé par la raison que les François étoient braves ? qu'il n'avoit jamais battu que leurs généraux et non pas la nation ; que c'étoit un lion qui dormoit, et qu'il étoit dangereux de réveiller, ce qui s'est trouvé juste par les avantages que nous avons eus sur l'Empereur depuis la guerre, on a fait la fable suivante :

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