Garde des sceaux Chauvelin. (Note de Barbier
4. Cette pièce a élé publiée dans les Mèlanget de Bois- Jourdain, l. Il, p. 1,12, et sous la date de 1741. L'allusion dans L'imprimé s'adresse à Betle- I&le et non plus à Cfaauvelîn.
nous ne voulons pas la reconnoître pour impératrice des IUissies. Cê titre lui tient à cœur. S'il arrivoit de la reconnoître, elle auroit toujours l'avantage de nous avoir forcés à le faire, faute' par nous d'avoir pris de justes mesures.
L'électeur de Saxe.est venu à Dantzick depuis la reddition de la ville, pour se faire reconnoître roi de Pologne, et il s'en est retourné en Saxe. On n'est pas content de sa conduite; on ne voit pas à quoi aboutissent tous ces voyages. Il semble qu'il seroit bien plus à sa place de se mettre à la tête de son armée et de celle des Moscovites pour réduire entièrement lai Pologne, où il y a toujours des troubles et des palatinats entiers assemblés eh faveur du roi Stanislas.
Un grand coup de politique a été la sortie du roi Stanislas de Dantzick, Quand on a vu qu'elle ne pôuvoit plus tenir par la reddition assez imprévue du fort de Wesselmunde et de nos régiments françois, les généraux moscovites avoient pris toutes les mesures pour s'emparer de la personne du roi-; on Tauroit conduit à Pétersbourg. La vengeance étoit assurée, et les Polonois, qui sont pour lui, auroiént perdu toute espérance* On fait informer avec soin dans la ville de Dantzick contre tous ceux qui peuvent avoir eu part à cette évasion, mais celte recherche est assez inutile à présent.
La retraite du roi a quelque chose de merveilleux ; il paroît qu'il étoit aimé dans le pays; mais ce n'étoit pas assez, il falloit aussi de rétoile et du hasard pour la réussite. Il est sorti de Dantzick dans le mois de juin dernier. Quand il a été en lieu- de sûreté, il a écrit toutes ses aventurés et ses dangers à la reine de Pologne, qui est à Saint-Cyr, et la reine a fait lire cette relation1* à une personne qu'elle considère, qui me l'a rendue exactement.
i . Relation d'un voyage de Dantzick à Marienvoerder 1734, réimprimée en 1323 à ta suite de la Relation d'un voyage de Bruxelles à Coblentz^ en i7?l .Cette relation se trouve encore dans la Vie du roi Stanislas. Paris, 1769,
Dans la nécessité indispensable de sortir de la ville do Dantzick, pour ne pas tomber entre les mains de ses ennemis, M. de Monti j notre ambassadeur, travailla d'esprit et proposa au roi plusieurs partis, qui ne lui convenoient pas. Cent braves lui offrirent, au péril de leur vie, de le faire passer au travers du camp des Moscovites ; mais il y avoit dé la témérité à le tenter. On s'arrêta au projet de le faire sortir secrètement et déguisé en paysan, !
M. de Monti gagna un patron de barque pour passer la Vistule. Deux hommes se trouveraient à mie telle heure hors la ville. Ce patron devôit avoir deux hommes avec lui; on lui donna de l'argent et on lui promit une forte récompénse en rapportant la nouvelle du passage.
Le jour pris, le roi Stanislas dit au magistrat de la ville qu'il ne dormoit pas depuis quelques jours, attendu que le palais étoit exposé au feu des ennemis et aux bombes, et qu'il avoit envie d'aller passer quelques jours dans la maison de M. de Monti, qui étoit dans un quartier plus tranquille. Cela ne donna aucun soupçon. M. de Monti avoit gagné le major général, maître de la place, qu'il avoit fallu mettre dans le secret pour sortir de la ville, attendu que toutes les portes étoient très-exactement gardées.
Le major général donna le soir à l'ordinaire à toutes les troupes Tordre du conseil de guerre. Le roi se rendit publiquement dans l'hôtel de M. de Monti. A dix heures, tout le monde étant retiré, le roi prit un habillement de paysan, aussi bien que le général Sleinflich, Suédois, grand ami du roi et homme dé main. Ils prirent sur eux chacun trois cents ducats ; ils sortirent de la maison et allèrent joindre le major général , qui les atlendoit et qui les conduisit à une porte.
Le major s'adressa à la1 sentinelle et lui dit d'ouvrir