‹ Journal de chirurgieChapitre 93 sur 113 · FRACTURE DU COL ANATOMIQUE DE L’HUMÉRUS · texte numérisé non relu

FRACTURE DU COL ANATOMIQUE DE L’HUMÉRUS

avec autopsie ; par M. Gély, professeur à l’École préparatoire de médecine de Nantes .

Obs.— Marie B .., âgée de 29 ans, fut placée dans l’asile des aliénés, en octobre 1838. Elle était affectée depuis plusieurs années de lypémanie. En août 1839, étant aux communs, elle

se précipita ou tomba par négligence d’une hauteur de 3 à 4 mètres. Elle fut visitée par un élève peu de temps après l’accident. Celui-ci put constater une grave lésion à l’épaule gauche ; le phénomène le plus apparent était la saillie d’une pointe osseuse, dirigée de bas en haut au-devant du moignon de l’épaule, un peu en dehors de l’espâce cel-

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luleux qui sépare les muscles destoïde et grand pectoral. Ce fragment était lié au corps de l’humérus dont il suivait tous les mouvements. Un épanchement considérable s’était produit sous la peau, et ne permettait pas de sentir autre chose que l’extréniitc aiguë de cette portion de l’humérus, laquelle n’était séparée du doigt que par l’épaisseur de la peau. Les tentatives de réduction, extrêmement douloureuses, ne faisaient disparaître que fort incomplètement la saillie osseuse , laquelle reparaissait aussitôt qu’on abandonnait le bras ou qu’on le rapprochait du tronc. D’autre part , on trouvait dans le creux de l’aisselle et vers son bord antérieur, une tumeur dure qui semblait se continuer avec la tête de l’humérus. Le médecin de l’établissement, profitant de l’état de collapsus complet où était tombée cette fille après sa chute , fit laisser le bras dans un repos absolu pendant cinq à six jours, en se bornant aie placer sur un oreiller, et a le couvrir d’applications résolutives. Au bout de ce temps, le gonflement ayant disparu, on appliqua l’appareil Ordinaire des fractures du col de l’humérus ; mais il fut complètement impuissant à maintenir la réduction des fragments et particulièrement à empêcher l’ascension du fragment inférieur.

Appelé auprès de la malade, dix à douze jours après l’accident, je constatai les phénomènes suivants :

Déformation de l’épaule gauche, dont le diamètre antéro-postérieur est augmenté par suite de l’empâtement de la région sous-acromio-claviculaire ; ecchymose très-prononcée dans ce point. Le fragment osseux, dirigé de bas en haut contre 3a peau de cette région , est tellement pointu qu’il a pénétré dans l’épaisseur du derme et qu’on le sent presque à nu sous le doigt. Il existe même une véritable adhérence entre ces deux parties , en sorte que la peau suit les mouvements imprimés au fragment osseux. Des efforts modérés d’extension exercés sur le bras ne déplacent point cette saillie osseuse, bien qu elle soit visiblement continue avec le corps de l’humérus. Le deltoïde n’est point sensiblement déprimé. Dans l’aisselle on sent que le corps de l’humérus se dirige plus en avant que de coutume. Il existe une tuméfaction dure, profonde, dans l’espace qui s’étend de la cavité glénoïde à l’angle antérieur de l’aisselle. On ne sent ni l’extrémité du fragment inférieur ni rien qui appartienne à ce fragment.

Ces symptômes différaient trop de ceux qui accompagnent la fracture du col chirurgical, pour ne pas nous donner à penser que celleci avait lieu plus haut, et que le col anatomique lui-même avait été intéressé par une division très-oblique. En cherchant à établir quelques probabilités à cet égard, nous fûmes

conduits ù présumer que la fracture avait une direction oblique de haut en bas et d’avant en arrière, telle que le fragment supérieur n’aurait été formé que par la partie articulaire et la grande tubérosité donnant attache aux muscles sus-épineux, sous-épineux, et petit rond, tandis que le fragment inférieur, représenté par le corps de l’humérus, était terminé en avant par un biseau représentant tout ou partie de la grosse tubérosité et des attaches du préscapulaire. Le mode de déplacement du fragment inférieur était facile à constater; porté au dedans par les muscles pectoraux , il était soulevé par le coraco-brachial et le biceps. Quant à la direction suivie par le fragment supérieur, elle était plus difficile à déterminer. La première idée qui se présentait était celle de son renversement en dehors et en haut par l’action des muscles qui s’insèrent à la grosse tubérosité. Mais il était facile de comprendre que cette marche pouvait avoir été contrariée par plusieurs circonstances, telles que la direction du choc, l’engrenage des fragments, la déchirure plus ou moins complète de tel faisceau musculaire ou tendineux. En s’en rapportant uniquement aux symptômes observés, on devait croire qu’il y avait un rapprochement assez intime entre les os, et que, par suite, le fragment supérieur ne s’était pas sensiblement dévié en dehors. C’est en effet ce que pouvait faire supposer l’empâtement de la partie antérieure de l’aisselle, établissant une continuité manifeste entre la tête de l’humérus et le corps de l’os porté en avant.

Il ne nous parut pas rationnel de faire de nouvelles tentatives de réduction, qui n’auraient été en définitive, vu l’époque où nous étions arrivés , qu’une véritable rupture de cal, celui-ci, bien que mou, étant assez résistant pour s’opposer à la séparation des fragments sous l’empire d’une force modérée. En dehors des dangers qui pouvaient suivre une pareille tentative, il existait des raisons particulières tirées de l’état d’aliénation où se trouvait la malade , suffisantes pour faire accepter les événements accomplis. Une seule indication importante se présentait. Elle commandait d’empêcher la perforation de la peau par le fragment inférieur. Nous essayâmes de la remplir de la manière suivante :

Un coussin long de 20 centimètres, large de 8 , fut placé dans l’espace qui sépare l’aisselle de la crête iliaque, afin de remplir le creux du flanc et de former une base en ligne droite à la pièce principale de l’appareil. Ce coussin fut solidement fixé par des tours de bande. On construisit ensuite à l’aide de trois attelles un triangle solide, destiné à opérer une sorte d’extension continue sur le bras. Les trois attelles étaient clouées aplat

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par leurs extrémités. L’une d’elles, d’un tiers plus longue que les deux autres, formait la base du triangle, dont l’angle opposé était un peu plus ouvert qu’un angle droit. Cette espèce de pupitre fut appliqué de la manière suivante. Sa base, reposant sur le coussin latéral, y fut solidement fixée par de nombreux tours de bande. Son angle supérieur, fortement matelassé , occupait l’aisselle transversalement. Un des petits côtés du triangle garni d’un coussin servit d'attelle interne au bras qu’il écartait du tronc. Le sommet du triangle, dirigé en dehors, occupait le pli du coude écarté du tronc de 12 centimètres. Enfin l’avant-bras ramené dans une position intermédiaire entre la flexion et l’extension, fut couché le long de la troisième attelle du triangle et fixé dans cette position. L’angle inférieur de ce dernier arrivait jusqu’à la crête iliaque. Le bras et l’avant-bras convenablement garantis par des coussins, furent fixés par des tours de bande dans la position indiquée. Cette machine exerçait sur les fragments une véritable extension continue à l’aide du mécanisme suivant : L’angle supérieur prenait un point d’appui sur l’omoplate, au-dessous de la cavité glénoïde, et soutenait ainsi le fragment supérieur confondu pour ainsi dire avec l’articulation de l’épaule, tandis que l’angle, externe logé dans le pli du coude servait à repousser en bas les deux os de l’avant-bras et par conséquent le fragment inférieur de l’os. La longueur de l’attelle humérale avait été calculée de façon à produire cet effet d’une manière satisfaisante. La malade fut maintenue sur un lit très-plat, mais le coude soulevé par un coussin, afin de porter en arrière le fragment saillant sous la peau. L’effet de cet appareil parut satisfaisant en ce qu’il entravait définitivement le mouvement d’ascension du fragment inférieur. Il fut réappliqué aussi souvent que cela parut nécessaire pour maintenir son action. Du reste, l’immobilité de la malade vint puissamment seconder nos efforts dans cette grave circonstance.

Vers le vingt-cinquième jour, il futfacile de constater que la peau redevenait mobile sur la pointe du fragment osseux , laquelle paraissait beaucoup moins aiguë. Le bandage fut définitivement enlevé le 7 juillet, cinquante jours après l’accident et quarante à partir de l’application de notre appareil. Voici ce qui fut constaté :

Le membre est visiblement atrophié , mais l’épaule conserve , au contraire, un volume considérable. Des traces d’ecchymose s’y rencontrent encore. La peau a gardé une certaine adhérence au niveau du fragment osseux. La saillie formée par ce fragment n’est guère moins forte qu’elle n’était au début; mais il a été soumis à une

absorption assez active, qui lui a fait perdre une partie de son volume; sa pointe est surtout manifestement moins aiguë. 11 y a du reste une consolidation complète entre les fragments. En portant les doigts dans l’aisselle, on sent rouler la tête de l’humérus quand on imprime des mouvements à son extrémité inférieure. On reconnaît aussi distinctement le cal qui les unit, lequel occupe l’angle antérieur de l’aisselle et traverse le deltoïde; les mouvements sont douloureux et assez bornés.

Quinze mois après cette époque , l’état n’était pas sensiblement changé. Il y avait seulement un peu plus de mobilité et une diminution notable de la pointe osseuse. C’est dans ces conditions que la malade fut examinée par M. le baron Larrey et par son fils, qui visitaient notre hôpital général. Après la guérison de la fracture, la malade était restée plongée dans un état d’immobilité et d’abattement complet. Plus tard elle présenta des signes d’une affection pulmonaire chronique, et succomba enfin, en 1840, à une phthisie tuberculeuse, dans le marasme le plus- complet.

Examen des parties.

Le muscle deltoïde atrophié est soulevé et perforé en avant par le fragment inférieur de l’humérus. Une couche fibreuse mince recouvre le sommet de ce fragment auquel elle adhère fortement. Le coraco-brachial et la courte portion du biceps, qui se rendent à l’apophyse coracoïde, sont placés immédiatement au côté interne de ce fragment. La longue portion du biceps paraît avoir été rompue dans sa gouttière fibreuse, à laquelle adhérent les deux bouts isolés.

Les vaisseaux et les nerfs axillaires, qui passent en arrière de ces deux faisceaux musculeux, ne présentent rien d’extraordinaire.

L’humérus présente une fracture trèsrapprochée de son col anatomique. Elle est cependant située quelques lignes plus bas , de manière à laisser annexées à la poulie articulaire les facettes des deux tubérosités sur lesquelles s’attachent le préscapulaire, le sus-épineux, le sous-épineux et le petit rond. Tous ces muscles ont donc conservé leur attache sur le fragment supérieur. La fracture présente à peu près la même direction que le plan du col anatomique, c’est-à-dire qu’elle est oblique en bas et en dedans. Le fragment supérieur est spécialement formé par la tête articulaire ; le fragment inférieur , au contraire , appartient exclusivement à la portion supérieure et externe de la diaphyse humérale. Ce fragment est taillé en biseau aux dépens de sa face interne. Son sommet, terminé par un cône tronqué, a été arrondi par l’absorption molécu-

BIBLIOGRAPHIE

laire. On voit sur sa face antérieure le sillon qui loge le tendon du biceps , sillon qui ne remonte pas jusqu’au sommet du fragment. Celui-ci paraît répondre, en effet, à la partie la plus élevée , et par conséquent la plus externe de la grosse tubérosité humérale.

Les deux fragments sont placés respectivement dans la position suivante : Celui qui est constitué par la tête articulaire a roulé dans la cavité glénoïde, de façon à diriger un peu en avant sa portion inférieure et externe, ce qui fait que les deux tiers environ de la tête articulaire font saillie en arrière de la cavité glénoïde sous le ligament capsulaire.

Ce genre de déplacement doit-il être attribué à l’action musculaire, ou bien à l’entraînement opéré par le fragment inférieur au moment du choc, et à l’existence d’une sorte d’engrenage ou de quelques brides fibreuses propres à maintenir ce genre de chevauchement? Nous pencherions plus volontiers vers cette dernière supposition. Le fragment inférieur, d’abord poussé en haut et en avant parla direction du choc qui lui a fait traverser le deltoïde, a été secondairement maintenu dans cette situation par l’action du coraco-brachial, du biceps et même du deltoïde. Le chevauchement des deux os est tel que l’humérus repose sur le fragment capsulaire, plutôt par sa face interne recouverte du périoste, que par la surface de la fracture. Le raccourcissement qui résulte de cette condition doit être estimé à près de 2 centimètres.

Les os sont profondément altérés dans leur structure. Ils sont minces, semi-transparents, infiltrés de graisse; ils ont perdu peut-être la moitié de leur poids. — Cette altération ne s’est-elle produite que depuis la fracture? a-t-elle au contraire joué le rôle

de cause prédisposante, par rapport à celleci ? C’est ce qu’il est difficile de décider.

Cette observation nous a paru digne d’intérêt, en ce qu’elle a trait h une lésion tour à tour admise et niée parles observateurs, et sur laquelle il importe de recueillir le plus de faits positifs qu’il sera possible. Nous la déposons dans les archives de la science , comme une pierre d’attente, pour le moment où, de nouveaux matériaux ayant été recueillis, il sera permis de les comparer et d’en tirer les premières bases d’une histoire de fractures de l’extrémité supérieure de l’humérus, laquelle manque encore complètement dans la science.

— M. Gély ayant bien voulu nous confier la pièce anatomique, nous ajouterons deux circonstances à sa description. D’abord, la rotation de la tête humérale en arrière est accompagnée par la rotation correspondante de l’humérus en dedans ; et puis, ce qui a retenu le fragment supérieur dans sa position, malgré l’action des muscles qui auraient dû le renverser en dehors et en haut, c’est que 1 angle interne du fragment inférieur était engagé dans le tissu spongieux de la tête humerale. Cet engagement, qu’on voit très-bien sur l’os scié en deux, paraît avoir au moins un centimètre de profondeur; mais le cal qui a relié les deux fragments en constitue probablement la plus grande partie , ce qui n’empêche pas l’engrenage réciproque d’avoir été assez prononcé.

11 est très vrai, d’ailleurs, que la fracture du col huméral, bien qu’assez fréquente, est restée très-négligée et très-obscure jusqu’à ce jour; le Journal de chirurgie essayera de combler cette lacune dans les premiers numéros de l’année prochaine.

BIBLIOGRAPHIE

MÉMOIRES POUR SERVIR A L’ÉTUDE DES MALA¬ DIES des ovaires; par Achille Chereau ;

Paris, chez Fortin, Masson et Cie. 1844.

In-8°, 1er Mémoire.

Il est peu d’organes qui aient, autant que les ovaires, exercé la patience des anatomistes et la sagacité des physiologistes. Les vésicules ovariennes surtout ont été l’objet de recherches multipliées ; la découverte de l’ovule à l’intérieur de la vésicule est un des plus beaux faits anatomiques dont puisse s’enorgueillir la science moderne. Ainsi les mammifères et l’espèce humaine en particulier rentrent dans la grande loi générale de la production d’œufs chez la femelle, toutes les fois que la génération a lieu par la réunion de deux individus de sexe différent.

L’inspection des ovaires chez des femmes mortes pendant l’écoulement menstruel ont conduit à un résultat plus curieux et plus important encore. A chaque époque une vésicule se gonfle, crève, laisse échapper l’ovule mûr qu’elle contient , lequel est saisi par la trompe, conduit dans l’utérus, et rejeté au dehors avec le sang qui s’écoule pour débarrasser les organes génitaux de la congestion produite par le travail ovarique. Ainsi, périodiquement, un ou plusieurs ovules arrivent à maturité, et sont expulsés par une sorte de ponte quand ils n’ont pas subi l’action fécondante du liquide séminal. Périodiquement aussi, une évacuation sanguine a lieu par les organes génitaux , évacution véritablement critique, indispensable à la déplétion

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des organes momentanément engorgés. Il y a une corrélation intime, que dis-je? une dépendance absolue entre ces deux phénomènes , l’un profond, caché, le travail de la vésicule ovarienne; l’autre patent, extérieur, l’écoulement du sang par la vulve : le premier essentiel, principal ; le second accessoire, tout à fait secondaire ; le premier pouvant exister seul, le second jamais sans le premier. On voit quel rôle important , outre celui de la fécondation, la physiologie moderne fait jouer aux ovaires. Elle n’est pas arrivée à de si belles découvertes sans le concours d’un grand nombre de travailleurs. L’Allemagne , la France, l’Angleterre ont fourni leur contingent. Les médecins praticiens aussi bien que les anatomistes et physiologistes nous ont apporté, chacun de son côté, le fruit de leurs recherches. Peu à peu les idées , qui germaient à la fois en plusieurs lieux, sont arrivées à maturité, et plusieurs lieux les ont vues éclore.

11 n’était pas permis d’entreprendre une série de mémoires sur les maladies des ovaires sans les faire précéder d’une sorte de préface anatomico-physiologique. La pathologie de ces organes a dû gagner et devra gagner encore à la connaissance plus parfaite de leur structure et de leurs fonctions. Qu’est le rôle rare et quelquefois nul qu’on leur avait attribué jusqu’ici, en comparaison de l’activité périodique à intervalles rapprochés que la théorie moderne leur assigne? Et combien une telle activité n’est-elle pas propre au développement des maladies ! D’ailleurs toutes ces notions nouvelles sont éparses en mille ouvrages différents, difficilement accessibles, par conséquent, à la masse des lecteurs, et rien n’est plus propre à les vulgariser qu’un résumé complet, à la fois historique et didactique. Nous félicitons M. Chereau d’avoir fait concourir à la composition de ce résumé les nombreux matériaux que les littératures anciennes et modernes , nationales et étrangères pouvaient lui fournir; nous le félicitons du soin qu’il a apporté dans le choix de ces matériaux, des efforts qu’il a faits pour déterminer les droits et le mérite de chacun dans une série de découvertes qui

ont, sur un point important , changé la face de la physiologie. Peut-être a-t-il admis toutefois un peu facilement les prétentions de Plagge à la priorité de la découverte de l’ovule non fécondé dans la vésicule graafienne. Le mérite de cette découverte nous paraît appartenir plutôt à Baër, comme l’a démontré Bischoff, dont l’opinion en ces sortes de matières a une autorité reconnue de tous les physiologistes. Après les préliminaires physiologiques, l’auteur entre dans le sujet, même qu’il se propose de traiter. Les maladies auxquelles les ovaires sont sujets sont énumérées, leur grand nombre et leur fréquence expliqués, les différents moyens d’exploration employés pour les reconnaître exposés en ce qu’ils ont de spécial : le palper abdominal, la percussion , l’auscultation, la mensuration, le toucher vaginal, le toucher rectal dont M. Chereau fait ressortir l’importance particulière dans le diagnostic des tumeurs de l’ovaire encore contenues dans l’excavation pelvienne.

L’agénésie et les vices de conformation sont ensuite décrits ; après quoi l’auteur passe à l’histoire de l’ovarite, dont il indique les espèces, les caractères anatomiques, les symptômes suivant le degré, les terminaisons, le diagnostic , le pronostic et le traitement. Cette histoire , principal chapitre de ce précieux mémoire, a tout l’intérêt qu’une exposition didactique peut recevoir du récit .de faits choisis propres à élucider les points obscurs ou contestables. Cette première partie d’un travail destiné à paraître en fascicules, à des intervalles qui seront , nous l’espérons, le plus courts possible, nous fait bien augurer de l’œuvre entière. M. Chereau nous paraît être dans les conditions requises pour l’accomplir au grand avantage du public médical. Riche d’observations nombreuses qui lui sont propres, il peut puiser à toutes les sources originales, et rassembler sans peine les matériaux nécessaires à l’érection d’un édifice complet. Le bon esprit dont il fait preuve, et qui révèle le maître habile qui l’a formé , le soutiendra dans cette tâche un peu longue, mais qui ne nous paraît pas audessus de ses forces. A. D.

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Académie des sciences.— 16 septembre— M. Maisonneuve adresse une observation d 'entérotomie pratiQuée dans un cas d étranglement interne. Nous lavons rapportée dans la Revue critique.

Académie de médecine.— 10 septembre— M. Dupuy lit une Note sur V extirpation des ganglions cervicaux supérieurs du nerf grand sympathique sur le cheval. De ces expériences faites en commun avec Dupuytren en 1806, il résulte que ces ganglions sont insensibles, le seul résultat apparent était une inflammation de la conjonctive avec diminution du volume du globe oculaire; encore M. Dupuy rattache ces accidents à 1 influence des neifs de la cin** quième paire qui communiquent avec les ganglions cervicaux supérieurs,

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17 septembre. —U. Blaquière, de Mexico, adresse l’observation d’un enfant qui eut la tête traversée par une balle de pistolet d’une région temporale à l’autre. Vingt jours se passèrent sans trouble des facultés intellectuelles et sensoriales, et sans phénomènes alarmants; mais ensuite il survint des symptômes graves et l’enfant succomba. L’autopsie fit voir que la balle avait traversé les deux lobes antérieurs du cerveau.

— M. Bonnafont lit un Mémoire sur les polypes de l'oreille. Il distingue ceux qui naissent sur les parois du conduit auditif et ceux qui s’implantent sur la membrane du tympan; ces derniers ont un pédicule plus large que les autres. Quand on attire légèrement avec une érigne un polype qui siège près ou sur la membrane du tympan, le malade éprouve une sensation qui longe le côté correspondant de la base de la langue, et qu’il compare à celle qui résulterait de l’application d’un corps froid et un peu aigrelet; cette sensation se change en une douleur très-vive quand on fait la section du polype. Si après cette section on cautérise avec le nitrate d’argent, il y a une douleur vive à l’angle externe de l’œil correspondant, avec écoulement de larmes. Pourquoi la douleur sympathique se fait-elle sentir à la langue durant la section, à l’œil lors de la cautérisation? M. Bonnafont a constaté le fait sans chercher à l’expliquer.

2 i septembre. — L’Académie procède à la nomination de la commission chargée d’examiner les travaux envoyés pour le prix d’Argenteuil. On sait que ce prix, d’une valeur de près de dix mille francs, et qui ne doit être décerné que tous les six ans, est institué en faveur de celui qui aura fait faire le plus grand progrès au traitement des maladies des voies urinaires, et plus particulièrement des rétrécissements de l’urètre. La commission, composée de neuf membres et nommée au scrutin, est ainsi constituée: MM. Jobert, Amussat, Villeneuve, Bérard, Lagneau, Bégin, Ségalas, Civiale, Jourdan.

1er octobre. — M. A. Bérard fait un rapport sur une Observation d’expulsion spontanée de Vos hyoïde, adressée par M. le docteur Rosat de Bordeaux. La description donnée par l’auteur et une planche annexée à son travail ne laissent aucun doute sur la nature de l’os expulsé; c’est bien l’os hyoïde, carié ou plutôt nécrosé. La malade, Agée de 41 ans, a guéri. Seulement la forme du cou a été modifiée; la région hyoïdienne est aplatie et comme élargie; on sent h la place de l’os une légère tuméfaction souple et comme élastique ; il reste un certain embarras dans la déglutition ; mais la voix est conservée avec son timbre normal. — Renvoi au comité de publication.

— Par ordonnances royales, une chaire de médecine opératoire et une deuxième chaire de clinique interne viennent d’être créées dans la Faculté de médecine de Strasbourg. M. Marchai fils a été nommé à la première, etM. Schützenberger à la seconde.

—La Gazette des hôpitaux du 5 octobre cite un cas de fracture de la clavicule, par action musculaire, sur une femme jeune et robuste, n’ayant jamais eu la vérole ni pris de mercure, et allaitant son enfant qui a neuf mois. Elle était couchée; ce fut en attirant vivement son mari à elle pour le faire coucher qu’elle se rompit la clavicule droite. C’est un cas rare, bien que l’on en connaisse quelques exemples.

—On ignore généralement que c’est à Desgranges, de Lyon, que nous devons la spatule de nos trousses, terminée d’un côté en feuille de myrte et de l’autre en élévatoire. Il remporta le prix de l’Académie royale de chirurgie en 1787; Louis, en rendant compte de ce mémoire, ajouta la note suivante, qui était certainement inconnue à M. Vidal de Cassis:

« On pourrait ajouter une petite perfection, laquelle, sans rien ôter h l’instrument de ses avantages communs, le rendrait fort utile en quelques occasions. Il m’a paru qu’une cannelure dans la longueur de la vive-arête qui est au milieu de la face externe ou supérieure de la feuille de myrte lui donnerait les avantages d'une sonde ailée pour faire avec sûreté me incision, ou débrider un étranglement en différents cas.»

— Traité des maladies chirurgicales et des opérations qui leur conviennent, par le baron Boyer, 5e édit., publiée par le baron Ph. Boyer. Cette nouvelle édition a été mise au niveau de la science par M. Pu. Boyer, qui a ajouté des notes sans toucher au texte de l’auteur. L’ouvrage entier aura 6 volumes, de 800 pages chacun, paraissant de trois mois en trois mois. —Le premier volume est en vente.— On souscrit chez Labé, éditeur, place de l’Écolede-Médecine, n° 4. — Le prix de chaque volume pour les souscripteurs est de 8 francs.

—Lettres a un médecin de village sur divers sujets de médecine et de chirurgie, par M. Espezel.— Première lettre : De l’action hyposthênisante du seigle ergoté, in- 8° de 61 p. Montpellier, chez Castel, libraire. — Prix : 1 franc.

Le journal de Chirurgie paraît le 20 de chaque mois, par livraisons de 52 pages grand in-8°. Prix de l’abonnement : 8 fr. par an; et 12 fr. pour recevoir en même temps le journal de Médecine.— On s’abonne à Paris, au Bureau du journal, chez Paul Dupont et Comp., rue de Grenelle-St-Honoré, n° 55.— Tous les mémoires, articles et réclamations relatifs à la rédaction, doivent être adressés, francs de port, à M. Malgaigne, rédacteur en chef, rue de l’Arbre- Sec, n°22.

Paris, imprimerie de Paul Dupont et C;% rue de Grenelle-Saint-Honoré, 55.

JOURNAL

Par ML HALGAI^Nf;.

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