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La forêt de Laye, aujourd'hui de Saint-Germain

4. La forêt de Senard s'étendait des portes de Melun au port de Charenton.

5. La forêt de la Pommeraie (Haute et Basse), sur les collines de la rive gauche de l'Oise, entre Chantilly et Compiègne, est contiguë à la forêt domaniale de Halatte et a une contenance d'environ 1,600 hectares.

pour le pris et somme de huyt livres tournois et au dessoubz jusques à six livres tournois, sans autre enchiere ; lesquelz marchans seront tenuz de faire widenge de Tune partie desdictes ventes dedens la Chandeleur, et de Tautre partie dedens Pasques, ou Penthecouste prochain venant ^ ou dedens autre plus brief ou plus long terme, tel qui semblera plus prouffîtable pour secourir à la neccessité et grant besoing de la ville de Paris et des habitans d'icelle, et que l'argent desdictes ventes soit baillié aux receveurs de Paris ou Senliz, etc. Et, en oultre, fu ordonné que commandement seroit fait aux marchans qui s'entremettoient de vendre bois et busche, quMlz meissent leur bois et marchandises à pris compétent et raisonnable, et qu'ilz délivrent désormais le mole de busche 2 pour six solz parisis et au dessoubz, et le cent de menuz coterès pour seze solz parisis et au dessoubz, jusques à ce que autrement par le Roy en son Conseil ou par la Court de Parlement en fust autrement ordonné, et que les marchans feussent à ce contrains reaument et de fait par le prevost de

1. L'extrait du 26 novembre, jusqu'aux mots Penthecouste prochain venant^ a été reproduit par le P. H. Denifle (Chartularium Universitatis ParisiensiSy t. IV, p. 354).

2. On voit par le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 113, 117, que la bûche valait en septembre 1418 deux francs le cent, en novembre trois francs, et le cent de méchantes bourrées trentesix sols. D'après le Religieux de Saint-Denis, t. VI, p. 303, 366, le prix du bois avait quadruplé et les Parisiens éprouvèrent une telle disette de bois de chauffage qu'après avoir brûlé leurs ustensiles, ils furent obligés d'arracher des saules, des arbres fruitiers et des échalas de vigne, afin de pouvoir cuire leurs aliments et se prémunir contre les rigueurs de l'hiver.

Paris ou par le prevost des marchans, ou leurs lieutenans, sans préjudice des prérogatives et drois de la prevosté de Paris et de la prevosté des marchans et autres, non obstans opposicions ou appellacions, ordonnances, mandemens, défenses, dont lettres furent à moy commandées pour faire publier ce que dit est. Ou regard du pain* et des autres vivres qui estoient à grant chierté à Paris, ne fu lors ad visée aucune especial provision, mais fu à ung chascun des assistens enchargié de y adviser et entendre diligemment, especialment au prevost de Paris et au prevost des marchans, à qui ce appartient principalment.

Conseil, XIV (Xi* 1480), fol. 158 v«.

Jeudi, premier jour de décembre.

Avant les plaidoieries, les presidens et conseilliers de trois Chambres de Parlement furent assemblez au Conseil en la grant Chambre dudit Parlement, pour avoir advis et deliberacion sur ce qu'estoit à faire pour maintenir la ville de Paris et les habitans en bonne paix, union et transquilité, en bon gouvernement et en bonne police. Et fu advisé que, pour soliciter et exciter et aussi pour conseillier et conforter en ce les prevost de Paris et des marchans, qui doivent premièrement et principalment avoir regard à ce que dit [est], seroient commis et députez iiij ou v des conseilliers de la Court qui assembleroient chas-

1. Suivant le Religieux de Saint-Denis, t. VI, p. 302, le blé valait six ou sept francs le setier et la farine neuf francs, et beaucoup de gens aisés durent se contenter de pain et de noix. Le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 117, nous montre la douzaine de pains payée six sols au lieu de sept ou huit blancs.

cun jour et toutes fois que requiz en seront. Et furent à ce nommez maistre G. de Gelsoy, maistre G. de Beze, maistre H. Le Coq, maistre J. Brillot, maistre H. de Morueil*.

Venredi, ij® jour de décembre.

La Court vaca pour occasion des processions générales à l'église Sainte-Katherine pour le salut et bonne prospérité du Roy et de ce royaume^.

Samedi, iij® jour de décembre.

Et lendemain y ot processions générales aux Augustins pour le salut du Roy et du royaume.

Conseil, XIV (X^a 1480), fol. 159 v«.

» Lundi, V® jour de décembre.

Ce jour, furent assemblez en la Grant Chambre de Parlement les presidens et conseil liers des trois Chambres dudit Parlement, les prevosts de Paris et des marchans, pour avoir advis et deliberacion sur ce qu'estoit à faire pour mettre à pris raisonnable les vivres et marchandises neccessaires pour la ville de Paris; et finablement maistre Guillaume Rose, advocat oudit Parlement, lieutenant du maistre des Eaues et forests, fu commis pour contraindre ceulx qui ont bois et forests environ Paris de vendre à pris raison-

1. Ce paragraphe a été reproduit par D. Félibien [Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 575).

2. Une mention analogue, rédigée en latin, figure dans le registre des Matinées (Xi» 4792, fol. 92 v«).

nable aux marchans qui en voudront avoir pour amener à Paris, ainsi que fait a esté et ordonné, le xxvj® jour de novembre derrain passé, ou regard des forests de Bondis, Laye, Senart et de Pommoroie appartenant au Roy.

Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 159 v^

Mecredi, vij® jour de décembre.

Ce jour, le procureur du Roy exposa en la Court comment autresfois il avoit appelle de certains griefs fais et donnez par les gens des Comptes pour et au proufit des duc et duchesse de Bourbon, en vérifiant et faisant expedicion de certaines lettres faisant mention de certain bail ou transport de la duchié d'Auvergne ou préjudice du Roy, laquelle appellation il avoit nagaires insinué et signifié en ladicte Court, le xx^ jour de septembre derrain passé. Recjta, en oultre, les diligences par lui faictes depuis pour obtenir de la Chancelerie adjornement en cas d'appel en ceste matière, lequel il n'avoit peu obtenir, jà soit ce qu'il en eust fait faire pluiseurs requestes et en eust fait présenter par trois fois trois lettres en forme de adjornement en cas d'appel pour estre scellées en ladicte Chancelerie, au dos desquelles estoit escript : Expectare adhuc, et pour ce requeroit ledit procureur du Roy que la Court lui voulsist sur ce pourveoir, et lui donner et octroier lettres de adjornement en cas d'appel, et ycellui adjornement ou lettres d'adjornement faire sceller du signet de la Chambre dudit Parlement, ce qui lui fu octroyé par les dessusdiz conseilliers, nemine contradicente. Et furent de ce faictes lettres signées dudit signet, comme dit est, et baillées

audit procureur du Roy pour ycelles faire exécuter, comme il appert.

Ce jour, la Court fist défense aux président et conseilliers desdictes Requestes du Palais qu'ilz ne oyssent désormais aucunes plaidoieries durant le temps que on prononceroit les arrestz dudit Parlement, mais qu'ilz cessent si tost que on appellera ausdis arrests, ainsi que on a acoustumé de faire de tout temps.

Jeudi, viij® jour de ce mois.

Fu faicte la solempnité de la Conception Nostre Dame, et y ot, ce jour, processions générales à Paris, qui assemblèrent en l'église de Paris pour aler en Teglise Saint-Jehan-en-Greve quérir corpus Domini, qui fu apporté en ladicte église de Paris, et y ot messe solempnelle pour le salut du Roy et de son royaume * .

Conseil, XIV (Xi» 1480), fol. 160.

Samedi, x® jour de décembre.

Monsegneur le Chancelier vint en la Chambre de Parlement et furent assemblez au Conseil les presidens et conseilliers des trois Chambres dudit Parle-

1. Voici en quels termes le Registre capitulaire de Notre- Dame annonce cette cérémonie : « Lune v** decembris, conclusum est quod, die jovis proxima, non obstante festo Concepcionis, fient processiones générales ad ecclesiam Parisiensem, et ibunt domini de mane quesitum corpus Christi apud Sanctum Johannem in Gravia, et revertentur processionaliter ad ecclesiam Parisiensem, ubi dicetur missa per unum prelatum qui attulerit corpus Christi, et missa dicta, associabitur corpus Christi et reponetur ubi captum fuerit cum processione » (Arch. nat., LL 112, fol. 219).

ment, les maistres des Requestes de TOstel et des Comptes, le grant maistre d'OsteP, le sire de l'Isle Adam, mareschal de France, le prevost de Paris, le recteur de TUniversité, messire Blanchet Bracque, le prevost des marchans, les procureur et advocas du Roy, sire Jehan Guerin et pluiseurs autres clers et bourgois notables de la ville et Université de Paris pour avoir advis et deliberacion et trouver manières de faire promptement finance d'argent, selon le contenu et pour les causes dont mencion estoit faicte en certaines lettres passées par le Roy en son Conseil, à Pontoise, le vij^ jour de ce mois^, par lesquelles le Roy donnoit puissance à monsegneur le Chancelier, messegneurs Thibaut de Neufchastel, Henry de Champdivers, Guy de Bar et Blanchet Braque, chevaliers, Guillaume d'Orgemont, Michiel Laillier, Jehan Guerin, maistres Estienne de Charité et Guillaume de Neauville, pour les causes contenues esdictes lettres, de vendre, engaigier, obliger des terres et segnories du demaine du Roy, tant en contés, chastellenies, baronnies, villes, cités ou chasteaux, jusques à la

1. Thibaut de Neufchâtel, conseiller du Roi et grand maître de l'Hôtel, fut gratifié, le 10 avril 1420, de 4,000 livres, en considération de ses bons services et des nombreux voyages et missions qu'il avait accomplis pour le Roi et le duc de Bourgogne [Journal du Trésor, KK 17, fol. 103 v«).

2. Par lettres du 7 décembre 1418, Charles VI donnait en effet aux commissaires nommés ad hoc et désignés ci-dessus, ainsi qu'à Pierre Gorremont, général des finances, le pouvoir de vendre et engager non seulement des terres du Domaine, mais encore des joyaux et biens meubles, jusqu'à concurrence de 10,000 livres (Ordonnances des rois de France , t. X, p. 501).

fU18j DE CLÉMENT DE FAUQUEMBERGUE. 21i

valeur et montance de dix mil livres de terre, et avec ce leur donnoit auctorité et povoir de trouver et mettre sus toutes manières de finances et subvencions, etc., selon ce que plus à plain estoit contenu esdictes lettres, lesquelles furent publieez et sont céans enregistrées. Et, finablement, par Tadvis et deliberacion des gens dudit Conseil, monsegneur le Chancelier encharga aus dessusdis que plus à plain ilz voulsissent penser pour adviser et trouver manières promptes et prouffitables d'avoir finances selon le contenu desdictes lettres, et eulz assembler; c'est assavoir, ceulz de Parlement en la Chambre de Parlement, ceulz des Enquestes en la Chambre des Enquestes, ceulz de l'Université ailleurs ensemble, et ainsi des autres pour adviser plus à plain sur ce que dit est et rapporter lendemain leurs advis par devers monsegneur le Chancelier.

Ce jour, furent leues et publieez en la Chambre dudit Parlement les lettres, par lesquelles le Roy avoit révoqué la puissance des reformateurs et les lettres de la reformacion*.

Ce jour, après disner, furent assemblez les presidens et conseilliers des iij Chambres de Parlement pour faire response sur ce qui avoit esté ouvert par monsegneur le Chancelier ou Conseil tenu ce jour au matin en la Grant Chambre de Parlement, c'est assavoir, sur les manières de trouver et faire finances,

1. Ces lettres, données à Pontoise le 6 décembre, portaient révocation de la commission ou réformation établie pour procéder contre les rebelles [Ordonnances des rois de France^ t. X, p. 500).

selon la teneur des lettres du Roy publieez et leues oudit Conseil. Et finablement fu conclu que maistre Jehan de Longueil, président, acompagnié d'aucuns des conseilliers de la Court, yroient par devers le Chancelier de par la Court dire que les presidens et conseilliers d'icelle Court ont tousjours esté, sont et seront prests et appareilliés de conseillier, aidier et conforter le Roy en ses affaires selon leurs facultés et puissances, en excusant la Court de ce qu'elle n'a pas acoustumé de vaquer en adinvencions de finances, ne exercer le fait d'icelles finances; et que le Roy, par sesdictes lettres et autrement, y avoit commis gens sages et expers oudit fait qui pourroient et sauroient miex pourveoir en ce qu'estoit à faire pour trouver les manières desdictes finances selon la teneur desdictes lettres et commission à eulz adreçans. Et ainsi fu dite lendemain la response à mondit segneur le Chancelier, ou en semblables paroles en effect.

Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 160.

Lundi, xij^ jour de décembre.

Le jour dessusdit, monsegneur le Chanceher fist assembler, après disner, en la Grant Chambre de Parlement, les presidens et conseilliers des iij Chambres dudit Parlement, les gens des Comptes, les maistres des Requestes de TOstel, le recteur de l'Université, les commissaires nommez es lettres qui avoient esté publieez céans le x® jour de ce mois, le prevost de Paris, le prevost des marchans, les eschevins et autres gens d'église, des collèges de Paris, bourgois et autres en grant nombre, pour oyr dire et déclarer

le misérable estât de la ville de Rouen assiégée par le roy d'Angleterre \ qui empeschoit touz vivres entrer en ladicte ville, par quoy les habitans d'icelle avoient famine et très grant deffaulte de vivres, si comme disoient et tesmongnoient deux hommes d'armes, presens oudit Conseil et assemblée, qui estoient envoyez de par ladicte ville pour avoir secours et requérir provision. Et pour ce que à faire secours et la provision neccessaire à ladicte ville il convenoit avoir grant finance pour paier les gens d'armes et avoir aucunes choses et habillemens neccessaires advisez pour ce, le Chancelier fist de rechief lire et publier lesdictes lettres qui avoient céans esté pubhées samedi derrain passé, et avec ce fist lire les lettres des capitaines, gens d'armes et bourgois de Rouen, faisans mencion de leur estât moult piteable. Et exhorta et ammonesta ledit Chancelier tous les assistens de adviser manières de faire finance et de soy y emploier promptement et y contribuer plainement, afin que par deffaulte de finance et de secours ladicte ville de Rouen ne feust

1. Pendant le séjour du Roi et du duc de Bourgogne à Beauvais, quatre gentilshommes et quatre bourgeois de Rouen vinrent exposer le misérable état de leur cité et dirent « comment plusieurs millers de gens estoient jà mors de fain dedens ladicte ville, et que, dès l'entrée d'octobre, ilz estoient contrains de menger chevaulx, chiens et chas, souris et ras et autres choses non appartenans à user à créature humaine » (Monstrelet, t. III, p. 299). Aucun chroniqueur ne parle de la mission remplie par les deux hommes d'armes envoyés à Paris par la ville de Rouen. Voir dans Puiseux, Siège et prise de Rouen par les Anglais, p. 140-141, l'effrayante énumération des prix qu'avaient atteints durant le siège les aliments les plus grossiers.

prinse et occupée par les ennemis. Et fist commandement le Chancelier que ceulz qui estoient là assemblez et venuz de par leurs collèges se assemblassent à part oudit Palais pour dire promptement leurs advis et faire sur ce telle response que faire pourroient bonnement. Et, après ce, touz les conseilliers de la Court furent assemblez illico en la Chambre des Enquestes pour délibérer ensemble sur ce que dit est, et furent d'acord en conclusion que la Court, pour aidier à pourveoir sur ce que dit est, presteroit au Roy la somme de mil frans^

Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 160 v\

Samedi, xvij® jour de décembre.

Ce jour, maistre Jehan Vivian, président en la Chambre des Enquestes, à l'instance d'aucuns de la Chambre desdictes Enquestes, qui estoient assemblez en la Grant Chambre pour jugier le procès dessusdit ^, ou jugement duquel les presidens et conseilliers de la Chambre de Parlement estoient partis, fist protestacion, pour ce que aucuns desdictes Enquestes maintenoient que les conseilliers de ladicte Grant Chambre dévoient aler en la Chambre des Enquestes pour jugier les procès esquelz ilz estoient partis, ainsi que ceulx desdictes Enquestes venoient en la Grant Chambre pour jugier les procès ou jugement desquelz ilz estoient partis, que ce ne tournast ou portast préjudice à

1. En marge se trouve cette rubrique : De contributione Curie ad tuitionem Rothomagi.

2. Ce procès, entre Hugues de Combarel et Jean Le Peletier, prêtre, est en effet mentionné comme pendant aux dates des 16 et 17 décembre, mais il ne reçut point de solution.

l'usage et observance ancienne et acoustumée, ne aux drois des conseilliers desdictes Enquestes.

Ctonseil, XIV (X*» 1480), fol. 161 y\

Mardi, xx* jour de décembre.

Ce jour, l'Université de Paris requist que certaines lettres royaux, données en octobre derrain passé, faisans mencion de la confirmacion de leurs privilèges, feussent leues, publiéez, enregistréez et signéez de par la Courte Sur quoy, après la lecture et publicacion d'icelles, fu dit de par la Court que le procureur du Roy les verroit premièrement, et, après ce, la Court feroit au seurplus faire ce qu'il appartendroit. En après, les députez de ladicte Université, présent le recteur, firent, par ung proposant, exposer en brief le très grant péril et desolacion de la ville de Rouen et des habitans d'icelle^, les inconveniens et

1. Il s'agit des lettres du 27 octobre 1418, qui accordèrent aux régents, suppôts et étudiants de l'Université exemption de l'impôt nouvellement établi sur les vins vendus et amenés à Paris. Ces lettres ne furent pas enregistrées au Parlement.

2. Les habitants de Rouen avaient à plusieurs reprises prié l'Université de Paris d'intercéder en leur faveur auprès du Roi et du duc de Bourgogne, ce qu'elle iSt par deux lettres que reproduit le P. Denifle [Chartularium Universitatis Parisiensisy t. IV, p. 357); la situation critique de la ville assiégée avait été exposée au nom de l'Université par le ministre des Mathurins, par Pierre-aux-Bœufs, par Ytasse de Pavilly et par l'aumônier de Fécamp. Dans la lettre que l'Université adressa en septembre 1418 aux bourgeois de Rouen, elle les encouragea à la résistance, ne mettant pas en doute que l'on ne vînt à leur secours. Et ajoutait le corps universitaire : « Nous, de tout nostre pouvoir, tousjours mouvrons et solliciterons la chose, tant que au plaisir de Dieu elle viendra à bonne conclusion » (Du Boulay, Historia Universitatis Pari-

dommages irréparables qui pourroient ensuir par la perdicion d'icelle, et le grant bien et secours que le Roy puet avoir à la garde et conservacion d*icelle, en suppliant à la Court pour envoier aucuns des presidens et conseilliers de Parlement par devers le Roy à Pontoise pour avancier secours et aide ausdis de Rouen le plus brief que bonnement faire se pourra. Et sur ce furent assemblez après les plaidoieries en la Chambre de Parlement les presidens et conseilliers des iij Chambres de Parlement, qui esleurent et nommèrent maistres Ja. Branlart, président es Enquestes, Phelippe de Rully, H. de Dicy, Phelippe Le Besgue, G. de Celsoy et Q. Massue, conseilliers du Roy, et avec eulz G. de Buymont, huissier de Parlement, pour aler lendemain par devers le Roy à Pontoise à la fin dessusdicte.

Conseil, XIV (X^a 1480), fol. 161 v».

Jeudi, xxij® jour de décembre.

Après les plaidoieries, vindrent les prevost des marchans et eschevins de la ville de Paris, acompagniez de pluiseurs bourgois et marchans d'icelle Ville, en la Chambre de Parlement, pour avoir advis et deliberacion et pourveoir sur le fait de la marchandise de busche et autrement, pour le bien de la chose publique et de la bonne police de la ville de Paris. Et lors, en entretenant aucunement ce que autresfois avoit esté advisé, fu conclu ou Conseil, tenu en ladicte

siensis, t. IV, p. 334). Voir également la lettre-circulaire que l'Université de Paris adressa aux villes du royaume en faveur de Rouen (cf. le P. Denifle, Chartularium Universitatis Parisiensis, t. IV, p. 355).

Chambre de Parlement, et ordonné que commandement seroit fait à tous marchans de bois ou de busche, marchandans en la ville et cité de Paris, que de cy en avant ilz vendent et délivrent leurs bois et busche à pris modéré, raisonnable, c'est assavoir, chascun mole de busche pour vj solz parisis et au dessoubz, chascun cent de coterès, les plus petis à xvj solz, les moiens à xx solz, et les meilleurs à xxiv solz parisis et au dessoubz, et les bourrées et autre bois chauffage à pris raisonnable \ eu regard à ce que dit est, et que ceste ordonnance sera exécutée, non obstans opposicions ou appellacions. Et s'il y a aucuns marchans qui se dient avoir perte ou dommage à vendre leur bois et busche au pris dessusdit, viengnent et informent la Court de leurs pertes et dommages, et la Court leur pourverra raisonnablement ainsi qu'il appartendra. Et, en oultre, pour ce que le prevost des marchans a de présent pluiseurs grandes occupacions et pour certaines causes, ladicte Court, pour exécuter ceste ordonnance et sans préjudice des drois, privilèges et prérogatives de la prevosté des marchans et de tous autres, a commis et commect maistre Guillaume Rose, advocat en Parlement, et maistre N. Surreau, sans préjudice dudit prevost des marchans et autres, lesquelz pourront, se

1. Nous trouvons, dans le Registre aux causes de la Prévôté des marchands (Arch. nat., IS^ly fol. 11), une ordonnance qui fixe le prix des bourrées. Guillaume Lestandart, panetier du Roi, capitaine de Meulan, ayant fait saisir un millier de falourdes et un millier de bourrées, il fut décidé que les falourdes seraient vendues 8 francs 8 sols parisis le cent et les bourrées 14 sols parisis le cent.

bon leur semble, entendre et soy emploier ou fait de ladite (busche) et sur ce que dit est, ainsi qu ilz ont acoustumé, et que à eulz appartient de faire à cause de leurs offices et estaz, en entretenant et exécutant toutesvoies et faisant entretenir ceste présente ordonnance. • Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 162.

Samedi, xxiiij® jour, jejunium Vigiliœ Natalis Domini.

Ce jour, les presidens et aucuns des conseilliers lais de la Court alerent ou Chastellet de Paris pour entendre à la délivrance et expedicion des prisonniers, ainsi que acoustumé est.

Le xxv'f jour de ce mois, furent assemblés en la Chambre de Parlement les presidens et conseilliers des trois Chambres dudit Parlement pour oir la relacion des ambassadeurs envoyez de par la Court par devers le Roy et le duc de Bourgongne et autres du Conseil du Roy, estans à Pontoise, sur ce qui avoit esté advisé et délibéré le xx® jour de ce mois; et estoient lesdiz ambassadeurs maistres Jaques Branlard, président es Enquestes, Phelippe de Rully, H. de Dicy, Phelippe Le Besgue, G. de Celsoy et Q. Massue, conseilliers du Roy oudit Parlement, et G. de Buymont, huissier. Et, pour ce que ledit Branlard, par l'ordonnance de la Court, avoit exposé les causes de ladicte ambassade, il recita en briefs termes, en effect, ce que avoit par eulz esté dit et besoingné ou fait d'icelle ambassade ou legacion, qui avoit principalment esté ordonnée pour exciter et esmouvoir le Roy et le duc de Bourgongne et tous autres à faire et avancier le

secours et provision convenable pour la conservacion et défense de la cité de Rouen et des habitans d'icelle. Pour ce aussi que le procureur du Roy, par Tordonnance de ladicte Court, avoit esté avec lesdis ambassadeurs à Pontoise, il recita, en effect, ce que par lui avoit esté dit et requiz au Roy et au duc de Bourgongne. Oye la relacion desquelz, la Court ot très agréable ce que par les dessusdis avoit esté fait et besoingné ou fait de ladicte ambassade, et fu chascun très bien content desdiz proposans, c'est assavoir, Branlart et le procureur du Roy, qui a voient très notablement et loyalment parlé en la matière dessusdicte, sans dissimulacion ou faintise mauvaise, si comme tesmongnoient les autres de ladicte ambassade. Et est vray que la Court en ceste chose a fait par avant pluiseurs diligences par lettres envoiéez au Roy, au duc de Bourgongne, au Chancelier de France et autres du Conseil du Roy, lors estans à Pontoise, qui se sont tousjours offers à faire tout ce que pourront pour la conservacion et tuicion de ladicte cité de Rouen et habitans d'icelle et generalment de tout le royaume ^ Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 162 vo.

Jeudi, xxix® jour de ce mois.

La Court ordonna que maistres Jaques Branlart, Q. Massue et H. de Morueil s'assembl croient et appelleroient avec eulz les procureur et advocas du Roy

1. En marge de ces délibérations des 26 et 27 décembre, le greffier a inscrit cette rubrique : De diligenda Curie pro conservatione Rothomagi.

pour adviser et délibérer ensemble sur ce qui seroit à faire pour le bien et conservacion de la ville de Paris, de la cité de Rouen et de ce royaume, pour yceuz advis rapporter à la Court.

Ce jour, pour ce que on disoit que le Roy et le duc de Bourgongne estoient partiz ou dévoient partir de Pontoise pour aler à Beauvès^ la Court ordonna que maistres Jaques Branlard, président es Enquestes de Parlement, et H. de Dicy et Q. Massue, conseilliers du Roy oudit Parlement, yroient de par ladicte Court en ambassade par devers le Roy et le duc de Bourgongne pour leur exposer aucunes choses touchans Testât d'iceulz et la conservacion et tuicion de la ville et cité de Rouen et de tout ce royaume, en entretenant le fait de l'autre ambassade par eulz nagaires acomplie et ordonnée estre faicte le xx^ jour de ce mois. Et lendemain, partirent lesdiz ambassadeurs avec autres eschevins et bourgois de la ville de Paris, qui pour les causes et fins dessusdictes aloient par devers le Roy et le duc de Bourgongne, et aussi pour leur supplier quMlz ne voulsissent plus esloingnier ladicte ville de Paris, se n'estoit pour approuchier et plus grever les Anglois qui tenoient le siège devant la ville et cité de Rouen.

Conseil, XIV (X^^ 1480), fol. 162 v«-163.

1. D'après V Itinéraire de Jean - sans -Peur (Ernest Petit, Itinéraires de Philippe le Hardi et Jean-sans-Peur^ ducs de Bourgogne, p. 444, 445), le duc de Bourgogne quitta précisément Pontoise le 29 décembre et vint souper à Beauvais, où il fit séjour jusqu'au 13 janvier.

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Lundi, ij® jour de janvier. Après les plaidoieries vindrent en la Chambre de Parlement les prevosts de Paris et des marchans, les eschevins et autres pluiseurs notables bourgois de la ville de Paris pour avoir advis avec les presidens et conseilliers de la Court sur ce qu'estoit à faire pour entretenir ladicte Ville et habitans d'icelle en bonne union et transquilité, et pour tenir bonne police et gouvernement en ladite Ville. Et illec furent aportez et leuz certains advis sur ce que dit est, fais par aucuns des gens de Chastellet; et finablement fust conclu oudit Conseil et assemblée que aucuns de la Ville et de Chastellet s'assembleroient ordinairement chascun jour en rOstel de ladicte [Ville] avec trois ou iiij des conseilliers de ladicte Court. Et furent lors nommez et esleuz à ce maistre H. Le Coq, m. H. de Morueil, m. G. des Champs, m. Phelippe Le Besgue, conseilliers du Roy; et ou Chastellet l'un des lieutenans du prevost : m. J. Delsy, m. G. Rose, m. Denis Nicolas; et des bourgois de la Ville furent nommez et esleuz : J. de Compens, changeur, P. Secale, J. Marcel, drapier, J. du Crois, Jehan Navarre, m. H. de Monstereul, J. Trotet et Ymbert des Champs. Et fu ordonné, comme dit est, que les dessusdis assemblassent chascun jour ordinairement en la maison de la Ville pour adviser sur tout ce qui seroit neccessaire, convenable et expédient pour la conservacion de ce royaume, et especialment pour le bon gouvernement et bonne police de

la ville de Paris.

Conseil, XIV (Xi* 1480), fol. 163.

Mardi, iij^ jour de janvier.

Avant les plaidoieries, maistre Guillaume Rose, advocat en Parlement, vint en la Chambre de Parlement et exposa à la Court comment, selon la teneur de la commission et mandement de la Court, en entretenant certaine ordonnance, il avoit voulu mettre à pris certaine busche arrivée à Paris en ung batel appartenant à Guillaume Drouart, marchant de Paris, et que ledit Drouart l'a voit voulu empescher en disant qu'il avoit eu congié du prevost des marchans de le mettre et exposer en vente à six solz pour chascun mole, et qu'il appelloit dudit Rose, et que après pluiseurs paroles il avoit menacié de geter ledit Rose en la rivière, en requérant que la Court voulsist sur ce pourveoir comme il appartendroit. Et, pour ce incontinent, la Court interroga par serement ledit Drouart sur ce que dit est, lequel, ou regard de l'appel, respondi qu'il n'avoit point appelle, combien qu'il eust protesté d'appeller, se ledit Rose lui faisoit aucun grief, et au surplus disoit que il avoit bien dit audit maistre Guillaume Rose qu'il avoit eu congié de vendre sadicte busche à six solz le mole, et que, se ledit maistre Guillaume venoit et entroit en son batel pour mettre sa busche à pris, qu'il le bouteroit en la rivière, où ledit maistre Guillaume le y bouteroit. Oye la confession duquel, la Court appointa que ledit maistre Guillaume seroit receu à prouver ledit appel, et en oultre la Court condempna ledit Drouart à faire amende audit maistre Guillaume Rose et lui dire sur sondit batel qu'il lui desplait et a mal fait de avoir dit à maistre Guillaume Rose que, s'il venoit en son batel pour mettre à pris sa busche, il le

bouteroit dedens la rivière, et à tenir prison à la volenté de la Court ; lequel appointement fu prononcié en la présence desdiz Droart et autres advocas et procureurs appeliez pour oïr les plaidoiries. Après la prononciacion de ce, ledit Rose remercia la Court de ce qui avoit esté appoincté et prononcié en sa faveur et supplia à la Court qu'elle voulsist remettre et pardonner audit Droart l'amende et condempnacion dessusdicte, et en oultre que la Court le voulsist deschargier du fait de ladicte commission. Auquel fu respondu de par la Court qu'il ne seroit point deschargié du fait de ladicte commission, et au seurplus que ledit Drouart seroit prisonnier à la volenté de la Court, comme dit est, et ou regard de l'amende, l'execucion d'icelle surserra jusques à ce que autrement en soit ordonné. Et après ce ledit Drouart s'excusa envers la Court et supplia très humblement que on lui voulsist pardonner ladicte offense et mettre au néant l'appel, s'aucun en y avoit, et neantmoins fu mené prisonnier en la Conciergerie^, sans faire pour lors autre immutacion oudit appoinctement. Et, ce fait, on procéda aux plaidoiries et expéditions des autres causes.

Ce jour, la Court taxa pour les salaires dudit Rose en ladicte commission, pour chascun jour qu'il y a vaqué ou vaquera, x solz à Paris, et hors de Paris xxiiij solz parisis.

Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 163 v«.

1. Guillaume Drouart fut élargi le lendemain, sous la caution de Jean Le Doulx, marchand, demeurant rue de la Vieille- Tixeranderie (Matinées, X*a4792, fol. 101 vo).

Jeudi, V® jour de janvier.

Le visconte de Villemur a présenté en la Court lettres royaux de l'office de la seneschaueie de Rouergue* et capitainerie de Najac, desquelles il a requis Tenterinement, après ce que le procureur du Roy les a veues, lesquelles seront mises par devers la Court pour en ordonner ainsi qu'il appartendra et au

Conseil.

Matinées, X (Xia4792), fol. 101 v°.

Samedi, vij® jour de janvier.

Les presidens et conseilliers des Enquestes et de la Chambre de Parlement furent assemblez en ladicte Chambre de Parlement pour oïr la relacion des ambassadeurs de la Court qui avoient esté esleuz par ycelle Court, le xxix® jour de décembre derrain passé, pour aler par devers le Roy et le duc de Rourgongne estans à Reauvais, pour les causes et fins dessusdictes, et dont mencion est faite ou registre dudit xxix^ jour.

Ce jour, messire Gérard de la Guiche^, chevalier,

1. Le poste de sénéchal de Rouergue était occupé depuis novembre 1414 par Chatart de Rochedegoux; le nouveau titulaire doit être Jean, comte de Foix, devenu vicomte de Villemur par acquisition, et qui fut gouverneur du Languedoc sous Charles VIL

2. Gérard de la Guiche, seigneur de Nanton et de Chaumont-en-Bassigny, bailli de Charolais en 1410, assista, en cette qualité, au siège de Bourges en 1412, suivit le duc de Bourgogne en 1417 et, par son crédit, devint chambellan du Roi, bailli de Mâcon et sénéchal de Lyon, au lieu et place d'Imbert de Grolée ; en juin 1419, il fut nommé capitaine général en Bourgogne et Lyonnais.

par vertu des lettres du Roy, fu receu en office de bailli de Mascon, seneschal et capitaine de Lyon, et a fait le serement acoustunné; et a, par l'ordonnance de la Court, esté rasée ou corrigée la clause especial faisant mencion esdictes lettres du prouffit du seel du balliage, et a esté receu pour joir dudit office aux drois et prouffis acoustumez; et a ordonné la Court que les vidimus qui ont esté fais sur lesdictes lettres seront corrigiez, selon ce que dit est, s'il est besoing, afin que ledit de la Guiche ne prengne à son prouffit l'émolument du seel dudit bailliage, se acoustumé n'est.

Ce jour, vindrent en la Chambre de Parlement les commis et députez ou Conseil, tenu céans le iij® jour de ce mois, pour assembler et adviser sur le fait de la police et bon gouvernement de ceste Ville, lesquelz se vouldrent de ce deschargier en la Court ; mais ilz n'y furent mie receuz.

Conseil, XIV (Xi» 1480), fol. 164.

Lundi, ix® jour de ce mois.

Le prevost des marchans et autres pluiseurs de la ville de Paris et les lieutenans du prevost de Paris furent mandez par la Court pour apaisier et pourveoir sur aucuns murmures et sedicions que on doubtoit à venir, et pour pourveoir à la paix et transquilité des habitans de Paris et au gouvernement et bonne police de la Ville, sur quoy pluiseurs assembléez et consultacions avoient esté faictes, qui avoient sorti petit efîect. Et, pour ceste mesme cause, se rassemblèrent lendemain au Conseil, en la Chambre de Parlement, après disner.

Mardi, x« jour de janvier.

Le procureur du Roy s'oposa à ce que les lettres nagaires présentées à la Court de par l'Université de Paris ne feussent publiéez, enterinéez ou enregistrées céans, lesquelles lettres faisoient mencion de la confîrmacion des privilèges de l'Université ^ combien que le procureur du Roy feust assez d'acord qu'ilz eussent lettres du Roy pour joir de leurs privilèges, ainsi qu'ilz en ont acoustumé de user, et que se aucune chose avoit esté ou estoit ou temps avenir entreprinse ou préjudice d'iceulz, pour occasion des guerres et divisions de ce royaume, que ce ne tournast à préjudice ne à la diminucion ou abolicion desdiz privilèges. Sur quoy la Court réserva à ordonner jusques au retour de maistre Phelippe de Morvillier, premier président, qui avoit intencion de partir prochainement lors pour aler par devers le Roy et les gens de son Conseil, estans à Pontoise.

Ce jour, vindrent et furent assemblez en la Chambre de Parlement, après disner, les presidens et conseilliers dudit Parlement, le prevost des marchans, les eschevins et pluiseurs bourgois notables de la ville de Paris pour adviser et pourveoir sur le gouvernement et bonne police de ladicte Ville. Et finable-

1. On voit, par les lettres que l'Université de Paris adressa en décembre 1411 au duc de Bourgogne, que c'est grâce à son intervention qu'elle avait obtenu la confirmation de ses privilèges ; comme l'Université éprouvait force vexations de la part de l'Echevinage, elle pria le duc de mander aux prévôt des marchands et échevins qu'ils ne fissent rien contre l'octroi à eux concédé par le Roi (le P. Denifle, Chartularium Universi' tatis ParisiensiSf t. IV, p. 357).

ment, pour adviser et pourveoir sur ce et assembler chascun jour continuelment ensemble, furent esleuz et nommez : maistres Giles de Clamecy pour président, m. Ja. Branlart, m. J. Vivian, m. Robert Piedefer, m. J. de la Marche, m. Phelippe Le Besgue, m. G. Le Clerc, m. P. de Marigny, m. J. Aguenin, m. G. Intrant, m. N. de Savigny, m. H. Rapiout, m. Gerart de Grantchamp, Jehan Trotet, Robert Le Caron, P. Gordier, Erart Roussel, J. de Gompans, J. d'Elbeuf, Gauvain Trente, H. de Monstereul.

Mecredi, xj® jour de janvier.

Ge jour, la Gourt ordonna que maistres Quentin Massue, G. Le Duc, G. Emery et J. Porchier, conseilliers du Roy en Parlement, prendront leurs gaiges du Roy et en seront paiez pareillement, comme se receuz eussent esté en leurs offices le xxv^ jour de jullet der-

rain passé.

Conseil, XIV (Xial480), fol. 164 v°.

Jeudi, xij^ jour de janvier.

Furent esleuz et nommez ambassadeurs de par la Gourt maistres Ja. Branlard, Ph. de Rully, H. de Dicy, G. de Gelsoy et Q. Massue, conseilliers du Roy, pour aler par devers le Roy et le duc de Bourgongne, estans à Beauvès, pour leur dire et exposer de rechief certaines choses touchans leur estât, le bien et conservacion de ce royaume, en entretenant ce que autresfois et nagaires avoit esté exposé par ledit Branlart de par la Gourt en l'ambassade ordonnée estre faicte le xxix« jour de décembre derrain passé.

Conseil, XIV (Xial480), fol. 165.

22i8 JOURNAL [i419J

Venredi, xiij* jour de janvier.

Ce jour, maistres Jaques Branlart, G. de Gelsoy, Q. Massue et H. de Dicy, conseilliers du Roy, furent commiz de par la Court à recevoir de Pierre de Gorremont, receveur gênerai^, les descharges de l'assignacion des gaiges des conseilliers de la Court. Et, en oultre, la Court ordonna que les dessusdis Branlart, Celsoy, Massue et Dicy, lesquelz avoient esté esleuz et nommez par ladicte Court pour aler en ambassade par devers le Roy et le duc de Bourgongne, lors estans à Beauvès, si comme on disoit, auroient et prenderoient promptement xxxij livres parisis de l'argent receu par maistre Jehan du Bois des assignacions des gaiges de la Court, et avec ce, que la Court reserveroit ou feroit reserver une amende de Ix 1. p. pour baillier et délivrer aux dessusdis ambassadeurs et autres qui avoient par avant esté de par la Court en ambassade à Beauvès par devers le Roy, en recompensacion de leurs mises et despens fais et à faire pour occasion desdictes ambassades.

Samedi, xiv® jour de janvier.

Ce jour, maistre Jaques Branlart et les autres ambassadeurs qui a voit {sic) esté esleuz et nommez de par la Court pour aler par devers le Roy et le duc de Bourgongne, le xij^ jour de ce moys, pour leur dire et exposer de par la Court certaines choses touchans le bien et conservacion d'eulz et de ce royaume, firent

1. Pierre de Gorremont était receveur général des finances, comme on le voit par le compte du Trésor de 1420 (KR 17, fol. 54 v»-59).

leur relacion de ce que avoit esté fait par eulz en Jadicte ambassade, et fust d'eulz la Court bien contente comme par avant, jà soit que les responses à eulz faictes fussent de petit effect par defaulte de secours

à Rouen.

Conseil, XIV (X»» 1480), fol. 165 r« et v°.

Mardi, xvij® jour de ce mois.

Furent assemblez en la Chambre de Parlement les presidens et conseilliers des trois Chambres de Parlement, le recteur et députés de TUniversité, le prevost des marchans, esche vins et pluiseurs bourgois notables de la ville de Paris assemblez par l'ordonnance de monseigneur le Chancelier, qui survint ou Conseil tenu en ladicte Chambre, et avec luy le sire d'Autrey^ le chancelier de Bourgongne- et maistre Pierre Cauchon, envoyez à Paris de par le Roy et le duc de Bourgongne, qui re tournoient de Beauvès pour aler à Laigny^. Et, eulz ainsi assemblez, le Chancelier recita en effect, entre pluiseurs choses, comment la Court de Parlement, l'Université, les prevost, eschevins et bourgois de la ville de Paris avoient envoie par devers le Roy et le duc de Bourgongne, estans à Beauvès et depuis à Beaumont, certains ambassades par pluiseurs fois rei-

1. Jean de Vergy, seigneur d'Autrey, conseiller du duc de Bourgogne.

2. Jean de Saulx, seigneur de Courtivron, chancelier depuis le 9 avril 1405.

3. Le duc de Bourgogne arriva en effet le 16 janvier à Lagny, venant de Gonesse (E. Petit, Itinéraires, p. 445); il se trouvait à Beaumont-sur-Oise le 13 janvier et y passa la journée du 14 et une partie de celle du 15.

teréez afin de faire secours aux habitans de la ville et cité de Rouen assiégée par le roy d'Angleterre, et que le Roy et le duc de Bourgongne avoient fait toutes diligences de mander gens et secours de gens armés par les bonnes [villes] de ce royaume S à quoy pluiseurs avoient petitement obey, et disoit que la plus grant partie des nobles de ce royaume n'avoient point obey aux mandemens du Roy, mais avoient delaissié à faire aide et secours au Roy en ceste besoingne. Disoit oultre que de toutes les bonnes villes de ce royaume il n'estoit mie venuz autant de gens armez comme la ville de Paris avoit offert et estoit preste de faire, par quoy le Roy et le duc de Bourgongne n'avoient peu secourir à ladicte ville de Rouen, ainsi comme ilz entendoient et desiroient à faire. En oultre, recita comment les dessusdis ambassadeurs avoient requis le Roy de non esloingnier Paris, et que le Roy avoit intencion d'estre ce jour ou lendemain à Laigny pour conseillier et délibérer ce que seroit expédient à faire pour le bien et conservacion de son royaume et de ses subgiez, et que le Roy les avoit envoyez à Paris et les avoit enchargicz de dire aux dessusdis de la Court, de l'Université et de la ville de Paris, qu'ilz envoiassent par devers lui en ladicte ville de Laigny gens notables et sages pour adviser et conseillier le Roy sur ce que

1. La Chronique des Cordeliers (Monstrelet, t. VI, p. 266) dit à ce sujet : « Lors furent mandés gens d'armes par tout le royaume et arbalestriers de bonnes villes (notamment de Tournay), pour aler devers le Roy entour la ville de Beauvaix, en laquelle et autour d'icelle arriva grant nombre de gens et d'arbalestriers, mais ainchois que toute la puissance du Roy puist estre illec assemblée, furent iceulx de Rouen si près pris de famine que les convint rendre au roy d'Engleterre. »

dit est. Et, en oultre, le Chancelier dist que le Roy estoit très bien content des dessusdis de la Court, de rUniversité et de la ville de Paris, et qu'il avoit assez bien aperceu leur bonne volenté et loyauté, en les ammonestant qu'ilz voulsissent persévérer de bien en mieulz, en disant telles paroles ou semblables en efïect. Après ce, incontinent, les dessusdis, c'est assavoir, le premier président pour la Court, frère Pierre aux Buefs pour l'Uni versité, et maistre Gérard de Grantchamp pour les prevost des marchans et eschevins, remercièrent le Roy et le duc de Bourgongne de ce qu'il leur avoit pieu à faire exposer ce que dit est, en regraciant aussi aux dessusdis chanceliers et autres ambassadeurs de ce qu'ilz s'estoient chargiez de ceste besoingne. Et, en oultre, disoient qu'ilz avoient nommé et esleuz certaines personnes pour aler à Laigny par devers le Roy et le duc de Bourgongne. Et furent nommez et esleuz de par la Court : maistres PheHppe de Morvillier, m. Ja. Branlart, m. G. de Celsoy, m. G. de Beze, m. Phelippe de Rully, m. G. Cotin, m. H. de Dicy, m. Q. Massue, m. H. Le Coq, m. N. Surreau, lesquelz partirent lendemain au matin pour aler avec lesdis chanceliers et les autres dessusdiz à Laigny*.

Ce jour, après disner, furent assemblez au Conseil en la Chambre de Parlement les presidens et conseilliers des trois Chambres de Parlement, et fu conclu oudit Conseil que les dessusdis ambassadeurs de la Court, nommez et esleuz par ycelle ou Conseil tenu

1. Tout ce passage a été reproduit par le P. Denifle (Chartularium Universitatis Parisiensisy t. IV, p. 359).

devant disner en ladicte Chambre, dévoient conseillier au Roy et le requérir de retourner à Paris, ou leiz Paris, au Bois de Vinciennes, ou Saint-Denis, pour adviser et conseillier à grant et meure deliberacion, appeliez à ce gens sages et notables en grant nombre, sur ce que seroit à faire pour le bien et seurté de sa personne, pour le bien et conservacion de la ville de Paris et de tout son royaume.

Ce jour, vindrent nouvelles que le roy d'Angleterre devoit prochainement entrer dedens la ville de Rouen par traictié fait entre luy et les habitans de la ville* par defaulte de vivres; car autrement, par force d'armes ou par assaultz, la ville n'estoit mie prenable.

Conseil, XIV (Xial480), fol. 165 \% 166.

Mecredi, xviij® jour de janvier.

Furent assemblés au Conseil en la Chambre de Parlement les presidens et conseilliers des trois Chambres dudit Parlement, le recteur de l'Université, les conseilliers du Roy en Chastellet, les lieutenans du prevost de Paris, les prevost des marchans, eschevins et autres pluiseurs notables gens des collèges et églises de Paris, en la présence desquelz furent leuz et publiez certains advis rédigiez par escript, faiz par les commissaires esleuz par la Court et gens de tous les estas de Paris, le X* jour de ce mois, ausquelz on avoit ordonné pour présider maistre Giles de Clamecy, conseillier du Roy et maistre des Comptes. Lesquelz advis furent

1. Le traité qui fit tomber Rouen aux mains des Anglais fut conclu le 13 janvier 1419 et se trouve imprimé dans Rymer (t. IV, 3« partie, p. 82).

par tous les dessusdis de la Court, de TUniversité, de Chastellet et de la ville de Paris ratiffiez, approuvez et confermez, et en demandèrent les dessusdis corps et collèges copie pour les garder et observer et pour les faire garder et observer. Et leur fu enchargié de par la Court qu'ilz les teinssent et feissent tenir, et gardassent ou feissent garder à leur povoir, chascun en droit lesdis commissaires, d'oppression et de violence, et en oultre qu'ilz et chascun d'eulz voulsist penser et adviser diligemment en ce que touchent les advis dessusdiz pour y adjouster et y faire plus ample provision, se mestier est. Et finablement la Court, à l'instance des assistens, encharga aux dessusdis commissaires que en persévérant ilz assemblassent, ainsi que par avant, diligemment et continuelment pour entretenir le fait de ladicte commission et entendre à ce que seroit à faire pour le bien et conservacion de la ville de Paris et les habi-

tans d'icelle.

Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 166.

Venredi, xx® jour de janvier.

Ce jour, Jehan de Boitel, Pierre Le Sergent, Guillaume du Seillot, Raoulet Hue, Jossequin Renart, jurez et mooleurs de bûche à Paris, se sont présentez pour comparoir céans, disans que maistre Guillaume Rose leur avoit fait commandement de venir par devant les presidens et conseilliers du Roy en Parlement pour estre interroguez sur aucunes défenses à eulz faictes par le prevost des marchans, dont ledit maistre Guillaume Rose avoit fait rapport en la Court de céans le jour précèdent. Sur lesquelles défenses.

par Fordonnance de la Court, j'ay interrogué sommierement les jurés dessusdiz, selon le rapport fait par ledit maistre Guillaume. Lesquelz jurez ont dit et affermé par leur serement que, depuis viij jours en ça, par pluiseurs fois, ledit prevost des marchans leur a enjoint et fait commandement que à cause de leurs offices, ilz voisent faire leurs rappors en TOstel de la Ville, ainsi qu'ilz ont acoustumé de faire, en leur défendant que, à cause d'iceux offices ilz ne voisent faire aucun rapport par devers ledit maistre Guillaume, et que en ce n'obéissent à lui en aucune manière. Et neantmoins sont et seront touz prests de faire ce que la Court vouldra ordonner, et obéir au prevost des marchans et audit maistre Guillaume et aux commissaires de la Court et à tous autres, ainsi qu'il appartendra, selon l'ordonnance de la Court. Dient oultre que ledit Rose ne leur a fait aucune défense pour empeschier ou debatre qu'ilz ne facent leur rapport par devant le prevost des marchans, ainsi qu'ilz ont acoustumé, et leur a dit par exprès qu'il en est d'acord et qu'il n'y veult point mettre d'empeschement ; toutesvoies, il veult que les jurez dessus diz facent leur rapport pardevant lui, pareillement et ainsi qu'ilz le font et ont acoustumé de faire par devant ledit prevost des marchans, afin qu'il puist pourveoir ou fait de ladicte marchandise de bûche, selon la teneur de sa commission, ainsi qu'il appartient. Et, ce fait, la Court a donné congié ausdiz jurez d'aler entendre à leurs besoingnes, sans plus retourner par devers la Court pour la cause dessusdicte, jusques à ce que autrement en soit ordonné, ou que seront mandez.

fl419J DE CLÉMENT DE FAUQUEMBERGUE. 235

Ce jour, la Court fist défense à Andry d*Espernon, receveur de certains ennpruns nagaires mis sus^ que il ne délivre ou emploie la somme de mil et v^ 1. t., que on disoit estre par devers lui déposée et receue à cause desdis empruns, ailleurs que pour les neccessités et besoingnes de la ville de Paris, et par l'ordonnance de maistre Giles de Clamecy et autres commis avec lui pour entendre au gouvernement et bonne police de la ville de Paris. Pareillement, la Court a fait défense à Regnault de Thumery, maistre particulier de la Monnoie de Paris ^, et à Jehan Soris, garde de ladicte Monnoie^, afin qu'ilz ne délivrent ou emploient, autrement que dit est, la somme de ij™ vij*" 1. t., que on disoit estre par devers eulz, receue et venant des prouffis de ladicte

1 . André d'Épernon, changeur de Paris dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, qui occupa la Prévôté des marchands du 16 mars au 9 septembre 1413, avait déjà été chargé en 1411 de la levée d'un subside consenti en faveur de la ville de Paris. Ayant embrassé en 1418 le parti du duc de Bourgogne et devenu changeur du Trésor, il eut mission de recueillir les prêts faits au Roi pour secourir la ville de Rouen et pour combattre les Anglais; on voit, par le compte du Trésor de 1420 (KK 17, fol. 59), qu'il reçut les sommes versées par les abbayes de Saint-Germain-des-Prés, de Saint-Victor et la commanderie du Temple (cf. Journal d'un bourgeois de Paris, p. 28, note 4).

2. Le compte du Trésor de 1420 (KR 17, fol. 56) mentionne une assignation de 2,000 livres sur les deniers de Regnault de Thumery, faite au profit de l'Échevinage parisien.

3. Jean Souris reçut une gratification de 100 livres tournois en 1420, à raison des travaux extraordinaires occasionnés par une frappe exceptionnelle de monnaies à l'atelier monétaire de Paris (Registre du Trésor, Arch. nat., KK 17, fol. 86).

Monnoie appartenans au Roy nostre sire; et furent faictes lesdictes défenses par Tadvis et à Tinstance desdis commis, presens à faire lesdictes défenses.

Samedi, xxj* jour de janvier.

Ce jour, maistre Philippe de Morvillier, premier président, pour lui et les autres ambassadeurs esleuz par la Court le xvij® jour de ce mois pour aler par devers le Roy et le duc de Bourgongne, estans à Laigny, fist relacion plainement et notablement de ce que par lui et par les dessusdis ambassadeurs avoit esté fait et besoingnié en ladicte ambassade, principalment afin de supplier et requérir au Roy qu'il voulsist retourner et venir en la ville de Paris, au moins jusques à Saint- Denis, ou au Bois de Vinciennes. En oultre, ledit premier président recita les responses à eulz faictes par le Roy et le duc de Bourgongne et les gens de leur Conseil, et entre autres choses leur fu dit et respondu que le Roy n'esloingneroit point la ville de Paris oultre Prouvins \ et que le Roy et les gens de son Conseil

1. D'après M. Ernest Petit [Itinéraire de Jean-sanS'Peur, p. 446), le duc de Bourgogne et Charles VI partirent de Lagny le vendredi 20 janvier pour Chaumes-en-Brie, où ils séjournèrent le 21 et arrivèrent le 22 à Provins. Voici ce que la Chronique des Cordeliers (Monstrelet, t. VI, p. 267) dit du départ de Charles VI et de Jean-sans-Peur de Beauvais : « Tantost, après la reddicion de la ville de Rouen, se partirent de Beauvais le Roy et la Royne de France et le duc de Bourgongne, et s'en allèrent à Prouvins sans entrer à Paris, et envolèrent audit lieu le conte de Saint-Pol, le chancellier de France et aultres, pour demourer en ladicte ville et appointier les

avoient eu consideracion de soy tenir pour lors hors de ladicte ville de Paris pour certaines causes, et entre les autres, pour ce que la ville de Paris n'estoit mie souffisauraent avitaillée pour le Roy et ceulz de sa compaignie et pour les habitans de ladicte Ville, combien qu'il eust intencion de y retourner aussi tost qu'elle seroit bien avitaillée. L'autre cause de l'esloingnement du Roy jusques à Provins estoit pour ce que le Roy, estant à Provins, pourra avoir plus aiseement secours de ses vassaulz, subgiez, aliez et bienveuillans que s'il estoit en la ville de Paris, en laquelle pluiseurs ne vouldroient mie venir si volentiers, et aussi pour ce que les gens de monseigneur [le] Dauphin pourront plus seurement et aiseement venir à Provins par devers le Roy pour traictier de la paix et union de ce royaume, qu'ilz ne feroient à Paris. En oultre, disoit que le Roy avoit voulu et ordonné, vouloit et ordonnoit que la moitié des finances venans de la ville de Paris soient emploiéez et converties pour la conservacion et défense de ladicte ville de Paris et pour les autres besoings et neccessités d'icelle, et que le Roy, en son absence, avoit fait le conte de Saint-Pol capitaine pour la garde et défense de ladicte ville de Paris^, et que le Roy avoit ratiffié et approuvé, ratiffioit et confer-

besongnes et affaires illec sourvenans, tant en justice comme sur le fait de la guerre. »

1. 11 s'agit de Philippe, comte de Saint-Pol, frère du duc de Brabant, neveu du duc de Bourgogne. C'est ce que nous apprend Monstrelet (t. III, p. 314) : « Et lors, pour donner consolacion aux Parisiens, leur fut envoyé Phelippe de Saint- Pol, nepveu du duc de Bourgongne, aagé de quinze ans ou environ. » Jean Le Fèvre de Saint-Rémy, dans sa Chronique,

moit ce que fait et advisé avoit esté par les commis sur le fait de la police et du gouvernement de Paris et tout ce qui seroit par eulz fait et advisé en son absence. Et en tant que touchoit monsegneur de Bourgongne, il s'estoit offert de soy emploier et exposer corps, amis et chevance pour secourir ladicte ville de Paris à touz ses besoings et de exhorter et requérir le Roy à retourner en ladicte Ville, ycelle souffisamment avitaillée, et de esmouvoir ou faire esmouvoir à son povoir les gens du Conseil monseigneur le Dauphin de venir à bon traictié de paix et de le faire tenir et exécuter; et en oultre que ledit duc de Bourgongne avoit offert et offroit à prester au Roy cent ou deux cens mil frans^ pour faire et conduire sa guerre contre ses ennemis anciens, ainsi que besoing seroit et sembleroit expédient aux gens de son Conseil. Disoit oultre ledit président, que de ce que dit est le duc de Bourgongne feroit lettres convenables, promectant acomphr les choses dessusdictes, si comme plus plainement et notablement fu dist et recité par ledit premier président pour lui et les autres ambassadeurs dessusdis.

Conseil, XIV (X»» 1480), fol. 167.

t. I, p. 378, rend le même témoignage. Les lettres de provision du comte de Saint-Pol portaient qu'il serait lieutenant du Roi dans la prévôté et vicomte de Paris, en Normandie, Picardie, et dans les bailliages de Senlis, Meaux, Melun et Chartres. D'après M. E. Petit [Itinéraire des ducs de Bourgogne, p. 445) : « Le 20 janvier, M. de Saint-Pol se partit de sa compaignie pour aler en garnison à Paris. »

1. En regard de ce passage a été dessinée dans la marge une tirelire.

Dimenche, xxij® jour de janvier, après disner. Furent en la Chambre de Parlement maistre Eustace de TAitre, chancelier de France, messire Hue de Lannoy, chevalier, Jehan Guerin, J. de Precy, gouverneurs des finances, m. G. Viguier, trésorier des guerres, m. Philibert de Montjeu, m. Estienne Grasset, maistres des Requestes de l'Ostel, Martin de Neauville, le prevost des marcha ns et les eschevins de Paris; et, eulx presens, ont esté leuz certains advis faiz par les commis à entendre au bon gouvernement et la bonne police de ce royaume et de la ville de Paris, lesquelz advis avoient esté leuz en ladicte Chambre de Parlement, mercredi derrain passé. Et, après ce, ledit Chancelier, à part appeliez avec lui lesdis gouverneurs des finances et trésorier des guerres tant seulement, a commandé estre enregistré que il a ordené et ordonne que Andry d'Espernon délivre audit trésorier des guerres pour emploier ou fait de la garde de Vernon* lez mil et v*' frans qu'il avoit de reste des empruns derrainement fais, laquelle somme de mil et v*' frans la Court avoit arresté en sa main venredi derrain passé, pour la cause contenue ou registre dudit jour.

Lundi, xxiij^ jour de janvier.

Ont esté au Conseil assemblés en la Chambre de

1. Vernon se rendit au roi d'Angleterre peu après la capitulation de Rouen, comme nous l'apprend Monstrelet (III, p. 308) : « La crainte du roy d'Angleterre fut si grande sur les marches de Normandie... que la plus grant partie des bonnes villes et forteresses se rendirent à lui sans cop férir, c'est assavoir..., à l'autre costé sur Seine..., Vernon. »

Parlement, monseigneur le Chancelier, les presidens et conseilliers des trois chambres de Parlement, et y survindrent le conte de Saint-Pol, le sire de Montberon, messire Claude de Chastelluz, le sire d'Autrey, messire Anthoine de Vergy, le prevost de Paris, messire Hue de LannoyS le sire de Chevreuse^, chevaliers, le recteur^ et députez de l'Université de Paris, le prevost des marchans, les eschevins et pluiseurs autres, presens lesquels, recita en effect ce que dit et recité avoit esté céans par le premier président, samedi derrain passé. Et, ce fait, fist lire les lettres royaux de la lieutenance dudit conte de Saint-Pol. Avec ce, fist lire et publier les lettres du duc de Bourgongne, données à Laigny le xix^ jour de ce mois^, lesquelles lettres royaux dessusdictes, le prevost des marchans et eschevins de Paris requirent à veoir premièrement

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