En marge a été figuré à la plume un cierge allumé
et Brie^; Girart de Bourbon, qui s'estoit opposé à l'entérinement des premières, dit que son procureur a obtenu lettres adreçans à la Court, à laquele le Roy mande que ledit Girart soit receu à sadiete opposicion.
Hodierne dit que Girart est bailli de Ghalon, qui est office incompatible à l'office de garde, et que il a fait le serement en la main du Roy ou du premier président, si requiert l'entérinement de ses secondes lettres, par lesqueles le Roy vueltque il obtiengne ledit office de garde.
Le procureur du Roy dit que on puet et doit l'en baillier à Hodierne Testât de l'office, se Bourbon vuelt avoir delay de dire ses causes d'opposicion, et que Rourbon ne fist oncques le serement de l'office des foires.
Appoincté que les parties metteront leurs lettres hinc inde devers la Court et au Conseil.
Matinées, X (X*» 4792), fol. 241 \\
Samedi, derrain jour [d'aoust].
Furent au Conseil maistre Jehan Rapiout, président, et maistre Jehan de Longueil, président, et furent les deux Chambres de Parlement et des Enquestes assemblées sur ce qu'il estoit mis en deliberacion de adviser manières comment les seigneurs de céans et autres peussent avoir aucunes provisions en bene-
1. M. F. Bourquelot, dans ses Études sur les foires de Champagne [Mémoires présentés par divers savants à V Académie des inscriptions et belles-lettres^ 2® série, t. V, p. 229), ne mentionne que Gérard de Bourbon comme garde et chancelier des foires de Champagne de 1418 à 1423.
fices, fust par le Pape, les ordinaires, ou par le Roy, des bénéfices qui appartenoient à sa disposicion par regale ou autrement.
Et finableraent fut conclud que l'en escriroit au roy d'Angleterre, héritier et régent de France, et au premier président de céans, qui sont au siège devant Meleun, ou devers le Roy à Corbueil, lettres^ narrans la povreté des seigneurs et la petitesse des gages, et concluans à fin qu'ilz fussent pour especialment recommandez ausdis bénéfices de la collacion ou disposicion du Roy.
Conseil, XIV {X^* 1480), fol. 221 v«.
Ce jour, la Court a fait provision aux exécuteurs du testament feu maistre Nicole de Baye, ce requerans pour faire l'obbit ou obseque pour ledit defunct, selon son ordonnance, en Teglise de Paris, dont il estoit chanoine, et aussi en la Grant confrarie de Paris, de deux cens livres parisis.
Matinées, X (Xi*4792), fol. 249 vo.
Jeudy, V® jour de septembre.
Le prince d'Orenge requiert estre mis en possession de l'office de Grant Ghamberier de France, selon ses lettres qu'il a du Roy.
Le duc de Bourbon dit qu'il est du lignage du Roy, et prisonnier du roy d'Angleterre et causa rei publiée, et a lettres du Roy dudit office vérifiées, et en a joy et n'a fait chose par quoy en doye estre despointiez. Dit que depuis la revocaire générale des offices, a eu lettres dudit office qui sont en Bourbonnois, et s'est
1. A la marge se trouve cette note : Littere non fuerunt misse.
opposé aux lettres dudit prince et depuis a obtenu lettres d'estat Bourbon, bien causées, et Orenge de contre estât, sur le débat de quoy sont en procès les parties. Et soustient Bourbon ses lettres d'estat et dit qu'il est absent causa rei publiée, et qui plus est, eaptus. Et si est l'office bien exercé et gouverné de par lui. Si conclud à son estât, et que les lettres dudit prince ne soient entérinées, et ou cas que son estât ne tendroit, demande delay pour avoir instruction de la duchesse, et soit oy, car Orenge n'a pas donné vray à entendre au roy d'Angleterre.
Réplique Orenge et dit que ses lettres sont raisonnables et peut disposer le Roy de ses offices ad nutum, et n'a rien donné à entendre Orenge au Roy ne au Conseil que vérité ; dit que cest office ne doit pas estre perpétuel en la personne de Bourbon, car il l'empêtra sur le feu conte de Nevers, oultre, il a contrestat où est incorporé Testât de Bourbon, si conclud comme dessus et en cas de delay à Testât. Finablement, la Court obtempère aux lettres Orenge, et sera mis en possession et saisine dudit office de Chamberier. Matinées, X (X*'^4792), fol. 251 v«.
Samedi, vij« jour de septembre.
Furent prononciez les derreniers arrestz et fine le Parlement de tous poins, veues certaines lettres closes escriptes sur ce à la Court de par le roy d'Angleterre, régent, etc., et par le premier président de céans. Et furent leues les ordenances sur la fin dudit Parlement, et sur le commencement et continuacion de celui avenir, comme il est acoustumé chascun an.
Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 222.
Mardi, 3t* jour de septembre.
Sur la requeste de FUniversité de Paris et des amis de Jehannin de Vaudetar, filz de Pierre de Vaudetar, faicte à la Court à Fencontre de Jehan de Bellefoye, appelant, afin que icelui Jehannin fust osté et mis hors de la main et puissance dudit Jehan de Bellefoye, qui Favoit prins par auctorité de lettres royaux, comme il disoit, à occasion de ce que un sien filz, qui estoit estudiant à Orliens, avoit, près dudit lieu d'Orliens, esté pris et mis en mains de gens d'armes pour rançonner, ou autrement, et fust icelui Jehannin de Vaudetar rendu à maistre Jehan Alardot, son maistre d'escole, par provision. Appoinctié est que icelui Jehannin de Vaudetar sera rendu et baillié audit maistre Jehan Alardot pour aprendre à Fescole, comme il faisoit par avant, à la caution de maistres Jehan Luillier et Nicolas Rolin, advocaz en Parlement, et de maistre Jehan Longuejoe, advocat en Chastellet, lesquelx et chascun d'eulx pour le tout ont respondu dudit Jehannin, et Font promis amener à toutes les journées qui seront de par la Court sur ce assignées, ou pour lui fournir droit, à Fordenance de la Court, jusques à ce que par icelle Court, parties oyes, en soit
autrement ordené.
Conseil, XIV (Xi» 1480), fol. 222.
Jeudi, xix® jour de septembre.
Le procureur gênerai du Roy s'opposa à la publication de certaines lettres royaux, données à Pontoise le xviij^ jour de juing mil IIIPXIX, touchans certaines déclarations faictes en tant qu'il touche pre- I 25
latures, etc., et laquelle publicacion requeroit maistre Phelibert de Monjeu % contendant de l'eveschié d'Amiens, contre maistre Jehan de Harcourt. Et ont esté ycelles lettres rendues à maistre Barthelemi Destourbes, procureur dudit de Montjeu.
Matinées, X (Xia4792), fol. 253.
Samedi, xxviij^ jour de ce mois.
Je receuz les lettres closes, signées de son saing manuel, de monsegneur le premier président, escriptes à Gorbueil, le xxvj® jour de ce mois, contenans en effect qu'il avoit bien souvenance que, paravant qu'il partist de Paris pour aler par devers le Roy, en l'ambassade où il estoit encores, maistres Quentin Massue et Mahieu Courtois, conseilliers du Roy, avoient esté commis de par la Court à faire l'enqueste d'entre dame Marguerite de Braquemont, d'une part, et le sire de Morueil, d'autre part, et pour ce me rescripvoit mondit segneur le premier président que ce fust enregistré, et que de ce j'en baillasse lettres aux dessusdis conseilliers, quant requis en seroie.
Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 222.
Venredi, xxv* jour d'octobre.
Furent commis maistre Jaques Phelippe à faire
1. Philibert de Montjeu, chanoine et archidiacre de Ponthieu, avait été pourvu de l'évêché d'Amiens par le pape Martin V, en 1418; son compétiteur Jean d'Harcourt, chanoine d'Amiens, élu évêque par le chapitre, n'entra en possession de son siège épiscopal qu'après la translation de Philibert de Montjeu à l'évêché de Coutances, en 1424.
[i420J DE CLÉMENT DE FAUQUEMBERGUE. 387
inventoirc des biens feu maistre Estienne Joffron, jadiz conseillier du Roy céans, et Jaquet Rat, huissier, à la garde d'iceulx biens. Et oultre, fut ordonné et accordé que maistre Jehan Aguenin, procureur gênerai du Roy, assistera et sera présent, comme ami dudit defunct, à faire ledit inventoire, et en aura copie, s'il veult.
Jeudi, penultime jour d'octobre.
Messeigneurs les presidens de la Court de Parlement et autres conseilliers d'icelle ont commis J. Hutin, clerc du greffier d'icelle Court, à recevoir l'argent pour le payement de mesdiz segneurs, ou lieu de maistre Jehan Milet, durant l'absence d'icellui Milet.
Mardi, xiij® jour de novembre.
Par mandement du Roy fut continué à commencer le Parlement qui, par coustume et publicacion faicte ou Parlement derrain passé, devoit huy commencer, jusques au second jour de décembre prouchain venant, et a esté ceste continuacion publiée à la fenestre de la sale.
Mercredi, xx** jour de novembre.
Ont esté apportées nouvelles certaines de la reddicion de la ville et chastel de Meleun par maistre Jehan Le Clerc, de nouvel chancellier de France, et maistre Pierre Cauchon, evesque de Beauvais, commissaires à ce, et qui ont sur ce fait leur relacion et commandé au prevost de Paris qu'il reçoive les prisonniers^ et
1. D'après le Journal d'un bourgeois de Paris (p. 143 et note),
en face bonne garde, jusques à ce qu'ilz aient acompli le traictié fait sur ce, dont la copie par eulx baillée a esté leue en la Ghannbre.
Matinées, X (Xia4792), fol. 254 r« et v«.
« Omnipotentis nomine invocato, qui justorum dirigit consilia et impiorum judicia dissipât, incipit registrum consiliorum Curie Parlamenti, incepti anno ab Incarnacione Ghristi millesimo GGGG° vicesimo, regni vero Karoli sexti nunc regnantis xli'"% et anno quinto quo ego Glemens de Fauquembergue, Ambianensis dyocesis, in utroque jure licenciatus, régis Karoli predicti prothonotarius ac Gurie dicti Parlamenti grapherius, officium hujusmodi exercui. »
Lundi, second jour de décembre.
L'an dessusdit, maistre Jehan Le Glerc, chancelier de France, tint le Parlement dessusdit, presens les presidens, les evesques de Tournay et de Beauvais, et les conseilliers de la Gourt, et autres pluiseurs, et furent leues les ordonnances et fais les seremens acoustumez.
Ge jour, les roynes de France et d'Angleterre retournèrent et entrèrent à Paris, lesquelles, par avant,
Melun capitula le dimanche 17 novembre, et les habitants « se rendirent à la voulenté du Roy, car tous mouroient de fain. Le jeudy ensuivant, furent admenez à Paris environ de v à vj*' prinsonniers..., et furent mis en diverses prinsons » (à la Bastille, au Châtelet, au Palais et au Temple) ; ceux du Châtelet périrent de faim et de misère dans les basses fosses où ils avaient été jetés. Leur procès fut instruit par le Parlement avec la dernière rigueur, du 22 janvier au 17 mai 1421.
avoient esté en la ville de Corbueil, durant le siège que avoient tenu les roys de France et d'Angleterre devant la ville de Meleun, laquelle avoit eslé réduite et remise en la puissance et obéissance du Roy de France et dudit roy d'Angleterre, héritier et régent de ce royaume; lesquelz estoient, le jour précèdent, premier jour de ce moys, retournez à Paris, acompaigniez de pluiseurs ducs, contes, barons et nobles desdis royaumes de France et d'Angleterre, lesquelz furent moult joyeusement et honnorablement receuz en la ville de Paris ^ . Et furent les rues parées et tendues à grant solempnité, selon la possibilité et puissance dez bourgois, manans et habitans de ladicte ville de Paris, qui estoient moult diminuez en toutes manières, tant de nombre de personnes que de leurs chevances, par le fait des guerres et mortalités^.
Mecredi, xj^ jour de décembre.
Ce jour, maistre Jehan Aguenin fu receu en lieu de second président, selon la teneur des lettres passées par le Roy en son Conseil, et a fait le serement acoustumé.
1. Voir, dans le Journal d'un bourgeois de Paris (p. 144), la relation de l'entrée du roi d'Angleterre à Paris, le i^"" décembre, par la rue Saint-Denis, et des reines, le 2 décembre, par la porte Saint-Antoine, avec des démonstrations d'allégresse que ne comportait guère la situation, car « si avoit très grant pouvreté de fain..., especialment le menu peuple. »
2. Ce paragraphe a été reproduit par D. Félibien, Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 585, et par Douët d'Arcq, Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VI, t. I, p. 408.
Mardi, xvij® jour de décembre.
Ce jour, messire Jehan, segneur du Mesnil^ chevalier, fist le serement à cause de l'office de la garde de la Prevosté de Paris, et fu receu par vertu des lettres royaux passées en Conseil le jour précèdent^.
Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 225.
Venredi, xxvij^jourde décembre, feste de saint Jehan FEuvangehste.
En Fostel de raaistre Phelippe de Morvillier, premier président, pour la grant célérité qui estoit d'envoier bailli à Meleun, a esté receu en bailli de Meleun maistre Guillaume de Pourbail, par avant conseiUier du Roy céans, et a fait le serement acoustumé et de exercer ledit office en sa personne et faire résidence oudit bailliage ; et oultre a juré de tenir et faire tenir à son povoir la paix d'entre les roys et royaumes de France et d'Angleterre, et de punir et faire punir les venans et delinquans à l'encontre, et avec ce promist et lui fu enjoint de venir faire le serement en la Court de céans, quàm citius poterit commode; presens à ce
1. Jean du Mesnil, chambellan du Roi, remplaça Gilles de Clamecy et établit sa résidence dans le logis du président Jean de Vailly, rue Vieille -du -Temple; il n'occupa que peu de temps ce poste de prévôt de Paris, car la mort l'enleva dans les premiers jours de mars 1421 (cf. Journal d'un bourgeois de Paris, p. 147, note 1).
2. La mention de la réception de Jean du Mesnil se trouve imprimée dans D. Félibien, Histoire de la ville de Paris ^ pièces justificatives, t. IV, p. 585.
niaistres G. de Bcze, Q. Massue, G. Cotin et J. de la Porte, conseilliers du Roy en Parlement.
Lundi, XXX* jour de décembre.
Furent receuz maistres Morard d'Esquiens, bailli de Vermendois, Robert Le Jeune, bailli d'Amiens, et Giles des Champs, bailli de Meaulx, furent receuz, et firent, à cause de leursdis bailliages, les seremens acoustumez. En oultre ont juré de tenir et faire tenir à son povoir la paix d'entre les roys et royaumes de France et d'Angleterre, et de punir ceulz qu'il verra (sic) venir à Tencontre.
Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 225 v°.
Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupbley-Gouvernkur.
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