Il y a par erreur may dans le manuscrit
&. Le Mystère de saint Georges, dont le texte est perdu, fut représenté en 1422 à Paris, et en 1428 à Nevers, également aux fètes de la Pentecôte; il est signalé dans le catalogue d'un
d’aucuns habitans de Paris qui s’entremetoient d’iceulz jeux, qui durerent par les deux jours dessusdis, feriers de Penthecouste. Et le uj° jour dessusdit, tint ledit roy d'Angleterre son Conseil audit hostel de Neelle; ouquel hostel en sa compagnie estoient le duc de Bethfort, son frere, le duc d’Exestre, son oncle, le conte de Richemont, le conte de la Marche d’Angleterre et pluiseurs autres, et y survindrent le chancelier de France, le premier president, les evesques de Theroenne, de Beauvais, de Coustances, le chancelier de Normendie, messire Raoul Le Sage: et autres pluiseurs.
Conseil, XIV [X!*1480), fol. 253.
Venredi, xj° jour de juing.
Ce jour, le roy d'Angleterre et la royne, sa femme, fille du Roy nostre souverain segneur, se partirent de Paris et alerent au giste à Saint-Denis, en intencion d’aler à Compiegne recevoir la delivrance de la ville de Compiegne, selon la forme et teneur de certain traictié sur ce fait avec les gens de la garnison qui tenoient ladicte ville®.
Conseil, XIV (X'*1480), fol. 253.
libraire du xv° siècle, publié en 1868 par M. Achille Chereau, sous le n° 198 (cf. Petit de Julleville, les Mystères, t. Il, p. 644).
1. Raoul Le Saïige, chevalier, fut à plusieurs intervalles maître des Requêtes de l'Hôtel, d’abord sous Charles VI, de 1409 à 1414, puis sous la domination anglaise, de 1422 à 1426.
2. Ce fut le 18 juin que Guillaume de Gamaches, qui commandait à Compiègne pour le Dauphin, rendit cette place au duc de Bedford, frère du roi d'Angleterre, « et autres princes grandement acompaignez » (Monstrelet, éd. Douet-d'Arcq, t. IV, p. 103), afin de racheter la liberté de son frère, Philippe de Gamaches, abbé de Saint-Faron de Meaux, prisonnier des Anglais.
Lundi, xv° jour de juin.
Ce jour, maistre Hugues Rapiout, par avant advocat du Roy en Chastellet, fu receu et fist le serement en office de president des Requestes du Palais, ou lieu de maistre Robert Piedefer{, qui nouvellement avoit esté receu en office de maistre des Requestes de
l’Ostel?.
Conseil, XIV (X!*1480), fol. 253 v°.
Lundi, xxij° jour de juing, maistre Pierre Le Calus, licencié en lois, fu receu baiïlli du duchié de Valois et des terres adjointes, et fist le serement acoustumé de resider et de tenir et faire tenir le traictié des
royaumes.
Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 253 v°.
Mecredi, vüj° jour de jullet.
Ce jour, ont esté leues et publiées es plaidoieries les lettres royaulz touchans l’observance de l'alternative in materia collacionis beneficiorum, données à Saint- Pharon-leiz-Meaulz, le xxv° jour de janvier derrain passé.
. Ce Jour, l’Université de Paris fist processions pour le salut et prosperité de ce royaume, et especialment
1. Robert Piédefer, seigneur de Saint-Just, entra au Parlement en qualité de conseiller le 13 août 1410; il n'occupa que fort peu de temps la charge de maître des Requêtes de l'Hôtel : à peine deux années, d'après les Généalogies des maistres des Requestes de l'Hostel, p. 129.
2. Ce passage est reproduit à l’article de Robert Piédefer dans les Généalogies des maistres des Requestes de l'Hostel, p. 129.
pour le salut et reconvalescence du roy d'Angleterre, qui estoit, le jour precedent, venu au giste ou chastel du Bois de Vinciennes.
Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 254 v°.
Dimenche, xij° jour de jullet, y ot processions generales de l’eglise de Paris à l’eglise Saincte-Katherinedu-Val-des-Escoliers pour prier Dieu pour la santé du Roy nostre sire, pour la prosperité du roy d’Angleterre, regent, et pour la paix de ce royaume.
Conseil, XIV (X** 1480), fol. 255.
Lorens Caignol et Pierre Le Valoys, marchans de bestail, ont baillié ceans leur requeste par escript afin d'avoir provision de la delivrance de leur bestail qu’ilz ont amené de Savoye, lequel demeure en arrest soubz umbre d’une appellacion faicte par le procureur du Roy à Gonnesse, et dient que leur fait est favorable, et sont marchans estrangiers, et ont amené ledit bestail de Savoye, qu’ils requierent à eulx estre delivré à caucion.
Le procureur du Roy dit que leur fait n’est mie si favorable qu’ilz dient, et ne leur sera point ledit bestail delivré à caucion, mais est d’accord le procureur du Roy que par provision ledit bestail soit dès main-
1. D'après le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 175, les chaleurs excessives qui régnèrent en juin et juillet 1422 occasionnèrent une épidémie de petite vérole, qui sévit surtout sur les erfants, mais, ajoute l'auteur du Journal, « plusieurs grans hommes l'avoient, especialment des Angloys, et disoit-on que le roy d'Angleterre en ot sa part. »
tenant vendu, et le pris tenu en main de justice quousque, et dit que les dessusdis marchans ont esté gens d’armes, et scevent bien faire leurs besoingnes, et ont long temps tenu par deça ledit bestail, et les ont amenez trois ou ilij fois au marchié de Paris, et depuis les ont menez à Senlis et à Compiegne, et toutes voies depuis vj sepmaines n’ont vendu que ij beufs, et les ont tenus es pasturages de par deçà, et les gardent et engressent pour les plus vendre, et reddunt annonam cariorem, et pour ce par provision, afin que le peuple en soit aisié, alimenté et pourveu, est d'accord comme dessus.
Appoincté que les buefs seront prisiez et estimez par gens expers et congnoissans, et seront bailliez et delivrez ausdis marchans à bonne caucion bourgeoise, et seront vendus par vendeurs jurez ou marchié de Paris et non ailleurs, selon les us et coustumes dudit
marchié.
Matinées, XI (X'* 4793), fol. 204 vo.
Mecredi, xx1j° jour de jullet, feste de la Magdelaine, y ot processions generales de l’eglise de Paris à l’eglise Saint-Martin-des-Champs pour prier Dieu principalment pour le salut et prosperité du Roy et de ce royaume.
Conseil, XIV (X'*1480), fol. 255 v°.
Lundi, xxvij° jour de jullet, vindrent à Paris les evesques de Nantes et de Vennes, les sires de Combour et de Montauban, le procureur general du duc de Bretaigne et autres ambassadeurs d’icellui duc, alans entre autres choses mandement et povoir espe-
cial de par le duc et païs de Bretaigne, si comme on disoit, de jurer le traictié de la paix final d’entre les roys et royaumes de France et d'Angleterre, soubz certaines manieres et instructions à eulz baïllées?.
Mecred?, xxix° jour de jullet.
Ce jour, y ot processions generales pour le salut et prosperité du Roy et de ce royaume, et se leva la Court à viij heures ou environ pour aler esdictes processions à l’eglise de Paris.
Lundi, uj° jour d’aoust.
Ce jour, la Cour se leva à vi] heures pour aler aux processions generales de l'eglise de Paris à l’eglise Saincte-Genevieve pour prier Dieu pour la santé du Roy, pour la paix et prosperité de ce royaume et du roy regent.
Conseil, XIV (X!*1480), fol. 255 ve.
Mardi, xj°, et mecredi, xij° jours d’aoust, y ot pro-
1. D. Morice, dans ses Preuves pour servir à l'histoire de Bretagne, t. Il, p. 1112, reproduit le texte des pouvoirs que le duc Jean V, par lettres du 26 juin 1422, donna aux ambassadeurs chargés de ratifier le traité de Troyes, qui étaient Jean de Malestroit, évêque de Nantes, chancelier de Bretagne; Amaury de la Motte, évêque de Vannes; Geoffroy de Malestroit, seigneur de Combourg; Guillaume, sire de Montauban; Henri L’'Abbé, archidiacre de Léon; Henri du Juch, Guillaume Deslin, procureur général du duc de Bretagne; Olivier de Champballon, le prieur de la Celle et maître Jean Le Brun.
2. Ce paragraphe a été reproduit par D. Félibien, Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 587.
cessions generales pour le salut et prosperité du Roy et pour la paix de ce royaume. Et le jeudi ensuivant, retourna le roy d'Angleterre de Corbueil au giste au Bois de Vinciennes.
Venredi, xïij° jour daoust.
Ce jour, ont esté pronunciez les arrestz par m° Phelippe de Morvillier, premier president. Et, apres ce, ont esté publiées les ordonnances de la fin de ce Parlement et du commencement du Parlement à
venir.
Conseil, XIV (X!1*1480), fol. 256 v°.
Lundi, derrenier jour d’aoust.
Ce jour, à deux heures après mynuit, trespassa ou chastel du Bois de Vinciennes le roy d'Angleterre Henry', lors regent du royaume de France. Et furent presens à son trespassement, si comme on disoit, son frere, le duc de Betheford, le duc d’Exestre, son oncle, et autres pluiseurs grans segneurs du pais
1. Henri V, roi d'Angleterre, était déjà atteint du mal qui devait l'emporter, lorsqu'il vint à Senlis et de là à Melun; mais, sentant sa maladie s’aggraver, il se fit transporter au château de Vincennes, où il s’alita pour ne plus se relever. Chastellain, dans sa Chronique, t. 1, p. 323 et suiv., raconte ses derniers moments et les recommandations qu'il fit à son frère le duc de Bedford. Son corps fut « mis en royal devoir, les entrailles mises en terre à Saint-Maur-des-Fossés et le residu en un sarcueu de plomb, embausmé et magnifique, comme il convenoit à Roy de tel tiltre », puis fut porté à Notre-Dame, où se fit le premier service solennel, suivi d'un autre, célébré à Saint-Denis, le 15 septembre.
[1422] DE CLÉMENT DE FAUQUEMBERGUE. 57 d'Angleterre, où il fu transporté pour enterrer!. Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 257 vw.
Ce jour, lesdiz de Morvillier et Buffiere, commis de par la Court à oir le compte de l’execucion du testament de feu maistre Phelippe Paillart, archidiacre de Noyon, ont fait en ladicte Court question pour savoir en quelle valeur de monnoie seront paiez ou fournis les lais fais par ledit defunct, qui trespassa lan ccccxvi, en son testament qui fu fait l'an ccce xl, et se on aura regard au temps de la date dudit testament, qui fu fait lan ccccx11, ou temps dudit trespas, qui fut l’an ceccxvir1, comme dit est.
Sur quoy a esté respondu par ladicte Court, attendu mesmement qu'il y a assez de quoy fournir, comme ont dit lesdiz commissaires, que lesdis laiz seront paiez et fournis en monnoie courant à present jusques à la valeur de la monnoie qui couroit au temps de la date dudit testament, selon le pris du marc d’argent de l’un temps à l’autre.
Lundi, vij° jour de septembre.
Ce jour, furent pronunciez les derreniers arrestz par ledit m° J. Aguenin, et fu ordonné et dit en la Court que l’en besongneroit et vendroit ceans par toute ceste semaine pour expedier les procès et causes des prisonniers et autres qui seroient à expedier.
Conseil, XIV (X'* 1480), fol. 258 r° et v°.
1. Ce paragraphe est imprimé dans D. Félibien, Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 587.
Mardi, xv° jour de septembre.
Ce jour, le corps du feu roy d'Angleterre, nagaires trespassé ou chastel du Bois de Vinciennes, fut transporté en l’eglise Saint-Denis en France‘ pour d'’ilec estre transporté en Angleterre?.
Conseil, XIV (X'* 1480), fol. 259.
Samedi, xix° jour de septembre, retournerent à Paris au giste, en l’ostel de Saint-Pol, le Roy et la Royne, qui avoient par avant esté longtemps ou chastel du Bois de Vinciennes, et depuis à Senlis*.
Lundi, xxix° jour de septembre, monseigneur le Chancelier donna à Jehan Le Busteux l'office de sergenterie, que souloit tenir feu Pierre Le Fevre en la prevosté de Vimeu, et m’en commanda en son hostel
1. D'après la Chronique de Chastellain (éd. K. de Lettenhove, t. I, p. 332-333), le corps du Roi défunt, d'abord transporté à Rouen le 19 septembre, fut déposé dans la grande église Notre- Dame, « en toute haute magnificence, estant sur un chariot traîné par quatre chevaux blancs avec la fiction de son image en cuir boully, peinte au vif, etendu sur un lit dont la couverture estoit de vermeil battu en or ». De là, il fut conduit à Abbeville, à Hesdin, à Boulogne et à Calais. Sa dépouille mortelle, confiée à un navire le 5 octobre, arriva à Londres le 12 novembre et fut inhumée dans l’abbaye de Westminster. « Ce seroit », dit Chastellain, « chose longue à raconter et à dire les pompes et les beubans qui furent faits à Londres » lors de cette cérémonie (cf. Rymer, t. IV, 4, p. 81).
2. Ce paragraphe a été reproduit par D. Félibien, Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 587.
3. Ce paragraphe a été reproduit par D. Félibien, Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 587.
[1422] DE CLÉMENT DE FAUQUEMBERGUE. 59 à faire de ce lettres audit Le Busteux, lors absent. Conseil, XIV (X!'* 1480), fol. 259.
Mecredi, xxj° jour d'octobre, trespassa de ce monde le roy Charles VI° en son hostel de Saint-Pol à Paris, environ sept heures du matin, après le 1uj° ou v° acesz de fievre quarte. Anima ejus in pace requiescat?.
Ce jour, les tresorier, chanoines et college de la Sainte-Chapelle alerent oudit hostel de Saint-Pol dire vigiles et oroisons pour l’ame dudit feu Charles VI.
Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 259 v°.
Venredi, xxij° jour d'octobre, après disner, furent assemblez en la Chambre de Parlement messire Jehan Le Clerc, chancelier de France, l’evesque de Theroenne, m° J. Aguenin, m° J. de Longueil, m° R. de Fontaines, confesseur du Roy derrain trespassé, m° N. Fraillon, m° J. de Majlly, m° P. de Marigny, m° Ja.
1. La date du 21 octobre concorde bien avec celle indiquée par la lettre du Chancelier et des gens du Conseil aux habitants de Saint-Quentin, lettre citée par M. de Beaucourt, Histoire de Charles VII, t. 1, p. 54, note 4.
2. D'après le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 177, « le bon roy Charles fut en son hostel de Sainct-Pol, comme il estoit trespassé, dedans son lict en sa chambre, le visaige trestout descouvert, deux ou trois jours, la croix aux piez de son lict et bel luminaire, et là le veoit chascun qui vouloit, pour prier pour luy ». Suivant Juvénal des Ursins (p. 568), « il avoit le visaige aucunement coloré, les yeux clos et sembloit qu'il dormist » ; mais il ne serait resté exposé que vingt-quatre heures.
3. Cette mention de la mort de Charles VI figure dans D. Félibien, Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 587.
Branlart, m° Th. Tiessart, messire Lourdin de Saliny, le sire de Courcelles, le sire de Rance, chambellans dudit feu Roy, Hector de Loans, maistre d’ostel de la Royne. Et exposa ledit Chancelier que tous les executeurs nommez ou testament dudit defunct, fait ou mois de janvier M cccmIT"x11, c’est assavoir les feuz ducs de Berry, de Bourgongne, d’Orleans et de Bourbon, messire Arnault de Corbie, l’evesque d’Aucerre, l'evesque d’Arras, le visconte de Meleun, le sire des Bordes, messire Charles de Savoisy, maistre Pierre d’Ailly, m° J. Creté, m° R. de Coulons et Mahieu de Lignieres, estoient trespassez; et que, pour ce, du consentement de Ja Royne, avoient esté advisez autres pour estre surroguez ou fait de l’execution dudit testament : les ducs de Bethefort, &e Bourgongne, de Bretaigne, ledit Chancelier, les evesques de Theroenne et de Beauvais, ledit de Fontaines, les premier et second presidens de ceans, lesdis de Saligny, de Rance et de Courcelles, m° J. de Mailly et Michiel de Lailhier. Et finablement, par provision et jusques à ce que autrement en soit ordonné, furent commis lesdis Aguenin, de Fontaines, Rully, Laillier ct Rance, et les il} où trois d iceulx, à faire faire inventaire des meubles dudit defunct, et les obseques et funerailles d’icellui seulement ; et leur est donnée puissance de contraindre et faire contraindre ceulz qu’il appartendra à exhiber et baillier lesdis biens, et de vendre et adenerer d’iceulx prouffitablement pour faire lesdictes funerailles et acomplir. Et ont fait les dessus nommez commis le serement acoustumé. Et aussi a fait Regnaudin Doriac, qui fera la recepte et mises desdis biens et funerailles
par l’ordonnance desdis commis, et leur a esté bailliée commission en la forme qui s'ensuit :
« Les Chancelier et autres gens du Conseil estans huy en Ja Chambre de Parlement à Paris, à tous ceulz qui ces presentes lettres verront, salut. Savoir faisons que pour la seurté des biens demourez du decez de feu de bonne memoire le roy Charles VI°, nagaires trespassé, nostre souverain segneur, cui Dieu pardoint, et pour pourveoir à ses inhumation, obseques et funerailles, nous, par maniere de provision et jusques à ce que autrement y soit ordonné, avons commis et deputez, commettons et deputons maistres Jehan Aguenin, president en Parlement, Regnault de Fontaines, nagaires confesseur dudit feu segneur, Philippe de Rully, tresorier de la Sainte-Chappelle, Pierre de Fontenay, chevalier, seigneur de Rance, maistre d’ostel, et Michel de Laillier, maistre des Comptes d’icellur feu segneur, et les quatre ou trois d’iceulx, pour faire faire inventoire bon et loyal desdis meubles et les funerailles et obseques d’icellui feu segneur et toutes les choses à ce necessaires et appartenant. Et, receu d’eulz, qui de ce ont accepté la charge, et de chascun d'eulz, serement solempnel de bien diligemment et loyaument entendre et vaquer en ce que dit est, leur avons donné et donnons povoir et auctorité de contraindre et faire contraindre deument touz ceulz qu'ilz sauront ou trouveront avoir aucuns desdis biens et à lez exhiber, baillier et mettre reaument et de fait es mains du commis à ce cy après nommé, et de faire vendre et adenerer le plus proufitablement que faire se pourra d’iceulz biens jusques aux sommes qui seront
necessaires pour faire et acomplir lesdictes funerailles et obseques. Et oultre avons commis et commettons Regnaudin Doriac, nagaires maistre de la Chambre aux deniers dudit feu segneur, à faire la recepte et despense desdis biens pour les choses dessusdictes par l'ordonnance desdis commis et des 1j ou ïij d’iceulz. Et sera tenu ycellui Doriac d’en rendre compte et reliqua en temps et en lieu de son administration sur ce que dit est. Et avons de lui, acceptant ceste charge, receu le serement à ce appartenant. Voulons et ordonnons en oultre que, par rapportant quittances des marchans, ouvriers et autres qui aucunes choses livreront ou s’entremetteront des choses dessusdictes, avec certification desdis commis, des ïij ou trois d’iceulz, tout ce que ledit Doriac aura paié pour occasion de ce que dit est Jui sera alloué en ses comptes par les gens des Comptes dudit segneur, ou ceulz qu'il appartiendra, sans difficulté aucune. Si donnons en mandement ..... Donné à Paris, soubz le signet de la Chambre dudit Parlement, le xxüj* jour d’octobre, l’an de grace M cccc xx. Par le Conseil. » Sub sigtllo Castelleti in alba cera.
Conseil, XIV (X'* 1480), fol. 260 r°.
Venredi, xxuj° jour d'octobre.
En la Chambre appellée du Conseil près de la Chambre des Comptes, choisie par les presidens de Parlement pour oïir certaine cause d'appel interjectée par Augustin Ysebarre des gens de ladicte Chambre
1. Ce paragraphe est reproduit par Félibien, Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 587.
des Comptes à la Court dudit Parlement, par devant maistres Jehan Aguenin et Jehan de Longueil, presidens, Phelippe de Ruilly, Jaques Branlart, Guillaume Cotin, Pierre Buffiere, Gaucher Jayer, conseilliers royaux oudit Parlement, l’evesque de Therouenne, president en ladicte Chambre des Comptes, Michiel de Lailler et Pierre Canteleu, maistres en ladicte Chambre, et Jehan de PresSy, conseillier du Roy, propose en sa personne contre le procureur du Roy, qui toutevoie n’estoit pas present, mais à autre jour precedent avoit dit son cas, comme l'en disoit, le dessus nommé Augustin, et dit que lan mil ur°xvin, en aoust, ses compaignons et lui prinrent, ou nom de Charlot Le Mercier, pour un an lors ensuivant, les monnoies du Roy à Tournay et Saint-Quentin pour c et | mil francs, qu’ilz en deurent faire de prouffit au Roy et firent prest au Roy avant la main, et deurent faire ouvrer esdictes monnoies pareillement que à Paris, et ne dot le Roy muer pié ne pris en ses monnoies de Paris ne d’ailleurs, que pareillement ne fust fait esdictes monnoies de Tournay et Saint-Quentin. Dit que, depuis, ses compaignons accorderent faire prouffit au Roy jusques à 1° mil francs, et il promist d’en faire son povoir et en fut d'accord. Dit que, en novembre, ledit an, le Roy et le feu duc de Bourgongne, voulans aler secourir à Rouen, lors assegée des Anglois, Jehan de Pressy ala devers luy à Tournay où il estoit, car il avoit mis un commis à Saint-Quentin, et lui presenta lettres closes du Roy et dudit de Bourgongne afin d'avoir finance hastivement pour le fait dudit secours, et lui requist qu’il baillast xx" frans. Et il, voulant obeir et aidier au Roy, comme son vray obeissant, fist finance de
xvij" et v° frans, et en faveur de ce lui fut promise par ledit Pressy, et depuis accordée et baillée par lettre royal, une creue particuhiere de x s. t. pour marc d'argent qu'il pourroit faire ouvrer après le paiement desdis 1j mil, nonobstant quelxconques autres creues generales faictes et à faire, et si lui promirent les generaux de lors faire allouer ladicte creue. Dit que, en fevrier ensuivant, le Roy fist creue generale en ses monnoies et mist le marc à x |. t., qui par avant estoit à 1x |. x s. t. Dit que, assez tost après, pour ce que ouvraige failloit à Paris, comme l'en disoit, le Roy mist le marc à xv |. t. à Paris, mais à Tournay ne fu mis que à x} 1. t., et le y mist Michiel de Lailler, lors estant au pais, qui estoit contre la promesse et le contract qu’il avoit avec le Roy. Dit que creues generales ne sont point au prouffit des maistres particuliers des monnoies, et pour ce absurdum est dire qu'il a eu trois creues, car il n’en a eu que une, qui est appellée particuliere à son proufit, et ofre à prouver et monstrer qu’il a acheté le plus chacun marc d'argent de x] |. et demie à xnj 1. t., et si a eu d’autres grans frais et pertes, car 1l a eu chevaux prins et perdus, et lui mesme fut prins d’un haussaire, et lui cousta nj" escuz d’or. Dit que par le moyen de la creue particuliere le Roy a eu xhtij mil fr. de prouffit, combien que son contract et merché ne lui a pas esté tenu du costé du Roy, car pareilles creues n’ont pas esté faictes à Tournay que à Paris, car à Paris la creue fut jusques à xv et à Tournay ne fut que à x} I. t. Si est le Roy tenu à ses interestz, et n’est pas son fait fait de comptes, mais de contract non tenu et acompli, et si ne fut oncques oy au moins souffisaument en
ladicte Chambre, mais sans le oïr, saltem debité, on lui a royé l'article de ladicte creue particuliere, qui monte 1j” fr., en quoy a esté grevé. Dit oultre que lesdictes creues generales, ne les mandemens d'icelles, ne furent oncques impetrez par lui ne à sa requeste, ne ne s’adrecent point lesdiz mandemens à lui, et par ce ne doivent prejudicier à son contract, ne à sa creue particuliere dont l’execution a esté subsequente, combien qu’elle precedast en date, et n'a point esté icelle creue particuliere couverte par les generales, et n'a point eu iij creues, mais une seule à son prouffit, pour le moyen de laquelle le Roy a eu xlitj” fr. de prouffit, comme ja dit est. Quant à ce que dit que Michiel de Lailler a dit, que s’il eust tenu son mandement de ladicte creue particuliere, qu'il l'eust geté ou feu, dit qu’il ne croit pas que Lailler l’eust voulu faire sans lui rendre son argent qu’il avoit ja baillé au Roy. Dit que son contract n’est point usuraire, sinon passive sur lui, car, comme dit est, le Roy n'a pas tenu ses promesses de faire pareilles creues, si dit qu’il est grevé. Et conclud que Messieurs lui facent bien sa besoigne. Appoinctié est que l'en verra les lettres et contractz et ce qu’il appartendra, considerera l’en les raisons et appoinctera l’en, comme de rai-
son sera.
Matinées, XI (X'*4793), fol. 227 vw.
Mardi, xxvij° jour d'octobre.
Furent assemblez en la Chambre de Parlement, au Conseil, messire Jehan Le Clerc, chancelier, m°J. Aguenin, m° J. de Longueil, presidens, l’evesque de Theroenne, les sires de Saligny, de Courcelles, m° Pierre
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de Fontenay, chevaliers, les maistres des Requestes de l’Ostel, les gens des Comptes et les conseillers de ladicte Chambre de Parlement et de la Chambre des Enquestes et pluiseurs autres. En la presence desquelz ledit Le Clerc fist lire certaine ordonnance faicte et passée ou Grant Conseil du Roy, l'an mccccvr, par laquelle avoit esté ordonné, entre autres choses, que après le decez du Roy, son filz ainsné, en quelque aage qu’il feust, seroit Roy couronné, le plus tost que faire se pourroit, et auroit le gouvernement et administration du royaume, et gouverneroit par le conseil et advis des plus prochains segneurs de son sang, de la Royne, sa mere, du Connestable, du Chancelier, ainsi que plus à plain estoit contenu es dictes lettres et ordonnance. Et, en oultre, ledit Chancelier, entre autres choses, exposa comment, après le trespas du roy Charles VI*, nagaires trespassé, on avoit fait faire ou Conseil lettres de justice sans y nommer le Roy, ainsi qu'il puet apparoir par la teneur des lettres cy dessus enregistrées ou registre du xxuj° jour de ce moys; et que le duc de Bethford, entre autres choses, avoit nagaires rescript l’advis des gens du Conseil de Normendie, estans devers lui à Rouen, parquoy sambloit que on devoit nommer es mandemens et lettres dessusdis le roy Henry, roy de France et d'Angleterre, filz du roy d'Angleterre nagaires trespassé ; et que, pour ceste cause, estoient les dessus nommez assemblez oudit Conseil en ladicte Chambre de Parlement pour avoir advis et dehberacion de ceste matiere et pour savoir se on nommeroit esdictes lettres et mandemens ledit Henry, roy de France et d'Angleterre, ou se on surserroit jusques à la venue des ducs de Betheford,
de Bourgongne et les autres seigneurs, au moins jusques à ce qu’ilz eussent sur ce plus à plain rescript leur bon plaisir et l’advis de leur Conseil. Et finablement fu en effect deliberé et advisé que, le plus brief que on pourroit, on rescriproit ausdis ducs de Bethford et de Bourgongne afin de prendre par leur bon conseil et advis et de leur consentement, en leur presence ou autrement, conclusion en la matiere dessusdicte ; et que, cependant, on ne innoveroit riens en la façon ne en la forme desdictes lettres quousque. Et estoient presens audit Conseil maistres Jehan Milet, B. des Bordes, J. de Rinel et G. Greslé, notaires, lesquelz, après ce que le Conseil fu levé, furent appellez par ledit Chancelier pour faire diligence d’avoir lettres closes à la fin dessusdicte.
Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 260 r°.
Jeudi, v° jour de novembre.
Le duc de Bethford, frere du roy d’Angileterre dermierement trespassé, vint à Paris descendre devant l'eglise Nostre-Dame!, et, après ce qu’il ot esté en ladicte eglise, 1l alla par devers la Royne en l’ostel de Saint-Pol, ouquel estoit nagaires trespassé, le xxi° jour d'octobre, le roy Charles VI*, dont le corps estoit encores en ycellui hostel enbasmé et mis en plonc, en
1. Le duc de Bedford revenait de Rouen; il avait accompagné Catherine de France, reine d'Angleterre, lorsque le corps de Henri VI fut transporté en Angleterre. Comme on le voit par la Chronique normande de P. Cochon (éd. Ch. de Beaurepaire, p. 290), il était parti de Rouen pour Calais avec la reine, le 5 octobre précédent.
intencion d’estre transporté et enterré à Saint-Denis selon les manieres et solempnités acoustumées!.
Samedi, vij° jour de novembre.
Furent assemblez au Conseil, en la Chambre de Parlement, m° J. Aguenin.. et les autres conseillers de ladicte Chambre et de la Chambre des Enquestes, pour avoir advis et deliberacion ensemble sur ce que auroient à faire ou regard de l'enterrement du Roy qui devoit prochainement estre fait.
Ce jour, survindrent en ladicte Chambre de Parlement messire Hue de Lannoy?, gouverneur de Lille, le segneur de Noyelle’, gouverneur de Peronne, Mondidier et Roye, maistres Symon de Formelles, docteur en lois, conseilliers du duc de Bourgongne, et m° George d’Oostende“, son secretaire, et apporterent lettres de creance dudit duc de Bourgongne, adreçans ausdis presidens et conseilliers, contenant ycelle creance entre
1. Ce paragraphe se trouve dans Félibien, Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 588.
2. Hue de Lannoy, grand maître des arbalétriers de France depuis 1421, était l’un des chambellans du duc de Bourgogne; il fut envoyé par le duc de Bourgogne à Melun au lit de mort de Henri VI, roi d'Angleterre, « qu'il trouva moult grevé de maladie », et qui le chargea de recommander à son maître de bien entretenir « les sermens et aliances qu'il avoit aux Englez » (cf. Mémoires de Pierre de Fenin, éd. Dupont, p. 185).
3. Baudot de Noyelle était encore gouverneur de Péronne, Roye et Montdidier en 1434 (cf. Monstrelet, éd. Douët d'Arcq, t. V, p. 87).
k. Georges d'Ostende figure comme secrétaire du Roi dans des lettres de Charles VI, du 22 juillet 1420, données au camp à Melun (cf. Monstrelet, éd. Douët d’Arcq, t. IV, p. 2).
autres choses les causes pour lesquelles le duc de Bourgongne s’estoit approchié de son païs de Flandres en sa ville de Lille, et comment il estoit prest d’entendre et soy emploier au bien de ce royaume, et d'entretenir les traictiez d’entre les royaumes de France et d’Angleterre, et de aidier et secourir à la bonne ville et habitans de Paris de toute sa puissance. En oultre, disoient que ledit duc de Bourgongne les avoit principalment chargiez de savoir quelle charge on lui vouldroit baillier et à quoy on le vouldroit emploier par deça, afin que, selon ce, il peust amener en sa compaignie ou faire venir gens d’armes; en oultre, que justice feust faicte de Barbasan! ad absolucionem vel condempnacionem. Et, finablement, disoient que, contre les traictié et lettres passez de son mariage à la fille de France?, on avoit fait adjorner et mis en procès par deça ses officiers ausdis lieux de Peronne, Mondidier et Roye, à cause des aides dont il devoit joir par
1. Arnaud-Guilhem, sire de Barbasan, capitaine de Melun lors de la reddition de cette place au roi d'Angleterre, avait été fait prisonnier, emmené à Paris et enfermé à la Bastille Saint-Antoine, où il resta longtemps captif, et fut transféré par les Anglais au Château-Gaillard; on prétendait qu'il était au courant des circonstances de la mort de Jean sans Peur. La Barre (Mémoires pour servir à l'histoire de France et de Bourgogne, t. 1, p. 305) a publié, parmi les preuves pour servir à l’histoire du meurtre de Jean sans Peur, certains articles, sur lesquels pourra estre interrogué le sire de Barbasan pour savoir la verité de la mort et occision de feu M. le duc de Bourgongne.
2. Michelle de France, fille de Charles VI et d’Isabeau de Bavière, qu’un chroniqueur contemporain (P. de Fenin) qualifie de dame de haut honneur et bien amée de toutes gens, grans et petis, avait épousé, en juin 1409, Philippe le Bon, et venait de mourir à Gand le 8 juillet 1422.
ledit traictié, et pour ce requeroient de par ledit duc de Bourgongne que sesdis officiers feussent mis hors de procès. Sur quoy, par l’advis et deliberacion desdis presidens et conseilliers, fut conclud de faire response par la bouche dudit Aguenin et de remercier le duc de Bourgongne de ce qu’il lui avoit ainsi pleu à communiquier ses affaires, en lui suppliant qu'il lui plaise de soy avancier et venir par deça pour entendre aux besoingnes et affaires de ce royaume ; en oultre de dire que, ou regard de Barbasan, la Court fera ce qu’il appartendra; ou regard desdis officiers qui sont en procès par deça, la Court pourverra aux parties oyes et fera droit, ainsi que a acoustumé de faire. Et, selon ce, en effect, fut faicte response ausdis ambassadeurs par ledit Aguenin, en suppliant d’estre recommendez par devers ledit duc de Bourgongne par yceulx ambassadeurs, pour ce que les presidens et conseilliers dessusdis n’avoient point conclu de rescripre pour lors audit duc de Bourgongne.
Conseil, XIV (X'* 1480), fol. 260 v°.
Lundi, ix° jour de novembre.
Toutes lettres faictes et signées dudit jour, en la Chancelerie de France, furent faictes ou nom de Henry, roy de France et d'Angleterre, et seeléez du seel de la prevosté de Paris en cire blanche, ainsi que seeléez avolent esté, depuis le trespas du Roy nostre sire, les autres lettres faictes ou nom du Chancelier et Conseil de France.
Ce jour, les presidens et conseilliers de Parlement alerent en l’ostel de Saint-Pol à Paris, ouquel estoient
pluiseurs prelas, gens d’eglise, chapitres, colleges, conseilliers, officiers de ce royaume, assemblez pour acompaignier le corps du roy Charles VI, nagaires midy, porté et mis en l’eglise de Paris, en laquelle furent dites vigiles, et lendemain la messe! et le service pour l’ame dudit Roy, honnorablement, ainsi qu’il appartient.
Et lendemain, qui fu x° jour dudit mois de novembre, à grant compagnie et solempnités acoustumées, fu le corps dudit Roy porté en l’eglise Saint-Denys où il fu enterré lendemain x]j° jour?, après la messe et le service, où furent presens les presidens et conseilliers de la Court, qui continuelment acompaignerent le corps dudit Roy depuis ledit hostel de Saint-Pol jusques en ladicte eglise de Saint-Denys. Et tenoient les quatre boutz du poile quatre desdiz presidens, aux quatre coings de la lictiere, et à l’environ tenoient ledit poyle les autres conseilliers de ladicte Court et les greffiers et notaires d'icelle Court, qui estoient joingnans et prochains desdis presidens et conseilliers, et emprez eulz estoient les huissiers de la Court pour garder que
1. Le service à Notre-Dame fut célébré par Jean de la Rochetaillée, patriarche de Constantinople, évêque de Paris, et à Saint-Denis par le même prélat, assisté de l'évêque de Chartres.
2. Un récit très complet des obsèques de Charles VI se trouve dans Monstrelet (éd. Douët d’Arcq, t. VI, p. 121); une autre relation est donnée par Juvénal des Ursins (éd. Godefroy, p. 568), d’autres encore se trouvent dans Chastellain (éd. Kervyn de Lettenhove, t. I, p. 347), dans le Journal d'un bourgeois de Paris (p. 179) et dans la Chronique du Religieux de Saint-Denis (éd. Bellaguet, t. VI, p. 489-497).
aucuns autres ne feissent presse ou desarroy environ le corps dudit feu Roy, dont Diex ait l'ame‘.
Conseil, XIV (X1*1480), fol. 261 r°.
Omnipotentis nomine invocato, cujus omnino recta sunt judicia et archana consilia, incipit registrum Consiliorum Parlamenti, incepti xrr® die novembris, anno Domini millesimo quadringentesimo vicesimo secundo, et anno septimo quo, ego Clemens de Fauquembergue, in utroque jure licenciatus, Ambianensis ecclesie decanus, ac Curie dicti Parlamenti grapherius, hujusmodi officium exercui.
Jeudi, xij° jour de novembre, l’an dessus dit.
Messire Jehan Le Clerc, chancelier de France, tint ledit Parlement, presens m° J. Aguenin, m° J. de Longueil, presidens, le patriarche de Constantinople, perpetuel administrateur de l’eveschié de Paris, l’evesque de Theroenne, m° Nicole Fraillon, m° P. de Marigny, maistres des Requestes de l’Ostel, m° J. Garitel, m° Gaillart Petit Sayne, m° G. de Gy, m° P. Buffieres, m° Philippe de Rully, m° G. de Celsoy, m° Thibaut Tiessard et pluiseurs autres conseilliers du Roy; et furent leues les ordonnances et fais les seremens
acoustumez.
Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 262 r°.
Jeudi, xix° jour de novembre.
Vindrent et furent assemblez en la Chambre de
1. Cet extrait relatif aux obsèques de Charles VI a été reproduit par Félibien, Histoire de la ville de Paris, pièces justifica= tives, t. IV, p. 588.
Parlement les Chancelier, presidens, conseilliers dudit Parlement, l’evesque de Paris, les maistres des Requestes de l’Ostel et des Comptes du Roy, les recteur et deputez de l’Université de Paris, les chiefs et deputez des chapitres, monasteres, colleges, les prevosts de Paris et des marchans, eschevins, advocas et procureurs de ceans et de Chastellet, quartiniers, cinquantiniers, diziniers et autres pluiseurs bourgois, manans et habitans de Paris. Et y survint le duc de Bedford, frere du roy d'Angleterre derrenement et nagaires trespassé, lequel s’assist seul es haults sieges de ladicte Chambre de Parlement, ou lieu où le premier president a acoustumé de seoir, et, par son ordonnance, ledit Chancelier, en la presence des dessus nommez, entre autres choses, recita les grans diligences qui avoient esté faictes pour mettre bonne paix entre les royaumes de France et d'Angleterre, et comment, derrenement, par le moien du mariage et aliance dudit feu roy d'Angleterre et de la fille de France, royne d'Angleterre, on avoit fait traictié de paix entre lesdis royaumes, selon la teneur des lettres sur ce faictes, et que dudit mariage estoit descendu ung beau filz, nommé Henry, roy de France et d'Angleterre, et, par ledit traictié, devoit estre roy des deux royaumes dessusdis après le trespas de feu prince de bonne memoire, Charles VI°, roy de France, nagaires trespassé. Disoit en oultre que Charles, soy nagaires disant dauphin, n’avoit aucun droit de succeder oudit royaume de France, et que s’aucun droit avoit eu, 1l l’auroit perdu et s’en seroit rendu indigne, et seroient touz absolz de sa segnorie et de sa feaulté, et seroit encheu es paines temporeles et espiritueles
pour occasion de l’orrible et detestable crime, commis et perpetré en sa presence, de son commandement, consentement et adveu, contre les seurtés jurées et par pluiseurs fois reiterées et passées avec le feu duc de Bourgongne, dont il apparoit et appert plus à plain par ses lettres. Disoit en oultre que le duc de Bedford, regent de ce royaume pour ledit Henry, son nepveu, roy de France et d'Angleterre, avoit entencion et bonne volenté d’emploier corps, amis et chevance pour le bien de ce royaume et pour maintenir les subgiez d’icellui en bonne justice, en bonne paix et transquilité, ainsi que avoit fait sondit frere le feu roy d'Angleterre, derrenement trespassé, et que ledit regent avoit intencion de faire reunir et revenir la duchié de Normendie à la couronne, et entretenir la paix d’entre lesdis royaumes selon la teneur des lettres sur ce faictes et passées. Et que, pour mieulx et plus fermement entretenir ledit traictié de paix, il avoit ordonné de faire assembler les dessus nommés en ladicte Chambre de Parlement pour jurer de nouvel l’entretenement dudit traictié et paix final d’entre lesdis royaumes. Et lors fist appeller et venir lesdis assistens jurer en ses mains et es mains dudit Chancelier, qui tenoit ung messel et faisoit chascun jurer d'entretenir ledit traictié de paix soubz l’obeissance dudit Henry, roy de France et d'Angleterre, et dudit regent. Et encharga le Chancelier au recteur et deputez de l’Université, qui firent le serement en leur nom, qu'’ilz feissent assembler ladicte Université pour faire jurer tous les autres suppostz d’icelle Université ; semblablement encharga au prevost des marchans de faire assembler en l’Ostel de la ville les habitans de ladicte ville, par quartiers, l’un après l’autre, pour
jurer et faire le serement dessusdit !. Et, finablement, ledit duc de Bedford advoa ce que avoit dit et proposé ledit Chancelier de par lui.
Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 262 v°.
Samedi, xxj° jour de novembre.
Ce jour, furent assemblez en la Chambre de Parlement les presidens et conseilliers des trois Chambres dudit Parlement pour avoir advis et deliberacion sur la poursuite du paiement de leurs gaiges, dont estoient deubz arrerages de 1111 ou v mois passez. Et fu conclu que on requerroit le Chancelier, l’evesque de Paris et les maistres des Requestes de venir mardi prochain en ladicte Chambre de Parlement pour leur dire l’estat et l’intencion de la Court sur ceste matiere, pour en parler en après au duc de Bedford, afin de obtenir provision convenable.
Conseil, XIV ([X#*1480), fol. 263 vw.
LLRL]
Ce jour, à la requeste de la Court, vindrent en la Chambre de Parlement le Chancelier, l’evesque de Paris, les maistres des Requestes et autres du Grant Conseil du Roy, pour oir l’intencion de la Court et ce que avoit esté deliberé en ycelle Court de leur dire et exposer, et après au duc de Bedfort, pour obtenir provision et paiement des gaiges des conseilliers et
1. D'après le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 182, au mois de février 1423, le serment de fidélité fut exigé de tous les habitants de Paris, « bourgeois, mesnaigers, jusqu'aux charretiers, bergers, vachers, porchers des abbayes. Les ungs de bon cuer le firent, les autres de tres malvese volenté. »
officiers de ladicte Court, et pour le temps passé et pour le temps avenir, afin que, par defaulte de paiement, aucuns d'iceulz conseillers ne feussent contrains de laissier l'office et estat d’icelle Court, ainsi que autres avolent desjà fait, pour entendre à avoir autre estat et autre pratique. Et requist la Court au Chancelier et autres dessus nommez que, en temps et en lieu, prochainement, ilz voulsissent, par bonne maniere, remonstrer audit duc de Bethford l’estat de ladicte Court et tenir la main où il appartendroit pour obtenir paiement et provision desdis gaiges, et avoir tous- Jours le fait de la Court pour recommendé ; lesquelz se offrirent à soy emploier de tout leur povoir à ce que ladicte Court requeroit.
Conseil, XIV (X'#1480), fol. 263 v°.
Mardi, premier jour de decembre.
Messire Symon Morhier!, chevalier, fist es plaidoieries presenter à la Court ses lettres de l’office de garde de la prevosté de Paris, et y fust receu et y fist le serement acoustumé oudit office, que tenoit par avant maistre Symon de Champluisant?, lequel fu, par le Conseil du Roy, tenu par le duc de Bedford, fait quart president, ouquel office ledit de Champluisant fu,
1. Simon Morhier était maître de l'hôtel d’Isabeau de Bavière. Voir la note consacrée à ce personnage dans le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 181, note 3.
2. Simon de Champluisant n'avait occupé la prévôté de Paris que quelques mois; il avait remplacé Pierre le Verrat, le 3 février 1422; il mourut à la fin de décembre 1426 (cf. le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 165, note 4).
lendemain, second jour du mois de decembre, receu et fist le serement acoustumé.
Mercredi, second jour de decembre.
Ce jour, furent assemblez en la Chambre de Parlement les presidens et conseilliers de la Chambre des Enquestes pour avoir advis et deliberacion ensemble sur le paiement de leurs gaiges, dont estoient deubz les arrerages depuis le mois de juing derrain passé. Et fu conclud d’envoier pour ceste cause 1111 des conseilliers de la Court par devers le Chancelier de France pour lui remonstrer la voulenté et intencion de la Court qui entendoit cesser, se prochainement n’estoit pourveu au paiement des gaiges dessusdis, et pour eviter esclande, avoit retardé et delaié lesdictes cessations.
Ce jour, maistre Symon de Champluisant, nagaires prevost de Paris, fist le serement en office de president, et fu receu quart president par vertu des lettres passées en Conseil tenu par le duc de Bedford, sans autre election que dit est.
Ce jour, maistres Miles d’Angeul?, doyen de Chartres, et Pierre de Canteleu, maistres des Comptes du Roy, vindrent en ladicte Chambre de Parlement pour avoir l’advis et deliberacion de la Court sur le refus que fai-
1. Ce paragraphe se trouve reproduit dans Félibien, Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 589.
2. Miles d'Angeul, clerc des Comptes depuis 1384, fut reçu maître le 7 octobre 1396.
3. Pierre de Canteleu, clerc des Comptes de 1405 à 1418, fut reçu maître le 6 mars 1419 au lieu de Gilles de Clamecy et resta en exercice jusqu’au 2 octobre 1424 ; il devint gouverneur des finances le 16 avril 1427.
soit l’evesque de Paris de baillier denombrement de son temporel, disant que de raison escripte n’y estoit tenu, pour ce que le temporel dudit eveschié estoit admorti, et n’avoit esté baillé aucun denombrement par ses predecesseurs, et n’en monstroient point les gens des Comptes, qui avoient delaié et delaioient delivrer audit evesque sondit temporel soubz umbre dudit denombrement non baillié. Sur quoy la Court, par maniere de Court, ne volt sur ce dire advis ou opinion, pour ce que l’evesque entendoit de faire poursuite et action en ladicte Court de ceste matiere; et fu dit aux gens des Comptes que, toutes fois qu'ilz vouldroient parler et faire collacion de ceste matiere avec les conseiliers de la Court, ycelle Court leur en envoieroit VI où vit, où autre nombre de ceulz qu'ilz vouldroient avoir et appeller à leur collacion ou consultacion, pour garder les drois du Roy en ceste matiere, Conseil, XIV (X'* 1480), fol. 264 r°.
Jeudi, troisieme jour de decembre.
Ce jour, Jehan de Laistre, prisonnier ou Chastellet de Paris, à la requeste de Mahiet Boileaue, et requis par l’evesque de Paris lui estre rendu comme clerc, a esté mis hors de prison pour sa maladie, du consentement dudit evesque, et sans prejudice du procès pendant ceans entre ledit evesque et le procureur du Roy et de l’action et poursuicte d’iceulz evesque et prisonnier pour injures et interests.
Conseil, XIV (X'* 1480), fol. 264 v°.
Venredi, üij° jour de decembre.
Ce jour, la Court receu lettres closes de l’evesque de
Beauvais, de maistre Phelippe de Morvillier, premier president, et de messire Renier Pot, chevalier, seigneur de la Roche, ambassadeurs envoiez par devers le duc de Bretaigne pour traictier de la matiere pour laquelle ledit duc avoit nagaires envoié par devers le Roy à Paris ses ambassadeurs. Et estoient lesdictes lettres escriptes à Nantes, le xvij° jour de novembre derrain passé, et faisoient lesdictes lettres mencion, entre autres choses, de lintencion et volenté que avoit le duc de Bretaigne à l’entretenement de la paix et accord d’entre les royaumes de France et d’Angleterre, et que pour occasion de ce il entendoit partir de son païs, le x° jour de ce mois de decembre, pour venir à Paris, ainsi que requis avoit esté par lesdis ambassadeurs!.
Conseil, XIV (X'1* 1480), fol. 265 r°.
Mecredi, xxuj° jour de decembre.
Ce jour, retourna au giste à Paris le duc de Bedfort, en l’ostel des Tournelles, leiz la Bastide Saint-Anthoine.
Conseil, XIV (X!1*1480), fol. 266 r°.
1. Jean V, duc de Bretagne, ne songeait nullement à venir à Paris ; il se décida à la fin du mois de décembre à se rendre à Amiens, à l'effet de conférer avec les ducs de Bourgogne et de Bedford, à l’occasion du mariage de son frère Arthur de Richemont avec Marguerite de Bourgogne, veuve de Louis, duc de Guyenne. Le duc de Bourgogne lui délivra à cette fin un sauf-conduit, le 25 février 1423 (cf. Gruel, Chronique d'Arthur de Richemont, éd. Le Vavasseur, p. 29).
Venredi, vuj° jour de Janvier.
Ce jour, survint en la Chambre de Parlement messire Jehan Le Clerc, chancelier de France, et disoit en effect que ou Grant Conseil, nagaires tenu par le duc de Bedford, regent, avoit esté ordonné que les officiers du Roy, qui, après le trespas du roy Charles VI°, avoient esté et seroient continuez en offices du Roy, auroient et prendroient nouvelles lettres. Et pour ce ledit Chancelier a enjoint aux dessus nommez presidens et conseilliers de continuer et perseverer en bonne justice à l’expedicion des causes et procès, ainsi que ont acoustumé de faire, et qu’ilz facent diligence de rapporter et mettre en ses mains, dedens mardi prochainement venant, les lettres anciennes de leurs offices et faire seeller en la Chancelerie lettres nouvelles de leurs diz offices, commandées oudit Grant Conseil à maistre Baudes des Bordes, si comme il disoit. Et fust dit alors par ledit Chancelier que lesdis presidens et conseilliers ne paieront riens pour les seaulz de leursdictes nouvelles lettres. En après disoit ledit Chancelier que ou Conseil du Roy avoit esté advisé que maistre Jehan Aguenin, m° Philippe de Rully et les autres commis sur le fait de l'inventaire des biens meubles du feu roy Charles VI°, nagaires trespassé, rapporteroient par devers la Court toutes les dificultés et altercacions qui escherroient sur le paiement et distribucion du lais fait ou testament dudit feu Roy! à