‹ Journal de Clément de Fauquembergue, greffier du Parlement de Paris, 1417-1435. Texte complet publié pour la Société de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 9 sur 56 · Janvier 1421 (a. st · texte numérisé non relu

Janvier 1421 (a. st

2. Jean Rapiout, que Nicolas de Baye, à la date de février 1413, qualifie « d'advocat ceans assez nouvel, né de Paris », était déjà candidat aux fonctions de procureur général. C’est par erreur que Blanchard, dans ses Présidents à mortier (p. 51), dit que Jean Rapiout, après avoir été lieutenant général du bailliage de Sens, se retira à Poitiers, où se tenait le vrai Parlement, sous l'autorité du Dauphin, et y fut reçu avocat général le 23 février 1422; c'est bien à Paris, dans le Parlement anglais, que Jean Rapiout devint avocat du Roi. On le trouve encore investi de ces fonctions de 1430 à 1435.

Ce jour, maistre Guillaume Barthelemi, par avant advocat praticien ou Chastellet de Paris, a esté receu en l'office de procureur general du Roy, ou lieu de maistre Gautier Jayer, qui retourna et fu ce jour receu au lieu de conseillier en la Grant Chambre, qu’il tenoit par avant ce qu'il eust esté esleu procureur du Roy, lequel office il n’avoit point affecté ne pourchassié, aussi n’avoit ledit Barthelemy, et s’en estoient moult excusez, et neantmoins, cessans toutes excusacions, est advenu ce que dit est.

Conseil, XIV (X1*1480), fol. 247.

Venredi, xxvij° jour de fevrier.

Ce jour, y ot processions generales à l’eglise Nostre-Dame pour le salut du Roy et de ce royaume.

Conseil, XIV (X** 41480), fol. 247 v°.

Mardi, x° jour de mars.

Ce jour, maistre Thomas Facier fu receu à l'office de bailli de Sens.

Mecredi, xj° jour de mars.

Ce jour, survindrent en ladicte Chambre de Parlement le chancelier de France, les evesques de Theroenne, de Beauvais, et apporta ledit Chancelier lettres du roy d'Angleterre, faisans mencion comment, lundi derrain passé, ix° Jour de ce mois, le sire d’Auffemont, acompaignié de certain nombre de gens d’armes, fist faire grant effroy sur l’ost dudit roy d’Angleterre, estant en siege devant la ville et cité de Meaulz, pour entrer ou faire entrer une partie desdiz gens d’armes

dedens ladicte ville, à conforter et secourir ceulz qui estoient dedens ycelle, et y entra xiïi] hommes, et le surplus de ceulz qui peurent retourner retournerent, mais ledit sire d’Auffemont y demoura prisonnier, et aucuns autres qui furent amenez audit roy d’Angleterre!. Et desdiz gens d'armes de la compaignie dudit d’Auffemont furent aucuns mors et tuez par les gens d'armes tenans ledit siege. Et ce jour, à deux heures après midi, ou environ, entrerent par eschielles les gens dudit roy d'Angleterre dedens ladicte ville de Meaulz. Et pour rendre graces à Dieu desdictes nouvelles fu ordonné par les Chancelier et dessusdis que ilz yroient à l’eglise Nostre-Dame de Paris; et se leverent du Conseil pour y aler, environ 1x heures, et ensemble y alerent les gens des Comptes.

Ce jour, oudit Conseil, presens les dessusdis, le chancelier de France exposa les altercacions et discussions qui avoient nagaires esté faictes en la presence du roy d'Angleterre, estant au siege devant Meaux, en la matiere touchant les libertés de l'Eglise, presens le duc de Bourgongne, les evesques de Theroenne, de Beauvais et pluiseurs autres du Grant Conseil du Roy, presens aussi maistres Jaques Branlart et G. Perriere, conseilliers de ceans, envoiez

1. Voir, dans le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 166, le récit fort pittoresque de la tentative infructueuse de Guy de Nesle, seigneur d’Offemont, dans la nuit du 9 mars. Culbuté dans le fossé par la chute d’une besace de harengs saurs, il fut « prins par ung qui estoit queux de la cuisine du roy angloys », avec dix ou douze autres. Les défenseurs de Meaux, à la suite de l’avortement de cette entreprise, se retirèrent dans le Marché; le roi d'Angleterre, informé de l'évacuation de la ville, « la fist tantost assaillir et la print sans avoir guicres de paine ».

lors devers le roy d'Angleterre pour lui dire et exposer de par la Court aucunes choses touchant ceste matiere, afin principalment que ledit roy d'Angleterre, pour prendre aucune bonne provision en ladicte matiere, voulsist faire appeller à ce les prelas et le plus grant nombre qu'il pourroit faire assembler de clers et gens de Conseil, et faire discuter ycelle matiere, qui estoit et est la plus grant cause ou l’une des plus grans qui puist estre en ce royaume, et oir sur ce les deliberacions et advis des dessusdis en la Chambre de Parlement ou ailleurs, à son bon loisir. Disoit en oultre ledit Chancelier que le roy d'Angleterre lui avoit enchargié de oir sur ce les advis des dessusdiz, ce jour assemblez oudit Conseil, au moins des presidens et conseilliers dudit Parlement, et que en partie pour ceste cause estoit venu en ladicte Chambre de Parlement pour oir les advis de ladicte Court et pour dire la conclusion que le roy d'Angleterre, par cy devant, lui estant oudit siege de Meaux, avoit prinse en ladicte matiere, et disoit le Chancelier qu’il estoit prest de oïir sur ce l’advis de la Court. Et lors fu dit par aucuns des presidens et conseilliers que les advis ne seroient mie de grant effect, se la conclusion estoit desjà prinse en ladicte matiere. Et pour ce, après ce que les Chancelier, le premier president, les evesques de Theroenne et de Beauvais eurent parlé ensemble ou coing du parquet de Parlement, ledit Chancelier dist que la conclusion estoit prinse en la matiere touchant lesdictes libertés en la maniere qu’il declaira lors, et de ce commanda à faire lettres à maistre Jehan Milet, notaire du Roy, et lui dist le Chancelier que on lui bailleroit, se mestier estoit, ladicte conclusion par

escript. Et ce fait, le Conseil se leva, et alerent les dessusdis en l’eglise Nostre-Dame, comme dit est

dessus.

Conseil, XIV (X1*1480), fol. 248.

Venredi, xuj° jour de mars.

Ce jour, la Court se leva assez tost après neuf heures pour aler en l'eglise Nostre-Dame de Paris à la messe qui avoit esté ordonnée à dire pour les nouvelles qui avoient esté rapportées et publiées à Paris de la prinse et entrée de Meaulz, dont la Court, mecredi xj° jour de ce mois, avoit esté certifiée par lettres closes du roy d'Angleterre.

Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 248 v°.

Lundi, vj° jour d'avril.

Ce jour, vindrent nouvelles que, le jour precedent, estoient entrez dedens Meurlent les gens du Dauphin i.

Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 250.

Mardi, vij° jour d'avril.

Ce jour, fu faicte defense de par le Roy que nul, sur certaines paines, ne rencherist vivres ne marchandises à Paris? pour occasion de la prinse de Meurlent, qui

1. Louis Paviot, capitaine d'Étampes, s'empara, le dimanche 5 avril, du pont de Meulan; mais, assiégé aussitôt par le comte de Salisbury, il dut capituler le 15 avril (Cousinot, Geste des nobles, éd. V. de Viriville, p. 184, 189).

2. En effet, d’après le Journal d'un bourgeois de Paris, p.168, « tout enchery apres merveilleusement, pour ce qu'il ne venoit nulz vivres en ce temps à Paris que de Rouen, si convenoit passer par là allant et venant, dont ceulx de Paris furent moult esbahiz ».

avoit esté et estoit prinse et occupée par les Dauphinois, qui le rendirent le xv° dudit mois aux gens du Roy estant devant en siege.

Conseil, XIV (X'* 1480), fol. 250.

Jeudi, ix° jour [d'avril], les presidens et conseilliers lais de ceans alerent en Chastellet, ainsi qu'il est acoustumé chascun an, pour entendre à l’expedicion des prisonniers.

Dimenche, xij° jour d'avril, advint la solempnité et feste de Pasques.

Jeudi, xvj° jour d’avril, vindrent nouvelles de la recouvrance de Meurlenc, qui avoit esté occupé le v° jour de ce mois.

Conseil, XIV (X!*1480), fol. 250.

Jeudi, xxuj° jour d'avril, maistre Jehan Choart, clerc de la prevosté de Paris et examinateur de Chastellet, a esté receu en office de bailli de Meaulx, et a fait le serement acoustumé, quasi invitus, cessante omnt excusatione.

Lundi, xxvij° jour d'avril.

Ce jour, le procureur du Roy, presens maistres Jehan Rapiout, advocat du Roy, Estienne de la Charité et J. de Wary, appella des arrest, emprisonnement, detencion, condempnacion, explois, execu-

1. Ce passage a été reproduit par D. Félibien, Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 587.

cions, exactions, extorcions, refus et deniez de droit et autres excez et griefs à declarer plus à plain en temps et en lieu, ou prejudice de Augustin Ysebarre, maistre particulier de la monnoie de Tournay, ou prejudice aussi d’aucuns bourgois et marchans du païs de Flandres, en grant esclande et lesion de justice, en contempt et en attemptant contre les drois du Roy, à declarer plus à plain, comme dit est, fais, commis et perpetrez par aucuns conseilliers et officiers du duc de Bouryongne en la conté et païs de Flandres.

Matinées, XI (X'*4793), fol. 173.

Mardi, xxvilj° jour d'avril.

Ce jour, y ot processions generales qui assemblerent en l’eglise Nostre-Dame pour aler en l’eglise Sainte- Katherine-du-Val-des-Escoliers, à Paris, pour prier

Dieu pour le salut et prosperité du Roy et de ce

royaume, etc.

Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 251.

Mecredi, vj° jour de may, par l'ordonnance des gens du Grant Conseil du Roy, furent faictes processions generales de l’eglise Nostre-Dame à Saincte-Genevicve de Paris pour remercier Dieu du traictié de la redicion et delivrance du Marchié de Meaux‘ au Roy nostre Sire, et au roy d'Angleterre, son beau filz, lequel avoit esté par avant continuelment l’espace de

1. Ce traité, conclu le 2 mai entre le duc d’Exeter, les comtes de Warvick et de Conversan, W. de Hungerford, au nom du roi d'Angleterre, et Philippe Mallet, Perron de Luppé, Jean d'Aunay, Sivador de Giresme et autres capitaines, pour les assiégés, figure dans son texte anglais parmi les Acta publica de Rymer, t. IV, 4° vol., p. 64.

siX à vij mois ou environ en siege devant la Cité et Marchié de Meaulx dessusdis, et pour prier Dieu pour le salut et prosperité du Roy et de son royaume. Et fust leu et publié ledit traictié en la fin du sermon que fist esdictes processions, ouquel print pour theume : Iterum videbo vos et gaudebit cor vestrum. |

Conseil, XIV [X'21480), fol. 251.

Jeudi, vij° jour de may.

Ce jour, furent amenez prisonniers ou chastel du Louvre à Paris pluiseurs des gens d’armes qui avoieut esté en la garnison de la Cité et Marchié de Meaulx?, lesquelz, avec les autres, par force d’armes et continuacion de siege, avoient esté contrains, au moins deliberez de rendre et delivrer ledit Marchié, selon la forme et teneur de certain traictié sur ce fait°, publié le jour precedent es processions generales.

1. Le thème en question est emprunté à l'évangile selon saint Jean, ch. xvr, v. 22.

2. Le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 169, relate le fait en question. Ces prisonniers de guerre, au nombre d'une centaine, amenés à Paris à deux reprises, « liez quatre et quatre, avec ung pain bien noir pesant deux livres et tres pou de pitance et de l'eaue à boire », furent transportés par bateau de Paris à Caudebec et de Harfleur à Porstmouth; ceux dont on espérait tirer bonne rançon, notamment Perron de Luppé et Guichard de Chissay, capitaine de Meaux, furent confiés à Jean Harpeley, lieutenant du capitaine de Rouen, et Robert Witgreve; cent cinquante de ces prisonniers, d’abord enfermés à la Tour de Londres, furent répartis dans divers châteaux.

3. Chastellain, dans sa Chronique (éd. K. de Lettenhove, t. I, p. 303), reproduit la teneur du traité conclu pour la reddiüon du Marché de Meaux.

Samedi, vuj° jour dessusdit, maistre Hebert Camus, procureur de l’Université de Paris, a dit en la Chambre de Parlement que le recteur de ladicte Université, qui par avant avoit prins delay de parler en la congregacion de ladicte Université de la requeste de Robert Faudin sur son eslargissement de prison, lui avoit dit et respondu que ycelle Université n’empeschoit point que ledit Faudin ne fust et soit eslargi par la Court, en baillant bonne et suffisante caution d’ester à droit par devant l’inquisiteur de la foy ou son vicaire et autres commissaires qui à ce sont ou seront commis, et a consenti ledit procureur que ainsi soit fait.

Mecredi, xij° jour de may.

Cejour, freres Jehan Sarasin, vicaire du prieur du couvent des Jacobins de Paris, et Lambert du Camp, bachelier enthcologie dudit couvent, par l’ordonnance et mandement de la Court, vindrent en la Chambre de Parlement et furent interroguez par la Court, s’il y avoit aucun en leur dit couvent ou à Paris qui eust commission ou vicariat de l’inquisiteur de la foy, qui estoit absent. Lesquelz respondirent que non et affermerent qu’ilz ne savoient homme à Paris qui eust vicariat ou commission dudit inquisiteur. Et en oultre la Court, qui avoit mandé lesdiz religieux, leur toucha aucunes choses sur l’estat du procès de la foy, commencié contre Robert Faudin, prisonnier en la Conciergerie, à l’instance du vicaire dudit inquisiteur à Sens et du feu archevesque de Sens!. En oultre, la Court remons-

1. Henri de Savoisy, archevêque de Sens, décédé le 13 mars 1422, et Jacquet Le Hongre, capitaine de Sens, avaient accusé

tra ausdiz religieux comment le procureur de l'Université de Paris, adjoint oudit procès avec ledit inquisiteur, avoit consenti que ledit Faudin fust eslargi, en baillant bonne et souffisante caution d’ester à droit en la forme et maniere dessusdicte et escripte en ce registre du vüj* jour de ce mois, dont lesdiz religieux se rapportoient à la bonne ordonnance de la Court, disans que de ce ne s’entremettoient en aucune maniere et que sur ce n’avoient vicariat ne commission, comme

dit est.

Conseil, XIV (X!21480), fol. 251 v°.

Venredi, xv° jour de may.

Ce jour, sur la requeste de Robert Faudin, prisonnier en la Conciergerie, baillée par escript, oys le procureur de l’Université de Paris et certains Jacobins pour le vicaire de l’inquisiteur de la foy :

Appoinctié est que ledit Faudin sera eslargi, et l’eslargist la Court parmi la ville de Paris jusques au lendemain du jour saint Jehan-Baptiste prouchainement venant, et ycellui Faudin a promis ester à droict à l'ordenance de ladicte Court, et bien et loyaument tenir prison en ladicte ville de Paris, sans en partir

Robert Faudin d’hérésie et exercé des poursuites contre lui. Robert Faudin, frappé d'excommunication par bulles apostoliques, interjeta appel au Parlement, qui se pronongça, le 20 février 1422, en faveur de l'autorité ecclésiastique et désigna en qualité de commissaires Guillaume de Beuville et Jean Saulnier, théologiens, l’abbé de Saint-Crespin, docteur en décret, Jean Chevrot, lecteur en décret à Paris, Guillaume Cotin et Jean Guyot, conseillers au Parlement {X"'*1480, fol. 247) (cf. A. Denifle et E. Chatelain, Chartularium Universitatis Parisiensis, t. IV, p. 400).

hors, sans la licence de ladicte Court, à peine de v‘ livres parisis d'amende, et d’estre ataint et convaincu du cas à lui imposé, et de ce s’est constitué plege et caucion avec ledit Faudin Guichard Motot, bourgois de Joigny, à present estant à Paris, lequel ledit Faudin a promis garandir et desdommagier, et a esleu ledit Faudin son domicile en l’ostel de maistre Pierre Drobille, procureur en Parlement.

Mecredi, xx° jour de may.

Furent au Conseil assemblez en la Chambre de Parlement les presidens et conseilliers de ladicte Chambre et des Enquestes pour ordonner sur la requeste faicte par m° Phelippe Le Besgue à la Court, laquelle il avoit par avant presentée au roy d'Angleterre, regent et heritier de ce royaume, afin d’avoir lieu esdictes Enquestes et en Chambre de Parlement, eu regart au temps qu’il avoit premierement esté receu conseillier du Roy es Requestes du Palais, sur quoy ledit roy regent avoit respondu que par le Chancelier, ou par la Court ou autrement, feust pourveu de lieu honneste audit maistre Phelippe, qui avoit servy le Roy en office de conseillier esdictes Requestes du Palais par l'espace de xxi1j ans ou environ, et après nouvellement avoit esté translaté à l'office de conseillier en la Chambre desdictes Enquestes, quasi invitus, au moins sans sa poursuicte. Et finablement fu conclud sur ladicte requeste que ledit maistre Phelippe Le Besgue monteroit ou entreroit en ladicte Chambre de Parlement, ou premier lieu de clerc qui vaqueroit, et auroit le lieu et prerogatives du premier clerc desdictes Enquestes, et serviroit en ladicte Chambre de Parlement avant

tous les autres conseilliers clercs de ladicte Chambre des Enquestes, exeptez les presidens d'icelle Chambre, qui ont et auront sieges et prerogatives devant ledit m° Phelippe, qui aura siege en ladicte Chambre de Parlement après le dernier clerc d’icelle Chambre, comme dit est.

Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 251 v°, 252 r°.

Mardi, xxvj° jour de may.

Furent au Conseil les presidens et conseilliers lais de Parlement, à conseillier l’arrest d’entre messire Loys Gaast et maistre Jehan de Rouvres, amenez de Meaulz prisonniers à Paris, appelans du prevost de Paris, ut in registro de L’Espine, lesquelz, après le jugement dudict procès, incontinent furent menez es Halles de Paris et decapitez par vertu de la sentence dudit prevost, qui fu confermée par arresti,

Ce jour, le roy d'Angleterre, regent de France, qui avoit par force et continuacion de siege contraint ceulz qui avoient tenu la Ville et Marchié de Meaulz à eulz rendre à la volenté du Roy nostre souverain Seigneur, et la volenté dudit roy regent, retourna au Bois de Vinciennes au giste, où estoient le Roy nostre-

1. D’après Monstrelet (éd. Douët d’Arcq, t. IV, p. 96), le roi d'Angleterre « fist decapiter à Paris messire Loys Gast, Denis de Vauru, maistre Jehan de Rommères {(Rouvres) et celui qui avoit servi le Roy durant le siege, et furent mises les testes sur lances es Hales, et leurs corps pendus au gibet par les aisselles ». Le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 173, mentionne également l'exécution de ces capitaines de la rébellion de Meaux, au moins de Jean de Rouvres, dont les biens furent attribués à Jean de Rinel, notaire et secrétaire du roi d'Angleterre, et de Louis Gast, baiïlli de Meaux.

Il à

dit souverain segneur et la royne de France. Semblablement, ce jour, retourna oudit Bois de Vinciennes la royne d’Angleterre', femme dudit roy regent, fille du Roy nostredit souverain segneur et de ladicte royne de France, qui estoit nouvellement retournée du royaume d’Angleterre, après ce qu'elle y ot conceu et enfanté ung filz, nommé Henry, dudit roy regent?.

Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 252 v°.

Samedi, xxx° jour de may, les presidens et conseilliers lais de ceans alerent en Chastellet pour entendre à l’expedicion des procès des prisonniers, ainsi que est acoustumé de faire chascun an la veille de la Penthecouste.

Ce jour, le roy d'Angleterre et la royne, sa femme, fille du Roy nostre souverain segneur, vindrent du Bois de Vinciennes au giste à Paris, en l'ostel du Louvre, et vint le roy d'Angleterre premierement descendre à l’eglise Nostre-Dame. Et le mardi et mercredi ensuivant, second et üj° jours de juing”, vindrent en l’ostel de Neelle, acompaigniez de ducs, contes, duchesses, contesses, chevaliers, dames et nobles de France et d'Angleterre, veoir les jeux et personnages de la Vie saint Georges, à la supplicacion

1. D'après le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 174, la Jeune reine « vint au Boys de Vinciennes à moult belle compaignie de chevaliers et de dames ».

2. Ce paragraphe a été reproduit par D. Félibien, Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 587.

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