‹ Journal de Clément de Fauquembergue, greffier du Parlement de Paris, 1417-1435. Texte complet publié pour la Société de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 14 sur 56 · Suivent les noms des présidents et conseillers · texte numérisé non relu

Suivent les noms des présidents et conseillers

des gens du Conseil du Roy pour prier Dieu pour le salut et prosperité de ce royaume et de la bonne ville de Paris et des habitans en ycelle ville, et de tous les autres bienvueillans du Roy et de cedit royaume, et especialment pour ceulz qui tenoient le siege devant le pont et forteresse de Meurlent. Et fu conclud que chascun yroit esdictes processions en sa parroisse pour monstrer exemple aux autres et pour prier Dieu à la fin dessusdicte.

Et depuis ne se rassemblerent oudit Parlement les presidens et conseilliers dessusdis jusques au lundi xxij° jour de ce mois.

Conseil, XIV (X'*1480), fol. 269 v°.

Venredi et samedi, xix° et xx° jour de fevrier.

Curia vacavit ob processiones in singulis parrochiis Parisius factas.

Matinées, XI (X'*4793), fol. 258 v°.

Jeudi, xxv° jour de fevrier, se leva la Court, environ ix heures, pour estre en la messe et procession que faisoit ce jour le college de la Sainte-Chappelle pour le salut de ce royaume et de la cité de Paris.

Samedi, xxvij° jour de fevrier.

Ce jour, les presidens et conseilliers de ceans dessus nommez ont renouvellé leurs seremens à cause de leurs offices. Semblablement ont fait maistres J. Rapiout, advocat, et Guillaume Barthelcmi, procureur du Roy en Parlement.

Conseil, XIV (X!*1480), fol. 269 ve, 270 r°.

Mecredi, üj° jour de mars.

Ce jour, la Court receu lettres closes du duc de Bedford, escriptes ou siege devant Meullent, faisant mencion du traictié fait de par ses commis avec ceulz qui tenoient la forteresse dudit Meullent, sur la redicion et delivrance de ladicte forteresse au Roy et audit duc de Bedford; et furent lesdictes lettres, avec le traictié, publiées à la fenestre de la sale du Palais{.

Venredi, v° jour de mars.

Ce jour, la Court se leva, environ ix heures, pour aller es processions generales à Sainte-Katerine.

Conseil, XIV (X1* 1480), fol. 270 r°.

Mecredi, x° jour de mars, furent au Conseil m° J. Aguenin .… et les presidens et conseilliers de la Chambre des Enquestes pour avoir advis et deliberacion ensemble pour pourveoir sur la requeste baillée à la Court de par aucuns prisonniers qui avoient appellé ceans des commissaires sur le fait des conspirateurs et adversaires, lesquelz n’avoient peu obtenir adjornement en cas d'appel en la Chancelerie, soubz umbre de ce que on disoit que le duc de Bedford avoit ordonné et vouloit que les gens du Grant Conseil eussent la

1. Monstrelet (éd. Douët d’Arcq, t. IV, p. 138) donne les articles de la capitulation accordée, le 1° mars 1423, à la garnison de Meulan par le comte de Salisbury, Jean Falstaff, et autres représentants du duc de Bedford. La garnison comptait 100 gentilshommes, en tête Jean de Graville et Louis Martel, et 200 autres combattants, qui furent emmenés prisonniers à Rouen.

congnoissance d'icelle appellation. Et pour conferer de ceste matiere, à la requeste de la Court, vindrent oudit Conseil le chancelier de France et le patriarche, administrateur de l’eveschié de Paris, ausquelz furent remonstrez par ladicte Court les inconveniens qui ensuivrolent de tollir à la Court le ressort desdictes causes d'appel, et mesmement en ladicte matiere, qui estoit criminele. Et pour ce que ledit Chancelier en perseverant faisoit dificulté de baillier adjornement pour relever lesdictes appellations en Parlement, soubz umbre de ce que dit est, la Court, depuis, conclud de donner adjornement et de le faire seeller du signet de la Chambre dudit Parlement, ut in registro J. de L’Espine.

Conseil, XIV (X'*1480), fol. 270 v°.

Lundi, xxix° jour de mars.

Ce jour, Andriet Vautier s’est opposé que ung mantel de nuit, fourré de gris, apporté devers la Court à la requeste des varlès de chambre de feu le Roy nostre sire, derrainement trespassé, ne soit delivré sans le oyr, afin qu'il en soit deschargié envers messire Lourdin de Saligny, chevalier, qui lui avoit baillié, et soit paié de xxx livres tournois qui lui sont deubz, comme il disoit.

Mardi, xxx° jour de mars.

Ce jour, sur la demande ou requeste des varlès de chambre de feu le Roy nostre sire, derrainement trespassé, contre Andriet Vautier, pour raison de certain mantel de gris, fourré de gris, appellé mantel de nuit, qui fust audit Roy en son vivant, ledit Andriet a delay de sommacion au second jour de may prochain

venant. Et, au regard de la requeste desdis varlès contre les escuiers d’escuierie dudit feu seigneur, pour raison du jaques ou jaquete d'icellui segneur, appoincté que ladicte requeste sera monstrée au procureur du Roy pour veoir s’il veult riens dire contre lesdictes parties ou aucunes d’icelles!.

Matinées, XI (X224793), fol. 274.

Mecredi, dernier jour de mars.

Ce jour, ont esté pronunciez les arrests par maistre Jehan Aguenin, president, et entre les autres a esté pronuncié l’arrest d’entre maistre Clement de Fauquembergue, grephier de Parlement, requerant le prouffit de deux deffaux à l'encontre de maistre Robert de Saint-Ligier, ouquel avoit esté conclu, ut in registro P. de la Rose, c’est assavoir, que ledit de Fauquembergue aura encores lettres de la Court pour faire adjorner ledit de Saint-Ligier à sa personne ou domicile, se on le puet trouver, et se non, en la maniere que autresfois a esté adjorné pour veoir adjugier le prouffit desdis defaulz. Et defend la Court audit de Saint-Ligier, sur paine de cent marcs d'argent, qu’il ne procede contre ledit de Fauquembergue en Court de Romme, ne ailleurs en Court d’eglise, pour raison desdis chanoinie et prebende, jusques à ce que par la Court de Parlement en soit autrement ordonné, ut 1n registro P. de la Rose?.

Conseil, XIV (X'* 1480), fol. 272 r°.

1. Le procès en question, donnant de curieux détails sur la maison du Roi, fut plaidé le 19 avril (X!*4793, fol. 278).

2. Pierre de la Rose était le greffier des Présentations au Parlement; son registre n’a pas été conservé.

Venredi, xvj° jour d'avril.

Ce jour, frere Evrart Courel, religieux de Fescamp, qui estoit prisonnier, eslargi à l’instance de maistre Jehan Le Bouesgue, aumosnier dudit Fescamp, est receu par procureur quousque, et lui ont esté delivrés une coule noire, ung petit psaultier et ung vieil breviaire, estimés environ deux frans, à la caucion de Nicolas du Ru, huissier de ceans, qui l’a caucionné pour lesdis coule et livres. Et ledit frere Evrard l’a promis garantir et desdommagier.

Conseil, XIV (X‘° 1480), fol. 272 v°.

Ce jour, le patriarche, evesque de Paris, apporta en la Chambre de Parlement une copie en papier du traictié que on disoit avoir esté fait nouvellement à Amiens entre les ducs de Bedford, de Bourgongne et de Bretaigne. Et depuis renvoia à ladicte Court un vidimus soubz le seel de la prevosté de Paris, d’un vidimus soubz le seel du bailliage d'Amiens de ladicte copie d'icellui traictié, contenant la forme qui s'ensuit :

« Jehan, regent le royaume de France, duc de Bedford, etc., Phelippe, duc de Bourgongne, etc., et Jehan, duc de Bretaigne, à touz ceulz qui ces presentes lettres verront, salut. Savoir faisons que, pour consideracion des grans amistiés et prochaineté de hignage qui jà sont entre nous, et moyennans les mariages concluz, accordez et fermez entre nous, Jehan, regent, duc de Bedford, et de nostre très chiere et très amée seur et cousine, Anne de Bourgongne!,

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