Gilles Veau, nommé clerc des Comptes après l'entrée des
par les executeurs et surroguez à l’execucion de feu maistre Guy Coustel!, de certain hostel et vignes sis à Lay*, appartenant jadiz audit defunct, selon la forme
la relacion de deux criées, faictes de ce par l’ordonnance de la Court par maistre Geffroy des Molins, huissier d’icelle Court.
Conseil, XIV (X'*1480), fol. 282 r°.
Lundi, vj° jour de septembre.
Ce jour, fu publié que vj doubles courroient pour 1] blansÿ.
Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 282 v°.
Mardf? vij° jour de septembre.
Ce jour, ont esté pronunciez les derreniers arrests
Bourguignons, devint maître des Comptes le 11 février 1429 au lieu d'André Courtevache, et resta en exercice jusqu’à la fin de la domination anglaise.
1. Guy Coustel, d’abord official de Meaux, puis de Paris, était partisan des Armagnacs; la maison qu'il possédait rue Saint-Denis fut confisquée et attribuée, le 5 septembre 1423, à Guy, bâtard de Bourgogne (voy. A. Longnon, Paris pendant la domination anglaise, p. 115).
2. Il s’agit selon toute apparence de l’Hay (Seine, arr. de Sceaux, cant. de Villejuif).
3. Ce fut un mandement royal au prévôt de Paris qui fixa le cours des doubles deniers de 2 tournois pièce, six de ces doubles devant valoir un grand blanc de 10 deniers tournois de nouvelle fabrication. Cette mesure fut prise pour empêcher la contrefaçon de ces deniers par le gouvernement du Dauphin, mais elle causa une telle perturbation dans les marchés et transactions que, d'après le Journal d'un bourgeois de Paris . (p.190), « on ne pot, ne pain, ne vin, à Paris pour son argent finer ». À la marge, dans le registre, a été figurée grossièrement à la plume une pièce de monnaie.
de ce Parlement par m° Symon de Champluisant, president.
Mecredi, vüj° jour de septembre, feste de la Nativité Nostre-Dame, fina ce Parlement, tant en plaidoiries que en consultacions, exepté ou regard d’aucunes causes de prisonniers et autres causes reservées, pour lesquelles conseiller et expedier les presidens et conseilliers de ceans s’assemblerent en la Chambre de Parlement, le x° jour et les jours ensuivans.
Venredi, x° jour de septembre, furent assemblez au Conseil, en la Chambre de Parlement, les presidens et conseilliers dudit Parlement. Et fu enjoint au prevost de Paris en sa personne, present maistre Jehan Tillart, son clerc criminel, et m° Guillaume Billart, clerc civil de Chastellet, qu'il pourvoie aux exactions que l’en dit qui se font sur les prisonniers et autrement par lesdis clers ou autres soubz umbre d’eulz. Item, qu’il pourvoie aux marchandises et manouvrances que l'en encherit exessivement, soubz umbre de la mutacion de la monnoie, qui est de baillier vj doubles pour deux blans, et par avant l’en n’en bailloit que v avant le vj° jour de ce mois.
Ce jour et les jours ensuivans, ont esté assemblez en la Chambre de Parlement les presidens et conseilliers dudit Parlement à conseillier aucuns procès criminelz, ut in registro de L’Espine.
Conseil, XIV (X!*1480), fol. 283 r°.
Samedi, xvuj° jour de septembre.
Cedit jour de samedi, maistre Symon de Champluisant, m° J. de Voton, m°J. de la Porte, m° G. Emery,
m° Thomas de la Marche ont esté commis et chascun d’eulz à soy informer des abus et excès qui sont fais et se font ou Chastellet de Paris, comme l’en dit, et à rapporter à la Court ce que trouveront.
Conseil, XIV (X** 1480), fol. 283 v°.
Jeudi, 1° jour de novembre.
Ce jour, ont esté commis maistres E. des Portes, J. de Voton et J. de Saint-Rommain à enquerir et rapporter du fait et estat du Chastellet de Paris, et a esté enjoint aux procureur du Roy general et dudit Chastellet qu’ilz vaquent et besoignent avec lesdiz commis et les instruisent.
Mecredi, xj° jour de novembre M cocc xxui, fu fait en l’eglise Saint-Denis en France le service pour l’âme de feu très exellent prince et nostre souverain segneur Charles VI, roy de France, duquel le corps avoit esté enterré en ladicte eglise de Saint-Denis l’an precedent, c’est assavoir, l’an cccc xxti1, le mercredi, xj° jour de novembre. Et audit service furent presens les Chancelier, presidens et conseilliers de Parlement, les maistres des Requestes de l'Ostel, les gens des Comptes, les evesques de Paris et de Theroenne, les abbés de Saint-Denis, de Saint-Germain-des-Prés, de Sainte-Geneviefve, de Saint-Magloire de Paris et l’abbé de Saint-Crespin de Soissons! et pluiseurs autres conseilliers, officiers et
1. La plupart de ces prélats, notamment les abbés de Saint- Denis, de Saint-Germain-des-Prés, de Saint-Crespin de Soissons, assistaient déjà aux obsèques solennelles du 11 novembre
[1423] DE CLÉMENT DE FAUQUEMBERGUE. ait
subgiez dudit feu Charles de Valois VI*, dont Diex ait l'âme.
Conseil, XIV (X'*1480), fol. 284 r°.
“Invocato nomine illius qui justorum firmat judicia, et consilia dissipat impiorum, incipit registrum consiliorum Parlamenti incepti xij' die novembris, anno Domini millesimo quadringentesimo vicesimo tercio, et anno octavo quo ego Clemens de Fauquembergue, in utroque jure licenciatus, decanus Ambianensis ecclesie, ac Curie dicti Parlamenti grapherius, domini nostri Regis prothonotarius, hujusmodi officium exercui.
Venredi, x1j° jour de novembre l’an dessusdit, messire Jehan Le Clerc, chevalier, chancelier de France, tint le Parlement, presens m° Phelippe de Morvillier, m° J. de Longueil, presidens, les evesques de Paris et de Theroenne, m° Nicolas Fraillon, m° Pierre de Marigny, m° Q. Massue, m° H. Rapiout, maistres des Requestes de l’Ostel du Roy, m° Gaillart, m° G. de Celsoy, m° P. Buffieres, m° Th. Tiessard, m° Jaques Branlart, m° J. Vivian, m° Phelippe de Rully, m° G. de Gy, m° H. de Dicy, m° G. Cotin, m° B. Le Viste, m° G. Jaier, m° E. des Portes, m° J. de Voton, m° G. Le Duc, m° Robert Piedefer, m° Phelippe Le Besgue, m° J. Porchier, m° J. de Saint-Rommain et pluiseurs autres. Et furent leues les ordonnances et fais les seremens acoustumez.
Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 285 r°.
Mardi, xvj° jour de novembre, furent assemblez ou Conseil, en la Chambre de Parlement, les presidens et conseilliers des trois Chambres de Parlement, ouquel
Conseil survindrent messire Jehan Le Clerc, chancelier de France, m° Nicolas Fraillon, m° Pierre de Marigny, m° Quentin Massue, m° Hugues Rapiout, maistres des Requestes de l’Ostel du Roy, pour veoir et visiter certaines lettres, requestes et informacions touchans l’administracion et estat de l’eglise de Saint-Denis en France et pour pourveoir au gouvernement et à l’estat de ladicte eglise, selon la teneur de certaines lettres royaulz, autresfois presentées en la Chambre dudit Parlement, et non fuit conclusum.
Samedi, xx° jour de novembre, furent au Conseil en la Chambre de Parlement messire Jehan Le Clerc, chancelier de France, m° Phehppe de Morvillier, m° J. de Longueil, m° Symon de Champluisant, presidens..…, et les autres presidens et conseilliers des trois Chambres dudit Parlement, pour avoir advis et deliberacion sur le contenu en certaines lettres, requestes et informacions touchans l’estat et gouvernement de l’eglise de Saint-Denis en France.
Il sera dit que la Court a mis et met le temporel de ladicte eglise appartenant au gouvernement dudit abbé en la main du Roy, lequel sera gouverné soubz ycelle jusques à ce que par ycelle Court autrement en soit ordonné, par frere Hue Pain, commandeur, et frere Jaques Fale, aumosnier d'icelle eglise, par le conseil de frere Jaques Longuejoe, grant prieur d’icelle, lesquelz commis feront toute la recepte, tant ordinaire comme extraordinaire, dudit temporel, et aussi les mises et despenses necessaires, selon la moderacion et limitacion, qui sera advisée et à eulz baillée et declairée : par maistres Symon de Champluisant, president, Gau-
chier Jaier et Bertran Fons, conseilliers du Roy en ycelle Court, que ladicte Court a commis et commet à ce, par le conseil desquelz ilz useront in arduis negocus. Et feront lesdiz commis serement en ladicte Court de bien et loyaulment et diligemment gouverner ledit temporel, et duquel gouvernement et administracion ilz renderont compte ausdiz commissaires, present ou appellé à ce ledit abbé, se present y veult estre. Et sera crié et publié de par le Roy et ladicte Court, tant en la ville de Saint-Denis comme ou Chastellet de Paris et ailleurs où il appartendra, que tous ceulz qui doivent ou devront aucune chose, ou vouldront contractier à cause dudit temporel, ilz paient et contractent doresenavant ausdis commis et non à autre. En oultre, la Court a ordonné que Girart de Bourbon, frere de l’abbé d’icelle abbaie!, sera contraint, par prinse et emprisonnement de sa personne et par toutes autres voies deues et raisonnables, à rapporter à Paris à ses despens, et mettre en la main de ladicte Court ou à mettre en la main du Roy les trois angels d'argent doré et autres parties qu’il a du reliquiaire du chief Saint-Denis, avec les mitres d’or, la crosse d'argent entiere et le crosson, les livres d'Euvangiles, couvers d’or, et autres reliques et joyaux de ladicte abbaie estans par devers ledit de Bourbon. Et sera adjorné à comparoir en personne à certain competant
1. Jean de Bourbon, prieur de Deuil, d’une illustre famille bourguignonne, avait été nommé abbé de Saint-Denis en 1418 par l'influence du duc de Bourgogne et à la recommandation du légat et de l’Université de Paris; son frère, Gérard de Bourbon, seigneur de la Boulaye, avait pris part à l'expédition de Jean Sans-Peur contre les Liégeois.
Il 8
jour en ladicte Court pour respondre sur ce au procureur du Roy, et, se 1lz sont mis ou transportez en autre main, ilz seront aussi mis reaulment et de fait en la main du Roy. Et en cas d'opposition, ladicte main tenant et lesdictes reliques et joyaux mis en main seure, seront les opposans adjornez à certain jour oudit Parlement pour dire les causes de leurs oppositions et pour respondre sur ce au procureur general du Roy, et s’aucune chose veulent demander, ledit Girart de Bourbon ou autres detenteurs d’icelles reliques et joiaux le viegnent requerir et demander en ladicte Court, et elle leur fera raison et justice.
Conseil, XIV (X‘*1480), fol. 285 v°.
Lundi, xxij° jour de novembre.
Ce jour, es plaidoieries, fu pronuncié l’appoinctement et ordonnance de la Court fait et conseillié ceans, le xx° jour de ce mois, et es jours precedens, sur l’estat et gouvernement du temporel de l’eglise Saint- Denis en France, et firent le serement en tel cas acoustumé les commis à gouverner ledit temporel selon la teneur dudit appoinctement.
Conseil, XIV (X‘*1480), fol. 286 r°.
Jeudi, xx° jour de janvier.
Ce jour, survindrent en la Chambre de Parlement les presidens et conseilliers des Chambres des Enquestes et des Requestes du Palais, et furent assemblez au Conseil, sur ce que maistres Jaques Branlart, president esdictes Enquestes{, et Phelippe Le Besgue, conseilliers du Roy, esleus ambassadeurs par les prelas et clergié assemblez à Paris pour aler ou concil general?, avoient obtenu licence de la Court pour aler en ladicte ambassade et audit concil general, et s’estoient offers et offroient de poursuir, entre autres choses, ce qui leur seroit enchargié par la Court au bien et à l’utilité des suppostz d’icelle, et de soy emploier à poursuir rooles ou nominacions, selon ce que la Court vouldroit adviser et ordonner. Et sur ce ne fust prinse conclusion, pour ce qu’il convenoit lors entendre et vaquer à oir les plaidoieries. | Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 288 v°.
Mecredi, xvj° jour de fevrier.
Ce jour, Girart de Bourbon, escuier, frere de l’abbé
1. Jacques Branlard était chanoine de Notre-Dame et chevecier de Saint-Merry. Philippe Le Bègue était l’un des conseillers clercs de la Chambre des Enquêtes.
2. Il s’agit du concile général qui s’ouvrit à Pavie, le 23 avril, pour traiter de l’hérésie des Hussites et de la question de l'antipape, et qui, en raison de la peste qui sévit à cette époque à Pavie, fut transféré à Sienne le 21 juillet suivant (cf. Héfélé, Histoire des Conciles, t. XI, p. 127).
de Saint-Denis, par l'ordonnance de la Court, a mis devers ycelle Court certains joyaux venans de l’eglise de Saint-Denis, declairiez en l’inventaire sur ce fait.
Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 289 v°.
S'ensuit la declaration des reliquiaires et joyaulx engaigiez pour le vacant de l’abbé de Saint-Denis en France, nommé frere Jehan de Bourbon, dont mencion est faicte cy dessoubz es registres des plaidoieries, le xvij° et xxj° de fevrier mil cccc xx :
Premierement, une mittre d’or, semée de perles, garnie de pierrerie, en laquelle fault en la partie de derriere cinq pierres et en la partie de devant trois, et en l’un des pendans une comme ou milieu, et en ce mesme pendant au bout d’en hault une avec l’assiete, et une autre pierre au bout d’em bas, et dit Jehan Sac! que ce sont rubis d’Alixandrie.
Item, une autre mittre d’or, semée de perles, où ne sont pas atachez les pendans, en l’un desquelz pendans fault une lope de saphir, et fault aussi en ladicte mittre ung saphir du bout d’en hault avec l’assiete d’icellui saphir.
Item, trois autres mittres, où a argent doré par les esmaux et pierres de petite valeur.
1. Jean Sac, riche marchand italien, est qualifié de bourgeois de Paris et de conseiller du roi dans les lettres par lesquelles le roi d'Angleterre le gratifia, le 16 octobre 1422, de la maison de Pierre de L’Esclat, massacré en 1418, sise rue Jean-Painmolet, et des biens confisqués sur Alexandre Le Boursier à Antony et Berny, pour règlement d’une ancienne dette contractée par lesdits de L’Esclat et Le Boursier envers ledit Sac (A. Longnon, Paris pendant la domination anglaise, p. 61).
Item, ung estuy à corporaulz de drap d’or de Chipre, et y a de chascun costé ung ymage et dedens y a corporaulz.
Item, deux grans angels d’environ demie aulne de hault et ung petit d'argent doré du reliquiaire du chief saint Denis.
Item, le reliquiaire dudit chief, que tenoit ledit petit angel, où fault ung saphir d'Orient, si comme il semble audit Jehan Sac.
Item, ung petit reliquiaire longuet d’or, où a ung os d’un doy, comme semble, et y fault une perle et une esmeraude.
Item, deux autres reliquaires d’argent doré, où a diverses reliques, sans pierres.
Item, ung reliquiaire à façon d’un petit coffret d’argent doré, où a reliques, intitulées de saint Pantaléon.
Item, ung pareil, intitulé de ossibus Ysaie prophete.
Item, six lyons d’argent doré qui servoient à soubstenir le tableau du chief saint Denis.
Item, deux encensiers d'argent doré.
Item, une paix d’ivoyre, et a derriere la potence d'argent pour le tenir.
Item, une paix d'argent esmaillié.
Item, ung fermail d’une chape esmaillié.
Item, trois paires de buretes d’argent, dont en y a deux dorées et à cristail, et les autres d’argent blanc verées.
Item, une boite d'argent verée à mettre hosties.
Item, deux calices d’argent dorez et esmailliez, l’un en la pate et ou milieu, et l’autre ou milieu seulement.
Item, une grant crosse d’argent doré, contenant
trois pieces et le crosson, où fault viij pierres grenas et lopes de saphirs.
Item, ung petit crosson d'argent doré, où fault ung esmail et une pierre.
Item, ung livre d’evangiles, couvert d’or d’un costé et garny de plusieurs pierres, et y fault une grosse appellé saphir, comme semble audit Sac, et de l’autre costé a yvoire bordé d'argent doré, et aussi a fermoirs d'argent doré à crapaus.
Item, six pieces pour servir à chappes, dont en y a deux d’or à perles et les quatre d’argent doré.
Item, deux pieces d’or pour servir à l’une desdictes mittres, en l’une desquelles a deux petites perles et en l’autre a certaines autres petites pierres.
Item, xxiij petites pieces d’argent doré servans aux mittres et autres joyaulx dessus declairez.
Item, ung camahieu.
Item, dix pieces de faulse pierrerie de cristaulx et voirres.
Item, neuf autres pieces de pierrerie de meschantes esmeraudes, jaspes et autres.
Item, douze petites perles et une grossete.
Item, ung viel drap de soye fait à barres de diverses couleurs.
Item, une aube et ung amict.
À faire l’inventaire des choses dessusdictes furent presens maistres Simon de Champluisant, Gaultier Jayer, Bertrand Fons, le tresorier de Reins, frere Giles Remon, maistre en theologie, portier, Jaques Fale, aumosnier, et Jaques Duhamel, panetier, Girart le Coq, bailli, et Jehan du Bois, procureur de ladicte eglise de Saint-Denis, Girart de Bourbon, escuier,
frere dudit abbé, et Jehan de Paris, procureur dudit Girart, le xvj}° jour de fevrier, l'an M cecc xxui.
Des joyaulz dessus declairez est faicte mention es registres des Plaidoieries, les xvij° et xxj° jours de fevrier M cccc xxirt, et ailleurs.
Matinées, XI (X'*4793), fol. 346 v°.
Samedi, xix° jour de fevrier, furent assemblez ou Conseil en la Chambre de Parlement les Chancelier, presidens et conseilliers des trois Chambres dudit Parlement, les maistres des Requestes de l’Ostel, et y survindrent messire Renier Pot, chevalier, et Jehan Guerin, conseillier du Roy et maistre des Comptes, pour avoir advis et deliberacion sur le contenu en certaines lettres impetrées du duc de Bedford par Richart Marbry, Anglois, capitaine de Gisors!, et damoiselle Katherine de Fontenay, sa femme, à l'encontre de damoiselle Perrenelle de Vilete, vefve de feu Anceau de
1. Richard Marbry, ou (pour adopter l'orthographe anglaise) de Marbury, seigneur de Vigny, écuyer tranchant du duc de Bedford, fut successivement capitaine de Gisors (1423), de Vernon, de la tour de Verneuil, de Pontoise (1434), bailli de Gisors (1440); il finit par se rallier à Charles VIT, auquel il prêta le serment « de demourer et estre bon François ». Le roi de France, pour le récompenser, le nomma capitaine de Saint-Germain-en-Laye {voy. de Beaucourt, Histoire de Charles VII, t. V, p. 425). Il était dans les bonnes grâces du duc de Bedford, qui fut le parrain de son fils Jean, issu de son mariage avec Catherine de Fontenay. Henri VI, roi d’Angleterre, concéda, le 15 juin 1425, à ce capitaine anglais, ou plutôt au filleul du duc de Bedford, le château de Bez, confisqué sur Maillard de Bez, et diverses terres dans les baiïlliages de Meaux et de Valois, également confisquées sur Guillaume de Montagu et Jean Jouvenel, le tout représentant 300 livres de rente (Arch. nat., JJ 173, n° 173).
L'Isle, et aussi par frere Jehan Morin, cordelier, evesque de Julinanse‘, à l’encontre de frere Jehan du Pont, par vertu desquelles lettres les impetrans d’icelles s’estoient efforciez et efforçoient de renvoier ou faire renvoier par ung sergent par devant le Conseil du Roy à Rouan certaines causes pendans en la Court de Parlement, et dont à ycelle Court appartenoit la congnoissance et devoit appartenir, mesmement par le traictié d’entre les royaumes de France et d'Angleterre. Et sur ce fu conclud en effect que la Court orroit les parties esdictes causes, et leur donroit audience, mais sur ce ne feroit aucune decision ou determinacion, et surserroit jusques à ce que on eust de par le Conseil parlé audit duc de Bedford du contenu esdictes lettres, lesquelles estoient inciviles et desraisonnables contre le ressort et souveraineté de la Court de Parlement, et que pour ce remonstrer au duc de Bedford seroient faictes instructions par maistre Robert Piedefer, president des Requestes du Palais, maistre G. Cotin, conseillier de ceans, et par m° Guillaume Barthelemi, procureur du Roy, lesquelles instructions seroient portées au Conseil assemblé à Amiens par aucun du Conseil du Roy. Et pour porter lesdictes instructions et poursuir selon le contenu d’icelles fu commis maistre Bertrand Fons, conseillier du Roy.
Conseil, XIV (X**1480), fol. 289 v°.
Lundi, xxj° jour de fevrier, furent, avant les plai-
1. Jean Morin occupa depuis le 29 mai 1414 l'évêché en question, dont la détermination est incertaine, qui était suffragant de l’archevêché d'Athènes et qui n'eut qu'une existence éphémère, au début du xv° siècle (Wadding, Annales Minorum, t. V, p. 88).
doiries, assemblés en la Chambre de Parlement les presidens et conseilliers des trois Chambres de Parlement, et par l’ordonnance d’iceulz furent baillées à maistre Bertrand Fons, conseillier de ceans, certaines instructions touchans le paiement des gaiges des presidens, conseilliers et officiers de la Court, pour porter et poursuir au Conseil assemblé à Amiens par le duc de Bedford. Lequel maistre Bertrand avoit charge de porter certaines autres instructions et poursuir le contenu d’icelles par l’ordonnance des gens du Grant Conseil du Roy et de la Court, assemblez pour ce en la Chambre dudit Parlement le xix° jour de ce mois.
Conseil, XIV (X°* 1480), fol. 290 r°.
Mecredi, xxüj° jour de fevrier.
Ce jour, le duc de Bourgongne et le conte de Richemont se partirent de la ville de Paris pour aler à Amiens et estre au Conseil avec le duc de Bedford et autres pluiseurs conseilliers du Roy assemblez audit lieu d'Amiens.
Et lendemain, xxiij° jour dudit mois, maistre Bertrand Fons, par l’ordonnance du Conseil, se parti de Paris pour porter et exposer le contenu en certaines instructions audit lieu d'Amiens, ainsi que dessus ordonnées, ut in registro xix diei hujus mensis.
Jeudi, xxüij* jour de fevrier, sur la requeste du procureur du Roy, requerant avoir commissaires pour visiter à Paris les merciers et merceries de ceintures et autres joyaux d’or et d'argent, appellez à ce les jurez du mestier, la Court a commis et commect maistres Symon de Champluisant, president, G. Cotin et
Th. Tiessart et G. Jaier et les deux d’iceulz à faire et faire faire ladicte visitation, appellez à ce lesdis jurez.
Conseil, XIV (X‘:1480), fol. 290 r° et v°.
Jeudi, ix° jour de ce mois de mars, la Court receu lettres closes du duc de Bedford, escriptes à Amiens ment, le 1ij° jour de ce dit mois, les gens de messire Jaques de Harcourt, qui avoient tenu et tenoient la ville et chastel du Crotoy pour le Dauphin, lui avoient delivré ycelle ville et chastel, selon le traictié fait environ le mois d'octobre derrain passé par ledit messire Jaques de Harcourt! et ceulz qui estoient avec lui en garnison desdis ville et chastel, d’une part, avec les gens d'armes qui tenoient lors siege devant ycelle ville et chastel par l’ordonnance dudit de Bedford, regent le royaume en ceste partie, ausquelz on avoit baillié hostages pour delivrer lesdis ville et chastel audit üij° jour, ou cas que audit jour 1lz n'auroient secours de gens plus fors en certaine place advisée. En laquelle place ledit de Bedford et ses gens avoient attendu, ledit jour üij* de mars, sans ce que les gens qui tenoient lesdis ville et chastel veissent aucune apparence d’avoir aucun secours, combien que ledit de Bedford eust petit nombre de gens en sa compaignie; et disoit on qu’il n’avoit mie en sa compaignie plus de üüj ou de v° hommes armez, et disoit on semblablement que
1. Monstrelet (éd. Douët d’Arcq, t. IV, p. 166) donne les articles du traité conclu entre Raoul Le Bouteiller et Guillaume Miners, au nom du duc de Bedford, et Jacques de Harcourt, lieutenant général en Picardie pour Charles VII {cf., pour certaines clauses de ce traité, le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 193, note 1).
[1424] DE CLÉMENT DE FAUQUEMBERGUE. 123 à tenir ledit siege n’y avoit que ïij’ hommes armez ou environ par terre, et aucun petit nombre d’autres gens armés sur la mer ou navire d'Angleterre. Et à l’ocasion de ce que dit est, furent ordonnées et faictes, lendemain x° jour de ce present mois de mars, processions generales de l’eglise Nostre-Dame à l’eglise de Samte-Katherine-du-Val-des-Escoliers à Paris{.
Conseil, XIV (X'* 1480), fol. 291 v°.
Venredi, x° jour de mars, furent au Conseil maistres J. Aguenin, J. de Longueil et S. de Champluisant, presidens?, et les autres conseilliers de ceans, qui se partirent de la Chambre de Parlement à vi heures pour aler es processions generales de l’eglise de Paris à l’eglise Sainte-Katherine-du-Val-des-Escoliers pour prier Dieu pour le salut et prosperité de ce royaume.
Ce jour, se party de Paris le conte de Salsbury pour aler au Conseil tenu à Amiens*, presens les ducs de Bedford, de Bourgongne, le conte de Richemont et pluiseurs autres seigneurs et conseilliers du Roy. De laquelle ville d'Amiens estoit retourné, le jour precedent, le prince d’'Orenge“, qui estoit à Paris venu pour
1. À la marge se trouve un dessin à la plume, grossièrement exécuté, représentant un château avec tourelles.