‹ Journal de Clément de Fauquembergue, greffier du Parlement de Paris, 1417-1435. Texte complet publié pour la Société de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 16 sur 56 · Jean, seigneur de Commines, chambellan · texte numérisé non relu

Jean, seigneur de Commines, chambellan

5. Jean de Roubaix, seigneur de Herzelles, premier chambellan du duc de Bourgogne.

6. Michelle de France était morte à Gand, le 8 juillet 1422, d'une maladie de langueur, causée parle chagrin. D'après la CAronique de Chastellain (éd. Kervyn de Lettenhove, t. 1, p. 342), « aucuns maintenoient que ceste mort avoit esté avancée par venin, et ce par une dame nommée Ourse, Allemande de nation (femme de Jacques de La Viesville), dont jamais toutevoies ne furent attaintes les preuves, sinon que la grant ruyt du peuple se continua sur elle, ensemble sur le seigneur de Roubais, lequel on disoit son privé accointé. » Cette dame aurait voulu se venger de la duchesse de Bourgogne, qui lui avait reproché son inconduite. Une enquête fut ouverte à ce sujet par les soins de Thierry Le Roy, maître des requêtes de l'hôtel du duc de Bourgogne. Chastellain ajoute que Philippe le Bon tenait le seigneur de Roubais « pour preudhomme et leal chevalier, et le disencoulpa et tint à net », en lui permettant de rentrer en Flandre, dont les Gantois l'avaient banni, et « lui mesme le y mena pour sa plus grant seurté en propre personne, pour doubte de la commocion du peuple ».

solucion d’icellui, selon la teneur desdictes lettres, lesquelles ledit Vignier requeroit, de par ledit duc de Bourgongne à l'instance dudit de Robays, estre leues et publiées en la Court, ainsi que avoient esté publiées ou Grant Conseil du Roy, ou Chastellet de Paris, et en la Maison de la ville de Paris, presens les eschevins, quarteniers, cinquanteniers, dizeniers, etc. Sur quoy fu deliberé et conclud que desdictes lettres on ne feroit aucune publicacion en ladicte Court, et n'y seroient soubscrips ou escrips ces moz : lecta et publicata, etc., ne autres par quoy on peust veoir que lesdictes lettres eussent esté leues ne publiées en ycelle

Court.

Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 275 v°.

Venredi, xviij° jour de juing.

Ce jour, les procureur et advocat du Roy sont venus en la Chambre de Parlement et ont recité le contenu es informacions faictes à l’encontre de maistre Pierre du Cymitiere, appelant des officiers du Roy de Navarre à Nemoux, et ont dit que lesdictes informacions ont esté faictes vj jours après l'appel fait par ledit du Cymitiere, et leur semble que on puet bien recevoir par procureur ledit du Cymitiere, au moins à telle caucion qu’il pourra baillier, quousque.

Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 276 v°.

Venredi, xvj° jour de jullet, survindrent au Conseil, en la Chambre de Parlement, messire Jehan Le Clerc, chancelier de France, le patriarche administrateur de l'eveschié de Paris, l’evesque de Beauvais, m° Nicole Fraillon, m° Quentin Massue, m° Hugues Rapiout,

maistres des Requestes, m° Ja. Branlart, m° J. Vivian, presidens en la Chambre des Enquestes, et les autres conseilliers de ladicte Chambre des Enquestes, en la presence desquelz ledit Chancelier disoit qu'il avoit fait assembler les dessus nommez prelas et maistres des Requestes avec lesdis presidens et conseilliers en ladicte Chambre de Parlement pour avoir advis et deliberacion sur la provision que avoient requis et requeroient en la Chancellerie les maieur et eschevins de la ville d'Amiens pour contraindre les gens d’eglise indirectement à paier et contribuer à l’ayde à eulz octroié pour la fortification de la ville et cité d'Amiens, c'est assavoir de Îx solz pour chascun tonnel de vin vendu à detail en ladicte ville, selon la teneur de certaines lettres, presentées en ladicte Chancellerie de par lesdis maieur et eschevins. Lesquelles lettres ledit Chancelier fist lire par ledit Rapiout pour savoir s’elles estoient raisonnables ou desraisonnables, et argua ledit Rapiout, ad utramque partem, pour ouvrir la matiere, et, après ce qu’il en ot dit son advis, fu dit de par la Court par la bouche dudit Aguenin, president, que la matiere dessusdicte touchoit partie, qui se pourroit opposer et pourroit contredire la narracion et disposicion desdictes lettres, et que la cause pourroit venir en la Court par appel ou autrement, qui n’a point acoustumé de faire aucun jugement ou appoinctement sans oïr partie. Et n’estoit point acoustumé de y passer aucunes lettres ou mandemens en telles matieres sans appeller et oir les parties, et que par ce il sembloit que en la matiere dessusdicte on ne povoit ne devoit passer lesdictes lettres, ne prendre aucune conclusion de par la Court pour contraindre lesdiz

gens d’eglise sans les oïr. Et, neantmoins, pour ce que ledit Chancelier disoit que ce n’estoit mie son intencion que aucunes lettres en ladicte matiere feussent passées ou signées par ladicte Court, mais seulement vouloit avoir aucune dehberacion et l’advis dessusdit, pour savoir qu'il auroit à respondre en ladicte matiere, qui lui sembloit perplexe, et ausdis maistres des Requestes, veue la necessité du temps, pluiseurs desdis presidens et conseilliers en dirent leurs advis, et furent tous d’opinion que lesdictes lettres estoient inciviles et desraisonnables, et ne les povoit nul passer, octroier ou accorder sans encourir sentence d’excommuniement, et mesmement, car lesdictes lettres estoient precises et s’adreçoient au bailli d'Amiens et autres juges non ecclesiastiques, et n’estoit ledit aide octroié, ne accordé par le pape, ne par le clergié dudit dyocese.

Conseil, XIV (X‘* 1480), fol. 278 r°.

Venredi, xxx° jour de jullet,.y ot processions generales de l’eglise de Paris à l’eglise Sainte-Katherinedu-Val-des-Escoliers pour prier Dieu pour le salut et prosperité de ce royaume, et par especial de la ville de Paris, et ala la Court esdictes processions.

Conseil, XIV (X!:1480), fol. 279 ve.

Mardi, troiziesme jour d’aoust.

Ce jour, bien tard, vindrent à Paris lettres et nouvelles certaines contenant que, samedi derrain passé, les ennemis Armignacs', Escoz, Gascons et autres tenans

1. Ce mot a été gratté sur le registre, nous le rétablissons d'après une ancienne copie de la série U (U 38).

le parti contraire, estans en siege devant la ville de Cravent!, furent desconfis en bataille, mors ou prins pour la plus grant partie, par les Anglois et Bourgoingnons estans en la compagnie du conte de Salzbury et le mareschal de Bourgongne?. Et contenoient lesdictes lettres que en ladicte bataille avoit eu des ennemis mors bien üïj° hommes et autant de prisonniers, et desdis Anglois et Bourgongnons n’y avoit mie eu xxx mors. Et pour occasion desdictes nouvelles furent, lendemain ïüj° jour, faictes processions generales à l'eglise Nostre-Dame de Paris, et y ala la Court.

Venredi, vj° jour d’aoust.

Ce jour, la Court se leva entre vij et vi] heures pour aler es processions generales de l’eglise de Paris à l’eglise de Saint-Germain-l’Aucerrois à Paris, ordonnées pour prier Dieu pour le salut et prosperité de ce royaume et de la ville de Paris, et aussi pour regracier Dieu de la victoire obtenue contre les adver-

1. La plupart des chroniqueurs de l’époque, notamment Monstrelet (éd. Douët d’Arcq, t. IV, p. 157), Lefèvre de Saint- Remy (éd. Morand, t. Il, p. 76-79), Wavrin (éd. Dupont, t. 1, p. 247), racontent tout au long la bataille de Cravant, où la plupart des Écossais, occupant le front de l’armée du Dauphin, au nombre de 3,000, succombèrent; leur chef, Jean Stuart de Darnley, eut un œil crevé et fut fait prisonnier par le comte de Chastellux, ainsi que le comte de Ventadour. Lefèvre de Saint-Remy parle de 3 à 4,000 morts et de 2,000 prisonniers. Cousinot (éd. V. de Viriville, p. 214) donne le même chiffre. Monstrelet évalue à 1,200 morts la perte des gens du Dauphin.

2. Antoine de Toulongeon, seigneur de Traves, qui fut fait chevalier de la Toison d’or.

saires estans en siege et en bataille devant la ville de Cravent, samedi derrain passé, xxxj° jour de jullet.

Conseil, XIV (X!1* 1480), fol. 280 r°.

Mecredi, xj° jour d’aoust.

Ce jour, furent assemblez en la Chambre de Parlement les presidens et conseilliers des Chambres des Enquestes et dudit Parlement pour conferer ensemble de la poursuite du paiement de leurs gaiges, dont on leur devoit de plus de vj mois d’arrerages. Et fu conclud que maistres Jaques Branlart, J. de Voton et autres desdis conseilliers iroient par devers l’evesque de Londes! et le grant maistre d’Ostel du feu roy d'Angleterre? pour les requerir qu’ilz veullent parler au duc de Bedford dudit paiement et avoir en memoire et en recommendacion le paiement desdis presidens et conseilliers.

Ce jour, vindrent les duc et duchesse de Bedford à la messe et à la solempnité de la suscepcion de la sainte couronne en la chappelle de ceans, et alerent

1. Jean Kemp, qui occupa de 1419 à 1421 les sièges épiscopaux de Rochester et Chichester, fut appelé en 1421 à celui de Londres, qu'il conserva jusqu'en 1426; cette année, il devint archevêque d’York, fut nommé cardinal en décembre 1439, passa en 1452 à l’archevêché de Canterbury et mourut en 1454.

2. Walter de Hungerford, chevalier, qu’on retrouve remplissant les mêmes fonctions auprès du roi Henri VI. Il fut gratifié, le 22 novembre 1425, par le roi d'Angleterre de l'hôtel de Novion, à Paris, rue de Paradis, hôtel confisqué sur Pierre de Nantouillet (A. Longnon, Paris pendant la domination anglaise, p. 196).

[4423] DE CLÉMENT DE FAUQUEMBERGUE. 107 en procession avec le college de ladicte Sainte-Chap-

pelle.

Conseil, XIV (X'* 1480), fol. 280 v°.

Venredi, xij° jour d’aoust.

Ce jour, Nicolas Le Carpentier fu interrogué ou parquet de la Chambre de Parlement sur la mort d’un sien oncle dont il estoit accusé, ut in registro de L’Espine.

Venredi, xxvij° jour d’aoust.

Ce jour, vindrent à Paris le duc de Bourgongne! et le conte de Richemont, et à l'encontre d’eulz yssi de Paris le duc de Bedford, et ala assez prez de la Chappelle-Saint-Denis, et retourna avec eulz jusques en l’ostel de la royne de France?.

Conseil, XIV [X1+ 1480), fol. 281 ve.

Mecredi, premier jour de septembre.

Ce jour, la Court a consenti et consent à la vente faicte à maistre Giles Veau, clerc des Comptes du Roy,

1. Le Journal d’un bourgeois de Paris, p. 189, mentionne la venue à Paris du duc de Bourgogne, maïs sans manifester d'enthousiasme; en effet, observe-t-il, ce fut « à petit preu pour le peuple, car il avoit grant compaignie, qui tout degastoient aux villaiges d’entour Paris »; il ajoute que le vin était très cher, le raisin très rare dans les vignes, « et encore ce pou degastoient les Angloys et Bourguignons, comme eussent fait porcs ».

2. Ce paragraphe a été reproduit par Félibien, Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 589.

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