Richard Chrétien
son dernier departement de Paris, firent serement en effect de vivre en paix et union en ceste ville soubz l’obeissance du roy de France et d'Angleterre, selon le traicté de la paix!.
Ce jour, ledit Chancelier, en la presence des gens du Conseil du Roy, estans lors en ladicte Chambre de Parlement, commist maistre Phelippe de Rully, tresorier de la Sainte-Chappelle et maistre des Requestes de l’Ostel, et maistre Marc de Foras, archidiacre de Therasche, maistre des Comptes du Roy, à recevoir les seremens pareilz que dit est des gens d’eglise de Paris, seculiers et reguliers.
Et lendemain et les jours ensuivans, alerent lesdis commis es chapitres, es convens et eglises de ceste ville pour faire ce que dit est.
Et depuis a vaqué la Court par pluiseurs journées, et n’ont point esté assemblez ceans les presidens et conseilliers pour oyr les plaidoieries, ne pour entendre à l’expedicion des causes et procès en la maniere acoustumée, mais seulement sont aucuns d’iceulz venuz en la Chambre de Parlement pour oyr requestes de causes urgens et necesseres, et pour pourveoir aux cas survenans à l’occasion des gens d'armes de messire Charles de Valoys, estans en pluiseurs villes et cités
environ Paris.
Conseil, XV (X!+ 1481), fol. 17 v°.
4. Ces mentions du greffier Fauquembergue, relatives à la prestation du serment d'observer le traité de Troyes, exigée tant des habitants notables de Paris que des membres du clergé parisien, ont été reproduites par Félibien, Histoire de la ville de Paris, t. IV, pièces justificatives, p. 590, et par
Venredi, xxvj° jour d’aoust et les jours ensuivans. Curia vacavit occasione armigerarum gentium undique
discurrentium!.
Matinées, XIV (X!'* 4796), fol. 135 r°.
Mecredi, vij° jour de septembre, oye la relacion de messire Phelippe de Morvillier et de m° Richart de Chancey, presidens, fu appoincté que la somme de ij"* liij livres parisis, mise en depost es mains de m° J. Coletier par Jaquet Vivian, seroit baillée au receveur de Paris, commis à recevoir les depostz, etc., si comme plus à plain est contenu ou registre des plaidoieries?. Et est vray que lors on faisoit prendre et lever de par le Roy tous depostz et faire emprumptz aux eglises et personnes ecclesiastiques, bourgois et habitans de la ville de Paris, pour paier et entretenir les gens d’armes estans à Paris pour garder la ville et les habitans d’icelle à l'encontre des gens d'armes de
J. Quicherat, Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, t. IV, p. 454.
1. Senlis avait été occupé vers le 22 août. Cette brève mention se rapporte évidemment à l’arrivée de Jeanne d'Arc à Saint-Denis (voir page suivante).
2. Voici en quels termes le fait est rappelé dans le registre des Matinées (X!* 4796, fol. 135) : « Mercredi vij° jour de septembre, appoinctié a esté que la somme de ïiiij"*iitj livres parisis, mise en depost es mains de maistre Jehan Coletier, examinateur de Chastellet, par Jaquet Vivian pour le rachat de sept livres parisis de rente que se dit avoir droit de prendre maistre Evrart Chanteprime sur une maison assise à Saint- Germain-des-Prez, appartenant audit Vivian, seroit baillée et delivrée à Pierre Guirault, receveur des aides à Paris, nagaires, pour causes urgens et neccessaires, commis de par le Roy à recevoir certains depostz. »
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messire Charles de Valois, estans à Saint-Denis! et en pluiseurs places environ Paris?.
Conseil, XV (X'* 1481), fol. 18 r°.
Jeudi, vüj° jour de septembre, feste de la Nativité de la mere Dieu, les gens d'armes de messire Charles de Valois, assemblez en grant nombre d’emprez les murs de Paris leiz la porte Saint-Honnoré, esperans par commocion de peuple grever et dommagier la ville et habitans de Paris plus que par puissance ou force d'armes, environ deux heures après midy, commencerent de faire semblant de vouloir assaillir ladicte ville de Paris. Et hastivement pluiseurs d’iceulz estans sur la Place aux Pourceaux et environ, prez de ladicte porte, portans longues bourrées et fagos, descendirent et se bouterent es premiers fossés, esquelz n’avoit point d’eaue, et getoient lesdictes bourrées et fagos dedens l’autre fossé prochain des murs, esquelz avoit grant eaue.
Et à celle heure y ot dedens Paris gens affectez ou corrumpuz, qui esleverent une voix en toutes les parties de la ville deça et delà les pons, crians que tout estoit perdu, et que les ennemis estoient entrez dedens
1. Ce fut le 25 août, d'après le Journal d'un bourgeois de Paris (Perceval de Cagny dit le 26, éd. Moranvillé, p. 165), que les gens de guerre de Charles VII s'emparèrent de Saint- Denis. Dès le lendemain, ils dirigeaient leurs courses jusqu'aux portes de Paris, au point que personne n'osait sortir pour vendanger ou recueillir les produits des marais. Voir le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 243.
2. Ce paragraphe a été reproduit par J. Quicherat, Pro= cès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, t. IV, p- 456.
Panis, et que chascun se retrahist et fist diligence de soy sauver. El à celle voix, à une mesme heure de l’approchement desdis ennemis, se departirent des eglises de Paris toutes les gens estans lors es sermons, et furent moult espoventez et se retrahirent les pluiseurs en leurs maisons et fermerent leurs huys. Mais pour ce n’y ot aucune autre commocion de fait entre lesdis habitans de Paris, et demourerent à la garde et defense des portes et des murs d’icelle ville ceulz qui estoient deputez. Et en leur ayde survindrent pluiseurs autres desdis habitans qui firent très bonne et forte resistence aux gens dudit messire Charles de Valoys, qui se tindrent dedens ledit premier fossé, et dehors sur ladicte Place aux Pourceaulz et à l’environ, jusques à dix ou xj heures de nuit, qu’ilz se departirent à leur dommage. Et d’eulz en y ot pluiseurs mors et navrez de trait et de canons. Et entre les autres fu blecée en la jambe, de trait, une femme que on appelloit la Pucelle, qui conduisoit l’armée avec les autres capitaines dudit messire Charles de Valois, qui s’atendoient de plus grever Paris par ladicte commocion que par assault ou force d'armes. Car se pour chascun homme qu’ilz avoient lors 1lz en eussent eu quatre ou plus, aussi bien armez qu'ilz estoient, ilz n’eussent mie pris ladicte ville de Paris par assault ne par siege, tant qu'il y eust eu vivres dedens la ville, qui en estoit lors bien pourveue pour long temps. Et estoient les habitans bien uniz avec les gens d’armes de ladicte ville pour resister à l’assault et entreprise dessusdis, et mesmement, pour ce que on avoit dit et disoit on publiquement à Paris que ledit messire Charles de Valois, fils du roy Charles VI°, derrain trespassé, cui Dieu pardoint,
avoit abandonné à ses gens ladicte ville de Paris et les habitans d'icelle, grans et petis, de tous estas, hommes et femmes, et quid erat sua intencio redigendi ad aratrum urbem Parisiensem, christianissimis civibus habitatam, quod non erat facile credendum\. Conseil, XV (X!* 1481), fol. 18 r°.
Samedi, x° jour de septembre, furent au Conseil messire Phelippe, seigneur de Morvillier, m° Jaques Branlart?.…
Ce jour, la Court a eslargi maistre Michiel Claustre, conseillier du Roy, lequel avoit esté arresté prisonnier du commandement dudit de Morvillier, premier president, à l’occasion de certains biens appartenant au vicaire de Cligny, prieur de Coincy, dont ledit Claustre avoit eu la garde, si comme on disoit, et a esté fait ledit eslargissement jusques au xv° jour de novembre prochainement venant, sub penis et submissionibus, du consentement de maistre Jehan Bailli, procureur de l'evesque de Paris, et sans prejudice, et attendu que ledit maistre Michiel a requis que les mengeurs qui esloient en garnison en sa maison feussent mis hors et que ses biens lui feussent delivrez, sur quoy lui a esté
1. Ce récit de l'attaque de Paris par Jeanne d'Arc, le 8 septembre 1429, a été publié d’abord par Félibien, Histoire de la ville de Paris, t. IV, pièces justificatives, p. 590, puis par J. Quicherat, Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, t. IV, p. 456. On peut en rapprocher la relation de l’auteur du Journal d’un bourgeois de Paris, p. 244, et celle de Nicolas Sellier, greffier du chapitre de Notre-Dame, insérée dans les registres capitulaires et que nous avons publiée en note (Zbid., p. 244, note 1).