‹ Journal de Clément de Fauquembergue, greffier du Parlement de Paris, 1417-1435. Texte complet publié pour la Société de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 43 sur 56 · Suivent les noms de dix conseillers · texte numérisé non relu

Suivent les noms de dix conseillers

respondu que les gens du Grant Conseil lui pourverront sur ce.

Ce jour, la Court a continué le Parlement jusques au xvij° jour de ce mois incluz.

Mardi, xij° jour de septembre, la Court a continué le Parlement jusques à samedi prochain venant, et

ciez les derniers arrestz de ce Parlement en la presence des procureurs des parties qui furent mandez en la Chambre dudit Parlement ; et furent pronunciez yceux arrestz à huis cloz par messire Phelippe de Morvillier, premier president, pour ce que la Court avoit long temps cessé pour occasion des guerres et des gens d’armes qui avoient esté et estoient environ Paris!.

Ce jour, furent par le premier huissier publiées à la fenestre de la sale du Palais les ordonnances de la fin de cest Parlement et du commencement du Parlement prochain à venir.

Et hic finis hujus Parlamenti, gracia Dei, quo auxthante incepit.

Conseil, XV (X!* 1481), fol. 18 v°.

Venredi, dernier jour de septembre, après ce que messire Charles de Valois et ses gens d'armes se furent partiz et eslongniez de la ville de Saint-Denis?, le duc

1. L'armée de Charles VII avait déjà regagné la Loire, à Gien, le 21 septembre.

2. L'armée royale quitta Saint-Denis le 13 septembre, battant en retraite sur Lagny et Provins.

de Bourgongne vint et entra à Paris à grant compagnie de gens d’armes!. Et lui furent au devant le duc de Bedford, regent, les gens du Conseil du Roy, les prevost des marchans, eschevins et pluiseurs des habitans de la ville de Paris.

Et le jeudi prochain ensuivant, vj° jour d'octobre, vint et entra à Paris le cardinal d’Excestre, auquel fu au devant le duc de Bourgongne à grant compagnie.

Lundi, x° jour d'octobre, vindrent par sauf conduit en la ville de Saint-Denis messire Regnault de Chartres, archevesque de Reins, chancelier, et autres conseilliers, ambassadeurs de messire Charles de Valois?, en esperance d’assembler et traictier avec les segneurs et gens du Roy estans à Paris.

Et ce mesme jour, par l'ordenance du Conseil, messire Jehan de Lucembourg et messire Hue de Lannoy alerent de Paris devers ledit archevesque, et ce mesme

1. Le Journal d'un bourgeois de Paris, p.247, mentionne l’entrée à Paris du duc de Bourgogne, « à moult belle compaignie et si grant qu'il convint que on les logeast es maisons des mesnaigiers et en maisons vuydes, dont moult avait à Paris; » le chroniqueur ajoute que le duc avait devant lui dix hérauts et autant de trompettes, et qu’en « celle pompe et vaine gloire » il vint faire ses offrandes à Sainte-Avoye et de là se rendit à Saint-Paul. Le duc de Bedford, après de multiples allées et venues, était déjà rentré à Paris depuis plusieurs jours; sa présence y était signalée le 18 septembre {voir le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 246, note 2).

2. Les négociateurs pour le roi d'Angleterre étaient le cardinal de Winchester et l'abbé du Mont-Saint-Michel, et pour le duc de Bourgogne Jean de Luxembourg et Hugues de Lannoy; . dans ces pourparlers, il fut décidé que des conférences s'ouvriraient à Auxerre le 1°" avril 1430.

jour retournerent. Quid inter eos actum sit, novit qui nichil ignorat!.

Jeudi, xüj° jour d'octobre, en la presence du duc de Bourgongne et des habitans de Paris assemblez en grant nombre, furent en la sale de ceans sur Seyne publiées les lettres de l’abstinence d’entre messire Charles de Valois et aucunes des villes et forteresses à lui obeissans, dont esdictes lettres estoit faite mencion*. Furent aussi publiées les lettres de la lieutenance et gouvernement bailliez audit duc de Bourgongne et par lui acceptez à la requeste du duc de Bedford, regent, du cardinal d’Excestre, de l’Université, des prevost des marchans et eschevins de Paris, si comme on disoitt.

1. Le greffier Fauquembergue fait allusion à la négociation qui va aboutir à l’acte mentionné ci-après à la date du 13 octobre.

2. Il s’agit ici de la publication à Paris, le 13 octobre 1429, de l’armistice conclu à Compiègne, le 28 août précédent, dans de singulières conditions, entre Charles VII et ses adversaires, et étendu territorialement le 8 septembre. Cet armistice courait jusqu’à Noël. Voir, au sujet de cet armistice, la Chronique d'Antonio Morosini, t. IV, p. 332 et suiv., les développements donnés par M. G. Lefèvre-Pontalis dans l'annexe XVIII. Les lettres en question, en date du 13 octobre, délivrées à la relation du Grand Conseil tenu par le régent, furent insérées dans le registre des Ordonnances du Parlement (X‘*8605, fol. 120). L'auteur du Journal d'un bourgeois de Paris, p. 247, fait observer que le duc de Bedford ne laissait qu'à contrecœur le « gouvernement » du royaume.

3. Il s’agit ici de la publication des lettres délivrées au nom de Henri VI, le 13 octobre 1429, qui instituaient le duc de Bourgogne « lieutenant » à Paris et dans toute la France du Nord.

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