‹ Journal de Clément de Fauquembergue, greffier du Parlement de Paris, 1417-1435. Texte complet publié pour la Société de l'histoire de FranceChapitre 104 sur 131 · LE LE · texte numérisé non relu

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Ce jour, les advocat et procureur du Roy dirent à la Court que le Chancelier les avoit chargez de venir à

4. Cette exécution testamentaire fut en effet soumise au Parlement le 13 novembre 1434 ; les exécuteurs testamentaires désignés étaient Jean Vivian, président en la Chambre des enquêtes, doyen de Saint-Germain-l’Auxerrois, Jean Robert, chanoine de la même église, et Jean Bouillon, licencié en droit canon (Arch. nat., X!2 9807).

la Court pour ramentevoir le fait de certaines lettres d’admortissement autrefois par eulz baillées devers la Court, et dont mencion est faicte ou registre du Conseil du ïj° jour de decembre derrain passé, car aucuns abbés et autres ont desir d’admortir, comme leur avoit dit le Chancelier. Sur quoy la Court leur a demandé s’ilz vouloient autre chose dire ou baillier qu’ilz n’avoient fait, et ont respondu que non, et s’en rapportoient à ce que la Court vouldroit sur ce faire ou ordener. Et ce fait, la Court a conclu de retenir copie desdictes lettres d’admortissement et de renvoier au Chancelier lesdictes lettres originaulz pour lui en parler, et a commis maistre Robert Piedefer, president, appellez avec lui trois ou iij des conseilliers de ceans, pour aler devers le Chancelier et lui parler de ceste matiere.

Conseil, XV (X!2 1481), fol. 93 v°.

Venredi, xxvj° jour de novembre.

À conseillier l’arrest d’entre Thomas Overton, appellant, d’une part, et messire Jehan Fastolf, chevalier, et le duc de Bedford, regent, et le procureur du Roy, d’autre part. Et non fuit omnino conclusum, mais a deliberé la Court d’attendre encores xv jours pour savoir se le regent et Fastolf, dont [on] attend prochainement la venue, vouldront baillier nouvelles charges contre ledit Overton; aliàs, il a semblé que on devra pourveoir d'eslargissement audit Overton à caucion, s’il en puet trouver, ou que 1l soit eslargi sur peine de bannissement, et sur les autres peines et submissions autresfois offertes par ledit Overton.

Conseil, XV (X!1° 1481), fol. 93 v°.

Jeudi, xvj° jour de decembre.

Ce jour, sur la requeste baillée devers la Court de la partie des executeurs du testament de feu maistre Mahieu de Herleville, chanoine de l’eglise de Cambray, contenant entre autres choses que ledit defunct en sondit testament avoit l’execucion d’icellui testament et la reddicion du compte soubmis à ladicte Court de Parlement, et que il avoit laissié aux conseilliers qui seroient commis à l’audicion dudit compte la somme de huit escus ou salus d’or, et que pour occasion des guerres et des perilz des chemins et d’autres empeschemens lesdis executeurs n’avoient peu bonnement ne seurement apporter et rendre à Paris ledit compte, mais l’avoient rendu à Cambray par devant les commis de chapitre de ladicte eglise, et que, neantmoins, yceux executeurs, desirans acomplir le plus entierement qu'ilz povoient la volenté dudit defunct, vouloient et offroient mettre devers ladicte Court de Parlement la somme dessusdicte pour la distribuer et emploier selon l’ordenance d’icelle Court, ainsi que plus à plain estoit contenu en ladicte requeste, appoinctié a esté du consentement desdis executeurs que ladicte somme sera baillée et delivrée à maistre Robert Agode, conseillier du Roy, commis au fait et paiement du service et messes celebrées en la chappelle du bout de la grant sale du Palais pour convertir et emploier ycelle somme ou paiement des messes et service dessusdis, dont ledit commis rendra compte entre les autres receptes de ladicte chappelle en la forme et maniere acoustumée, et en baillera, se mestier est, sa cedule ausdiz executeurs.

Ce jour, de par le Conseil du Roy, fu apportée en la Chambre de Parlement une cedule adreçant à la Court, contenant la forme qui s’ensuit : « Le mecredi, xv° jour du mois de decembre m ccccxxxItn1, ou Grant Conseil du Roy nostre Sire tenu par monseigneur le Chancelier, ouquel estoient aucunes personnes de chascun estat et college de ceste bonne ville de Paris, tant gens d’eglise comme seculiers, officiers du Roy et autres, est conclu et appoinctié que prochainement, quant monseigneur le regent et madame la regente devront entrer à Paris, chascun college et corps, le mieulz acompagnié de ses suppostz, habilliez le plus honnestement qu'ilz pourront, yront de pié au devant desdiz segneur et dame, c’est assavoir, ladicte Court de Parlement jusques à Saint-Ladre, et les autres plus avant, selon son ordre et estat, et, la reverence faicte, ceulz qui auront chevaux y pourront monter pour acompagnier lesdiz segneur et dame parmi la ville, et on fera savoir à chascun college le jour et l’eure que lesdis segneur et dame devront entrer à Paris. Ainsi signé : Gervais. »

Et après veue ladicte cedule, les presidens et conseilliers de la Court ont deliberé en obeissant audit appoinctement et ordonnance de aler en chapperons fourrez jusques à l’eglise de Saint-Ladre au devant desdis segneur et dame.

Et le samedi ensuiant, xvij° jour de ce mois, s’as-

1. Jean de Lancastre, duc de Bedford, avait épousé, le 20 avril, à Thérouanne, Jacqueline de Luxembourg, nièce du chancelier Louis de Luxembourg, fille aînée de Pierre de Luxembourg, comte de Saint-Paul, « frisque, belle et gracieuse » Jeune fille, au dire de Monstrelet [t. V, p. 56).

semblerent au Palais lesdis presidens et conseilliers et partirent à ix heures devant midy, acompagniez des advocas et procureur de la Court, pour aler au devant desdis segneur et dame et faire ainsi que avoit esté conclu et appoinctié ou Grant Conseil dessusdit; et estoient les presidens, conseilliers et advocas dessusdis en chapperons fourrez. Et après la venue et entrée dessusdictes, retournerent les dessusdis de la Court, chascun ainsi que bon lui sembla. Et lesdiz segneur et dame alerent descendre et logier en l’ostel de messire Loys de Lucembourg, evesque de Theroenne, chancelier de France, oncle de ladicte dame.

Conseil, XV (X': 1481), fol. 94 v°.

Venredi, dernier jour de decembre.

Ont esté au Conseil m° R. Piedefer, president, m° J. Vivian…?. |

Pour avoir ensemble advis et dehberacion sur ce que par avant, par pluiseurs fois, a esté dit et remonstré au Chancelier et autres du Conseil du Roy afin de

1. Le Journal d’un bourgeois de Paris (p. 301 et 302, note) dit que « le regent revint de Normandie à Paris et admena sa femme, le sabmedy xviij° jour de decembre, environ entre une et deux heures après disner », et fut reçu avec un apparat extraordinaire; les enfants de chœur de Notre-Dame avaient été placés sur le passage du cortège, à la bastide Saint-Denis, et chantèrent « moult melodieusement; brief, on lui faisoit telle honneur, comme on doit faire à Dieu. » Le duc de Bedford et sa femme descendirent en l'hôtel du chancelier Louis de Luxembourg, oncle de la duchesse; ils n’y firent pas long séjour, car ils quittèrent Paris le 10 février suivant (Journal d’un bourgeois de Paris, p. 303).

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