‹ Journal de Clément de Fauquembergue, greffier du Parlement de Paris, 1417-1435. Texte complet publié pour la Société de l'histoire de FranceChapitre 105 sur 131 · Suivent les noms de treize conseillers · texte numérisé non relu

Suivent les noms de treize conseillers

pourveoir de plus grant nombre de conseilliers en la Court de Parlement, et de leur pourveoir de meilleur paiement de leurs gaiges, dont estoient deubz grans arrerages. Et finablement, pour ce que n’estoit point apparu à la Court que sur ce que dit est eust esté faicte quelque convenable provision, ont deliberé et conclu d’envoier lundi prochain devers le regent et aussi devers le Chancelier, pour leur remonstrer de rechief lestat de la Court et le petit nombre desdis conseilliers qui n’est mie souffisant à l’expedicion de si grant multitude des procès de la Court, afin que soit pourveu à ce de convenable nombre de conseilliers et de paiement, et ont nommé et esleu, pour ce dire et remonstrer, m° Robert Piedefer, president, m° Ja. Branlart, m° J. Vivian, m° G. Cotin, m° Simon de Plumetot, m° J. Queniat et m° Phelippe de Nanterre, et d’assembler, lundi prochain, en l’eglise Saint-Anthoine, à deux heures après midy.

Conseil, XV (X'* 1481), fol. 95.

Jeudi, xx° jour de janvier.

Le procureur du Roy dit qu’il a autresfois fait sa requeste contre l’evesque de Paris touchans la matiere d’un procès de novelleté à l’occasion des vexations que l’evesque fait par sa jurisdiction ecclesiastique à pluiseurs qui appellent de lui à Sens, et nonobstant appellations contraint les appellans. Si requiert que l’evesque defende, alias, que la Court face defense à l'evesque qu’il n’attempte et ne procède oultre ou prejudice de ce procès.

L’evesque requiert que on lui declare les complaingnans qui se complaignent desdictes vexations.

Appoincté que le procureur du Roy baillera à l’evesque les noms desdis complaignans, et en revendra dire ce qu’il appartendra, alia die, et interim la Court defend à l’evesque qu’il n’attempte et ne face aucune chose ou prejudice des procès.

Matinées, XV (X!*4797), fol. 219 v°.

Mardi, vuj° jour de mars.

Ce jour, maistre Michiel Claustre, conseillier du Roy‘, maistre Phelippe Aymenon?, chanoine de l’eglise de Paris et de la Sainte-Chapelle du Palais, et

4. Michel Claustre était conseiller clerc au Parlement en la Chambre des enquêtes.

2, Philippe Aymenon, sous-aumônier du Roi, licencié en droit canon, avait été reçu chanoine de Notre-Dame, le 15 janvier 1421, au lieu et place de Jean de Pise, décédé.

maistre Guillaume de Brosses, archidiacre de Beauvais, sont venuz en la Chambre de Parlement, disans en effect qu'il estoit venu de nouvel à leur congnoissance et leur estoit apparu par le contenu d’un vidimus du testament de feu maistre Guillaume Intrant! que ycellui les avoit avec autres nommez executeurs de sondit testament, et qu'il l’avoit submis à la Court de Parlement, supplians comme amis dudit deffunct que la Court voulsist recevoir ladicte submission, et avoir le fait de ladicte execucion recommendé. Oultre disoient lesdiz Aymenon et maistre Guillaume de Brosses qu'ilz n’avoient point accepté et n’accepteroient point le fait ne la charge de ladicte execucion etne s’en entremetteroient en riens comme executeurs, supplians à la Court que en leur lieu voulsist surroguer autres executeurs avec ledit maistre Michiel Claustre. Et sur ce la Court ot deliberacion et fu d’accord de recevoir ladicte submission, et ordonna que ladicte renunciacion ou declaracion faite par lesdis Aymenon et de Brosses seroit enregistrée. Et a enjoingt la Court à yceux Claustre, Aymenon et de Brosses qu’ilz baillent devers la Court les noms d’aucunes bonnes personnes qui leur sembleront plus ydoines et convenables à demener le fait de ladicte execucion avec ledit maistre Michiel Claustre, afin que la Court puist sur ce pourvoir ainsi qu'il appartient.

Mardi, xv° jour de mars.

Ce jour, la Court a surrogué ou fait de l’execucion du testament de feu maistre Guillaume Intrant maistres

1. Guillaume Intrant figure, dès 1412, parmi les avocats plaidant au Parlement. Voir le Journal de Nicolas de Baye.

Guillaume Le Breton, archidiacre de Provins en l’eglise de Sens, et Jehan de Saint-Rommain, conseilliers du Roy, pour demener le fait de ladicte execucion avec maistre Michiel Claustre, conseillier du Roy, nommé executeur oudit testament, lesquelz ont soubzmis ladicte execucion à la Court et ont fait le serement acoustumé ou lieu de m* Phelippe Aymenon et G. de Brosses qui y ont renoncié vu] hujus mensis.

Conseil, XV (X!° 1481), fol. 97 r° et v°.

Mecredi, xxüj° jour de mars.

Messire Florimont de Brimeu!, chevalier, seneschal de Pontieu, est venu en la Chambre de Parlement, où estoient assemblez les presidens et conseilliers de la Court, disant qu’il estoit venu à Paris en la compaignie de messire Jehan de Croy*, du segneur de Saveuses et

1. Florimond de Brimeu fut l’un des capitaines bourguignons qui prirent part au siège de Compiègne en 1430; il occupa l’abbaye de Beaulieu, et, lors de la levée du siège, figura parmi les prisonniers. En 1436, il s’empara de la place de Gamaches (Somme) et y mit une garnison bourguignonne; l’année suivante, il assiégea le Crotoy (Monstrelet, éd. Douët d’Arcq, t. V, p. 228, 260, 308; Chronique de G. Chastellain, ed. Kervyn de Lettenhove, t. IL, p. 59, 87, 95, 100, 103).

2. Jean de Croÿ, seigneur de Chimay, chambellan du duc de Bourgogne, grand bailli du Hainaut, fut chargé, en 1437, par le duc de Bourgogne, de la garde du château du Crotoy (Monstrelet, éd. Douët d’Arcq, t. V, p. 309). |

3. Philippe de Saveuses, créé chevalier par Philippe le Bon en 1421, lors de la bataille de Saint-Riquier, fut l’un des seigneurs à qui le duc de Bourgogne confia la garde de la duchesse de Bourgogne, restée à Noyon, lors du siège de Compiègne ; il occupa le poste de capitaine d'Amiens et de l’Artois jusqu'à un âge très avancé, c’est-à-dire jusqu’en 1463; il mourut le 28 mars 1467, âgé de soixante-dix-sept ans (cf. Chro-

autres, si hastivement qu’il n’avoit eu oportunité d’aler querir et apporter ses lettres de l'office de ladicte seneschaucié de Pontieu, requerant estre receu à faire le serement acoustumé à cause dudit office. Après ce que le procureur general du Roy a dit à la Court que monseigneur le Chancelier lui avoit dit et affermé que ledit de Brimeu, passé deux ans, avoit eu sesdictes lettres et avoit esté institué oudit office, et en recevoit les gaiges et appartenances, et qu’il sembloit à mondit seigneur le Chancelier que la Court povoit bien recevoir ycellui de Brimeu à faire le serement dessusdit, et pareillement le sembloit audit procureur du Roy, la Court, eue sur ce deliberacion, a receu ledit de Brimeu à faire, et lequel a fait le serement acoustumé à cause dudit office. Et lui a enjoint la Court que, dedens le jour saint Jehan-Baptiste prochain venant, il face apparoir à la Court de sesdictes lettres, ce qu’il a promis de faire. Deinde exhibuit dictas litteras, xxvij juni proxime sequentis.

Conseil, XV (X!* 1481), fol. 98.

Lundi, xxviij° jour de mars.

Survindrent en la Chambre de Parlement, durant le temps des plaidoieries, messire Loys de Lucembourg, chancelier de France, les evesques de Noyon, de Paris, messire Jehan Le Clerc, messire Giles de Clamecy, le sire de Courcelles, messire Jehan de Pressy, maistre N. Fraillon, m° Phelippe de Rully, m° H. Rapiout, m° Thomas Fassier, maistres des Requestes de

nique de G. Chastellain, éd. Kervyn de Lettenhove, t. I, p. 259; D. Plancher, Histoire de Bourgogne, t. IV, p. 138).

l’Ostel, J. de Saint-Yon, grenetier, Michiel de Laillier, Jehan Guerin, maistres des Comptes du Roy, m° Ja. Branlart, m° J. Vivian.….!, pour avoir advis et deliberacion en la matiere et sur le contenu de certaines lettres royaulz, par lesquelles le Roy avoit donné faculté de povoir admortir jJusques à certaine somme et jusques à certain avenir après la date desdictes lettres. Et, après ce que le procureur du Roy a esté sur ce oy, lequel a recité et tenu pour repeté ce que autrefois avoit dit en ceste matiere, ainsi que cy dessus est contenu ou registre du venredi iuj* jour de decembre M Cccc xxxult, ledit Chancelier a demandé aux dessus nommez leur advis en ceste. Lesquelz ont concordablement tous, deux ou trois exeptez, d’un mesmes advis et de pareille (sic) et leur a semblé que le Roy convenablement et raisonnablement avoit octroié et devoit octroier ladicte faculté de povoir admortir, justa moderacione facta de precio, et que, tout considéré, le Roy povoit et devoit proroguer le temps dessusdit jusques à trois ans ou autrement, selon l’advis de lui et de son Conseil, et qu’il seroit expedient d’assembler aucuns des conseilliers de ceans avec les gens des Comptes et autres, telz que le Roy vouldroit assembler pour avoir ensemble advis sur ladicte moderacion. Et depuis la Court a à ce nommé et commis m* G. Cotin, J. de Voton et J. de la Porte, et les deux d’iceulx.

Conseil, XV (X'2 1481), fol. 98 r°.

Ce jour, le procureur general du Roy et Colin Thouroude, garde des halles des basses merceries, sont

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