‹ Journal de Clément de Fauquembergue, greffier du Parlement de Paris, 1417-1435. Texte complet publié pour la Société de l'histoire de FranceChapitre 17 sur 131 · NOTICE BIOGRAPHIQUE. XIX · texte numérisé non relu

NOTICE BIOGRAPHIQUE. XIX

Le procès et la mort de Jeanne d’Arc, brûlée comme hérétique et relapse à Rouen, sont rapportés par Fauquembergue naturellement dans le sens anglo-bourguignon, mais sans passion; il atténue même la sécheresse voulue de sa relation officielle par des réflexions personnelles où se mêlent certains accents de pitié. Le narrateur fait appel à la miséricorde divine pour l’âme de Jeanne d’Arc qui, sur le bûcher, donna des témoignages de repentir. Deus sue anime sit propilius et misericors.

Si, après avoir épuisé ce qui concerne Jeanne d'Arc, nous reprenons le cours des événements de l’année 1429, nous voyons Fauquembergue, à la date du 17 août, faire mention du décès et des obsèques du président Aguenin, avec une prière pour le salut de son âme. Le 10 octobre suivant, il annonce le départ de Jean de Luxembourg et de Hue de Lannoy, plénipotentiaires bourguignons, chargés de négocier avec Renaud de Chartres, archevêque de Reims, l’armistice qui fut conclu à Compiègne et publié à Paris, le 43 octobre; mais évidemment il n’était nullement au courant de ces négociations et semble même en témoigner un certain déplaisir : Quod inter eos actum sit, novit qui nichil ignorat.

Le samedi 8 avril 1430, Fauquembergue, en relatant l'exécution aux Halles d’un certain nombre de procureurs et gens de métiers qui avaient tramé un complot pour livrer Paris aux partisans de Charles VII, ne manque pas d'accompagner sa note d’une invocation à la miséricorde divine en faveur de leurs âmes, et, ajoute-t-il charitablement, de celles de tous les fidèles défunts.

Au début d'octobre 1430, le Parlement, fatigué de réclamer en pure perte le payement de ses gages arriérés, avait pris la résolution de cesser de rendre la justice et de ne pas

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