NOTICE BIOGRAPHIQUE. XXI
tion des gages est rapporté par Fauquembergue à la date du 28 août; une assemblée générale ayant été réunie lors de l’envoi à Rouen de deux présidents de la Cour, le conseiller Jean de Voton, quoique dûment convoqué, refusa de s’y rendre et persista dans son refus, malgré les injonctions et sommations qui lui furent faites; deux huissiers furent installés comme garnisaires en son hôtel, avec défenses au conseiller récalcitrant d’en sortir à peine de cent marcs d'argent. Le surlendemain, Jean de Voton vint tout en larmes (cum fletu et lacrymis) et supplia le Parlement de lui pardonner sa faute; sur ce, la Cour, qui, suivant notre greffier, « a acoustumé de meurement et benignement procéder en ses deliberations », lui infligea un blâme mitigé, de affectu caritatis, suivant l'expression de Fauquembergue, et lui enjoignit d'être à l'avenir « miex adverti et deliberé en ses affaires ».
Tandis que le Journal d’un bourgeois de Paris s'étend longuement sur un événement essentiellement parisien, l’entrée à Paris du jeune roi d'Angleterre, le 2 décembre 1431, Clément de Fauquembergue le passe en quelque sorte sous silence, ne faisant guère mention que de la harangue du premier président, et il déclare qu’il ne donnera aucune description des fêtes qui eurent lieu à cette occasion, à cause du manque de parchemin et de « l’éclipse de la justice », c'est-à-dire en raison des déboires éprouvés par le Parlement au sujet de la réclamation de ses gages arriérés.
Cette question irritante revenait sans cesse en discussion et n’était pas faite pour diminuer la tension dans les rapports entre le gouvernement anglais et le Parlement; le 17 septembre 1432, nouvelle délibération des présidents et conseillers des trois Chambres présents à Paris, super dubia cotidiana querimonia, du payement de leurs gages, lesquels