XXII NOTICE BIOGRAPHIQUE
décidèrent de ne plus siéger s'ils n’étaient payés des gages du dernier Parlement; mais aucun des présidents, pas plus Philippe de Morvilliers que Jacques Branlard, ne se soucia de signifier cette résolution au duc de Bedford et au Grand Conseil.
Le 10 novembre suivant, tous les présidents, sauf Philippe de Morvilliers, et les conseillers arrêtèrent de se conformer à la décision du 17 septembre et de cesser l’exercice de leurs fonctions; comme le premier président, spécialement convoqué à cette réunion, avait jugé à propos de s’abstenir, le greffier reçut mandat de notifier la détermination de la Cour à Philippe de Morvilliers, qui lui répondit que le duc de Bedford avait ordonné de faire tenir le Parlement le lendemain de la Saint-Martin, ajoutant qu'il serait tenu, « et y venroit qui vouldroit et que nul ne seroit contraint ».
Philippe de Morvilliers, dont la situation devenait très difficile, continua à siéger au Parlement jusqu'au 10 janvier 1433, mais certainement il était mal vu du gouvernement anglais et ne tarda pas à tomber en disgräce. L'un des derniers historiens du Parlement, M. Ed. Maugis, semble s'être mépris à son sujet, car il considère la retraite du premier président comme volontaire et le range dans la catégorie des membres du Parlement qui se seraient retirés de leur plein gré pour attendre des jours meilleurs. Cet historien dit que Philippe de Morvilliers était alors en procès au Grand Conseil avec le procureur général; cette assertion est inexacte, il ne s’agit pas d’un simple procès, mais d’une action politique intentée contre lui par le procureur général et déférée à une commission spéciale, siégeant en l'hôtel du Chancelier, action qui aboutit à un appointement rendu le 5 février 1433 en présence du duc de Bedford, en vertu duquel, comme le dit l’auteur du Journal d’un bourgeois