‹ Journal de Clément de Fauquembergue, greffier du Parlement de Paris, 1417-1435. Texte complet publié pour la Société de l'histoire de FranceChapitre 4 sur 131 · NOTICE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

NOTICE BIOGRAPHIQUE

comté de Ponthieu, ainsi que le montre un acte de foi et hommage rendu au Roi le 10 décembre 1402 par Nicole de Fauquembergue pour un fief assis à Montreuil et à Vailly, mouvant du château de Waben ; mais Clément de Fauquembergue appartenait-il à cette famille? Il serait malaisé de l’établir, de même qu’il serait tout aussi difficile de le rattacher à des personnages de ce nom qui, vers la fin du xrv° siècle, remplirent des charges municipales à Montreuil-sur-Mer : divers accords homologués au Parlement font connaître en effet l'existence d’un Michel de Fauquembergue, échevin de Montreuil en 1362, et d’un Jean de Fauquembergue, bourgeois et maire de la même ville, garde du sceau de la prévôté de Montreuil en 1380. En tout cas, l’extraction noble de Clement de Fauquembergue nous paraît d'autant plus discutable qu'au moment de sa réception comme conseiller, il y eut des protestations très vives, soulevées par la noblesse, pärce que le choix du Parlement s'était porté uniquement sur des praticiens. :

Le seul renseignement précis que l’on possède sur la famille de Clément de Fauquembergue est fourni par l'inventaire dressé après son décès, qui nous apprend que le défunt avait un frère du nom d’Eustache, lequel serait mort avant lui et qui lui aussi était un homme d'église, pourvu de canonicats à Laon et à Thérouanne.

Après la rentrée du Parlement de 1410, le Chancelier, les gens du Grand Conseil et ceux du Parlement procédèrent au remplacement du président Waguet, décédé, et à l'élection de

fr. 4381), le blason des seigneurs de Fauquembergue portait d’argent au lion d’azur. M. de Lhomel, qui a publié un Armorial des maires de la ville de Montreuil-sur-Mer, p. 16, à l’article Fauquembergue, signale encore d’autres armoiries pour cette famille : d'azur à la fasce d’or, ou à la bande d’or, ce qui n’a guère de rapport avec le lion de gueule ou d’azur.

NOTICE BIOGRAPHIQUE. IIl

plusieurs nouveaux conseillers de la Chambre des enquêtes, savoir : Jacques Branlard, Gérard Perrière, Clément de Fauquembergue, Pierre Jehan; mais la proclamation du scrutin fut retardée, « pour ce que aucuns nobles se doloient de ce que l’on n’avoit esleu aucun noble homme entre lesdiz esleuz, disans que, selon les ordonnances royaulx, l’en doit prandre des nobles devant tous autres ». Cette réclamation donnerait à penser que Clément de Fauquembergue n'était pas noble; quoi qu’il en soit, noble ou non, c'était un juriste, licencié en lois et en décret, alors visiteur des lettres à la Chancellerie. Il fut reçu conseiller en la Chambre des enquêtes le 13 décembre 1410, et son nom est accompagné de la mention Picardus. Son admission ne fut pas d’ailleurs prononcée sans difficulté; les gens du Parlement paraissaient craindre qu'il ne voulût cumuler sa charge de conseiller avec l'emploi de visiteur des lettres en la Chancellerie et lui imposèrent l’abandon de ce second office. C'est ce que dit formellement le greffier de Baye, qui consigna sur son registre la décision de la Cour :

« Et a juré maistre Clement de Fauquanbergue dessus dit, qui par avant visitoit les lettres à la Chancellerie, qu’il servira et desservira ceans son office continuelment, car autrement n’eust esté esleu, et soubz ceste condition l’ont esleu les seigneurs de céans!. »

Peut-être y aurait-il lieu de se demander si le mot Clement, qui habituellement représente un prénom, ne serait pas un nom patronymique; la signature apposée par Clement de Fauquembergue au bas de nombreux accords homologués au Parlement, durant l'exercice de ses fonctions de greffier, ne porte jamais que le mot Clemens ; il en est

1. Journal de Nicolas de Baye, greffier du Parlement de Paris, t. I, p. 349.

iv NOTICE BIOGRAPHIQUE.

de même dans les délibérations capitulaires de Notre-Dame : toutes les fois que Fauquembergue siège comme chanoine, c’est toujours sous la dénomination de Clément.

Clément de Fauquembergue siégea à la Chambre des enquêtes de 1410 à 1416, mais son nom ne revient pas fréquemment parmi ceux des conseillers mentionnés dans le registre du Conseil. Au mois de novembre 1416, lorsque Nicolas de Baye, se sentant fatigué, voulut résigner ses fonctions de greffier et demanda à terminer sa carrière comme conseiller, Clément de Fauquembergue ambitionna sa succession et n’hésita pas à abandonner son office de conseiller pour devenir simple greffier. Ce fait pourrait sembler surprenant, si l’on ne savait que le greffier civil du Parlement était un personnage jouissant d’une certaine considération; sa charge, tant par les gages fixes qu’elle compor-

tait que par les émoluments qui y étaient attachés, était beaucoup plus lucrative que celle d’un conseiller et non

moins honorifique.

L'élection eut lieu le 27 janvier 4417 ; Clément de Fauquembergue, nommé en remplacement de Nicolas de Baye, prêta le serment traditionnel et inaugura la prise de possession du nouveau poste auquel il était appelé, en déclarant qu’au lieu de continuer à rendre la justice il avait préféré, suivant une citation empruntée à l’Enéide de Virgile qui revient souvent sous sa plume, exercer des fonctions silencieuses et sans gloire, mais, aurait-il pu ajouter, non sans profit. Comme l’on voit, le nouveau greffier tenait à montrer qu'il était un lettré, versé dans la latinité classique, il le prouve dans maintes occasions. Lors de la rentrée du Parlement le 12 novembre 1425, Fauquembergue, qui ne manquait jamais après le début traditionnel de rappeler les vers de Virgile : Malui mutas agitare inglorius artes,

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