‹ Journal de Clément de Fauquembergue, greffier du Parlement de Paris, 1417-1435. Texte complet publié pour la Société de l'histoire de FranceChapitre 80 sur 131 · Cette mention à la fin de l'arrêt est du greffier · texte numérisé non relu

Cette mention à la fin de l'arrêt est du greffier

mens derrain passés et aussi de cest present Parlement, dont n’avoient eu paiement que d’un mois seulement, et toutesvoies le Roy, au commencement de cedit present Parlement, et depuis le duc de Bedford, regent et gouvernant, avoient dit et fait dire que les gaiges de’ la Court seroient paiez sans nulle faulte de mois en mois. Pour quoy ont conclu lesdis presidens et conseilliers de dire, et depuis ont fait dire audit de Bedford, regent, que le Roy, estant au Palais, fist dire et promettre à la Court que on paieroit lesdis gaiges de mois en mois et que semblablement l’avoit promis ledit de Bedford depuis sa regence, et neantmoins on n’avoit depuis fait paiement que d’un mois.

Et, oultre, sera dit et signifié audit de Bedford, regent et gouvernant, que se dedens mardi prochain la Court n’a paiement d’un autre mois et seurté d’estre paiée desormais de mois en mois, elle cessera du tout, et ne venront point ceans mecredi ne les jours ensuians. Et, assez tost aprez ceste conclusion, alerent aucuns conseilhers de ceans de par la Court par devers sire Jehan de Precy, tresorier, qui leur dit qu’il n’y avoit mie argent prest pour faire promptement ledit paiement d’un mois; mais il tenoit que dedens Pasques on paieroit bien les gaiges d’un mois. Et pour ce, oye la relacion desdiz conseilliers, la conclusion de cesser le mecredi dessusdit fust suspendue jusques au venredi ensuiant.

Et, neantmoins, retournerent en la Court lesdis presidens et conseilliers en ycellui venredi, le samedi et le lundi ensuians, pour besoingner comme par avant, en esperance d’avoir paiement du mois, dont

riens ne fust paié, combien que ladicte conclusion eust esté signifiée de par la Court par aucuns des conseilliers audit de Bedford, regent, au Chancelier et audit tresorier.

Et pour ce rassemblerent, le mardi ensuiant, xv* jour de ce mois, les presidens et conséilliers des trois Chambres de Parlement pour adviser sur leurdit paiement. Et, finablement, conclurent que lendemain ne seroient point pronunciez les arrestz bailliez au premier president pour visiter et pronuncier, se ledit paiement n'estoit paravant fait, et que, le jeudi d’après Pasques et jours ensuians, ilz retourneront ceans pour deliberer plus plainement et prendre conclusion fermée sur ceste matiere.

Conseil, XV (X1*1481), fol. 54 v°.

Dimenche, xx° jour d’avril.

Furent Pasques de l’an m cccc xxxt1. Mutactio anni M cece xxx.

Furent assemblez ceans les presidens et conseilliers des trois Chambres de Parlement pour adviser et deliberer sur le paiement de leurs gaiges, dont leur estoient deubz grans arrerages, comme dit est cy [dessus] ou registre du xtj° jour de ce mois et des jours precedens. En la presence desquelz messire Phelippe de Morvillier, premier president, dist et rapporta que, le jour precedent, il avoit parlé au duc de Bedford, regent et gouvernant, dudit paiement et qu'il lui avoit respondu qu'il avoit ordonné et vouloit que des

finances de France feust fait paiement de la déspense de la Royne, des gaiges des gens du Grant Conseil et de la Court de Parlement. Pour quoy la Court fist venir en la Chambre de Parlement sire Jehan de Precy, tresorier, pour luy dire ce que dit est et pour savoir quelle ordenance et quelle provision estoit faicte sur le paiement desdis gaiges, et s’il avoit argent pour les paier. Et, en effect, ledit tresorier respondi que le duc de Bedford ordonnoit et disoit ainsi qu'il lui plaisoit de la distribucion des finances, et aprez en faisoit autrement; et que ycellui tresorier n’avoit de quoy faire paier lesdis gaiges et ne veoit point que, à tenir les manieres que on tenoit, lesdis gaiges de la Court peussent estre paiez de mois en mois, ainsi que dit est et ordonné avoit esté par cy devant ; mais disoit qu’il bailleroit bien assignacion du paiement d’un mois sur Alphons Le Mire, receveur des aides à Amiens, lequel receveur, estant en ladicte Chambre de Parlement, offroit de soy obligier à paier la Court d’un mois dedens le xv° jour de may prochain venant.

Mais, pour ce que, par l’assignacion et l’obligacion dessusdictes, n’estoit mie convenablement ne seurement pourveu au paiement de la Court, veues les manieres que on tenoit en la distribucion desdictes finances, la Court a deliberé et conclu d’envoier et envoila incontinent par devers ledit regent maistres J. de Voton, m° G. Le Breton, m° Phelippe Le Begue, m° Sy. de Plumetot, m° Lucian du Croquet, m° E. Gherbode pour le regracier de la response par lui faicte audit premier president, et de l'affection qu'il a à la Court, en lui suppliant qu’il veulle mettre à effect ses paroles et sadicte responce, autrement que on ne

pourroit entretenir ne continuer ladicte Court, et qu’ilz cesseroient et ne serviroient plus.

Et, ce jour, les dessus nommez parlerent et dirent au regent la deliberacion dessusdicte, à quoy ledit regent respondi, en effect, qu'il y pourverroit et y feroit le miex qu'il porroit.

Conseil, XV (X**1481), fol. 55.

Venredi, xxv° jour d'avril.

Furent au Conseil les presidens et conseilliers des trois Chambres pour avoir advis et deliberacion sur la poursuite du paiement de leurs gaiges, oye la relacion de maistre Jehan de Voton et les autres conseilliers de ceans qui alerent hier devers le duc de Bedford, ainsi que contenu est ou registre du jour precedent. Et, pour deliberer plus seurement et plus certainement, ont envoié maistre Jehan de l’Espine, greffier criminel, par devers sire Jehan de Precy, tresorier, pour savoir se depuis hier avoit esté autrement pourveu audit paiement ; qui a respondu audit de l’Espine que non, et que s’il plaisoit à la Court, il viendroit demain en la Chambre de Parlement pour parler à eulz, ainsi que a rapporté ledit de l’Espine. Et oye sa relacion, ont conclu de faire demain venir ledit de Precy en ladicte Chambre de Parlement pour oiïr ce qu’il vouldra dire.

Et lendemain, vindrent en la Chambre de Parlement ledit tresorier et le receveur d'Amiens, qui dirent qu’ilz n’avoient point d'argent prest à Paris, mais que dedens le xv° jour de may ilz en auroient pour paier les gaiges du mois de fevrier; et ce pendant ledit tresorier offroit de prester et emploier ou paiement

des plus indigens la somme de cent salus qu'il avoit par devers lui; laquelle response et offre ne fu point acceptée par la Court.

Conseil, XV (X121481), fol. 55 v°.

Samedi, üj° jour de may.

Ce jour, messire Jehan de Villiers, chevalier, segneur de l’Isle-Adam, a presenté en la Chambre de Parlement ses lettres de l'office de mareschal de France et a fait le serement acoustumé‘.

Et le lundi, v° jour, furent lesdictes lettres publiées en la Court à l’eure des plaidoieries.

Conseil, XV (X121481), fol. 55 v°.

Mecredy, vij° jour de may.

Furent au Conseil les presidens et conseilliers de ceans et des Enquestes à conseillier l’arrest d’entre messire Simon Morhier, chevalier, d’une part, et le procureur du Roy, d’autre part, sur le plaidoié du lundi xxvüj° jour de avril derrain passé :

Il sera dit que ledit de Marigny s’obligera devant deux notaires de Chastellet de paier au Roy vj* livres parisis pour l’amende des erreurs proposez par ledit messire Simon Morhier, chevalier, prevost de Paris, contre certain arrest de ceans donné entre lui et Jehan Spifame, ou cas qu’il sera trouvé non avoir erreur oudit arrest, et mettera ledit de Marigny devers la Court. |

Lundi, xij° jour de may.

Ce jour, maistres Phelippe Le Begue et J. Bodeaux,

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